L’Illustre Piégelé de Georges Courteline

L’Illustre Piégelé de Georges Courteline

24 février 2016
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L’Illustre Piégelé de Georges Courteline

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k61500084

L’illustre Piégelé. Albin Michel 1904. Source : BnF/Gallica

Recueil de saynètes et monologues.
Texte à télécharger gratuitement sur Libre Théâtre.
Lien vers la notice sur data.libretheatre.fr

L’ours : saynète pour deux hommes. Piégelé et Lapotasse dans les coulisses du petit théâtre de l’Ambigu-Dramatique se préparent à entrer en scène : l’un joue un Brésilien et l’autre un ours…
Monsieur le Duc  : saynète pour 5 hommes. Sur la scène, derrière le rideau, un soir de première. La herse, qui brûle dans les frises, éclaire un intérieur de palais moyen âge. Piégelé joue l’évêque de Narbonne. Le régisseur a dû mal avec ses comédiens alors que le rideau va se lever.
Roland : saynète pour 6 hommes. Piégelé costumé en guerrier du moyen-âge ne connaît pas son texte et entend mal les répliques dites par le souffleur. (voir un extrait plus bas)
L’incendie : monologue pour un homme. Un homme raconte son « rêve symbolique » : il est sur scène quand soudain un incendie se déclenche dans la salle.
Le Chevalier hanneton : monologue pour un homme. Un homme, amoureux d’une actrice, se fait engager pour être près d’elle : il jouera le rôle du chevalier hanneton.
La cinquantaine : un homme et une femme font la manche en chantant. Peu à peu la situation dégénère : ils alternent chansons et insultes.
Le principal témoin: alors que le combattant Genouillot se prépare à un duel, en déclamant des vers, le principal témoin ne cesse de jacasser, sans que l’on entende ses propos…
La première leçon : monologue. Récit de la première leçon de vélo, donnée au narrateur par Tristan Bernard (voir extrait plus bas).
Un mois de prison : série de lettres envoyés par Marthe Passoire au député Courbouillon lui demandant de l’aide pour qu’elle évite d’aller en prison à la suite d’un flagrant délit d’adultère.
Le Tortillard : l’histoire d’un pauvre infirme qui doit lutter chaque jour contre le chien du boucher de la rue Pigalle (non adapté au théâtre)

Extrait de Roland

Le souffleur.
« Hé bien, mes preux. »
Piégelé.
« Hé bien, lépreux. »
Un spectateur
Assez à la porte  !
Le souffleur.
« Aussi vrai que. je suis Roland  !  »
Piégelé.
« Aussi vrai que je suis Laurent… Durand, je veux dire ;… non pas, Durand… chose  ! »
Le souffleur.
« Aussi vrai que je suis neveu de Charlemagne. »
Piégelé.
« Aussi vrai que je suis le vieux Charlemagne. »
Le souffleur.
« Je suis content. »
Piégelé.
« Je suis Gontran.  »
Le souffleur.
« A voir tant de vaillances…  »
Piégelé.
« Avorton de Mayence  ! » heu !… heu !… « Je suis Gontran, avorton de Mayence  ! » heu  !… heu  !… « Salut aux lépreux  ! »
Dans la salle, potin indescriptible : huées, sifflets aigus, cris d’oiseaux.
Piégelé.
justement indigné.
Oh ! vous pouvez faire du pétard, ça ne change rien à la question !
Très affirmatif.
Je suis Gontran, je suis Gontran, vous dis-je, et je suis également Laurent, et même l’Empereur Charlemagne  ! Honte et mépris à la cabale  ! C’est une indignité de s’opposer ainsi à l’éclosion des talents jeunes  !

Extrait de La première leçon

— Tenez le guidon sans raideur ; veillez bien à ce que vos pieds ne quittent jamais la pédale, et allez carrément de l’avant !… De la confiance !… Toute l’affaire est là !— Allez ! Je vous tiens.
Ainsi me parlait dans le dos l’auteur charmant du Mari Pacifique, mon ami Tristan Bernard, maître en l’art d’écrire le français et agrégé de vélocipède, si j’ose m’exprimer ainsi. En même temps, joignant le geste à la parole, il avait, de sa dextre robuste, empoigné, au ras de mon fond de culotte, la selle de la bicyclette, théâtre de mes premiers essais, et il en maintenait le fragile équilibre.
— Je vous tiens, répétait-il ; allez !… Nom d’un pétard ! ne lâchez donc pas la pédale !… Ne lâchez donc pas la pédale !… Mais ne lâchez donc pas la pédale !…
— C’est à elle que vous devriez dire de ne pas me lâcher, répondis-je un peu agacé, inquiet, aussi, flairant la minute — prochaine — qui allait me voir couché, les quatre fers en l’air, dans les poussières du chemin.
Et le fait est qu’elle semblait le faire exprès, la pédale, tant était manifeste son obstination à se dérober à ma semelle pour tourbillonner ensuite dans le vide, avec la rotation précipitée d’une bobine qui se déroule. Mais, aveuglé par la passion, Tristan Bernard ne voulait rien entendre. Il apportait dans les débats une partialité révoltante, disant que j’étais dans mon tort, que je me servais de mes pieds comme un cochon de sa queue, et que tout cela, ça venait de ce que j’avais la vesse.

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