Courteline, les employés et les fonctionnaires

Courteline, les employés et les fonctionnaires

8 mars 2016
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Courteline, les employés et les fonctionnaires

Courteline propose à travers ses saynètes, des tranches de vie réalistes, souvent cruelles mais toujours comiques. Il s’inspire le plus souvent d’expériences personnelles.

 

Couverture de l'édition chez Albin Michel de 1897

Couverture de l’édition chez Albin Michel de 1897

En 1880, Courteline entre comme expéditionnaire au ministère de l’Intérieur, à la Direction générale des cultes. Il passera 14 ans dans la fonction publique, qu’il quittera dès qu’il pourra vivre de sa plume. Courteline a dressé une caricature féroce du monde de l’administration dans son roman Messieurs les-ronds-de-cuir, à travers une série de portraits de petits fonctionnaires travaillant au Ministère des Dons et des Legs, caricature que l’on retrouve également dans quelques saynètes.

Dans Allô  !, nous retrouvons des fonctionnaires désoeuvrés dans un Ministère. Dans Monsieur Badin, c’est un fonctionnaire régulièrement absent qui est accueilli vertement par son chef. Pour sa défense, il lui expose les affres que lui font subir la crainte perpétuelle de sa révocation, et finit par en tirer argument pour réclamer une augmentation.


 

La satire touche également les employés de la Poste (Une lettre chargée)  : La Brige a reçu une lettre chargée  d’un de ses amis. Cette lettre est à son nom mais adressée au ministère de l’Intérieur. Bien que l’employé connaisse la Brige qu’il a croisé chez les Crottemouillaud, il ne peut lui remettre la lettre car celui-ci doit justifier son identité. Malgré les différentes preuves qu’apporte la Brige, l’employé ne peut lui remettre la lettre.


 

https://archive.org/details/lecommissaireest00cour

Le Commissaire est bon enfant.  Photographie extraite de l’édition de 1899. Source : archive.org

Bien entendu, les gendarmes et autres commissaires sont également caricaturés. Le commissaire est bon enfant, certes, mais il aussi tyrannique et poltron. Le gendarme est, quant à lui, sans pitié  : M. Boissonnade, procureur de la République est très ennuyé. Le gendarme Labourbourax, susceptible et inculte, est le champion du procès-verbal pour outrage à agent. Il sanctionne notamment tous ceux qui prononcent diverses expressions populaires ou savantes, dans lesquelles il entend des injures,  faute d’en saisir le sens. Il s’en prend au baron Larade, homme affable et pacifique qu’il pousse à bout par sa sottise. (l’expression de visu incomprise par un gendarme était déjà présente dans la saynète L’impoli).

Plus généralement, Courteline met en évidence la médiocrité de certains, qui usent et abusent de leurs petits pouvoirs, qu’il s’agisse de concierge (L’impoli) ou de contrôleur ( La Correspondance cassée)….

 


Pour explorer l’œuvre théâtrale de Georges Courteline dans Libre Théâtre :

 

 

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