Les chemins de fer d’Eugène Labiche
Affiche de 1867. Source : BnF/ Gallica

Les chemins de fer d’Eugène Labiche

Les Chemins de fer d’Eugène Labiche, Alfred Delacour et Adolphe Choler

Comédie-vaudeville en cinq actes, représentée pour la première fois, à Paris, sur le Théâtre du Palais-Royal, le 25 novembre 1867.
Distribution : 11 hommes, 7 femmes
Texte à télécharger gratuitement sur Libre Théâtre.
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L’argument

Un vaudeville ferroviaire qui se déroule successivement dans un administration des chemins de fer où des actionnaires attendent de percevoir leurs dividendes, un quai d’embarquement, le buffet d’une gare, une chambre d’un hôtel garni et le bureau du chef de gare… Tapiou occupe successivement les fonctions de caissier, graisseur de wagons, employé des chemins de fer, cuisinier… Il accompagne les pérégrinations de Ginginet, sa femme Clémence, sa bonne Colombe et sa nièce anglaise Jenny qui vont en Alsace afin de célébrer le mariage de Jenny et du caissier Lucien Faillard.

Un extrait

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84058590
Affiche de 1867. Source : BnF/ Gallica

Tapiou.
Bonjour, Pauline… Qu’est-ce que tu m’apportes ce matin ?

Pauline.
Une saucisse aux haricots…

Tapiou.
Encore des z’haricots !… ça me fait gonfler. Je t’avais demandé des nantilles.

Pauline.
Il n’y en avait plus… Ne grogne pas, v’là ta bouteille et une pomme.
Elle pose le déjeuner de Tapiou sur la planche devant le guichet.

Tapiou.
Ça va refroidir… attends… la bouche de chaleur… elle servira à quelque chose. (Il place son assiette à terre sur la bouche de chaleur.) Maintenant pelure ma pomme… parce qu’avec une main…

Pauline, tout en pelurant la pomme.
Eh bien ? qu’est-ce que je vois ? t’es manchot du bras gauche aujourd’hui.

Tapiou.
Oui…

Pauline.
Hier c’était le droit…

Tapiou.
Je change… un jour l’un, un jour l’autre ; si tu crois que c’est caressant de se replier le bras toute la journée de neuf à quatre.

Pauline.
Si on allait s’apercevoir que tu as tes deux bras…

Tapiou.
Impossible ! Je n’en montre qu’un à la fois…

Pauline.
Tu n’avais aucun titre pour obtenir ta place… Simple gâte-sauce dans un restaurant à trente-deux sous…

Tapiou.
Trente-cinq… depuis l’Exposition… une bonne place…

Pauline.
Que tu as perdue, grâce à ta bêtise… C’est alors que je me suis adressée à M. Ernest… le sous-chef… un jeune homme très bien… qui a connu ma famille…

Tapiou.
J’ai idée qu’il te fait de l’œil…

Pauline.
À moi ! par exemple !

Tapiou.
Je n’insiste pas…

Pauline.
C’est lui qui a eu la bonne pensée de te faire passer pour manchot…

Tapiou.
Ancien militaire ! J’ai laissé pousser mes moustaches… et l’on m’a accepté d’emblée… Seulement je voudrais bien changer de guichet, celui-ci n’est bon qu’à faire éclore des petits poulets…

Pauline.
Tiens… v’là ta pomme… Je viendrai chercher les assiettes…

Pour aller plus loin

Théâtre de l’Atelier, 1967, Mise en scène de André Barsacq
Maquette du décor de Jacques Noël sur le site de l’Association de la Régie Théâtrale
Costumes de Jacques Noël sur le site de l’Association de la Régie Théâtrale

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La Station Champbaudet d’Eugène Labiche
Portrait des acteurs / par Lhéritier 1862. Source : BnF/ Gallica

La Station Champbaudet d’Eugène Labiche

La Station Champbaudet d’Eugène Labiche et Marc-Michel

Comédie-vaudeville en trois actes, représentée pour la première fois, à Paris, sur le théâtre du Palais-Royal, le 7 mars 1862.
Distribution: 5 hommes, 5 femmes
Télécharger gratuitement le texte intégral de la pièce sur Libre Théâtre
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L’argument

Paul Tacarel, architecte, se rend tous les jours chez madame Champbaudet pour élaborer les plans de la sépulture qu’elle va édifier à la mémoire de son époux. La veuve est amoureuse et s’imagine que le jeune homme éprouve les mêmes sentiments. En réalité, Paul utilise ces visites comme prétexte pour se rendre chez Aglaé, qui réside à l’étage du dessus. Dès que son mari Garambois quitte son domicile, Aglaé prévient Paul en jouant au piano J’ai du bon tabac  mais celui-ci commence à avoir des soupçons… Paul souhaite faire aboutir cette liaison rapidement car il vient bientôt se marier avec une jeune fille, dont le père va s’avérer être un ami de Garambois…

Portraits et illustrations à travers Gallica

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6400784r/f1
Portrait de Lhéritier par Lhéritier. 1862. Source : BnF/ Gallica

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b64007870
Portrait des acteurs / par Lhéritier 1862. Source : BnF/ Gallica

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6401168w
Portrait de Lhéritier (Letrinquet) par Lhéritier. 1862. Source : BnF/Gallica

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b64007855
Portrait de Lhéritier / par Lhéritier. 1862. Source : BnF/ Gallica

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6400783b/
Portrait de Lassouche / par Lhéritier. 1862. Source : BnF/ Gallica

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6400786k/f1
Portrait de Mercier par Lhéritier. 1862/ Source : BnF/ Gallica

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b550037206/
Dessin d’Henriot pour illustrer l’édition de la pièce. Madame Champbaudet et Garambois. Source : BnF/ Gallica

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b550037206/f4
Dessin d’Henriot pour illustrer l’édition de la pièce. Tacarel. Source : BnF/ Gallica

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b550037206/f3
Dessin d’Henriot pour illustrer l’édition de la pièce. Nina et Caroline. Source : BnF/ Gallica

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b550037206/f5
Dessin d’Henriot pour illustrer l’édition de la pièce. Mme Champbaudet et Tacarel. Source : BnF/ Gallica

Manuscrits de Marc-Michel

Collection de manuscrits d’Auguste Rondel. La station Champbaudet ou J’ai du bon tabac.
Source : BnF/Gallica (il existe un autre manuscrit également disponible sur Gallica.)

La Station Champbaudet sur les sites de l’INA et de Culture Box

Mise en scène de Jean-Laurent Cochet à la Comédie-Française en mai 1972
Danièle GILBERT interviewe Jean Laurent COCHET qui vient d’obtenir un grand prix de la mise en scène pour « Le malade imaginaire ». A ses côtés, Paule NOËLLE et Francis HUSTER. Jean Laurent COCHET explique le thème de « La station Champbaudet ». Michel DUCHAUSSOY et Yvonne GAUDEAU jouent en direct une scène de « La station Champbaudet » d’Eugène LABICHE. Lien vers le site de l’INA

Danièle GILBERT présente Paule NOËLLE, Yvonne GAUDEAU, Michel DUCHAUSSOY et Francis HUSTER, acteurs de la Comédie Française, interprètes de « La station Champbaudet » d’Eugène LABICHE, mise en scène par Jean Laurent COCHET. Yvonne GAUDEAU parle de son rôle de Madame Champbaudet. Lien vers le site de l’INA

Mise en scène de Ladislas Chollat en 2013
Avec Bruno Solo, Lorant Deutsch, Pierre-Martin Laval, Claire Nadeau
extraits et interview de Bruno Solo sur Culture Box
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La Lettre chargée d’Eugène Labiche
Caricature d'Eugène Labiche pour le Panthéon Nadar. Source : BnF/Gallica

La Lettre chargée d’Eugène Labiche

La Lettre chargée d’Eugène Labiche

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b53066341c
Caricature d’Eugène Labiche pour le Panthéon Nadar. Source : BnF/Gallica

Fantaisie en un acte d’Eugène Labiche, publiée en 1877 aux éditions Paul Ollendorff dans un recueil Théâtre de campagne, disponible sur Gallica.
Distribution : 2 hommes, 2 femmes
Texte intégral à télécharger gratuitement sur Libre Théâtre.
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L’argument

Hector veut épouser Hortense, mais il a un gros défaut… il abuse des adverbes et Hortense ne le supporte plus. Il a, de plus, un rival en la personne de Peters Fougasson, un Américain, qui vient de perdre sa femme et qui est persuadé qu’Hortense est son sosie…

Un extrait

Hector
Superbe !… vous lisez… adorablement !
Hortenseà part.
Un adverbe !
Hector.
Et je vous écouterais… indéfiniment.
Hortenseà part.
Deux !
Hector.
Vous êtes une lectrice de premier ordre… incontestablement.
Hortense.
Trois !… avez-vous fini ?
Hector.
Quoi ?
Hortense.
Trois adverbes en trois phrases !… mais c’est une maladie, une éruption grammaticale !…
Hector.
C’est sans m’en apercevoir… une habitude du Palais… Quand les idées ne viennent pas, nous poussons des adverbes, ça leur donne le temps d’arriver. Mais je vous promets de me surveiller… Voyons, cousine, mon congé expire définitivement demain et il faut que je retourne absolument à Orléans ; vous ne me laisserez pas partir sans une espérance, vous savez si je vous aime éperdument.
Hortense.
Vous ne vous doutez pas d’une chose, cousin, c’est que, pendant que vous poussez des adverbes, comme vous dites, il vous a poussé un rival.
Hector.
Un rival ! Qui ça ?
Hortense.
Ah ! je ne le connais pas… Voici la singulière lettre que j’ai reçue il y a trois jours. Lisant.
« Madame, vous êtes veuve, moi aussi ; vous désirez vous remarier, moi aussi ; vous jouissez d’une excellente santé, moi aussi. Donc toutes les convenances se trouvent réunies. Je ne vous envoie pas ma photographie, elle est manquée… mais je suis prêt à me faire voir, quand vous le désirerez, me trouvant de passage à Paris pour deux jours encore. Réponse au Grand-Hôtel, chambre 124.
Peters Fougasson, Américain, 47 ans. »
Hector.
C’est une mystification !
Hortense.
Une mystification qui persiste, car, hier j’ai reçu une seconde lettre. Récitant de mémoire.
« Madame, je suis étonné de n’avoir pas reçu de réponse à mon honorée du 27… »
Hector.
C’est un fou… sûrement… indubitablement.
Hortense, agacée.
Crrr !

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La Main leste d’Eugène Labiche
[En omnibus] : [estampe] ([3e état]) / Zorn . 1897. Source : BnF/ Gallica

La Main leste d’Eugène Labiche

La Main leste d’Eugène Labiche et Edouard Martin

Comédie-vaudeville en un acte, représentée pour la première fois à Paris sur le Théâtre des Bouffes-Parisiens le 6 septembre 1867.
Distribution : 2 hommes, 3 femmes
Texte intégral à télécharger gratuitement sur Libre Théâtre
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http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10522887t
En omnibus : estampe de Zorn. 1897. Source : BnF/ Gallica

L’argument

Madame Legrainard a la main leste. Lorsqu’un homme se met à lui caresser les pieds dans un omnibus, elle le gifle, mais perturbée par cet incident oublie son sac.  Alors qu’elle se rend aux objets perdus, son mari reçoit Régalas, un jeune peintre qui rapporte le sac égaré, mais demande raison du soufflet qu’elle lui a donné. Pour cela, il exige un baiser de Madame Legrainard ou un duel avec son mari. Mais la situation se complique quand il rencontre Céline, la fille des Legrainard, et en tombe amoureux…


Critique de Paul de Saint-Victor parue dans La Presse, le 9 septembre 1867 :

« Les Bouffes-Parisiens viennent de prendre une brillante revanche de leur médiocre début. C’est un vrai cadeau que M. Labiche leur a fait en leur donnant la Main leste. Il pleut des soufflets dans cette joyeuse pièce, et des mots comiques, et des quiproquos à désopiler la rate la plus endurcie. Cela se termine par un duel dont les pistolets sont deux tasses de lait… On ne raconte pas ces drôleries, on n’analyse pas le fou rire. » Source : BnF/ Gallica

Un extrait

Legrainard.
Ah! voilà, l’impatience!… Certainement tu as mille qualités… D’abord tu m’aimes.
(Pendant ce qui suit, Céline débarrasse le guéridon et porte les différents objets dans la coulisse de droite.)

Mme Legrainard.
Taisez-vous.

Legrainard.
Je sais ce que je dis… mais ce n’est pas du sang que tu as dans les veines… C’est du salpêtre… et puis tu as un défaut terrible.

Mme Legrainard.
Lequel ?

Legrainard.
C’est ta main.

Célinecontinuant de ranger.
Ah ! oui, par exemple.

Legrainard.
C’est la foudre, elle part comme une bombe et retombe comme une grêle.

Mme Legrainard.
Ne parlons pas de ça.

Legrainard.
Que tu me gifles, moi, passe encore… Nous autres hommes, nous avons des moyens de nous venger.

Mme Legrainard.
Taisez-vous.

Legrainard.
Je sais ce que je dis ! mais que tu gifles mes ouvrières, c’est une autre histoire ; avec ta pétulance, tu as failli compromettre la prospérité de notre fabrique de fleurs artificielles, dont je t’avais donné la direction… Tu entrais dans l’atelier, et, à la moindre observation… v’li! v’lan!… ce n’est pas du commerce, ça.

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La Grammaire d’Eugène Labiche
Portrait des acteurs par Lhéritier, 1867 : Pellerin, Fizelier, Lhéritier, Geoffroy.

La Grammaire d’Eugène Labiche

La Grammaire d’Eugène Labiche et Alphonse Jolly

Comédie-vaudeville en un acte, représentée pour la première fois à Paris sur le Théâtre du Palais-Royal le 26 juillet 1867.
Distribution : 4 hommes, 1 femme
Texte à télécharger gratuitement sur Libre Théâtre
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L’argument

Caboussat est en pleine campagne électorale pour être réélu président du comice agricole. On le prend pour un homme très savant car il passe son temps le nez dans les livres : en réalité il est nul en grammaire et en orthographe. C’est sa fille, Blanche, qui corrige tous ses discours. Or, Poitrinas, passionné d’archéologie, propose à Caboussat un poste de correspondant de l’Académie et veut faire des fouilles , persuadé de trouver un camp romain.  Les premières recherches archéologiques sont fructueuses : Poitrinas trouve dans le jardin les débris de vaisselle que Jean, le serviteur dissimule consciencieusement à chaque fois qu’il casse quelque chose. Il vient aussi pour demander au nom de son fils la main de Blanche : il informe toutefois Caboussat de l’immense défaut de son fils en lui montrant une lettre que celui-ci a écrite : elle est bourrée de fautes mais Caboussat ne les voit pas et ne comprend pas le fameux défaut….Il refuse toutefois le mariage car cela l’éloignerait de sa fille.

Illustrations par Lhéritier

Lhéritier est un comédien du Théâtre du Palais-Royal qui avait également un vrai talent de dessinateur.  La BnF conserve 500 dessins (encres et aquarelles) Cet ensemble, intitulé, « Revue-charge des principaux comiques du Théâtre du Palais-Royal, 1831-1875 » comprend des portraits de comédiens et des scènes de spectacles.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b64008969
Portrait des acteurs par Lhéritier, 1867 : Pellerin, Fizelier, Lhéritier, Geoffroy.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6400895w/
Portrait de Lhéritier (Poitrinas) par Lhéritier 1867. Source : BnF/ Gallica
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6400892n
Portrait de Lhéritier (Poitrinas) / par Lhéritier 1867. Source : BnF/ Gallica
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b64008932
Portrait de Lhéritier (Poitrinas) / par Lhéritier 1867. Source : BnF/ Gallica
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La fille bien gardée d’Eugène Labiche
Portrait de Grassot (Saint-Germain) par Lhéritier 1850. Source : BnF/ Gallica

La fille bien gardée d’Eugène Labiche

La fille bien gardée d’Eugène Labiche et Marc-Michel

Comédie-vaudeville en un acte, représentée pour la première fois à Paris sur le Théâtre du Palais-Royal le 6 septembre 1850.
Distribution : 2 hommes, 3 femmes (ou 2 femmes et 1 enfant)
Texte intégral à télécharger gratuitement sur Libre Théâtre
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L’argument

La baronne de Flasquemont part en soirée, elle laisse la garde de sa fille à ses deux serviteurs, Saint-Germain et Marie. Comme la petite dort, les deux jeunes gens pensent aller chez Mabille, un bal parisien populaire. Mais la petite se réveille et veut les accompagner. Après beaucoup d’agitation, ils partent tous les trois. Mais Madame revient et Saint-Germain doit cacher à sa maîtresse le départ de sa fille. Marie revient aussi sans la jeune Berthe qui a disparu. Les deux serviteurs cachent la situation à la baronne, tout en s’angoissant, mais  Berthe revient avec un carabinier…

Un extrait

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6400831z/f1
Portrait de Grassot (Saint-Germain) par Lhéritier 1850. Source : BnF/ Gallica

Berthe est à califourchon sur le dos du carabinier.

Berthe, au-dehors.
En avant !… marche !

Saint-Germain et Marie.
Ah ! mon Dieu ! c’est elle !

Ensemble Air : Marchons au pas…
Rocambole
N’as donc pas peur,
N’as pas peur,
P’tit cavalier farceur !
Tiens-toi bien sur le dos d’ Rocambole,
Drôl’ de p’tit’ moutard’ ! je la port’, ma parole,
Autant sur mon dos qu’ dans mon cœur !

Saint-Germain et Marie
Ah ! quel bonheur !
Quel bonheur,
Voici notre sauveur !
C’est le brav’ cavalier Rocambole,
Il nous ramèn’ l’enfant ! oui, j’te port’, ma parole,
Beau cavalier dans mon cœur !

Berthe.
Escadron !… halte !… front !…

Marieà Rocambole.
Ah ! pays ! vous nous sauvez la vie !

Saint-Germain.
Vous nous sauvez l’honneur, pays !
Il prend Berthe et la pose à terre.

Bertheà Rocambole.
Merci, vieux !
Elle va prendre le plumeau, se met à cheval dessus, et galope à travers la chambre.

Rocambole, riant.
Cré gamine ! nous a-t-elle amusés au quartier !… Les camarades voulaient l’emmener à Fontainebleau… et, sans moi…

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8437576x/f1
Théâtre de la Montansier : Berthe, Mlle C. Montaland. Saint-Germain, M. Grasot. Berthe, Mlle C. Montaland. Marie, Mlle Dupuis : [estampe] 1850 dessiné par A. Rouargue ; gravé par A. Jourdain. Source : BnF/ Gallica
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La Dame au petit chien d’Eugène Labiche
Portrait de Lhéritier (Adolphe) / par Lhéritier, 1873. Source : BnF/ Gallica

La Dame au petit chien d’Eugène Labiche

La Dame au petit chien d’Eugène Labiche et Léon Dumoustier

Comédie-vaudeville en un acte, représentée pour la première à Paris sur le Théâtre du Palais-Royal le 6 février 1863.
Distribution : 4 hommes, 2 femmes
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L’argument

Roquefavour, un jeune artiste plein de dettes, se rend chez Fontenage, son créancier. Il lui propose ses meubles en gage. Defontenage accepte le marché et Roquefavour s’installe confortablement, en s’attirant les bonnes grâce de la domesticité et les faveurs de la maîtresse de maison.

Un extrait

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b64007499
Portrait de Lhéritier par Lhéritier qui jouait le rôle de Defontenage à la création, 1873. Source : BnF/ Gallica

Defontenage.
Voyons, monsieur, que me proposez-vous ?
Roquefavour. Une chose bien simple, car je ne suis pas un méchant garçon, moi, je tiens à payer mes dettes.
Defontenage. A la bonne heure!…
Roquefavour. D’un autre côté, je serais désolé de voir mes meubles balayer les planches des commissairespriseurs : c’est le mobilier de mes pères, monsieur.
Defontenage.
Ah !… je ne leur en fais pas mon compliment.
Roquefavour.
Je vous offre donc de les déposer chez vous, en gage.
Defontenage.
Tiens ! c’est une idée !…
Roquefavour.
De cette façon, pas d’huissier, pas de frais… vous avez votre gage, et, à la première rentrée, je vous rembourserai capital et intérêts.
Defontenage.
Ça me va, ça me va complètement… J’ai justement là une chambre qui ne me sert pas.

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La Cigale chez les Fourmis d’Eugène Labiche
Louis Delaunay : portrait par Lhéritier. Source : BnF/ Gallica

La Cigale chez les Fourmis d’Eugène Labiche

La Cigale chez les Fourmis d’Eugène Labiche et Ernest Legouvé

Comédie en un acte, représentée pour la première fois à Paris au Théâtre-Français le 23 mai 1876.
Distribution : 3 hommes, 2 femmes.
Texte intégral de la pièce à télécharger gratuitement sur Libre Théâtre
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Extrait des Souvenirs de M. Delaunay.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b64008576/f1
Louis Delaunay, créateur du rôle de Paul de Vineuil: portrait par Lhéritier. Source : BnF/ Gallica

« L’autre pièce était la Cigale chez les Fourmis, de Legouvé et Labiche ; comme j’y jouais le principal rôle, je dirai quelques mots de cette charmante comédie de mœurs qui fit les beaux soirs de la Comédie et… le tour des salons.

Les Chameroy ont plus de trois millions de fortune, mais ils semblent créés pour justifier cet aphorisme que, pour certaines personnes, il est plus difficile de dépenser son argent que de le gagner. Dans ce nid de fourmis où il y a naturellement une jeune fille charmante à marier, s’introduit une cigale sous la forme de Vérac, un jeune homme plus ou moins inutile et quelconque. Ce Vérac a un ami, Paul de Vineuil, qui étant en relations d’affaires avec les Chameroy, en profite pour venir plaider la cause du postulant. Et le voilà parti, étourdissant de bons mots et de paradoxes fous, donnant des leçons de prodigalité aux Chameroy.

Dans la vie ordinaire, les Chameroy auraient peut-être mis dehors les deux étourdis, fanfarons de luxe et de vie désoeuvrée. Mais, dans la comédie, ce cliquetis de spirituelles invraisemblances produit un pharamineux effet. Vineuil prend aisément la place de Vérac, plaide sa propre cause et finalement épouse Henriette, jeune fille simple, hypnotisée par le charmant séducteur. Seront-ils heureux ? ceci ne nous regarde pas… Il y avait des mots charmants dans la pièce, et Chameroy, le bourgeois — éternel tremplin de réflexions prudhommesques — en a une large part. Avec quelle emphase comique il s’écrie : « Je ne connais d’ailleurs qu’une noblesse… celle du coeur… Nous avons cent cinquante mille livres de rente… » Ou bien : « On nous traite de fourmis. Fourmis ! J’ai vendu trente obligations Nord, acheté soixante Midi !… On ne se figure pas comme l’argent file ! » Dans le rôle de la mère, madame Jouassain était d’un naturel exquis; Henriette, c’était Tholer, charmante fleur éclose dans ce milieu prosaïque. Barré, en Chameroy, représentait bien le bourgeois naïf dans sa prétention, brave homme au fond et facile à leurrer. Je n’ai pas à défendre outre mesure le personnage de Paul de Vineuil, puisque c’est moi qui le tenais. Ces désoeuvrés, si spirituels et séduisants qu’ils soient, ne sauraient être loués outre mesure, et l’on aimerait peut-être à voir les économies des Chameroy placées en meilleures mains. Mais il est si bon garçon, il promet à sa fiancée tant de choses… qu’il tiendra peut-être… Il a tant d’entrain, et dit si gentiment leur fait à ses antipodes, les fourmis ! M. Legouvé tenait à moi pour interprète et me remercia chaleureusement d’avoir joué ce petit rôle. »

(Souvenirs de M. Delaunay, de la Comédie-Française / recueillis par le Cte Fleury ; préface de M. Jules Claretie, Edition C. Lévy 1901. Source : BnF/Gallica)

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La Chasse aux corbeaux d’Eugène Labiche

La Chasse aux corbeaux d’Eugène Labiche et Marc-Michel

Comédie-vaudeville en cinq actes et en prose, représentée pour la première fois, à Paris, au théâtre du Palais-Royal, le 25 juin 1853.
Distribution : 13 hommes, 4 femmes
Texte intégral à télécharger gratuitement sur Libre Théâtre
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L’argument

Criqueville est au bord du suicide : il est sans le sou et vient d’être éconduit par le père de la jeune fille qu’il aime.  Il décide de réagir et voit sa vie se transformer, à partir du jour où il constate que la flatterie, pratiquée comme un art, lui ouvre toutes les portes, même celle de la fortune.

Un extrait

Antoine, lisant
« Et dit :
Mon bon Monsieur,
Apprenez… que tout flatteur
Vit aux dépens de celui que l’écoute.
Cette leçon… »
Criqueville, se promenant avec agitation.
Assez !… Mais cette fable… c’est un monde ! une révélation ! Tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute. Quel horizon ! oui… c’est cela ! prendre les hommes par la flatterie… caresser leur amour-propre… se pâmer devant leur laideur !… et l’on vit ! l’on parvient ! on arrive à tout ! voilà le ressort ! (Changeant de ton.) Oui, mais c’est plat ! c’est bas !… Après tout, je ne fais que rendre au monde ce qu’il m’a fait… Les flatteurs !… m’ont-ils assez rongé, grugé jusqu’à mon dernier sou ! et j’hésiterais ? J’irais me jeter à l’eau… sans lutter… comme un collégien ?

Adaptation télévisée

http://fresques.ina.fr/en-scenes/fiche-media/Scenes10041/la-chasse-aux-corbeaux.html
Source : INA

Adaptée pour la télévision par Jacques Chabannes et réalisée par Jean Vernier. Diffusion le 17 mars 1959.
Extrait gratuit sur le site de l’INA (version intégrale payante)

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La Chasse aux jobards d’Eugène Labiche
Théâtre des Folies-Dramatiques. Estampe 1877. Source : BnF/Gallica.

La Chasse aux jobards d’Eugène Labiche

La Chasse aux jobards d’Eugène Labiche et Auguste Lefranc

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8458119c/f1
Théâtre des Folies-Dramatiques. Estampe 1877. Source : BnF/Gallica.

Vaudeville en un acte représenté pour la première fois à Paris au Théâtre des Folies-Dramatiques le 18 mai 1847. Edité en 1847.
Distribution : 3/4 hommes, 10 femmes
Texte intégral de la pièce à télécharger gratuitement sur Libre Théâtre
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L’argument

Les amies d’Isoline envahissent son appartement dès que Florimon quitte les lieux :  solliciteuse, grisette, femme de lettres, modèle… elles sont pleines d’esprit mais sans argent. Deux d’entre elles ont donné des rendez-vous chez Isoline à de jeunes nobles, qui vont s’avérer tout aussi désargentés qu’elles. Arrivent aussi Mme Guenuchaud qui veut se faire payer ses loyers en retard et Mme Malabar, marchande à la toilette.


Un extrait

Isoline.
Dispose… tu es ici chez toi ! (Une pierre suspendue à une corde vient battre les carreaux, à droite.) Qu’est-ce que c’est que ça… (Allant à la fenêtre.) Ah ! je reconnais la livrée, c’est une missive de Passe-Lacet.
Madame Saint-Florentin.
Passe-Lacet ?
Isoline.
Une réfugiée de la rive gauche, provisoirement domiciliée ci-dessus… voyons l’épître… « Mon amie, j’emprunte la main d’une voisine pour t’écrire que, dans ce quartier-ci, les costumiers sont des rats ; celui qui m’a loué hier mon titi pour aller au bal de l’Opéra, a la chose de venir le rechercher ce matin, et ne veut pas me rendre mes vêtements ordinaires sans avoir reçu la monnaie de sa location… l’infortunée Passe-Lacet se voit donc condamnée à l’alcôve à perpétuité, si tu n’as pas celui de lui prêter un costume quelconque, et a l’intention de manger un morceau avec l’amitié, et de lui conter une anecdote… » (Parlé.) Une anecdote. (Haut.) Un couvert de plus! (Lisant.) « Post-scriptum, la ficelle qui te remettra ce billet, se chargera volontiers de la pacotille… a déclaré ne pouvoir signer. » Un costume!… elle en parle à son aise!… Toute ma garde-robe qui est au clou ! Eh bien, est-ce que nous ne sommes pas là ?… c’est bien le diable si à nous toutes nous ne pouvons pas composer un habillement…

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