Les Suites d’un premier lit d’Eugène Labiche
Les suites d'un premier lit, comédie d'Eugène Labiche et Marc-Michel : portraits de Lhéritier (Prudenval) par Lhéritier. 1856. Source : BnF/ Gallica

Les Suites d’un premier lit d’Eugène Labiche

Les Suites d’un premier lit d’Eugène Labiche et Marc-Michel

Comédie en un acte, mêlée de chants, représentée pour la première fois, à Paris, sur le théâtre du Vaudeville, le 8 mai 1852.
Distribution : 3 hommes, 3 femmes
Texte intégral de la pièce à télécharger gratuitement sur Libre Théâtre
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L’argument

Trébuchard lorsqu’il était étudiant a dû épouser sa logeuse, la veuve Arthur, pour pouvoir payer ses nombreuses dettes.  Quand la pièce commence, il a 29 ans ; la veuve est morte en lui laissant un petit héritage et la  charge de sa fille Blanche, née d’un premier lit. Trébuchard voudrait épouser la jeune Claire Prudenval, mais il ne lui a pas avoué qu’il avait une fille… de 48 ans. Claire et son père arrivent chez Trébuchard.

Un extrait

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6400985v/f1.item
Les suites d’un premier lit, comédie d’Eugène Labiche et Marc-Michel : portraits de Lhéritier (Prudenval) par Lhéritier. 1856. Source : BnF/ Gallica

Prudenval.
Je voudrais bien poser mes paquets !
Trébuchard.
C’est facile ! je vais vous conduire à l’hôtel des Trois Pintades.
Il remonte.
Prudenval.
Des Trois Pintades ?… Mais du tout… du tout… nous logeons chez vous…
Trébuchard.
Chez moi ?
Claire.
Pourtant, si cela vous gêne…
Trébuchard.
Me gêner ?… Mademoiselle, j’allais vous en prier… (À part.) ça va bien !… Et cette grande cathédrale qui va rentrer !…
Prudenval.
À propos, mon gendre… j’ai à vous gronder… Vous êtes un sournois.
Trébuchard.
Moi ?
Claire.
Oh ! oui.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6400984f/f1.item
Les suites d’un premier lit, comédie d’Eugène Labiche et Marc-Michel : portraits de Lhéritier (Prudenval) / par Lhéritier, 1856. Source : BnF/ Gallica

Prudenval.
Nous avons pris nos renseignements… Pourquoi nous avoir caché que vous aviez une fille de votre premier hyménée !…
Trébuchard,  à part.
V’lan ! ça y est ! (Haut.) Un détail… je l’avais oublié.
Prudenval.
Il n’y a pas de mal à ça… ça ne sera pas un obstacle…
Claire.
Certainement.
Trébuchard,  à part.
Tiens ! ils prennent bien la chose.
Prudenval.
Ma fille et moi, nous adorons les enfants… Où est la petite ?
Trébuchard.
La… la petite ?… Elle… elle dort !…
Claire.
Est-elle sevrée ?
Trébuchard.
Un peu… on est en train !
Prudenval.
Combien de dents ?
Trébuchard.
1804 !… Non, je me trompe !
Prudenval.
Je disais aussi… dix-huit cent quatre dents… à cet âge-là…
Claire.
Je veux l’embrasser dès qu’elle sera réveillée…
Trébuchard.
Certainement…
Claire.
Je lui ai brodé un petit bonnet avec une ruche.
Trébuchard.
Comment ! vous avez eu la bonté ?… (À part.) Il n’entrera pas…
Prudenval.
Et moi, de mon côté…
Trébuchard.
Vous avez aussi brodé quelque chose ?
Prudenval.
Non… je lui ai apporté un petit bonhomme de pain d’épice de Reims.
Trébuchard.
Ah ! que c’est aimable ! (À part.) Du pain d’épice à cette grande schabraque !
Claire.
Nous jouerons ensemble… Je lui apprendrai à envoyer des baisers… Ce sera ma poupée…
Trébuchard,  à part.
Cristi ! je boirais bien un verre de kirsch !
Prudenval, posant ses paquets à droite.
Je voudrais pourtant bien poser mes paquets !

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Les Précieux d’Eugène Labiche
Edition de 1860, Michel-Lévy frères (Paris) . Source : BnF/ Gallica

Les Précieux d’Eugène Labiche

Les Précieux d’Eugène Labiche, Marc-Michel et Auguste Lefranc

Comédie en un acte, mêlée de chants, représentée pour la première fois à Paris sur le Théâtre du Palais-Royal le 7 août 1855.
Distribution : 6 hommes, 3 femmes
Texte à télécharger gratuitement sur Libre Théâtre.
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L’argument

Trois jeunes hommes désargentés  se font passer auprès de Mme Gaudin et de sa nièce, Delphine, pour de grands artistes. L’un d’eux a prétendument sauvé un notaire de la noyade. En l’absence de M. Gaudin, les deux femmes les hébergent, le temps que le noyé, M. de Valtravers se rétablisse.  Les deux femmes et le serviteur Fulbert sont sous le charme de ce trio, un compositeur, un poète et un peintre, jusqu’à ce que M. Gaudin revienne de voyage accompagné d’un maître de forge qu’il destine à sa nièce.

Un extrait

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k61813445/f1.item
Edition de 1860, Michel-Lévy frères (Paris) . Source : BnF/ Gallica

Delphine
Ce pauvre M. de Valtravers… quand on songe qu’il n’est pas encore rétabli… depuis trois semaines qu’il est ici avec ses amis…

Madame Gaudin
Et tout cela pour avoir voulu disputer aux flots un notaire !… un prosaïque notaire !…

Delphine
Quelle abnégation !

Madame Gaudin
Les artistes sont tous comme ça !… Qu’un tabellion tombe à l’eau… il se trouvera sur la berge trois hommes d’élite… tout prêts à se précipiter… Quel bonheur que notre maison de campagne se soit trouvée là, sous leur main, au moment de l’accident… et quelle charmante surprise pour M. Gaudin, mon mari, au retour de son voyage !

Delphine
Oh ! je me souviendrai longtemps de cette scène… je vois encore la figure de l’infortuné quand ses deux amis l’ont déposé à la grille du parc !… il était bleu !…

Madame Gaudinavec exaltation.
Oh ! voir à sa porte un homme bleu… et ne pouvoir lui dire : donnez-vous la peine d’entrer !… c’était au-dessus de mes forces… aussi foulant aux pieds des scrupules bourgeois… je n’hésitai pas à offrir un asile à ces nobles jeunes gens… et je ne m’en repens pas… car depuis qu’ils sont ici mon âme s’est ouverte sous la chaude haleine de leurs regards toujours d’azur !

Delphine
Et comme ils s’expriment bien, ma tante !

Madame Gaudin
Des lyres, mon enfant, des lyres !… M. de Valtravers surtout… quelle tendresse contenue dans son regard !… quand on l’a apporté, il m’a semblé voir la statue de la douceur sortant de l’onde amère !

Delphine
L’onde amère !… à Bougival !

Madame Gaudin
Qu’importé ? c’est pour la phrase !… et M. Ulric, le peintre… car je flotte entre ces deux enfants perdus de la poésie… quelle tête byronienne ! comme il est acre et amer !… il me fait peur et m’attire tout à la fois… comme l’abîme.

Delphine
Ah ! bien, moi, M. de Vertchoisi ne me fait pas peur, au contraire…

Madame Gaudin
Comment?

Delphine
Je lui trouve quelque chose de surhumain, de séraphique, de pas possible !…

Madame Gaudin
Petite poète !

Delphine
Comme on sent bouillir l’inspiration sous ce vaste crâne… dégarni par les veilles !…

Madame Gaudin
Épilé par les muses !… — Mais tu en parles avec un enthousiasme…

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Le Roi des Frontins d’Eugène Labiche
Portrait de Lhéritier (Frontin) par Lhéritier, 1845. Source : BnF/Gallica

Le Roi des Frontins d’Eugène Labiche

Le Roi des Frontins d’Eugène Labiche et Auguste Lefranc

Comédie-vaudeville en deux actes, représentée pour la première fois à Paris sur le Théâtre du Palais-Royal le 28 mars 1845.
Distribution : 8 hommes, 2 femmes
Texte à télécharger gratuitement sur Libre Théâtre
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L’argument

« Le comte de Bethmont est ruiné, ses valets l’abandonnent et Frontin, rusé coquin, voleur, comme un valet de bonne maison, va suivre l’exemple de ses camarades. Frontin excelle surtout dans l’art de contrefaire et de prendre la signature des honnêtes gens.—On doit tout prendre des honnêtes gens, dit le drôle.—Enfin son maître lui permet de quitter l’hôtel, à condition qu’il trouvera pour le remplacer un valet adroit et dévoué. Un pauvre diable de marchand de canards, qui n’a d’autres ressources que de manger son fonds, vient à passer devant l’hôtel. Frontin lui fait endosser la livrée en lui promettant une place superbe. Notre marchand de canards, grâce à une leçon que lui a donnée Frontin, se présente au comte et prend des petits airs de roué. Le comte de Berthmont effrayé d’abord de l’air bête du nouveau Frontin, finit par avoir confiance en lui, et lui ordonne de lui procurer un riche vêtement et vingt-cinq louis. La providence vient servir à souhait le pauvre Frontin. Un jeune seigneur compromis dans une conspiration et fuyant la police, échange contre le modeste habit du comte de Bethmont un habit de velours et d’or dans lequel se trouve vingt-six louis. Le maître de Frontin conçoit dès lors la meilleure opinion de son valet, qui marche de succès en succès, et à qui tout réussit, sans qu’il sache comment ni pourquoi. C’est un sort qu’on lui a jeté et il est stupéfié de son bonheur. Le comte de Bethmont a été arrêté sous le nom du marquis de Cérigny, à cause de l’habit qu’il porte. Frontin obtient la liberté de son maître et un laissez-passer pour lui-même. Puis, sous la robe d’un avocat, il gagne le procès de son maître contre un fripon d’usurier. Enfin l’heureux Frontin qui se trouve être le filleul mentionné dans le testament cause du procès, devient riche à son tour ; et délaissant la livrée qui lui a donné tant de pouvoir et de bonheur, il reprend son nom de Thomas et se retire à Poissy, sa ville natale, emportant la réputation d’homme de génie et le surnom de roi des Frontins.

Les mots comiques abondent dans cette petite pièce;  il y en a même de fort hasardés ; par exemple on dit à Frontin-Thomas : vous avez été dérangé depuis deux jours ? —Çà ne m’a pris que dans la nuit, répond-il…—Mais enfin on rit, on est désarmé. Toutefois la pièce n’est qu’une bluette, remplie de ce qu’on nomme des ficelles, qui sont souvent trop grossièrement visibles.

Mais il y avait là de quoi faire rire tout un public et enlever un succès ; c’est Alcide Tousei dont la sottise et l’ingénuité sont admirables, et qui vous décoche les mots avec un naturel des plus désopilants. À lui donc l’honneur du succès et justice sera faite. Grassot est fort comique dans le rôle de Fayensal ; Germain et Meynadier rivalisent de lourdeur et de nullité.

Une charmante actrice, Mlle Lucie Durand, est venue au second acte nous montrer son gracieux visage et ses beaux yeux ; ce qui nous a récompensé des minauderies, du grasseyement et des yeux égarés de Mlle Aline, dont les accroche-coeurs sont ridicules et la voix désagréable comme le son d’une anche de clarinette.—Pourquoi donc réduire au rôle de figurante Mlle Lucie Durand, et donner un rôle qui pouvait être piquant à Mllee Aline?—M. Dormeuil est pourtant homme de goût et directeur habile.
(Article paru dans l’Argus le 3 avril 1845. Source : BnF/Gallica).

Un extrait

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b64008917/f1.item
Portrait de Lhéritier (Frontin) par Lhéritier, 1845. Source : BnF/Gallica

Thomas.
Canes ! canes ! canes ! canards !… C’est-y vous qui demandez des canes ?
Frontin.
Approche, mon garçon, approche !
Thomas.
Voilà ce que c’est : Quarante sous les z’huppés… Quant aux autres…
Frontin.
Laisse ces animaux. (Thomas dépose son panier à droite.) Je t’ai appelé pour causer…
Thomas.
Pour causer ! (À part.) C’est un étranger qui veut apprendre la langue.
Frontin.
Es-tu content de ton commerce ?
Thomas.
Franchement, je n’en suis pas fou ; le canard n’est pas sans épines… Je ne sais pas si ça tient aux événements politiques, mais on trime dans le canard et on trime bien !
Frontin.
Vraiment ! (À part.) Ça se trouve à merveille !
Thomas.
Vous avez devant vous un tout jeune homme qui mange sa légitime.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6400890t/f1.item
Portrait de Lhéritier (Frontin) par Lhéritier, 1845. Source : BnF/Gallica

Frontin.
Comment cela ?
Thomas.
Voilà la chose… Je suis de Poissy. Mon père, un vieux brave homme, tient dans cette localité un pensionnat… pour les bestiaux et autres volailles… C’est là que j’ai été élevé… Tous les ans, à ma fête, mon père me pesait, et, tous les ans, je le voyais sourire, en constatant mon poids, qui augmentait à vue d’œil… Un jour, enfin, au sortir de la balance, il m’attire, sous un vain prétexte, près de la porte de son établissement et me tient à peu près ce langage : « Mon fieu ! de tous mes élèves, tu es, en ce moment, le plus gras… Selon la règle de la maison, c’est donc toi qui dois en sortir le premier… Je n’ajouterai qu’un mot : va-t’en… » (Il fait mine de lancer un coup de pied.) Et il me pousse au milieu d’un attroupement de canards qui semblaient s’être réunis tout exprès pour assister à cette séparation touchante… Dans ma rage, j’avais déjà écrasé deux ou trois de ces bipèdes, lorsque j’entends de nouveau la voix de mon auteur qui s’écrie : « Malheureux ! mais, c’est ta dot que tu foules aux pieds !… » Ma dot ! Ce mot m’éclaire ; je prends un bâton et je me mets à taper sur ma dot qui s’en allait de-ci, de-là !… A force de taper, nous arrivons à Paris, ma dot et moi ; canes ! canes ! canes ! canards ! Voulez-vous des canards ?… Ah ! ben oui ! personne n’achète !… Alors, pour donner l’exemple, je me mets à en plumer un et je le mange… j’en plume un second et je le mange… J’en replume un troisième et je le remange… Enfin, depuis quinze jours que je donne l’exemple, je suis ma seule pratique : voilà les cinq derniers.

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Le Point de Mire d’Eugène Labiche
Le point de mire, comédie d'Eugène Labiche et Delacour : programme de 1864. Source : BnF/ Gallica

Le Point de Mire d’Eugène Labiche

Le Point de mire d’Eugène Labiche et Alfred Delacour

Comédie-vaudeville en quatre actes, représentée pour la première fois, à Compiègne, sur le théâtre de la Cour, le 4 décembre 1864 et à Paris, au Gymnase, le 12 décembre 1864.
Distribution : 10 hommes, 6 femmes
Texte à télécharger gratuitement sur Libre Théâtre
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L’argument

Duplan vient demander la main de Berthe, la fille de ses amis Carbonel pour son fils Maurice. Les Carbonel au départ peu enthousiastes sont ravis quand ils apprennent que Maurice a un million de dot. Les Pérugin, leurs meilleurs amis, sont jaloux de cette bonne fortune et Madame Pérugin va tout faire pour que Maurice s’éprenne de sa fille, Lucie, qui, elle, est amoureuse de l’architecte Jules Priés. Maurice ne cesse d’hésiter, entre la blonde Berthe et la brune Lucie…

Un extrait

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Le point de mire, comédie d’Eugène Labiche et Delacour : programme de 1864. Source : BnF/ Gallica

Duplan.
Je n’ai qu’un mot à vous dire, j’irai droit au but… J’ai un fils que je désire marier le plus tôt possible… votre fille est jolie, bien élevée…
Madame Carbonel.
Permettez !…
Duplan.
Vous êtes de braves gens, de vieux amis, vous me plaisez.
Carbonel.
Bien flatté, mais la fortune de M. Maurice…
Duplan.
Elle est superbe ! vous avez bien connu mon frère Etienne.
Carbonel.
Non…
Duplan.
Le parrain de Maurice… une espèce d’idiot, qui n’a jamais pu être reçu bachelier… alors il est allé en Italie entreprendre des travaux de terrassement pour les chemins de fer… il m’écrivait tous les ans : « Ça va bien, embrasse Maurice pour moi. » J’embrassais Maurice parce que ça me faisait plaisir et je ne pensais plus à sa lettre. Mais voilà qu’il est mort, il y a six mois, en instituant mon fils son héritier.
M. et Madame Carbonel.
Eh bien ?
Duplan.
Eh bien, il lui a laissé cinquante mille livres de rente, cet imbécile-là.
M. et Madame Carbonel.
Un million !
Duplan.
Mon Dieu, oui, Maurice a un million de dot.
Madame Pérugin, paraissant à droite, à part.
Un million ! son fils !
Elle se retire vivement et écoute.
Carbonel.
Un million ! asseyez-vous donc… je vais rallumer le feu.
Madame Carbonel, éperdue.
Une bûche ! un tabouret !
Elle abaisse vivement sa robe.
Duplan, qu’on a fait asseoir sur le canapé entre Carbonel et sa femme.
C’est inutile… je m’en vais.
Madame Carbonel.
Cher monsieur Duplan… votre proposition nous trouble… nous émeut..
Carbonel.
Ah ! c’est que nous sommes des amis, de vieux amis !
Duplan.
Habitués du café Carbonel ! Ah çà ! pour se marier, il faut que les jeunes gens se connaissent ; où pourront-ils se voir ?

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Le Choix d’un gendre de Labiche
Caricature d'Eugène Labiche pour le Panthéon Nadar. Source : BnF/Gallica

Le Choix d’un gendre de Labiche

Le Choix d’un gendre d’Eugène Labiche et Alfred Delacour

Pochade en un acte représentée pour la 1re fois à Paris sur le Théâtre du Vaudeville le 22 avril 1869.
Distribution : 3 hommes, 1 femme
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L’argument

François Trugadin envisage de marier sa fille au comte Émile de Montmeillan. Mais pour éviter toute déconvenue, il s’engage comme domestique chez celui-ci.  Emile a l’air d’un honnête homme mais il a une liaison avec une chanteuse, Mandolina. Avec l’aide de son caissier, Bidonneau, François Trugadin accélère la rupture entre Mandolina et Émile.

Un extrait

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b53066341c
Caricature d’Eugène Labiche pour le Panthéon Nadar. Source : BnF/Gallica

François, seul.
Je parie qu’on me prend pour un domestique… Eh bien ! non !… on se trompe, je suis un beau-père en train d’étudier son futur gendre ! Trugadin, négociant… teinture et chinage sur coton, laine et soie… 5, rue du Mail… J’ai deux filles… Quand il s’est agi de marier l’aînée… naturellement j’ai pris des renseignements… je me suis adressé à tout le monde… à Pierre, à Paul, à Jacques et à mon notaire… il n’y avait qu’un cri… de tous côtés on me répondait : « Oscar ? charmant jeune homme ! charmant ! charmant ! charmant !… » Alors je me suis dit : « Puisqu’il est si charmant… donnons-lui ma fille… » Eh bien, j’ai mis la main sur un petit crevé de première classe !… Oscar joue, découche, entretient des cocottes, mâche des cure-dents dans les couloirs de l’Opéra et refuse obstinément de venir manger ma soupe le dimanche ! Alors nous plaidons en séparation… nous sommes à la première chambre… Mais, pour ma seconde fille, je me suis juré de prendre mes renseignements moi-même !… Car enfin, nous ne les connaissons pas, ces petits étrangers qu’on nous présente pour nos filles !… Ils sont frisés, gantés, cravatés, mais après ? C’est pile ou face ! Alors il m’est venu une idée… gigantesque !… je me suis présenté comme valet de chambre chez M. le comte Émile de Montmeillan… qui brigue la main d’Hermance. Je me suis dit : « Je passerai huit jours avec toi, je vivrai dans tes poches, j’étudierai tes mœurs, tes défauts, tes vices même !… » Et voilà ! ça y est ! j’ai prétexté chez moi un voyage d’affaires, à Mulhouse… personne n’est dans le secret… excepté mon notaire… un homme sérieux ! Eh bien, jusqu’à présent, je suis très content de ce jeune homme ! il est rangé !… l’appétit est excellent, les digestions… sont bonnes… il ne joue pas, il ne fume pas ! je déteste le tabac… et, chose extraordinaire ! depuis trois jours que je suis ici, il n’est pas entré l’ombre d’une femme. (Regardant ses mains) Sapristi ! elles sont encore rouges, ça ne s’en va pas… C’est de ma teinture ! j’ai attrapé ça à la fabrique… Bah ! pour un domestique… c’est plus nature… Par exemple, le service est rude ici… je suis tout seul, je frotte… mal ! je monte le bois, l’eau pour la cuisinière… une bonne grosse fille… qui me regarde en coulisse… et qui me fourre des morceaux de viande à faire reculer un Limousin… donc je n’ai pas à me plaindre de la nourriture… Il n’y a que le vin de domestique qui est un peu… il ne me réussit pas… il me donne des… comment dirai-je ?… des gaietés d’entrailles !… Mais c’est pour ma fille !

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Le prix Martin d’Eugène Labiche
Lassouche (Pionceux) : dessin / de Draner, 1876. Source : BnF/Gallica

Le prix Martin d’Eugène Labiche

Le prix Martin d’Eugène Labiche et Émile Augier

Comédie en trois actes, représentée pour la première fois, à Paris, sur le théâtre du Palais-Royal, le 5 février 1876.
Distribution : 5 hommes, 3 femmes
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L’argument

Ferdinand Martin est trompé par son grand ami Agénor. Pour se venger, il décide d’emmener sa femme, son cousin espagnol et Agénor en Suisse avec le projet de jeter Agénor dans un gouffre. Mais l’amitié entre Ferdinand et Agénor est plus forte.

Un extrait

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6401966t/f1.item
Lassouche (Pionceux) : dessin de Draner, 1876. Source : BnF/Gallica

Martin.
Où as-tu dîné hier ? on ne t’a pas vu.
Hernandez.
Au cabaret… avec des jeunes gens… d’un certain âge… je me suis embêté, ils ont raconté des histoires stupides.
Martin.
Des histoires de femmes ?
Hernandez.
Non, de maris.
Martin.
Il y en a de drôles.
Hernandez.
Ils riaient tous à se fendre la narine en quatre… pas moi !… parce qu’à la dernière, j’ai cru qu’ils voulaient me faire poser.
Martin.
Toi ? pas possible !
Hernandez.
Je t’en fais juge… et après, nous verrons ! Il paraît qu’un de leurs amis, qui n’était pas là, a pour maîtresse une femme mariée… et, quand il veut donner un rendez-vous à sa belle, il fait à la craie une raie dans le dos du mari… en travers, ça veut dire : « J’y serai. »
Martin.
Oh ! que c’est bête !
Hernandez.
Et, au contraire, quand il ne peut pas aller au rendez-vous… il fait une raie en long… ça veut dire : « Je n’y serai pas. »
Martin.
Mais c’est impossible ! le mari s’en apercevrait. Essaye donc de me faire une raie dans le dos.
Il se tourne et montre une raie verticale dans le dos.
Hernandez.
Ah ! caraï !…
Martin.
Va, essaye…
Hernandez.
Mais tu l’as !
Martin.
Moi ?… (Allant à la cheminée et se regardant dans la glace.) C’est ma foi vrai…
Hernandez, à part.
Est-ce que par hasard… ?
Martin.
Où diable me suis-je fourré ? (Il sonne.) Je n’ai pourtant pas joué au billard.
Pionceux, entrant du fond.
Vous avez sonné ?
Martin, tendant son dos.
Oui… brosse-moi !…
Pionceux, le brossant.
Encore de la craie !… Ah ! c’est trop fort !… Depuis quelque temps, vous en avez tous les jours.
Martin, stupéfait.
Tous les jours !
Hernandez.
Caramba !
Pionceux,  faisant un geste horizontal.
Autrefois, c’était comme ça.
Hernandez,  à part.
« J’y serai !  »
Pionceux.
Et, maintenant, c’est comme ça.
Il fait un geste vertical.
Hernandez, à part.
« Je n’y serai pas ! « 

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La Poudre aux yeux d’Eugène Labiche
Portrait de Lhéritier (Malingear) par Lhéritier, 1867 . Source : BnF/Gallica

La Poudre aux yeux d’Eugène Labiche

La Poudre aux yeux d’Eugène Labiche et Edouard Martin

Comédie en deux actes, représentée pour la première fois, à Paris, sur le Théâtre du Gymnase-dramatique, le 19 octobre 1861.
Distribution : 9 hommes, 6 femmes
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L’argument

Emmeline aime Frédéric. Les parents d’Emmeline, les Malingear, font croire aux parents de Frédéric, les Ratinois, qu’ils ont un train de vie plus élevé qu’ils n’ont en réalité. Les Ratinois jouent le même jeu. Le montant de la dot augmente tant que le mariage risque d’être rompu. Heureusement, l’oncle de Frédéric, Robert, veille…

Un extrait

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b64010355/f1.item
Portrait de Lhéritier (Malingear) par Lhéritier, 1867 . Source : BnF/Gallica

Robert.
Pour faire de l’embarras, du genre, du flafla ! Aujourd’hui, c’est la mode ; on se jette de la poudre aux yeux, on fait la roue… on se gonfle… comme des ballons… Et quand on est tout bouffi de vanité… plutôt que d’en convenir… plutôt que de se dire : « Nous sommes deux braves gens bien simples… deux bourgeois… » on préfère sacrifier l’avenir, le bonheur de ses enfants… Ils s’aiment… mais on répond : « Qu’est-ce que cela fait ?… » Et voilà des pères !… Bonsoir !…
Il veut sortir.
Ratinois, le retenant vivement.
Mon oncle Robert, restez !… (Emu.) Mon oncle Robert… vous avez des boucles d’oreilles… vous n’avez pas d’esprit, vous n’avez pas d’instruction… (Se frappant le cœur.) Mais vous avez de ça !
Malingear.
Oh ! oui.
Ratinois, très ému.
Vous m’avez remué… vous m’avez bouleversé !… Vous m’avez prouvé que je n’étais qu’un père à jeter par la fenêtre (montrant Malingear) et Monsieur aussi… Mais ce n’est pas ma faute… c’est la faute de ma femme ; elle me le payera !… (S’attendrissant.) Et je vous jure que si jamais… au grand jamais… vous me voyez broncher dans le chemin qui… que… qui… (Tout à coup.) Enfin, voulez-vous dîner avec nous ?…

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Le Voyage de Monsieur Perrichon d’Eugène Labiche
Dessin d'acteurs / de Yves Marevéry. 1906. Source : BnF/Gallica

Le Voyage de Monsieur Perrichon d’Eugène Labiche

Le Voyage de Monsieur Perrichon d’Eugène Labiche et Édouard Martin

Comédie en quatre actes, représentée pour la première fois, à Paris, sur le Théâtre du Gymnase, le 10 septembre 1860.
Distribution : 10 hommes, 2 femmes
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L’argument

Paris, Gare de Lyon, vers 1860. M. Perrichon, sa femme et sa fille Henriette, prennent pour la première fois le train, pour aller en vacances à Chamonix. Ils sont abordés par deux jeunes hommes, Armand Desroches et Daniel Savary, charmés par la fille de M. Perrichon, qu’ils ont rencontrée lors d’un bal.

Une lutte loyale mais acharnée commence entre les deux jeunes hommes, chacun voulant faire route avec la famille Perrichon pour gagner sa confiance et épouser ainsi Henriette. Armand Desroches sauve la vie de Monsieur Perrichon tombé dans une grotte : toute la famille lui en est très reconnaissante, mais Monsieur Perrichon est vexé de cet épisode. Voyant cela, Daniel Savary fait à son tour semblant de tomber dans une grotte et se fait sauver par M. Perrichon qui, très fier de lui, le prend désormais en affection et sous sa protection.

M. Perrichon se retrouve aussi dans une situation dangereuse lorsqu’il répond de façon insultante, par livre d’or interposé, à un ancien commandant ayant ironisé sur son orthographe. Ce militaire le retrouve douze jours plus tard, pour le défier en duel….

Illustrations de Yves Marevéry

Dessins réalisés lors de l’entrée au Répertoire de la Comédie-Française du Voyage de Monsieur Perrichon  en 1906.

Sur les mises en scène de cette pièce à la Comédie-Française, lire l’article d’Agathe Sanjuan, conservateur-archiviste de la Comédie-Française : « Labiche à la Comédie-Française : une cigale chez les fourmis » dans le dossier de presse réalisé à l’occasion de la mise en scène de la pièce par Julie Brochen en 2008.

« La création à la Comédie-Française le 10 mai 1906 a lieu en matinée, devant un public de collégiens, et sans que la critique n’ait été convoquée. Perrichon est interprété par Coquelin cadet. Cette ouverture en catimini ne laissait pas présager l’extraordinaire succès public qui ne s’est pas démenti (Le Voyage de monsieur Perrichon est la pièce de Labiche la plus souvent représentée à la Comédie-Française avec 556 représentations) »

Le Voyage de Monsieur Perrichon d'Eugène Labiche texte télécharger gratuitement
« Le voyage de Monsieur Perrichon » d’Eugène Labiche et Edouard Martin / dessin d’Yves Marevéry. 1906. Source : BnF/Gallica
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b53049836h/f1.item
Dessin d’acteurs / Dessin d’Yves Marevéry. 1906. Source : BnF/Gallica
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b530497866/f1.item
Coquelin cadet, dessin d’ Yves Marevéry. 1906. Source : BnF/ Gallica
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b53049781z/f1.item
Coquelin cadet. Dessin d’Yves Marevéry. 1906. Source : Bnf/Gallica
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b530497955/f1.item
Emile Dehelly et Georges Berr. Dessin d’Yves Marevéry. 1906. Source : BnF/ Gallica
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b53049781z/f1.item
Ernest Coquelin cadet. Dessin d’ Yves Marevéry. 1906. Source : BnF/Gallica

Un extrait

Perrichonému.
Daniel, mon ami, mon enfant !… votre main. (Il lui prend la main.) Je vous dois les plus douces émotions de ma vie… Sans moi, vous ne seriez qu’une masse informe et repoussante, ensevelie sous les frimas… Vous me devez tout, tout ! (Avec noblesse.) Je ne l’oublierai jamais !

Daniel
Ni moi !

Perrichonà Armand, en s’essuyant les yeux.
Ah ! jeune homme !… vous ne savez pas le plaisir qu’on éprouve à sauver son semblable.

Henriette
Mais, papa, Monsieur le sait bien, puisque tantôt…

Perrichonse rappelant.
Ah ! oui, c’est juste !… Monsieur l’aubergiste, apportez-moi le livre des voyageurs.

Madame Perrichon
Pour quoi faire ?

Perrichon
Avant de quitter ces lieux, je désire consacrer par une note le souvenir de cet événement !

L’Aubergisteapportant le registre.
Voilà, Monsieur.

Perrichon
Merci… Tiens, qui est-ce qui a écrit ça ?

Tous
Quoi donc ?

Perrichonlisant.
« Je ferai observer à M. Perrichon que la mer de Glace n’ayant pas d’enfant, l’e qu’il lui attribue devient un dévergondage grammatical. » Signé : « Le Commandant. »

Tous
Hein ?

Henriettebas, à son père.
Oui, papa ! mer ne prend pas d’e à la fin.

Perrichon
Je le savais ! Je vais lui répondre à ce monsieur. (Il prend une plume et écrit.) « Le Commandant est un paltoquet ! » Signé : « Perrichon. »


Le Voyage de Monsieur Perrichon sur le site de l’INA

http://fresques.ina.fr/en-scenes/fiche-media/Scenes10150/le-voyage-de-monsieur-perrichon.html
Adaptation télévisée. Source : INA

Adaptation pour la télévision (25 décembre 1958)
Réalisation de Stellio Lorenzi.

Début gratuit (version intégrale payante) sur le site de l’INA, autre extrait sur le site de l’INA.

Mise en scène de Jean Le Poulain à la Comédie-Française en 1982

Emission télévisée avec Jean Le Poulain, metteur en scène et interprète de la pièce d’Eugène Labiche « Le Voyage de Monsieur Perrichon » à la Comédie Française parle du personnage et du thème de la pièce.
Lien vers le site de l’INA

Commentaires fermés sur Le Voyage de Monsieur Perrichon d’Eugène Labiche
La Sensitive d’Eugène Labiche
Croquis de scène / de Lhéritier. Source : BnF/ Gallica

La Sensitive d’Eugène Labiche

La Sensitive d’Eugène Labiche et Alfred Delacour

Comédie-vaudeville en trois actes, représentée pour la première fois, à Paris, sur le théâtre du Palais-Royal, le 10 mars 1860.
Distribution : 6 hommes, 2 femmes
Texte intégral de la pièce à télécharger gratuitement sur Libre Théâtre.
Lien vers la notice sur data.libretheatre.fr

 L’argument

Onésime Bougnol et Laure Rothanger vont se marier. Gaudin, le domestique de Bougnol, voit avec inquiétude cette alliance, qui va sans doute perturber ses habitudes. Dans une atmosphère de fête, les invités arrivent, dont deux militaires, l’ancien précepteur de Laure et les parents de la mariée. Mais Onésime est un grand sensible et  ne peut accomplir ses devoirs conjugaux lors de la nuit de noces à la suite de différents incidents. Les deux militaires et l’ancien précepteur courtisent alors la jeune fille.

Un extrait et des illustrations…

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6400691j
Croquis de scène / de Lhéritier. Source : BnF/ Gallica

Gaudin.
Ainsi, Monsieur persiste toujours à se marier malgré les rhumatismes… qu’il aura ?

Bougnol.
Toujours !

Gaudin.
Je crois que Monsieur fera bien de réfléchir !… D’abord, êtes-vous bien sûr d’être né pour le mariage ?…

Bougnol.
Comment, imbécile ?

Gaudin.
Ah ! monsieur, c’est que j’ai eu des renseignements par mademoiselle Pausanias… cette petite marchande de tabac avec laquelle vous passiez de longues heures à choisir des cigares…

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b531179336
Luguet, Brasseur & Gil Perès, au 2e acte de La sensitive du Palais-Royal, scène de la courte paille par Hadol. Source : BnF/ Gallica

Bougnol.
Eh bien ?

Gaudin.
Elle prétend que vous êtes d’un caractère inégal… qu’un rien vous trouble, vous émeut… Enfin, que vous avez des vapeurs, des absences dans la conversation…

Bougnol.
Moi ?

Gaudin.
On a bien tort de se brouiller avec ces demoiselles-là… Ça les vexe… et alors, elles jasent… elles cancanent…

Bougnol.
Je ne comprends pas !… Qu’a-t-elle pu dire ?…

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b64006904
Portrait de René Luguet : dans le rôle de Chalandard par Lhéritier, 1860. Source :BnF /Gallica

Gaudin.
Il paraît qu’un jour… à sa fête… vous lui aviez composé un petit compliment ?

Bougnol.
Un quatrain… huit vers seulement…

Gaudin.
Vous vous apprêtiez à les lui débiter… lorsque tout à coup… drelin dindin !… un coup de sonnette !

Bougnol.
Très violent… je m’en souviens.

Gaudin.
Et cela a suffi pour vous faire perdre la mémoire ! Vous avez pâli, vous vous êtes troublé… et vous avez bégayé toute la soirée.

Bougnol.
C’est vrai : le moindre bruit, la moindre émotion me trouble ; ma langue s’embarrasse, et je bégaye…

Gaudin.
Ah ! vous avez là un défaut bien désagréable dans un ménage ! Voulez-vous que je vous dise, monsieur… vous êtes de la nature de la sensitive !

Bougnol.
La sensitive ?… qu’est-ce que c’est que cela ?

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6402061z
Portrait de Brasseur : dans le rôle de Clampinais par Draner. Source : BnF/Gallica
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b55003762r/f1
Gil-Peres (Edmond Balissan) : dessin de Draner. Source : BnF/ Gallica
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La Perle de la Canebière  d’Eugène Labiche
Aline Duval, créatrice du rôle de Théréson Marcasse. Ici dessinée par Lhéritier dans ambour battant, vaudeville de Théodore Barrière, Adrien Decourcelle. Source : BnF/ Gallica

La Perle de la Canebière d’Eugène Labiche

La Perle de la Canebière d’Eugène Labiche et Marc-Michel

Comédie en un acte, mêlée de chants, représentée pour la première fois, à Paris, sur le théâtre du Palais-Royal, le 10 février 1855.
Distribution : 3 hommes, 4 femmes
Texte intégral de la pièce à télécharger gratuitement sur Libre Théâtre.
Lien vers la notice sur data.libretheatre.fr

L’argument

M Beautendon attend de Cambrai, Mme de Sainte Poule et sa fille Blanche, qui doit prochainement épouser son fils Godefroid. Le jeune homme a passé un séjour mouvementé à Marseille chez Théréson Marcasse, une riche veuve propriétaire d’une fabrique de savons. Effarouché par le comportement de Théréson, Godefroid a fui. Mais la riche Marseillaise arrive, avec sa bonne Miette bouleversant l’organisation des fiançailles.

Un extrait

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6400957j/f1
Aline Duval, créatrice du rôle de Théréson Marcasse. Ici dessinée par Lhéritier dans Tambour battant, vaudeville de Théodore Barrière, Adrien Decourcelle. Source : BnF/ Gallica

Beautendonvivement.
Madame est rentière !
Il débarrasse madame de Sainte-Poule.

Théréson.
Rentière ?… c’est donc ça que vous êtes grasse à lard !

Madame de Sainte-Poule.
Grasse à lard !

Beautendon, vivement, bas à madame de Sainte-Poule.
Ne faites pas attention… une locution du Midi !…

Théréson, à madame de Sainte-Poule.
Ma chère amie… je ne vous renvoie pas… mais je suis venue de Marseille pour causer avec Beautendon… Ainsi… adieu, bonne brise !

Madame de Sainte-Pouleà part.
Bonne brise ! c’est un matelot que cette femme-là !

Beautendon, à madame de Sainte-Poule.
Ne faites pas attention… une locution du Midi. Nous allons nous mettre à table… si votre charmante fille est prête… (À Godefroid, en le chargeant encore des bottes et de la perruque.) Porte ça à la cuisine et presse le déjeuner.

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