Unité modèle de Guillaume Corbeil

du 7 au 28 juillet à 19h00 – Relâches : 12, 19, 26 juillet
La Scierie,15 bd du quai St Lazare, Avignon

Unité modèle, une ode tragi-comique à la conformité

©Laurent Schneegans

On se souvient du roman « Les Choses ». Dès les années soixante, Georges Perec y dépeignait une société de consommation déshumanisante, ne permettant plus à l’individu d’exister que par la conformité à la règle, c’est-à-dire par la négation de l’individualité même. Une société de consommation dans laquelle, aujourd’hui plus encore qu’hier, l’être se confond définitivement avec l’avoir. C’est cette même servitude consentie que dénonce Guillaume Corbeil dans cette pièce, avec beaucoup plus d’humour. Un humour mêlé de tragique, tant ce couple d’aspirants à la propriété nous apparaît comme chosifié lui-même, réduit qu’il est à ce qu’il a, à ce qu’il espère avoir, et à ce qu’on voudra bien lui donner. Très habilement, la mise en scène de Guy-Pierre Couleau intègre le public dans ce spectacle interactif en en faisant le destinataire de cette ode tragique à l’uniformisation. Il nous tend un miroir dans lequel nous ne pouvons que nous reconnaître, au moins en partie. Moana Ferré et Nils Olhund interprètent à la perfection ce couple idéal aux faux airs de Richard Gere et Julia Roberts, semblant sortir d’un spot publicitaire pour un programme immobilier. Le rire dit Bergson, surgit quand on fait ressortir ce qu’il y a de mécanique dans le comportement de l’homme. On rit donc. Beaucoup. Mais on rit plutôt jaune. Car au bout de cette quête sans limite de conformité, à laquelle il nous est parfois difficile d’échapper nous-mêmes, il ne peut y avoir que la folie et la mort.

Un spectacle à la fois drôle et dérangeant, dans le bon sens du terme. À ne pas manquer.

Critique de Jean-Pierre Martinez

©Laurent Schneegans

Lien vers le site du festival OFF pour réserver

Auteur : Guillaume Corbeil
Mise en scène : Guy-Pierre Couleau
Interprètes : Moana Ferré, Nils Olhund
Lumières : Laurent Schneegans
Costumes : Camille Pénager
Maquillage et perruque : Kuno Schlegelmilch
Compagnie Des lumières et des ombres

©Laurent Schneegans
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