Le clou aux maris d’Eugène Labiche

Le clou aux maris d’Eugène Labiche et Emile Moreau

Comédie-vaudeville, représentée pour la première fois à Paris sur le Théâtre du Palais-Royal le 1er avril 1858.
Distribution : 3 hommes, 2 femmes
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L’argument

Olympia vient d’épouser le maître-clerc Piquefeu dans le seul but de faire revivre le souvenir de son défunt mari l’avoué Jules Montgicourt dont le portrait trône dans la maison.  C’est alors que Bésuchon arrive car il vient  de découvrir dans l’armoire de sa femme 32 lettres d’amour signées Jules. Il reconnait l’écriture de Montgicourt…

Un extrait

Picquefeu.
Ça y est! me voilà marié! Mon Dieu, mon Dieu, que la vie est drôle!… il y a quinze jours, j’étais maître clerc dans l’ex-étude de feu M. Montgicourt… un avoué… pas drôle… décédé il y a dix mois… Je voulais être seul, je m’étais enfermé dans mon cabinet pour travailler… et je faisais des petits bateaux avec des coquilles de noix… comme c’est mon habitude après mon déjeuner. Tout à coup on frappe… «Entrez!» Entre un monsieur… un parent… très grêlé… qui, le jour suprême, avait prononcé quelques paroles bêtes, mais bien senties! Ce monsieur me déclare, après plusieurs circuits, que j’avais inspiré de l’intérêt à madame Montgicourt, la veuve! Bref! il me propose sa main, et l’étude avec! Je tombai de mon haut… et cependant j’aurais dû m’y attendre… il y a quelque chose en moi qui aimante les veuves… c’est dans l’œil, ça… j’ai l’œil aux veuves! Je n’ai pas besoin de dire que j’acceptai avec empressement… Je voulais aller me jeter aux pieds de la patronne, lorsque ce bonhomme m’arrêta : «Pas de cour! pas de bouquets! c’est la volonté de madame Montgicourt ; elle vous connaît, vous lui convenez, vous la verrez le jour de la célébration!…» Ça me parut drôle… mais le moyen de refuser… une femme charmante ! une étude de premier ordre, un appartement délicieux… parfaitement meublé! (Apercevant le portrait.) Tiens!… voilà le patron!… Bonjour, patron!… vous savez que vous n’allez pas rester là!… c’est ma place! (A lui-même.) Ça me gênerait de l’avoir sur le dos… quand j’embrasserai sa femme… c’est- à-dire ma femme; il aurait l’air de me dire : «Je l’ai embrassée avant toi!…» C’est désagréable! je lui trouverai un petit coin… noir! seulement je garderai son cadre… pour me mettre dedans ! (S’adressant au portrait.) Tu ne tiens pas à ton cadre, n’est-ce pas?… Très bien, il est brave homme!… tu es brave homme!

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Les circonstances atténuantes d’Eugène Labiche

Les circonstances atténuantes d’Eugène Labiche, Mélesville et Auguste Lefranc

Comédie-vaudeville en un acte représentée pour la première fois sur le Théâtre du Palais-Royal le 26 février 1842.
Distribution : 4 hommes, 2 femmes
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L’argument

Mme de Brée, jeune veuve richement dotée, va se marier avec son cousin Chabriac, homme rustre et cupide. Valory, un jeune avocat va mettre en œuvre un stratagème pour faire échouer ce mariage : voler dans le bureau de Mme de Brée les 300 000 francs afin que Chabriac renonce au mariage.  Tout ne se passe pas comme prévu car Chabriac se rend aussi secrètement dans la même pièce…

Un extrait

Chabriac.

C’est très audacieux, ce que j’ai fait là… s’introduire par le jardin!… escalader un entresol… Je pouvais me fracturer !… Heureusement qu’il y a, en bas, un certain pommier qui m’a prêté une main secourable ! Toi, je te ferai arracher dès que je serai marié… Je n’ai pas envie que tu fasses la courte échelle pour d’autres… (Regardant autour de lui.) Tiens ! pas la moindre veilleuse ! Sacrebleu ! j’ai manqué mon effet… Une entrée si romanesque que j’étudie depuis Paris, dans la diligence ! Il y a de quoi se pendre !… C’est vrai!… au moment de m’unir à ma charmante cousine, Mme de Brée (les bans sont publiés et le mariage doit se célébrer demain), il était urgent de lui prouver la vivacité de mon amour… mon empressement… Et un futur qui tombe chez sa belle par la fenêtre!… Il n’y a rien de plus vif!… Les gens froids entrent tout bonnement par la porte… Et puis ça la compromet… ça l’empêche de regarder en arrière… et il n’y a pas de mal… car tant que son procès n’a pas été jugé, je dois convenir que j’ai été un peu vacillant… L’issue en était fort douteuse, et ma foi… Mais aujourd’hui c’est un excellent parti… Depuis qu’elle a gagné !… jolie comme un ange… sans appel… et trois cent mille francs… en dernier ressort !… Sacrebleu !

faut-il que j’aie manqué mon effet ! On me proposait bien à Paris un autre mariage… la fille d’un passementier de la rue aux Fers… deux cent mille francs… qui louche… cent mille francs de moins qu’ici… J’aime cent mille fois mieux ma cousine! Fi!… une louchon… je n’épouserai jamais une louchon… on pourrait croire que j’ai des vues… détournées… Ah çà! je voudrais bien y voir clair. (Il s’approche à tâtons de la toilette et prend le flambeau.) Où diable trouver… (Regardant la cheminée.) Oh! du feu!… que je suis bête !… (Il va à la cheminée cherchant un papier dans ses poches.) Je dois avoir là mon bulletin de diligence… (Montrant un paquet cacheté.) Diable ! pas ça !… la nomination d’un de mes amis aux fonctions de substitut ! Pauvre garçon! sera-t-il heureux quand je lui apprendrai demain, car il ne se doute de rien ; c’est son oncle qui a fait toutes les démarches… (Prenant un papier et allumant.) Ah! voilà! (Il revient à la toilette et trouve une lettre.) Qu’est-ce que c’est que ça! «Bal de la préfecture.» Une lettre d’invitation… Elle danse en pensant à moi… (Il s’assied dans le fauteuil.) Attendons-la… Oh!… une idée! si je me poétisais un peu pour son retour… Je vais passer mon habit marron, et mon gilet glacé… (Il se lève.) Le fait est que je ne suis guère en tenue de roman… Il n’y a que mon chapeau qui soit bon style. (Lisant dans le fond du chapeau.) Ambrois, Chaussée-d’Antin. Je ne connais que cet homme-là pour vous coiffer proprement… Je cours passer mon habit marron… Sacrebleu!… j’ai récupéré mon effet… (Il prend sa valise et le flambeau.) Ah! Faublas! scélérat de Faublas que tu es!…

(Il entre dans le cabinet du fond à gauche.)

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Les Petits Moyens d’Eugène Labiche
Eugène Labiche par Marcellin Desboutin. Source : RMN

Les Petits Moyens d’Eugène Labiche

Les Petits Moyens d’Eugène Labiche, Gustave Lemoine et Adrien Decourcelle

Comédie-vaudeville en un acte représentée pour la première fois à Paris sur le théâtre du Gymnase le 6 novembre 1850.
Distribution : 4 hommes, 2 femmes
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L’argument

Madame Grumelot découvre un beau jour que sa nièce, Adèle, est trompée par son mari Léon, un avocat… Monsieur Grumelot, son mari, lui apprend que c’est avec Hortense, la femme de Monsieur Hocquard dont il est l’avocat… Monsieur Hocquard vient annoncer à Adèle qu’il a des soupçons… Adèle, jalouse, fait une scène à son mari et le menace de se rendre au bal de l’Opéra… l’endroit précisément où Léon doit retrouver Hortense, qui s’y trouve avec son amie, la blonde Madame De Valin… Pour éloigner Madame de Valin, Léon demande à son beau-père Monsieur Grumelot de l’accompagner. Mais Madame Grumelot et Adèle vont mettre en oeuvre « les petits moyens » pour les faire renoncer…

Un extrait

Madame Grumelot.
Je ne veux pas défendre ton mari, mais toi-même, n’as-tu rien à te reprocher ?…

Adèle.
Moi ? Avant ce maudit procès, je l’aimais comme on n’a jamais aimé son mari.

Madame Grumelot.
Mais depuis ? n’as-tu pas été un peu coquette ?

Adèle.
J’ai essayé, dans l’espoir de le ramener…

Madame Grumelot.
Tu as eu tort!… Ne t’es-tu pas montrée jalouse ?

Adèle.
Le moyen de faire autrement ?

Madame Grumelot.
Tu as eu tort… et dans ta jalousie, tu as pleuré, tu lui as fait des scènes, des reproches, des menaces, n’est-ce pas ?… oui… Tu as eu tort… ce n’est pas ainsi qu’on ramène un mari… ce sont là des moyens extrêmes qui ne réussissent jamais en ménage.

Adèle.
Que faire, alors ? se venger ?

Madame Grumelot.
Oh! la belle avance! le mépris des autres et de soi-même, voilà tout ce qu’on y gagne. Mais il est d’autres moyens qui réussissent toujours, en ménage comme en gouvernement… c’est ce qu’on appelle les petits moyens.

Adèle.
Les petits moyens ?

Madame Grumelot.
Le tout est de savoir les employer à propos.
AIR de la Mère aveugle.
Et d’abord, il faut pouvoir
Avoir sur soi de l’empire,
Il faut, avec un sourire
Et tout entendre et tout voir;
Les époux d’humeur trop tendre
Sont faciles à surprendre,
Il ne s’agit que de tendre
Des filets sous leur plaisir;
Et l’on jette aux plus ingambes
De bons bâtons dans les jambes…
Pour les empêcher d’ courir. (bis)

(Parlé.) Après quelque temps de ce petit régime, la tâche de la femme devient chaque jour plus facile; mais il faut veiller toujours pour prévenir les rechutes. On conduit ainsi le sujet jusqu’à quarante ou quarante-cinq ans; alors le plus indomptable est dompté… ou à peu près… on peut lui laisser la bride sur le cou et dormir sur les deux oreilles. Vois ton oncle, c’était un Lovelace, un don Juan, et je l’ai amené à courir après les papillons. Il en fait collection, le cher homme! À présent, c’est un don Juan… éteint, et cela, grâce aux petits moyens.

Adèle.
Mais ces petits moyens, quels sont-ils ?

Madame Grumelot.
Je t’expliquerai cela à loisir… il s’agit pour l’instant d’empêcher Léon d’aller à ce rendez-vous… et… l’heure approche. (On entend un coup de sonnette.)

Adèle.
Il sonne pour sa toilette, ma tante !

Madame Grumelot.
Sois tranquille, je te réponds qu’il ne sortira pas… et d’abord… (Elle arrête la pendule qui est sur la cheminée.)

Adèle.
Que faites-vous donc ?

Madame Grumelot.
J’arrête le soleil… comme Josué; si ça ne fait pas de bien, ça ne peut pas faire de mal.

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Mamz’elle fait ses dents d’Eugène Labiche
Extrait de la Revue illustrée de décembre 1890, article consacré à Céline Montaland. Source : BnF/Gallica

Mamz’elle fait ses dents d’Eugène Labiche

Mamz’elle fait ses dents d’Eugène Labiche

Comédie en un acte mêlée de couplets d’Eugène Labiche et Marc-Michel, représentée pour la première fois à Paris sur le Théâtre du Palais-Royal le 9 avril 1851.
Distribution : 2 hommes, 3 femmes
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L’argument

Alors qu’il est tranquillement en famille, entre sa femme et sa fille, M. Chatchignon, est poussé par son ami Turpin à un rendez-vous galant. Sa fille Louise  va tout faire pour l’empêcher de sortir en cachant ses chapeaux puis en simulant un mal de dents.

un extrait

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6282091b/f147
Extrait de la Revue illustrée de décembre 1890, article consacré à Céline Montaland qui a créé le rôle. Source : BnF/Gallica

CHATCHIGNON, remontant vers le fond.
Adieu, petite chérie !
TURPIN.
Filons! filons!
(Au moment où Turpin et Chatchignon vont franchir le seuil de la porte, Louise pousse un cri.)
LOUISE.
Holà! là! hôôô là! là! là! là!
CHATCHIGNON, revenant.
Hein?… qu’y a-t-il?
LOUISE.
Je ne sais pas… j’ai du bobo!
CHATCHIGNON.
Où ça !
LOUISE.
À mes petites dents. Holà! là! là!
CHATCHIGNON, la prenant dans ses bras.
Ah ! mon Dieu! pauvre enfant !
TURPIN.
Ça ne sera rien !
LOUISE.
Oh! si! ça sera beaucoup… (Elle pleure.) Hââââ!
CHATCHIGNON.
Elle pleure ! elle souffre ! je ne sais que lui faire ! (Il la tient dans ses bras et parcourt la scène et
appelle.) Gudule! Madame Chatchignon ! Gudule !
GUDULE, entrant.
Quoi qu’y a?
CHATCHIGNON.
Arrive vite! la petite est malade.
GUDULE.
Malade… Voyons voir… (Elle la prend dans ses bras. A Louise.) Ousque ça vous fait mal?
LOUISE.
Là !
GUDULE.
Parbleu! c’est pas malin… Mam’zelle fait ses dents.
CHATCHIGNON.
Ah! mon Dieu! ses dents! (A Turpin.) Vite! va chercher ma femme.
TURPIN.
J’y cours!
(Il se dirige vers la porte de droite.)

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Un homme sanguin d’Eugène Labiche

Un homme sanguin d’Eugène Labiche et Auguste Lefranc

Comédie-vaudeville en un acte, représentée pour la première fois à Paris sur le théâtre du Gymnase le 15 août 1847.
Distribution : 4 hommes, 1 femme
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L’argument

Lardillon, un sculpteur va épouser la fille de Chalabert, mais celui-ci, sur la recommandation de son médecin et ami Rançonnet veut lui faire passer une visite médicale. Buchard, le modèle de Lardillon doit aussi passer une visite médicale car son numéro vient d’être tiré à la conscription, alors qu’il vient de demander en mariage Marguerite. Lardillon et Buchard échangent leurs rendez-vous médicaux, mais le subterfuge est découvert…

Un extrait

MARGUERITE.
Ah! c’est bien gentil, ça!… C’est un bel homme tout de même!…
BUCHARD.
Ah! je serais si heureux… quel malheur!
MARGUERITE.
Quoi donc ?
BUCHARD.
Il paraît que je suis tombé à la conscription… que j’ai amené le numéro 9.
MARGUERITE.
Ah! mon Dieu!
BUCHARD.
Naturellement, mon physique m’a fait classer dans les carabiniers… un corps d’élite.
MARGUERITE.
Eh bien! alors…
BUCHARD.
Alors j’ai demandé un sursis pour me faire réformer…
MARGUERITE, le regardant.
Vous ?
BUCHARD.
Oui, j’ai allégué de nombreux motifs d’exemption.
MARGUERITE.
Lesquels ?
BUCHARD.
J’ai longtemps flotté entre une pulmonie et un ramollissement de la moelle épinière… qu’est-ce que
tu aurais choisi ?
MARGUERITE.
Je ne sais pas.
BUCHARD.
J’ai opté pour le ramollissement… j’ai dit que j’étais alité… mais un jour ils me découvriront, et
alors… déjà je suis traqué par les gendarmes… un autre corps d’élite… et je n’ose plus rentrer chez
moi… voilà pourquoi je reste ici.
MARGUERITE.
Impossible! si on vient.
BUCHARD.
Je me cacherai jusqu’à ce qu’il m’arrive un moyen d’exemption, il doit y en avoir… tiens…
Séraphine-Cocotte-Victoire, dont je te parlais tout à l’heure, je l’ai rencontrée… Marguerite.
Hein ?…
BUCHARD.
Il y a un an… Elle avait épousé un médecin que je ne connais pas et qui avait trouvé un moyen de
se soustraire toute sa vie au service militaire… Voilà ce que je cherche. (On entend la voix de
Chalabert dans la coulisse.)
MARGUERITE.
Ah! mon Dieu!… la voix de Monsieur…
BUCHARD.
Vite! escamote-moi! (Indiquant une porte à gauche.) Qu’est-ce que c’est que ça ?
MARGUERITE.
La chambre de Madame.
BUCHARD.
Et ici…
MARGUERITE.
Le cabinet de toilette de M. Chalabert.
BUCHARD.
Tiens! je vais faire ma barbe. (Il entre dans le cabinet à gauche, au premier plan.)

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Un mari qui lance sa femme d’Eugène Labiche
Eugène Labiche par Marcellin Desboutin. Source : RMN

Un mari qui lance sa femme d’Eugène Labiche

Un mari qui lance sa femme d’Eugène Labiche et Raimond Deslandes

Comédie en trois actes représentée pour la première fois au théâtre du Gymnase à Paris le 23 avril 1864.
Distribution : 7 hommes, 9 femmes
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L’argument

Les Lepinois marient leur fille Thérèse à Olivier de Millancey. Sa jeune sœur Laure a des vues sur son cousin Robert, un artiste mais ses parents préfèrent le baron de Mongicourt. Chacun donne à Thérèse quelques conseils avant la nuit de noces. Le mariage passé, Olivier lance sa femme dans le monde lors d’un bal, qui dégénère : Thérèse est extrêmement belle et tous les hommes se pressent autour d’elle, Olivier embrasse Madame de Tremble,  quant à Laure, elle se met à jouer au bacarat…

Un extrait

LAURE.
À nous deux maintenant… maman est partie, nous pouvons causer librement… car, moi aussi, j’ai
mes petits conseils à te donner.
THÉRÈSE.
Toi ?
LAURE.
Oui, j’ai beaucoup réfléchi sur le mariage… c’est un événement qui peut m’arriver d’un moment à
l’autre.
THÉRÈSE.
Dans quelques années…
LAURE.
J’ai dix-sept ans et demi… (Mystérieusement.) et je crois qu’un de ces jours notre cousin Robert
demandera ma main.
THÉRÈSE.
Robert! qui peut te faire penser ?…
LAURE.
Oh ! mille petits signes particuliers… à moi connus.
THÉRÈSE.
Mais espères-tu que mon père voudra l’accorder à un peintre… à un artiste?
LAURE.
Pourquoi pas ? Robert est un excellent garçon… très rangé… et qui a du talent… Il a gagné vingt
mille deux cent sept francs l’année dernière… c’est gentil, de trouver cela sur sa palette !… Enfin, si
nous nous arrangeons… si je l’épouse, j’ai mon programme tout prêt… et je vais te le donner.
THÉRÈSE,
riant.
Voyons ton programme…
LAURE.
C’est surtout dans les commencements qu’il faut mettre son mari au pas et lui faire prendre de
bonnes habitudes… aussi, dès demain matin, je te conseille de mettre ton chapeau et de sortir…
THÉRÈSE.
Pour quoi faire?
LAURE.
Pour établir ton droit… Si ton mari te demande où tu vas, tu lui répondras fièrement :
« Je vais voir ma bonne petite sœur… nous avons à causer!…» De son côté, quand il sortira… il
devra te rendre compte de ce qu’il aura fait, des personnes qu’il aura vues…
THÉRÈSE.
Ça, c’est juste!…
LAURE.
Oh! j’ai étudié la question, va !… Ah! une recommandation capitale !… N’abonne jamais ton mari à
un journal du soir !
THÉRÈSE.
Où est le danger ?
LAURE.
Vois papa… son journal arrive à sept heures… il le lit après dîner… le sang lui monte à la tête… il
s’endort… et la soirée est perdue !
THÉRÈSE.
Oh ! mais tu es très forte !
LAURE.
Autre détail très important!… donne l’ordre à ta cuisinière de lui servir, pendant quelques jours, son
potage froid et sa salade dans des assiettes chaudes…
THÉRÈSE.
Ah! par exemple!… et pourquoi?
LAURE.
Tiens! pour essayer son caractère!… Tu verras tout de suite s’il est aimable ou grognon… et alors, si
toutes ces épreuves-là réussissent, s’il est bien gentil, bien sage, s’il te laisse venir voir souvent ta
bonne petite sœur… tu auras bien soin de lui, tu lui feras faire des petits plats sucrés, et tu le
mettras dans du coton… Voilà comment je compte me gouverner avec mon cousin Robert… s’il
demande ma main.

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Un monsieur qui a brûlé une dame d’Eugène Labiche
Labiche par Nadar (entre 1854-1870). Source : BnF/ Gallica

Un monsieur qui a brûlé une dame d’Eugène Labiche

Un monsieur qui a brûlé une dame d’Eugène Labiche

Comédie-vaudeville en un acte, mêlée de couplets d’Eugène Labiche et Auguste Anicet-Bourgeois, représentée pour la première fois, à Paris, sur le théâtre du Palais-Royal, le 29 novembre 1858.
Distribution : 6 hommes
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L’argument

Bourguillon, notaire dans un petit village veut vendre son étude. Son ami, Blancminet, rêve de marier sa fille au nouveau notaire. Malheureusement Mistral, qui vient acheter l’étude, a mis le feu  involontairement à la voiture qui le mène de Paris et découvre qu’il a brûlé la jeune fille qui lui était destinée.

Un extrait

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6180835m
Edition Michel Lévy frères (Paris) , 1862. Source : BNF/ Gallica

Mistral.
Ah ! c’est le conducteur de la patache !… Tu m’apportes l’addition ?

Le Postillonlui remettant un papier.
Voilà, monsieur.

Mistrallisant.
« Pour une patache repeinte à neuf : six cent vingt francs. » (Parlé.) C’est salé ! mais ça n’arrive pas tous les jours ! Nous disons six cent vingt francs ?

Le Postillon.
Ce n’est pas tout, monsieur.

Mistral.
Quoi ?

Le Postillon.
Lisez…

Mistrallisant.
« Plus, pour une dame brûlée… » (S’interrompant.) Comment, une dame ?

Le Postillon.
Qui était dans l’intérieur.

Mistral.
Qu’est-ce que tu me chantes ?

Le Postillon.
Je ne chante pas ! elle est portée sur la feuille… il paraît qu’elle était montée à Reims… et au relais mon camarade m’a recommandé d’en avoir bien soin !…

Mistralavec agitation.
Sapristi ! j’aurais brûlé une dame ! pourquoi ne l’as-tu pas sortie de là ?…

Le Postillon.
J’ai songé d’abord à mes chevaux ; les chevaux, ça passe avant tout !

Mistral.
Vite ! courons… il est peut-être encore temps !…

Le Postillon,froidement.
Ah ! monsieur… c’est inutile… j’ai cherché dans les cendres… et je n’ai retrouvé que son dé. (Le lui donnant.) Le voici !…

Mistral.
Un dé ! voilà tout ce qu’il en reste ! (Au postillon.) Mais cours donc, imbécile !… informe-toi de son nom !… qui elle est ? d’où elle vient ?… Cent francs pour toi !… Va ! va !

Le postillon sort vivement.

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Un monsieur qui prend la mouche d’Eugène Labiche
Labiche par Nadar (entre 1854-1870). Source : BnF/ Gallica

Un monsieur qui prend la mouche d’Eugène Labiche

Un monsieur qui prend la mouche d’Eugène Labiche

Comédie en un acte, mêlée de couplets d’Eugène Labiche, représentée pour la première fois  à Paris, sur le théâtre des Variétes, le 25 mars 1852.
Distribution : 5 hommes, 1 femme
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L’argument

Bécamel a décidé de marier sa fille Cécile avec l’avocat Savoyart. Mais Cécile n’est pas d’accord : son prétendant « louche, chante faux et a les pieds en dedans ! ». Elle est davantage séduite par Alphonse Beaudéduit et Jurançon, l’ami de Bécamel œuvre pour que ce mariage se fasse.  Mais Beaudéduit a un énorme défaut qui lui a déjà fait manquer 17 mariages : il prend la mouche…

Un extrait

Jurançon.
Entre nous… est-ce que vous ne songez pas à vous marier ?

Beaudéduitsoupçonneux.
Pourquoi me demandez-vous ça ? Serait-ce une allusion à mes dix-sept mariages manqués ?

Jurançon.
Soit dit sans vous fâcher, mon cher, vous prenez du ventre !

Beaudéduitpiqué.
Pourvu que je ne prenne pas le vôtre…

Jurançon.
Vos cheveux grisonnent…

Beaudéduit, à part.
Si c’est pour me dire ça qu’ils m’ont invité à dîner !…

Jurançon.
Croyez-moi, quand on attrape un certain âge… il n’y a que le mariage pour nous rajeunir…

Beaudéduit.
Monsieur, cette plaisanterie est sans doute très fine et très spirituelle…

Jurançon.
Quelle plaisanterie ?… Il y a ici une jeune personne charmante.

Beaudéduit.
Je l’ai vue…

Jurançon.
Qu’est-ce que vous en pensez ?

Beaudéduit.
Mais, monsieur…

Jurançon.
Je n’ai pas mission de vous la proposer… mais, entre nous… vous plaisez au père…

Beaudéduitironiquement.
Vraiment ?

Jurançon.
Et je crois pouvoir vous répondre qu’une démarche… ne serait pas mal reçue…

Beaudéduitétonné.
Une démarche !… Ah çà, c’est donc sérieux ? c’est donc sérieux ?

Jurançon.
Parbleu ! sans cela

Beaudéduitavec joie.
Comment !… moi !… je pourrais épouser… après dix-sept choux blancs ?… Nom d’un petit bonhomme !

Jurançon.
Qu’avez-vous donc ?

Beaudéduittransporté.
C’est la joie !… Figurez-vous que j’y pensais… elle est ravissante !… En entrant, je me suis dit : « Nom d’un petit bonhomme… » Prêtez-moi une cravate blanche.

Jurançon.
Pour quoi faire ?

Beaudéduit.
Pour faire ma demande !

Jurançon.
Pas si vite !… Ainsi la demoiselle vous plaît ?

Beaudéduit.
Enormément !… Règle générale… les demoiselles me plaisent toujours !… Ce sont les beaux-pères qui…

Jurançon.
Vous vous entendrez à merveille avec Bécamel.

Beaudéduit.
D’abord je ferai toutes les concessions… Ah ! ce bon Jurançon ! voilà un ami !… Tenez, je suis fâché d’avoir quitté votre maison… Vous n’avez rien à louer ?

Jurançon.
Si ! un appartement de garçon !

Beaudéduit.
Très bien !… je ne le prends pas !

Jurançon.
Je comprends… Alors, vous m’autorisez à aller trouver Bécamel ?

Beaudéduit.
Certainement !… dites-lui que je connais son caractère insupportable, taquin, malhonnête…

Jurançon.
Comment ?…

Beaudéduit.
Mais ça m’est égal !… c’est un beau-père ! je passe par-dessus ! Allez !… allez !…

Jurançon entre à droite.

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Le Mystère de la rue Rousselet d’Eugène Labiche
Eugène Labiche par Marcellin Desboutin. Source : RMN

Le Mystère de la rue Rousselet d’Eugène Labiche

Le Mystère de la rue Rousselet d’Eugène Labiche et Marc-Michel

Comédie en un acte mêlée de couplets, représentée pour la première fois à Paris sur le Théâtre du Vaudeville le 6 mai 1861.
Distribution : 4 hommes, 1 femme
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L’argument

Un voisin, Lafurette, et un domestique, Nazaire, sont intrigués par l’arrivée de deux personnes la nuit dans une maison. Ils échafaudent différentes hypothèses et mènent l’enquête…

Un extrait

Lafurette.
Voilà qui est étrange!… mon Dieu! que c’est étrange! Allons! allons! je crois que j’ai bien fait de venir… D’abord, je n’y tenais plus… Je demeure en face… au n° 3; je suis rentier; je n’ai rien à faire… et naturellement, comme tout le monde, j’aime à savoir ce qui se passe dans mon quartier… C’est pour cela que, malgré mon âge, je me suis fait maintenir sur les rôles de la garde nationale… une faveur!… Ce n’est pas pour la gloire… quoique cependant… Oh! non! mais on cause… on cause avec le tambour, on sait les nouvelles… Je ne suis pas curieux!… oh! Dieu! Mais cet appartement, inhabité depuis longtemps, s’est peuplé subitement de deux êtres mystérieux… qui sont arrivés le soir… circonstance aggravante!… car on ne déménage pas le soir… J’étais couché… Tout à coup, j’aperçois de la lumière, et je crie à ma femme : «Ah! dis donc!… la maison n° 4 est habitée… — Hein! quoi!… qu’est-ce que c’est! — La maison n° 4. Ah! tu m’ennuies! » C’est au point que je n’en ai pas dormi de la nuit… absolument comme si j’avais pris du café. Le lendemain, je me lève de bonne heure, je me rase, je me coupe!… l’émotion!… Je m’habille et je me poste à la fenêtre, avec un sourire bienveillant, tout prêt à saluer mes nouveaux voisins…

J’attends jusqu’à midi, toujours avec mon sourire, personne ne paraît! Je descends, je questionne le concierge… il ne sait rien!… Nous avons un très mauvais concierge… A huit heures du soir… toujours le soir!… je vois sortir un monsieur qui se glisse le long des murs avec un sac de nuit… Je le suis ! il achète successivement un melon, un gigot et des épinards!… Je ne le blâme pas de ça… moi-même j’aime assez le melon, le gigot et les ép… Oh! non, pas les épinards. (Reprenant.) Deux jours après, j’apprends chez le boucher qu’il s’appelle Duplantoir et qu’il a reçu une lettre de Fontainebleau!… J’écris immédiatement au maire de cet endroit, et il me répond qu’on ne connaît pas le moindre Duplantoir à Fontainebleau! A cette nouvelle, j’avoue que j’eus de la peine à me contenir ; ma femme avait beau me dire : «Mais qu’est-ce que cela te fait ?… cela ne te regarde pas!» Comment! un homme viendra s’installer dans ma rue, devant mes fenêtres, sous un nom supposé… et je n’aurais pas le droit d’être ému!… Allons donc!… Des gens qui s’enferment chez eux, qui ne parlent à personne, qui ne reçoivent ni journaux, ni cartes, ni visites… C’est un scandale public! Heureusement, j’ai trouvé un prétexte pour m’introduire ici, et je finirai bien par savoir… Quel drôle d’appartement! Ça n’a pas l’air habité… Ces meubles vides… (Apercevant un carnet sur la table.) Tiens! un mémento!… Personne!… Voyons donc! C’est en quelque sorte un service que je rends à la société… non, à mon quartier… à la rue Rousselet. (Lisant.) «Symptômes : mardi, dix livres; peu d’effet.» (Parlé.) Qu’est-ce que cela veut dire?… (Lisant.) «Mercredi, dix livres, journée médiocre; il me faudrait la forêt.» (Parlé.) Quelle forêt? (Lisant.) «Jeudi, dix livres!» (Parlé.) Toujours dix livres! (Lisant.) «Le sang circule…» (Parlé.) Le sang!… (Posant le carnet avec terreur.) Ah! ça sent le crime ici!!! Cette chambre, qu’on ferme soigneusement à clef… dont on n’ouvre jamais les volets… et cette femme qui a les yeux rouges… qui pleure!…

C’est une mère qu’on sépare de son enfant! L’enfant est là! privé de jour… de nourriture, accablé de mauvais traitements… Ce matin, j’ai entendu de la musique… pour étouffer les cris de la victime… comme dans Fualdès! (Se frottant les mains.) Ah! voilà une bonne journée! Je crois que j’ai mis la main sur un drame!… un mélodrame! La musique! Voyons donc… si je pouvais par le trou de la serrure…

(Il regarde par le trou de la serrure.)

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Le chevalier des dames d’Eugène Labiche
Labiche par Nadar (entre 1854-1870). Source : BnF/ Gallica

Le chevalier des dames d’Eugène Labiche

Le chevalier des dames d’Eugène Labiche et Marc-Michel

Comédie mêlée de couplets, représentée pour la première fois à Paris sur le Théâtre du Palais-Royal le 16 décembre 1852.
Distribution : 3 hommes, 2 femmes
Texte intégral de la pièce à télécharger gratuitement sur Libre Théâtre
Lien vers la notice sur data.libretheatre.fr

L’argument

Henriette  de Merlemont décide de se rendre à un concert, en cachette de son mari. Elle tombe sur Nestor de Bois-Rosée, le Chevalier des Dames qui a fait voeu de porter secours aux Dames dans l’embarras. Malheureusement Bois-Rosée voulant venir en aide à Henriette , la place dans une situation encore plus difficile. Le mari le prend pour un domestique et l’embauche pour l’aider aux travaux dans sa maison de campagne.…

Un extrait

Bois-Rosée.
Non, madame… vicomte!… Le vicomte Nestor de Bois-Rosée ! vous avez peut-être entendu parler ?
Henriette.
Jamais.
Bois-Rosée.
Je fais profession d’être le chevalier des dames… Je me suis constitué l’égide de cette corporation… suave ! Dès qu’une femme souffre, j’arrive; dès qu’elle pleure, je console… et si on l’opprime… je réprime !
Henriette.
Comme Don Quichotte !
Bois-Roséesouriant.
Exactement!… (Se reprenant vivement.) C’est-à-dire… On m’a surnommé le terre-neuve du beau sexe!… Ah! madame, tout ce que je désire… tout ce que je demande au ciel… c’est de me rendre assez heureux pour qu’un grand malheur tombe sur votre tête !
Henriette.
Bien obligée!
Bois-Rosée.
Alors, appelez-moi!… Bois-Rosée, rue Tronchet, 18…
Henriette, à part.
Il me donne son adresse à présent…
Bois-Rosée.
J’accourrai… Que dis-je ? j’aurai des ailes!…
Henriette.
Mais, monsieur…
Bois-Rosée.
Oh! soyez tranquille…
AIR du Piano de Berthe.
Tendre et délicat, je sauve gratis!
À mon dévouement je ne mets qu’un prix :
Je m’éloigne heureux, pourvu qu’on me donne
Un regard d’adieu… précieuse aumône…
Dans un doux souris (bis) !
Henriette, ironiquement.
C’est un tarif !
Bois-Rosée,  tendrement.
Mon Dieu! oui! (Galamment.) Je considère toutes les femmes comme faisant partie de la collection du musée chinois…
Henriette.
C’est bien gracieux pour elles…
Bois-Rosée.
Dessus il est écrit : Regardez, mais ne touchez pas! Je regarde, et je ne…
Henriettesouriant.
Ah!
Bois-Roséeavec joie.
Vous souriez !… est-ce que la robe commencerait à sécher?
Henriette, impatientée.
Mais, non, monsieur, mais pas du tout !
Bois-Rosée.
Allons, madame, un bon mouvement et je pars !…
Henriette.
Qu’attendez-vous ?
Bois-Rosée.
Vous savez bien… dans un sourire…
Henriette.
Vous êtes obstiné, monsieur. Eh bien! moi aussi… (Elle traverse la scène, se dirigeant vers sa chambre, et lui montre la porte du fond.) Dispensez-moi de vous reconduire. (Elle le salue froidement et entre chez elle.)
Scène V.
Bois-Rosée, seul.
Ce n’est pas encore sec !… Quelle horrible aventure! Moi, Bois-Rosée, le chevalier des dames!… J’ai pu couvrir de boue l’idole de la création!… Je me suis conduit comme un cocher d’omnibus! C’était bien la peine de relire ce matin le Mérite des femmes…l’ouvrage le plus incomplet de la langue française… il n’a qu’un volume!… Que faire?… Je ne m’en irai pas comme ça!… D’un autre côté, je suis pressé; ma jument, ma coupable jument, Miss Cabine, m’attend en bas pour me conduire à Villetaneuse, car là, gémit un ange!… Grande-Rue, 22, en face la mairie… une jeune dame charmante… que je ne connais pas… et à laquelle je vais rendre le repos, le sommeil, l’honneur… enfin tout ce qui rentre dans ma spécialité! Mais, avant de partir, si je tentais un dernier effort ?… Non, je reviendrai! (S’adressant à la porte d’Henriette.)

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