Brutus de Catherine Bernard

Brutus de Catherine Bernard

Couverture de Brutus, Catherine Bernard

Brutus est une tragédie de Catherine Bernard, dramaturge du siècle de Louis XIV. L’occasion de (re)découvrir Catherine Bernard, l’histoire de Brutus et de ses deux fils ainsi que les polémiques qui entourent cette œuvre.

Tragédie de Catherine Bernard, en 5 actes et en vers, jouée pour la première fois le 18 décembre 1690 et éditée en 1691.
distribution : 7 hommes, 4 femmes
La pièce en téléchargement gratuit sur Libre Théâtre
La notice sur data.libretheatre.fr

Catherine Bernard

Née dans une famille protestante, à Rouen en 1662, elle s’installe à Paris dès dix-sept ans et se convertit au catholicisme. Elle écrit d’abord des romans puis des poésies, des nouvelles et des tragédies qui rencontrent un certain succès. Laodomie et Brutus sont représentées à la Comédie Française en 1689 et 1690.

Couronnée par l’Académie française à trois reprises, Catherine Bernard obtient également trois prix aux Jeux floraux de Toulouse, pour ses poèmes.

À partir de 1691, elle reçoit du roi Louis XIV une pension de 200 écus. Elle est ensuite influencée par le milieu très dévot de la cour,  cesse le théâtre et n’écrit plus que rarement de la poésie. Elle s’éteint à Paris le 6 septembre 1712.

Les polémiques autour de Brutus

La tragédie Brutus, représentée pour la première fois le 18 décembre 1690 à la Comédie Française, fut donnée 25 fois. Après la publication du Brutus de Voltaire en 1730, des critiques insinuèrent que la pièce de Voltaire était fortement inspirée de celle de Catherine Bernard. Cette controverse eut également pour conséquence de jeter un doute sur l’oeuvre de Catherine Bernard : des partisans de Voltaire ont sous-entendu que Fontenelle, qui fut le mentor de la jeune Catherine Bernard, aurait largement collaboré à l’écriture de ses pièces. En 1751, Voltaire commence la notice de Catherine Bernard dans le Siècle de Louis XIV sous la forme suivante : « auteur de quelques pièces de théâtre, conjointement avec le célèbre Bernard de Fontenelle, qui a fait presque tout le Brutus. »

Il n’y a aucune preuve de la réalité et l’importance de cette éventuelle collaboration et il convient de rappeler que cette information n’est apparue que quarante ans après la première représentation, au moment de la polémique autour du Brutus de Voltaire.

L’argument

Brutus qui a contribué à établir la République romaine en chassant le roi Tarquin, est menacé par une conspiration. Les deux fils de Brutus, Titus et Tibérinus, sont amoureux d’Aquilie, fille d’Aquilius, le chef des comploteurs. Tibérinus par conviction et Titus, par amour, rejoignent la conjuration, qui échoue, découverte par un esclave. Titus, rongé par le remords vient se dénoncer à son père. Brutus, à qui le Sénat a confié le soin de décider du sort de ses deux fils, prononce leur condamnation à mort.

Les licteurs rapportent à Brutus les corps de ses fils, par Jacques-Louis David.
Les licteurs rapportent à Brutus les corps de ses fils, par Jacques-Louis David.

Un Brutus très humain

La passion amoureuse qui anime les principaux protagonistes fait la force de cette tragédie. Catherine Bernard dans la préface éclaire le caractère des personnages et défend son point de vue :

« Quelques-uns ont trouvé que j’avais un peu trop adouci le caractère de Brutus … Je ne l’ai pas représenté dans le Sénat, ni exposé aux yeux du peuple, mais dans un lieu, et dans des temps où il pouvait laisser agir les mouvements les plus secrets de son cœur. »

« On sait jusqu’à quel excès allait l’amour de la patrie chez les Romains… j’ai eu la liberté d’imaginer un trait fondé sur ce caractère, et sur l’état particulier où se trouve Titus… une moindre action n’aurait pas été capable d’attendrir Brutus, à qui il fallait trouver moyen de donner quelques sentiments naturels : s’il ne devait pas être sensible pour son fils, il le devait du moins être à la vertu héroïque de ce fils. »

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