Le Philosophe sans le savoir de Sedaine

Le Philosophe sans le savoir de Sedaine

24 novembre 2015
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Le Philosophe sans le savoir de Sedaine

Le philosophe sans le savoir

Comédie en prose et en cinq actes. Cette pièce a été représentée pour la première fois le 2 novembre 1765 par les Comédiens Français ordinaires du Roy. Elle connut au départ des difficultés avec la censure,  du fait du sujet traité. Sedaine dut modifier le titre initial « le Duel », ainsi que quelques scènes.
Distribution : 9 hommes, 4 femmes
La pièce en téléchargement gratuit sur Libre Théâtre
La notice sur data.libretheatre.fr

 

L’argument.

Le riche négociant, Vanderk, marie sa fille. Le même jour, son fils doit se battre en duel contre un officier qui a traité tous les commerçants de fripons. Considérant que son père a été insulté, le fil provoque l’officier en duel. L’atmosphère de fête liée au mariage est assombri par la perspective de ce duel. La scène centrale de la pièce met en scène l’échange entre le père et le fils : le fils se demande si son père a réellement été insulté et s’il ne risque pas de tuer un innocent. Le père condamne le duel, « préjugé funeste » et « abus cruel du point d’honneur », mais il ne détourne pas son fils de son projet pour sauver son honneur.

La censure

Grimm dans sa Correspondance littéraire, philosophique et critique, mentionne ainsi l’épisode de la censure de la première version de la pièce :

« un duel conseillé par un père a mis toute la police en alarmes ; on a craint sans doute que, le lendemain de la représentation, tous les enfants ne demandassent l’aveu de leurs parents pour se couper la gorge ».

Une fois les modifications effectuées et une nouvelle représentation organisée pour les censeurs (et leurs femmes, Grimm mentionne que sans elles la pièce n’eût pas été représentée), l’autorisation est donnée.

L’accueil du public

« Médiocrement accueilli à la première représentation, il a toujours été accueilli de plus en plus aux suivantes : incessamment on en sera ivre… »

Grimm décrit la réaction de Diderot, enthousiaste dès la première représentation. Un extrait (c’est Diderot qui s’exprime): 

« il faut vraiment que je sois honnête homme, car je sens vivement tout le mérite de cet ouvrage… et il n’y a personne au monde à qui elle dût faire plus de mal qu’à moi car cet homme me coupe l’herbe sous le pied ».

Un drame

Si la première édition mentionne qu’il s’agit d’une comédie en cinq actes et en prose, c’est bien d’un drame dont il s’agit. La pièce présente un parfait exemple du drame bourgeois tel que l’a défini Diderot : écrit en prose, fondé sur une représentation réaliste faisant l’éloge des négociants, de la vie familiale, du travail, du sentiment et de la morale. (voir aussi sur le drame bourgeois, la notice sur les Deux Amis de Beaumarchais).

Le philosophe

Estampe de Méhu et Villerey fils. 1810-1830

Semaine – Estampe de Méhu et Villerey fils. 1810-1830

Le personnage de Vanderk père, noble qui a dû se tourner vers le commerce par amour, n’est pas un homme de lettres ou un philosophe mais il incarne parfaitement les valeurs philosophiques du siècle des lumières : humanisme et souci d’égalité.

Sedaine explique à propos de la genèse de cette pièce :

« En 1765, m’étant trouvé à la première représentation des Philosophes* (mauvais méchant ouvrage en trois actes), je fus indigné de la manière dont étaient traités d’honnêtes hommes de lettres que je ne connaissais que par leurs écrits. Pour réconcilier le public avec l’idée du mot philosophe, que cette satire pouvait dégrader, je composai le Philosophe sans le savoir ».

*de Charles Palissot de Montenoy

Des maquettes de costumes datant de représentations de 1926 sont disponibles sur la base La Grange de la Comédie Française : costumes de Sophie, Victorine, Mme Vanderk, la Marquise.

 

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