Author Archives Ruth Martinez

Monsieur Codomat de Tristan Bernard

25 janvier 2018
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Monsieur Codomat de Tristan Bernard

Monsieur Codomat de Tristan Bernard, comédie en trois actes, représentée pour la première fois le 17 octobre 1917 au Théâtre Antoine.
Distribution: 5 hommes, 6 femmes
Lien vers le texte intégral à télécharger gratuitement sur Libre Théâtre

La critique de Jules Renard

Parue dans Messidor, le 19/10/1907. Source : BnF/Gallica

La nouvelle comédie de M. Tristan Bernard me paraît son plus joli tour d’adresse. Certains sujets portent l’auteur. Voici une pièce où l’auteur a d’abord, et jusqu’à la fin, le sujet contre lui. Il ne suffit pas de le traiter, il faut le vaincre. À le juger par le récit de ce qu’il fait, ce Monsieur Codomat ne serait qu’un vilain mufle. Sur la scène, ce qu’il dit le transforme, sa manière l’excuse toujours. Il finirait par avoir le rôle sympathique : c’est un mufle charmant.

Monsieur Codomat, naturel et sincère, fait ça comme ça lui vient. Aucun cynisme. Il ne s’analyse point par pose, mais pour expliquer ses scrupules, dès qu’il croit les apparences contre lui. On riait avec une légère résistance d’honnêtes bourgeois chatouilleux et la petite peur que donne l’équilibriste. Une réplique forte et ingénue de Monsieur Codomat rassurait, et le rire gêné devenait éclat de rire. Que d’écueils frôlés, caressés, nonchalamment tournés ! C’était un fin succès, de qualité extrêmement rare.

La construction de ces trois actes est simple et irréprochable. Monsieur Codomat, architecte, aurait approuvé et signé le plan qu’il garderait d’ailleurs pour lui. Monsieur Codomat, gérant d’immeubles, fait, à propos d’une fuite d’eau, une visite à sa jolie cliente Clotilde. Cette jeune femme naïve le trouve distingué, beau et bon. Il se laisse admirer, puis aimer ; il la conseille et excuse, parce qu’elle a de l’argent, sa situation irrégulière. Il reste paternel, très noble, et quand il sort du cabinet de toilette, il sait dire : «Je suis heureux de vous connaître », comme si rien ne, s’était passé.

Clotilde lui confie son argent qu’il mêle avec le sien dans un tiroir, avant de le bien placer. Mais l’amant qui paie, le jeune et riche Lafauvette, respecte aussi Monsieur Codomat. Cet énorme bourgeois les séduit tous et les écrase. Lafauvette, naïf entreteneur, guidé par ce sage, verse ponctuellement les sommes que Clotilde dépose à la caisse commune. Soudain il veut se marier. — « Vous êtes fou » dit Monsieur Codomat ; et Clotilde ? — J’aime votre fille, dit Lafauvette — C’est différent je cède, par faiblesse — Comment rompre avec Clotilde ? — Ne suis-je pas là ? – Monsieur Codomat, toujours bon, toujours beau, toujours souriant, persuade Clotilde. Elle ira se régénérer en province — « J’apportais, dit-elle, ces derniers trois mille francs de Lafauvette. — Je ne peux plus les recevoir, dit Monsieur Codomat, il faut les lui rendre. » — Lafauvette, pour se montrer digne de Monsieur Codomat, assure à Clotilde, par acte notarié, une rente de dix mille francs par an. – « Dix-mille ! c’est gentil ! agréable .surprise ! murmure Monsieur Codomat furieux et correct. » Il aura l’œil sur ce petit gendre stupide.

M. Gémier a joué ce rôle redoutable avec une intelligence, une mesure, une pudeur, une perfection qui me mettent à l’aise pour lui dire que je ne l’aimais pas beaucoup dans Terre d’Epouvante. Oui, c’est un autre genre, et il porte. Mais un acteur comme Gémier me semble aussi nécessaire à Monsieur Codomat qu’inutile à M. Roussel, vague gouverneur.

Je suis sûr que la pièce de Tristan Bernard est également jouée comme il le désire, par tous les autres interprètes, depuis. M. Gerber (Lafauvette) jusqu’à M. Baur (plombier), depuis Mlle Jameson (Clotilde, blanche et tendre comme la neige, et si crédule, si prompte à s’offrir), jusqu’à Mlle Lavigne, petite bonne qui s’occupe sérieusement de son affaire. Oui, tous ces artistes ont été dressés, spécialement pour cette comédie, par un auteur ami qui s’intéresse au sort de ses moindres personnages. Pensez-vous que le plombier, par exemple, puisse entrer, réparer un tuyau et sortir sans un mot ? M. Tristan Bernard l’arrête au passage, cause avec lui, le confesse et les deux ne se quittent qu’avec peine. Pourquoi M. Baur s’en va-t-il déjà, avec sa boîte ? Il était bien là, de la maison. Il devait avoir encore à nous dire des choses.

Jules RENARD

 

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b53049915m

Portrait de Firmin Gémier dans « Terre d’épouvante » d’André de Lorde et Eugène Morel et « Monsieur Codomat » de Tristan Bernard / dessin de Yves Marevéry. 1907; Source : BnF/Gallica

Lien vers le théâtre de Tristan Bernard sur Libre Théâtre
Lien vers la biographie de Tristan Bernard sur Libre Théâtre

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Trahisons, une pièce très cinématographique : rencontre avec le metteur en scène Christophe Gand

22 janvier 2018
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Trahisons, une pièce très cinématographique : rencontre avec le metteur en scène Christophe Gand

Rencontre de Libre Théâtre avec Christophe Gand, metteur en scène de la pièce Trahisons d’Harold Pinter, de nouveau à l’affiche au Lucernaire à partir du 24 janvier 2018.

Vous venez du monde du cinéma, comment êtes-vous arrivé à la mise en scène de théâtre  ?

Je suis arrivé par hasard au théâtre. J’ai des envies de cinéma depuis que je suis très jeune. À  20 ans, j’ai proposé un scénario à François Perrot qui a accepté de jouer dans mon court-métrage et, en échange, m’a proposé de mettre en scène la pièce dans laquelle il voulait jouer. C’était La Dernière Bande de Beckett, mais il a dû malheureusement abandonner ces deux projets. J’ai continué avec deux autres comédiens : avec Gilles Segal, mon court-métrage sur la dépendance en maison de retraite (Peintre en résidence) et avec Jacques Boudet, la pièce de Beckett que nous avons jouée à Avignon pendant deux ans. Ce qui m’intéresse au théâtre, c’est le travail avec les comédiens : on peut prendre plus de temps et approfondir les personnages. Au cinéma, je pars de mes propres histoires, alors qu’au théâtre, le texte pré-existe. Je me focalise donc davantage sur la mise en scène, la mise en espace et la mise en lumière. Ma deuxième mise en scène a été Le Monte-Plat de Pinter avec Jacques Boudet et Maxime Lombard. La pièce s’est jouée il y a deux ans à Avignon et au Poche-Montparnasse. Trahisons est ma troisième mise en scène au théâtre. Je continue aussi le cinéma : je viens de terminer un court-métrage et j’écris un premier long-métrage.

Beaucoup de metteurs en scène sont aussi comédiens. Ce n’est pas votre cas. Pourriez-vous nous dire en quoi cela modifie le travail avec les comédiens  ?

Au cinéma, la plupart des réalisateurs s’attachent peu au travail avec les comédiens. J’ai pour ma part eu la chance de travailler avec des comédiens plus âgés et plus expérimentés que moi, mais très à l’écoute : ils m’ont fait confiance dès le début. Par rapport à des metteurs en scène ou des réalisateurs qui sont aussi comédiens, j’ai donc tendance à me focaliser sur la narration et la mise en scène pure afin d’offrir aux comédiens un autre regard, plus extérieur, avec plus de recul, sans me projeter à leur place.

 

Le caractère cinématographique de cette pièce a-t-il contribué au choix de ce texte  ?

La construction très cinématographique de cette pièce m’a attiré, sans que forcément j’en sois conscient au départ. Quand Pinter écrit Trahisons, il est déjà un auteur et scénariste confirmé (il a écrit pour Losey). Il choisit dans Trahisons une écriture à rebours. La pièce commence à la fin des années 70 et remonte neuf ans en arrière, par le biais de 9 scènes qui proposent autant d’instantanés. Pinter évoque les relations d’un trio amoureux, mais il brise les codes du vaudeville classique. Certes il y a bien le mari, la femme et l’amant, mais Pinter nous plonge dans des moments d’intimité. L’écriture est aussi très cinématographique. Il est difficile de gérer cette apparence de banalité dans les dialogues. Certaines mises en scène gomment cet aspect et choisissent un parti pris très appuyé, très pesant. Au contraire, nous avons voulu faire vivre ce quotidien comme au cinéma. C’est en faisant vivre cette banalité que ressortent les enjeux pour les personnages.  Je souhaitais aller au plus près de la justesse des sentiments des personnages, montrer les situations avec réalisme. Nous avons beaucoup travaillé sur les temps et les silences : l’écriture de Pinter est comme une partition de musique. Nous ne sommes pas loin de la poésie. Ces temps et ces silences racontent autant que le texte, mais il faut qu’ils soient habités par les comédiens.

Vous avez adopté un parti-pris intéressant pour la gestion des transitions entre les 9 tableaux.

La gestion de ces transitions est l’un des principaux défis de la mise en scène de cette pièce. Nous voulions un vrai décor et de vrais costumes. Nous voulions créer une couleur par scène tout en gardant une certaine unité entre les tableaux. Il a donc fallu travailler sur ces transitions. Nous avons inséré un personnage que l’on retrouve au restaurant. Chacun met ce qu’il veut dans ce personnage : il peut symboliser l’auteur, le metteur en scène… L’idée que les personnages sont utilisés comme des pions par une force supérieure, invisible, est très présente dans les pièces de Pinter, comme dans le Monte-Plat par exemple. Trahisons n’est pas une pièce politique, mais il y a tout de même l’idée que ces personnages ne sont pas totalement libres. Ils sont en quête de reconnaissance sociale et sont animés par leurs propres ambitions. Le personnage qui change le décor participe de cette idée.  La traduction française du titre original Betrayal est Trahisons, au pluriel. Il y a en effet de multiples trahisons.  Au centre, il y a bien sûr l’adultère mais j’ai aussi voulu insister sur l’amour qui existe entre ces trois personnages, et notamment entre les deux personnages masculins. Il y a aussi les différentes trahisons de chacun des personnages par rapport à leurs idéaux de jeunesse et leurs fantasmes de réussite. Ces personnages évoluent dans un univers très codifié. La langue de Pinter est très tenue ; les personnages sont emplis de pudeur. Il y a aussi énormément d’humour dans les situations et les dialogues. Nous avons souhaité garder le fait de situer la pièce dans les années 70. Si la pièce a du sens politiquement, c’est notamment par rapport au personnage féminin qui s’émancipe, travaille et assume ses choix.

L’atmosphère particulière de ces 9 tableaux est particulièrement bien rendue par les décors, les costumes, les lumières, mais également la bande son.

J’ai travaillé dès le début avec Goury la scénographe. L’idée était de créer un espace en mémoire avec un bric à brac et des éléments de mobilier qui se transforment.

Concernant la musique, je voulais réussir à créer deux ambiances différentes. Pour accompagner les scènes de Robert et Emma, j’ai choisi des musiques de Vivaldi et Corelli. Ces variations permettent de partir de quelque chose de très intime pour aller ensuite vers quelque chose de flamboyant. Pour les scènes entre Jerry et Emma, j’ai choisi du jazz, en pensant au tout premier film de Clint Eastwood, Play Misty for me avec la musique de Errol Garner.

Du 24 Janvier au 18 Mars 2018, du mardi au samedi à 19 heures et  le dimanche à 16h
au Lucernaire, 53 rue Notre-Dame-des-Champs, Paris 6ème.

Lien vers la recommandation de la pièce Trahisons par Libre Théâtre

 

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Buzz – Ramdam au Nouveau Théâtre de Montreuil

16 janvier 2018
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Buzz – Ramdam au Nouveau Théâtre de Montreuil

du 16 au 24 janvier 2018 (à 20h ou 20h30)
salle Maria Casarès, 63 rue Victor Hugo, Montreuil-sous-Bois

🙂 Libre Théâtre vous recommande

Plus que tout autre art peut-être, le théâtre a ses codes. Et le « théâtre contemporain », en prétendant libérer le spectacle de ces codes, ne fait qu’en générer d’autres, qui constituent bien vite un nouveau carcan, provoquant un effet de répétition. À peine inventées, les « nouvelles dramaturgies », déjà obsolètes, imposent un nouvel académisme. Le destin du théâtre, comme celui de tous les autres arts, est de se caricaturer lui-même. En permanence, le spectacle vivant est ainsi menacé de mort. C’est pourquoi, afin de continuer à exister, il doit se réinventer encore et toujours, sans perdre pour autant ce qui fait l’essence même du théâtre : une relation immédiate avec le spectateur. C’est tout le propos de cette « conférence » loufoque qui a pour but, au prétexte de réanimer le théâtre par un électrochoc, de le dynamiter. Attention, donc, aux éclats de rire. Car ces trois Belges ne respectent vraiment rien. Avec l’avènement d’internet et de la connexion universelle, le spectacle vivant a-t-il encore un sens et le théâtre un avenir ? Avec ces garnements, on a envie de répondre oui. Ils réussissent au moins l’exploit de faire vibrer à l’unisson un public très divers. Le théâtre est une communion. Mais il ne doit jamais devenir une messe. Un spectacle réjouissant, à ne pas manquer.

Critique de Jean-Pierre Martinez

Avec Cédric Coomans, Jérôme Degée, Jean-Baptiste Szezot
Spectacle de Cédric Coomans, Jérôme Degée, Julie Remacle, Jean-Baptiste Szezot
Production et assistanat général Julie Remacle
Régie générale Isabelle Deer, Nicolas Marty

Dans le cadre de l’Âge des possibles, temps fort autour de la nouvelle génération au Nouveau Théâtre de Montreuil du 16 janvier au 16 février 2018.

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Cabaret dans le ghetto d’après Wladyslaw Szlengel

13 janvier 2018
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Cabaret dans le ghetto d’après Wladyslaw Szlengel

d’après Ce que je lisais aux morts de Wladyslaw Szlengel
Adaptation et mise en scène de Justine Wojtyniak
Du 8 au 27 janvier 2018, de lundi à samedi à 20h30 et samedi à 16h
Théâtre de l’Épée de bois, Cartoucherie, Paris 12ème

 

🙂 Libre Théâtre vous recommande

Il y a mille et une raisons d’aller découvrir Cabaret dans le ghetto au Théâtre de l’Epée de bois.
Ce spectacle est tout d’abord une extraordinaire leçon d’histoire sur la vie dans le ghetto de Varsovie, à travers le regard d’un poète et chroniqueur caustique, Wladyslaw Szlengel. Justine Wojtyniak, la narratrice qui met également en scène le spectacle, nous raconte l’histoire du recueil de poèmes, intitulé Ce que je lisais aux morts, enterré avec d’autres écrits et souvenirs d’habitants du ghetto, pour constituer des archives. Ces textes poétiques, émouvants, terriblement lucides mais également provocateurs, constituent un témoignage extraordinaire, plein d’humanité et de vie. Ces écrits sont comme des bouteilles lancées à la mer par un naufragé qui croit encore à sa survie, mais surtout au pouvoir de la transmission et du souvenir.

Cabaret dans le ghetto constitue également un superbe objet théâtral, mêlant à ces textes étonnants des musiques et chorégraphies originales pour donner à entendre la voix libre de Wladyslaw Szlengel. Stephano Fogher, comédien musicien, et Gerry Quévreux, comédien danseur, incarnent les diverses facettes de Wladyslaw Szlengel et transmettent avec talent le message du poète  : l’élégance, la poésie et l’intelligence sont des actes de résistance et triompheront de la barbarie.

Un superbe spectacle, nécessaire, pour ne jamais oublier.

Auteur : Władysław Szlengel (Ce que je lisais aux morts )
Traduction du polonais : Jean-Yves Potel et Monika Prochniewicz, édition Circé, 2017
Adaptation et mise en scène : Justine Wojtyniak
Avec:  Gerry Quévreux (le poète), Stefano Fogher (le musicien), Justine Wojtyniak (la femme polonaise) et les voix d’Halina Birenbaum et d’Armel Veilhan
Dramaturgie : Armel Veilhan
Musique, composition et interprétation : Stefano Fogher
Chorégraphie:  Gerry Quévreux
Scénographie/Lumières : Sébastien Lemarchand (JTN)
Production :  Compagnie Retour d’Ulysse (site web)

 

Pour réserver : site du Théâtre de l’Épée de Bois 

A écouter également La marche de l’histoire consacrée à Emanuel Ringelblum et aux archives du ghetto de Varsovie sur le site de France inter

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Les deux canards de Tristan Bernard et Alfred Athis

7 janvier 2018
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Les deux canards de Tristan Bernard et Alfred Athis

Comédie en trois actes, représentée pour la première fois le 3 décembre 1913, au Palais-Royal.
Distribution : 13 hommes, 5 femmes
Texte à télécharger gratuitement sur Libre Théâtre
Lien vers la notice sur data.libretheatre.fr

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5472473s

Croquis d’Alfred Athis et Tristan Bernard, réalisé par Renefer, paru dans Le Monde artiste du 20 décembre 1913. Source : BnF/Gallica

 

L’argument

Les « Deux Canards », ce sont deux petits journaux ennemis, créés en vue d’une campagne électorale. Venu dans la petite ville de Valmoutiers pour y retrouver Madeleine, la jolie fille du baron de Saint-Amour, avec laquelle il a dansé le tango, Montillac s’est laissé détourner de ce flirt par Léontine, l’exubérante épouse de l’imprimeur Béjun. Il devient sous le nom de Gélidon, le rédacteur en chef du « canard » radical, la Torche, qu’édite Béjun. La Torche doit servir les ambitions de la femme de Béjun qui veut faire de son mari le prochain maire de Valmoutiers. Il doit affronter le baron de Saint-Amour, chef du parti réactionnaire.

Le baron de Saint-Amour achète le journal ennemi. Toute la rédaction suit le nouveau patron et se conforme à sa nouvelle politique, même Gélidon qui a retrouvé Madeleine et a senti se réveiller son amour pour elle. Mais Mme Béjun contre-attaque en fondant un autre organe, le Phare qui, lui, paraîtra le soir et auquel contribue également Gélidon. Montillac passe ses journées auprès de Madeleine, et écrit les articles de la Torche. Gélidon consacre ses nuits à Léontine et rédige les articles du Phare. La situation se tend entre les deux organes de presse et aboutit à un duel : Montillac et Gélidon doivent se rencontrer sur le terrain. Les témoins les prennent tour à tour l’un pour l’autre, et des amis se substituent à eux, à l’aide de lunettes d’automobile qui cachent leur visage. Au lieu de deux combattants, il y a bientôt trois adversaires en présence…

Illustrations de Marevéry

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b53129913c

[« Les deux canards » de Tristan Bernard et Alfred Athis / dessin de Yves Marevéry]. 1913. Source : BnF/gallica

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b53129939w

[Armande Cassive, Le Gallo et Marthe Debienne dans « Les deux canards » de Tristan Bernard et Alfred Athis / dessin de Yves Marevéry]. 1913. Source : BnF/Gallica

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quelques critiques à la création de la pièce

Comoedia, du 3 décembre 1913 sur Gallica
Les Hommes du jour, du 13 décembre 1913 sur Gallica

 

Le Théâtre de Tristan Bernard sur Libre Théâtre
Biographie de Tristan Bernard sur Libre Théâtre

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Lettre d’information de Libre Théâtre n°25

5 janvier 2018
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Lettre d’information de Libre Théâtre n°25

5 janvier 2018

Libre Théâtre vous souhaite une très belle année 2018 !

L’aventure se poursuit…
Après la création d’une bibliothèque d’œuvres théâtrales du domaine public, le développement d’une activité de critique théâtrale, la création d’une maison d’édition en 2017 (Les Editions La Comédiathèque), Libre Théâtre devient entrepreneur de spectacles et crée en 2018 une compagnie.
Premier projet : la Mer à boire. Dix monologues tragi-comiques de Jean-Pierre Martinez mettant en scène une dizaine de personnages, interprétés par un seul comédien aux personnalités multiples… Une plongée drôlatique dans les profondeurs de nos vies ordinaires.


 

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b9024334x

Le théâtre de Tristan Bernard

La mise en ligne des textes se poursuit sur le site Libre Théâtre avec, au mois de janvier 2018, l’entrée dans le domaine public de Tristan Bernard, l’occasion de (re)découvrir ses vaudevilles fantaisistes et ses comédies de mœurs. Libre Théâtre va mettre progressivement en ligne son œuvre théâtrale. En attendant le traitement des textes, vous pouvez accéder aux ouvrages numérisés sur Gallica ou archive.org. Lire la suite.

 

 

 


Textes mis en ligne récemment

Les Visionnaires de Jean Desmarets de Saint-Sorlin

Cette comédie met en scène des « visionnaires », c’est-à-dire des personnages aveuglés par leurs folies respectives. Alcidon, le père de famille, cherche à marier ses trois filles, mais celles-ci poursuivent des chimères : l’une est amoureuse d’Alexandre le Grand, l’autre se pense aimée de tous les hommes et la troisième a pour seule passion le théâtre. Leurs prétendants, quant à eux, sont en proie à d’autres formes d’« extravagances ». Le père doit choisir entre un capitaine mythomane, un « poète bizarre », un homme qui s’imagine très riche et un amoureux des idées. Alcidon, lui-même, n’est pas exempt de folie puisqu’il ne cesse de changer d’avis et de se ranger du côté du dernier qui a parlé. Chaque personnage, confronté à la folie de l’un de ses semblables, se met à jouer avec le délire de l’autre, créant ainsi une mise en abyme autour de la question de l’identité (du je) et du théâtre (du jeu).

La confrontation de ces personnages extravagants permet de multiplier les effets comiques : les quiproquos et les jeux de mots s’enchaînent. Grâce à une écriture riche et fleurie, cette folie discursive semble prendre corps dans les personnages eux-mêmes. Texte intégral à télécharger sur le site Libre Théâtre

Publication du texte aux Editions La Comédiathèque : argument et texte intégral de la pièce, suivis d’un glossaire des mots anciens et des noms propres rares.


http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b9016289w/f1.item

Tirades et monologues

Libre Théâtre  propose une sélection de tirades et monologues du répertoire français, régulièrement présentés aux auditions des concours d’entrée aux écoles de théâtre ou travaillés dans les ateliers de théâtre. Chaque lien renvoie vers une page dédiée, avec le lien vers la notice sur l’œuvre et le texte intégral de l’œuvre en téléchargement gratuit.
Pour faciliter les accès aux textes, nous avons séparé les personnages féminins des personnages masculins, mais ces scènes peuvent être interprétées indifféremment par des comédiens ou des comédiennes, comme Sarah Bernhardt grande interprète de Lorenzaccio.
Nous avons isolé les très courtes pièces sous forme de monologues.
Cette page est en cours de construction et sera régulièrement alimentée. Lire la suite.

 


Une aventure théâtrale, 30 ans de décentralisation, film documentaire de Daniel Cling

Mêlant harmonieusement images d’archives et interviews, ce documentaire nous raconte une formidable aventure humaine au lendemain de la deuxième guerre mondiale : comment des troupes se sont constituées un peu partout sur le territoire français, bravant les difficultés économiques, pour s’adresser, hors de Paris, à des publics qui n’étaient jamais allés au théâtre et contribuer ainsi à retisser du lien. Contrairement à ce que pourrait supposer le sous-titre, ce film n’est pas un exposé didactique sur la politique culturelle de l’après-guerre, mais bien une épopée humaine, à hauteur d’hommes et de femmes, réunis par le plaisir de jouer et de faire partager leur passion au plus grand nombre. Lire la suite.
Sortie en salle le 10 janvier 2018.


N’hésitez pas à nous faire part de vos propositions d’amélioration, vos suggestions de textes, de ressources…

data.libretheatre.fr recense aujourd’hui 754 œuvres théâtrales du domaine public. Le chargement du texte intégral de ces œuvres se poursuit. 365 textes ont été traités à ce jour.

Le Répertoire de Libre Théâtre est accessible à partir des formulaires de recherche sur libretheatre.fr : des recherches par œuvre, par auteur et par distribution sont possibles. Vous pouvez ensuite explorer l’ensemble des œuvres disponibles en élargissant ou réduisant votre recherche.

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Biographie de Tristan Bernard

5 janvier 2018
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Biographie de Tristan Bernard

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b64054225

Tristan Bernard dessin de Paul Charles Delaroche. Source : BNF/Gallica

Tristan Bernard, de son véritable nom Paul Bernard est né à Besançon le 7 septembre 1866 dans une famille juive alsacienne. Il est né dans la même rue que Victor Hugo, la Grande-Rue,  « lui au 138 et moi, plus modestement au 23 ».

Tristan Bernard quitte Besançon pour Paris à l’âge de quatorze ans et fait ses études au lycée Condorcet, puis à la faculté de Droit. Sa carrière d’avocat est très brève. Il travaille un temps dans l’usine de son père puis collabore à partir de 1891 à la Revue Blanche. Cette revue fondée en 1889 par les frères Natanson rassemble pendant dix ans la plupart des écrivains, peintres, musiciens, hommes politiques, intellectuels les plus marquants de la fin du XIXe siècle et du début du XXème siècle.

Joueur, il mise un jour sur un cheval portant le nom de Tristan. Le cheval gagne la course, lui rapporte une importante somme d’argent : il prend alors le nom du cheval pour signer ses articles.

Passionné par le sport, il devint, en 1894, directeur sportif du Vélodrome Bussalo, et rédacteur en chef du Journal des Velocipédistes.


http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b53118862z

Tristan Bernard. (auteur) : [photographie, tirage de démonstration] / [Atelier Nadar]. Source : BnF/Gallica

En 1894, il publie en collaboration avec Pierre Veber Un recueil de fantaisies, Vous m’en direz tant ! Il rédige, seul, un journal éphémère : Le Chasseur de Chevelures (Moniteur du Possible) . En 1894 également  il publie Vous m’en direz tant son premier recueil de contes (en collaboration avec Pierre Veber). En 1895, sa première pièce, Les Pieds nickelés, remporte un grand succès, au Théâtre de L’Œuvre.

En 1904, il fait partie de la première rédaction de L’Humanité, le journal de Jean Jaurès et contribue en 1917 aux débuts du Canard enchaîné.

Tristan Bernard est aujourd’hui principalement connu pour ses bons mots. Il a écrit 21 romans, dont plusieurs romans policiers. En 1899, il publie Mémoires d’un jeune homme rangé, titre que Marguerite Youcenar féminisera pour le premier volet de son oeuvre autobiographique.

Tristan Bernard a écrit près de 70 pièces, principalement des vaudevilles fantaisistes et des comédies de mœurs.
L’anglais tel qu’on le parle a été représenté à la Comédie-Française le 1er janvier 1907, huit ans après sa création à la Comédie-Parisienne.
Lien vers le théâtre de Tristan Bernard sur Libre Théâtre

 

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b9024334x

Tristan Bernard, Homme de Lettres : photographie de presse / Agence Meurisse, 1923. Source : BnF/Gallica

Pendant l’Occupation, il se réfugie à Cannes où il vit à l’hôtel Windsor. Il est arrêté par les Allemands en 1943 et interné au camp de Drancy ; à son départ pour le camp, il a cette phrase : « Jusqu’à présent nous vivions dans l’angoisse, désormais, nous vivrons dans l’espoir. »
Il est libéré trois semaines plus tard grâce à l’intervention de Sacha Guitry et d’actrice Arletty. Il refuse une première fois sa libération, ne voulant pas laisser sa femme, Mamita ; ils sortent finalement tous les deux quelques jours après. Son petit-fils, François, arrêté comme résistant, est déporté à Mauthausen et y meurt ; Tristan Bernard ne se remettra jamais de cette disparition.

Tristan Bernard meurt à Paris le 7 décembre 1947

 

Pour en savoir plus:

Interview de Tristan Bernard. Interviewé à Deauville où il prend ses vacances Tristan BERNARD évoque des souvenirs de 1874 àTrouville. Il fait une digression sur Victor HUGO originaire comme lui de Besançon puis en revient à sa fidélité à la côte normande. Il se souvient des séjours chez Lucien GUITRY, parle de Jules RENARD et de leurs parties de poker. Il aime le sport, en particulier le golf et dit son amitié pour le boxeur Georges CARPENTIER. Sur le site de l’INA

Tristan Bernard, formidable conteur du sport, Emission L’Œil du Tigre de France inter, du 4 juin 2017, sur le site de France Inter

Tristan Bernard par Dorgelès : «Il était noble sans emphase et simple avec grandeur», Le Figaro du 7 septembre 1966.

Tristan Bernard dans le domaine public sur le Blog de Gallica

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Le théâtre de Tristan Bernard

4 janvier 2018
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Le théâtre de Tristan Bernard

Tristan Bernard est entré dans le domaine public le 1er janvier 2018. Libre Théâtre va mettre progressivement en ligne son œuvre théâtrale. En attendant le traitement des textes, vous pouvez accéder à quelques ouvrages numérisés sur Gallica ou archive.org. (Lien vers la biographie de Tristan Bernard sur Libre Théâtre)

Liste des pièces de Tristan Bernard

Les Pieds nickelés, comédie en un acte, Paris, Théâtre de l’Œuvre, 15 mars 1895, sur Gallica
Allez, messieurs ! pièce en un acte, Paris, Théâtre de l’Odéon, 13 janvier 1897
Le Fardeau de la liberté, comédie en un acte, Paris, Théâtre de l’Œuvre, 15 mai 1897, sur Gallica
Franches Lippées, comédie en 1 acte, Paris, Théâtre du Champ-de-Foire, 6 mars 1898, sur Gallica
Silvérie, ou les Fonds hollandais, pièce en un acte, en collaboration avec Alphonse Allais, Paris, Théâtre des Capucines, 19 mai 1898
Le Seul Bandit du village, vaudeville en 1 acte, Paris, Théâtre des Capucines, 10 novembre 1898, lien vers le texte et la chronique sur Libre Théâtre
Une aimable lingère, ou Chaque âge a ses plaisirs, proverbe de château, Paris, Théâtre des Mathurins, 26 janvier 1899, sur Gallica
L’Anglais tel qu’on le parle, vaudeville en 1 acte, Paris, Comédie-Parisienne, 28 février 1899, sur Gallica
Octave ou les Projets d’un mari, comédie en 1 acte, Paris, Grand-Guignol, 6 novembre 1899
La Mariée du Touring-Club, vaudeville en 4 actes, Paris, Théâtre de l’Athénée, 8 décembre 1899
Un négociant de Besançon, comédie en un acte, Paris, Théâtre des Mathurins, 25 février 1900, sur Gallica, sur Gallica

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b53130053t

[Albert Brasseur dans « Le petit café » de Tristan Bernard / dessin de Yves Marevéry]. 1912. Source : BnF/Gallica

La Petite Femme de Loth, opérette, Théâtre des Mathurins, 1er octobre 1900, sur Gallica
L’Affaire Mathieu, pièce en 3 actes, Paris, Théâtre du Palais-Royal, 24 octobre 1901
Daisy, comédie en 1 acte, Paris, Théâtre de la Renaissance, 13 mai 1902, sur Gallica
Les Coteaux du Médoc, comédie en un acte, Paris, Théâtre du Vaudeville, 2 décembre 1903, sur Gallica
Le Captif, comédie en 1 acte, Paris, Théâtre des Mathurins, 9 février 1904, sur Gallica
Triplepatte, comédie en 5 actes, avec André Godfernaux, Paris, Théâtre de l’Athénée, 30 novembre 1905 sur archive.org
La Peau de l’ours, 1 acte, Paris, Théâtre de l’Athénée, 2 février 1907
Sa sœur, pièce en 3 actes, Paris, Théâtre de l’Athénée, 7 février 1907, sur Gallica
La Cabotine, pièce en 3 actes, avec Alfred Athys, Paris, Théâtre des Nouveautés, 2 octobre 1907
Monsieur Codomat, comédie en trois actes, Paris, Théâtre Antoine, 17 octobre 1907. Lien vers le texte et la chronique sur Libre Théâtre
Les Jumeaux de Brighton, pièce en 3 actes et 1 prologue, Paris, Théâtre Femina, 16 mars 1908, sur Gallica
Le Poulailler, comédie en trois actes, Paris, Théâtre Michel, 3 décembre 1908, sur Gallica

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b53129709w/f1.item

André Brulé dans « Le danseur inconnu » de Tristan Bernard / dessin de Yves Marevéry. 1909. Source : BnF/Gallica

Le Danseur inconnu, comédie en 3 actes, Paris, Théâtre de l’Athénée, 29 décembre 1909, sur Gallica, Gallica
Le Peintre exigeant, Paris, Comédie-Française, 21 février 1910, sur Gallica
Le Costaud des épinettes, comédie en 3 actes, avec Alfred Athis [Natanson], Paris, Théâtre du Vaudeville, 14 avril 1910 sur Gallica
L’Incident du 7 avril, comédie en 1 acte, Paris, Théâtre de l’Athénée, 20 mai 1911, sur Gallica
Le Petit Café, comédie en 3 actes, Paris, Théâtre du Palais-Royal, 12 octobre 1911, sur Gallica, Gallica
L’Accord parfait, comédie en 3 actes, avec Michel Corday, Paris, Théâtre Femina, 25 novembre 1911, sur Gallica
On naît esclave, pièce en 3 actes, avec Jean Schlumberger, Paris, Théâtre du Vaudeville, 4 avril 1912
Les Phares Soubigou, comédie en 3 actes, Paris, Comédie Royale, 4 décembre 1912
La Gloire ambulancière, comédie en 1 acte, Paris, Comédie des Champs-Élysées, 10 mai 1913, sur Gallica
Les Deux Canards, pièce en 3 actes, avec Alfred Athis, Paris, Théâtre du Palais-Royal, 3 décembre 1913. Texte en ligne sur Libre Théâtre
Jeanne Doré, pièce en 5 actes et 7 tableaux, Paris, Théâtre Sarah-Bernhardt, 16 décembre 1913, sur Gallica
La Crise ministérielle, comédie en un acte, Paris, Comédie des Champs-Élysées, 5 mars 1914

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b53104261j

Geneviève Lantelme dans « Le costaud des Epinettes » de Tristan Bernard, Alfred Athys / dessin de Yves Marevéry. 1910. Source : BnF/Gallica

Du vin dans son eau, ou l’Impôt sur le revenu, comédie en 1 acte, Paris, Comédie des Champs-Élysées, 5 mars 1914, sur Gallica
Le Prince charmant, comédie en 3 actes, Paris, Comédie-Française, 12 juillet 1914
L’École du piston, comédie en 1 acte, Paris, Théâtre Antoine, juin 1916, sur Gallica
Le Sexe fort, pièce en trois actes, Paris, Théâtre du Gymnase, 12 avril 1917
Les Petites Curieuses, pièce en 3 actes, Paris, Théâtre des Boulevards, 1920, sur Gallica
Cœur de lilas avec Charles-Henry Hirsch, mise en scène André Brulé, Théâtre de Paris, 5 mars 1921
My Love… Mon amour, comédie en 4 actes, Paris, Théâtre Marigny, 3 février 1922
Ce que l’on dit aux femmes, Théâtre des Capucines Mai 1922
Le Cordon bleu, pièce inédite (1923)
Les Plaisirs du dimanche, comédie en 1 acte, Paris, Sporting Club, 31 mars 1925, sur Gallica
L’École des quinquagénaires, comédie en un acte, en vers, Paris, Comédie-Française, 18 avril 1925

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b53049769q

[Germain, Girier et Paul Ardot dans « Cabotine » de Tristan Bernard / dessin de Yves Marevéry]. 1907. Source : BnF/Gallica

Un perdreau de l’année, comédie en 3 actes, Paris, Théâtre Michel, 24 avril 1926, sur Gallica
Jules, Juliette et Julien, ou l’École du sentiment, comédie en 3 actes et un prologue, Paris, Théâtre de l’Œuvre, 10 mai 1929
L’École des charlatans, pièce en 4 actes, avec Albert Centurier, Paris, Théâtre de l’Odéon, 1er avril 1930, sur Gallica
Langevin père et fils, comédie en cinq actes, Paris, Théâtre des Nouveautés, 15 mai 1930, sur Gallica
Un ami d’Argentine, pièce en 4 actes, avec Max Maurey, Paris, Théâtre de l’Athénée, 5 novembre 1930, sur Gallica
Le Sauvage, comédie en quatre actes, Paris, Théâtre Tristan-Bernard, 19 février 1931
La Partie de bridge, pièce en un acte, Paris, Théâtre de la Michodière, 24 avril 1937, sur Gallica

L’ardent tirailleur, sur Gallica
Je vais m’en aller, sur Gallica
L’étrangleuse, sur Gallica
L’enlèvement d’Agathe, sur Gallica
Sketches pour la scène et la radio :  Le triomphe de la science. Expédition nocturne. Un mystère sans importance. Révélation. Le coup de Cyrano (1936) sur Gallica
Un dramaturge en plein labeur, sur Gallica
Le prétendant, sur Gallica
La sacoche, sur Gallica
Un garçon de dix-huit ans, sur Gallica
Un homme dans la maison, sur Gallica
Antoinette ou le retour du marquis, sur Gallica

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b53129913c

« Les deux canards » de Tristan Bernard et Alfred Athis / dessin de Yves Marevéry. 1913. Source : BnF/Gallica

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Tirade de Jean Roule dans Les Mauvais Bergers d’Octave Mirbeau

18 décembre 2017
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Tirade de Jean Roule dans Les Mauvais Bergers d’Octave Mirbeau (Acte III, Scène 5)

Jean Roule, leader anarchiste, présente les revendications des ouvriers en grève au patron, Hargand.

Jean Rouleun peu solennel.
Nous venons ici pour la paix de notre conscience. (Un temps.) Si vous repoussez les propositions, qu’au nom de cinq mille ouvriers, je suis, pour la dernière fois, chargé de vous transmettre… je n’ai pas besoin de vous déclarer que nous sommes prêts à toutes les résistances. Ce ne sont point les régiments que vous appelez à votre secours, ni la famine que vous déchaînez contre nous qui nous font peur !… Ces propositions sont raisonnables et justes… À vous de voir si vous préférez la guerre… (Un temps.) Je vous prie de remarquer en outre que, si nous avons éliminé de notre programme certaines revendications, nous ne les abandonnons pas… nous les ajournons… (Avec une grande hauteur.) C’est notre plaisir !… (Un temps. Hargand est de marbre, pas un pli de son visage ne bouge. Jean prend dans la poche de sa cotte un papier qu’il consulte de temps en temps.) Premièrement… Nous maintenons, en tête de nos réclamations, la journée de huit heures… sans aucune diminution de salaire… Je vous ai expliqué pourquoi, déjà… je ne vous l’expliquerai pas à nouveau… (Silence d’Hargand.) D’ailleurs je vois que vous n’êtes pas en humeur de causer, aujourd’hui !… Deuxièmement… Assainissement des usines… Si, comme vous le faites dire par tous vos journaux, vous êtes un patron plein d’humanité, vous ne pouvez exiger des hommes qu’ils travaillent dans des bâtiments empestés, parmi des installations mortelles… Au cas où vous accepteriez en principe cette condition à laquelle nous attachons un intérêt capital, nous aurions à nous entendre, ultérieurement, sur l’importance et la nature des travaux, et nous aurions aussi un droit de contrôle absolu sur leur exécution… (Hargand est toujours immobile et silencieux. Jean Roule le regarde un instant fixement, puis il fait un geste vague.) Allons jusqu’au bout ! puisque c’est pour la paix de notre conscience que nous sommes ici… (Un temps.) Troisièmement… Substitution des procédés mécaniques à toutes les opérations du puddlage… Le puddlage n’est pas un travail, c’est un supplice ! Il a disparu d’une quantité d’usines moins riches que les vôtres… C’est un assassinat que d’astreindre des hommes, pendant trois heures, sous la douche, nus, la face collée à la gueule des fours, la peau fumante, la gorge dévorée par la soif, à brasser la fonte, et faire leur boule de feu !… Vous savez bien, pourtant, que le misérable que vous condamnez à cette torture sauvage… au bout de dix ans… vous l’avez tué !… (Hargand est toujours immobile. Jean Roule fait un geste… Un temps…) Quatrièmement… Surveillance sévère sur la qualité des vins et alcools… (Un temps.) Bien que sous le prétexte fallacieux de sociétés coopératives, vous ayez accaparé tout le commerce d’ici… que vous soyez notre boucher… notre boulanger… notre épicier… notre marchand de vins !… etc…, etc…, il y aurait peut-être lieu de vous résigner à gagner un peu moins d’argent sur notre santé, en nous vendant autre chose que du poison… Tout ce que nous respirons ici, c’est de la mort !… tout ce que nous buvons ici… c’est de la mort !… Eh bien… nous voulons boire et respirer de la vie !… (Silence d’Hargand.) Cinquièmement… Ceci est la conséquence morale, naturelle et nécessaire de la journée de huit heures… Fondation d’une bibliothèque ouvrière, avec tous les livres de philosophie, d’histoire, de science, de littérature, de poésie et d’art, dont je vous remettrai la liste… Car, si pauvre qu’il soit, un homme ne vit pas que de pain… (Un temps.) Il a droit, comme les riches, à de la beauté !… (Silence glacial.) Enfin… réintégration à l’usine, avec paiement entier des journées de chômage, de tous les ouvriers que vous avez chassés depuis la grève… Je vous fais grâce de ma personne… L’accord signé, je partirai…
Il dépose son papier sur le bureau d’Hargand.

Lien vers le texte intégral de la pièce sur Libre Théâtre

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b53094810t/f77

Le bon berger, O. Mirbeau, fustige les mauvais bergers : Ch. Léandre. Source : BnF/Gallica

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Tirade d’Aïrolo dans Mangeront-ils ? de Victor Hugo (Acte I, Scène 4)

16 décembre 2017
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Tirade d’Aïrolo dans Mangeront-ils ? de Victor Hugo  (Acte I, Scène 4)

Lord Slada
Qu’es-tu ?
Aïrolo
………………..Celui qui rôde. Un passant. Pour tout dire,
Je suis pour les humains ce que, pardonnons-leur,
En langage vulgaire ils nomment un voleur.
À Lady Janet. À Lord Slada.
O la plus belle! ô sire aimable entre les sires !
Ayant un peu le temps de causer, vu les sbires
Qui nous guettent, je vais, pour charmer vos ennuis,
Vous dire de mon mieux qui je suis, si je puis.
Il se place entre eux deux et prend sous un de ses bras le bras de Lord Slada et sous l’autre le bras de Lady Janet.
Mes bons amis, il est deux hommes sur la terre :
Le roi, moi. Moi la tête, et lui le cimeterre.
Je pense, il frappe. Il règne, on le sert à genoux ;
Moi, j’erre dans les bois. Tout tremble autour de nous ;
Autour de moi c’est l’arbre, autour de lui c’est l’homme,
Le meilleur vin de Chypre emplit son vidrecome ;
Moi, je bois au ruisseau dans le creux de ma main.
Le roi fait toujours bien, moi toujours mal. Amen.
Lui couronné, moi pris, nous marchons en cortège ;
Chers, il vous persécute et moi je vous protège ;
Le prince est la médaille, et je suis le revers ;
Et nous sommes tous deux mangés des mêmes vers.
Peut-être en ma caverne on fait un meilleur somme
Que dans la sienne. Il est fort vulnérable, en somme ;
II peut aussi finir par être échec et mat.
Le roi, c’est mon contraire. Ou bien mon grand format.
Je suis un conquérant de liards dans les poches,
Mais j’ai l’honnêteté des bonnes vieilles roches ;
Je suis le va-nu-pieds, mais non pas l’aigrefin ;
Je livre la bataille immense de la faim
Contre le superflu des autres. Qu’on me dise
Que j’ai tort si la faim devient la gourmandise,
D’accord, mais je suis maigre. Amis, j’habite aux champs,
Et je tiens compagnie aux arbres point méchants ;
Mon antre a la gaîté décente d’une cave.
Là je jeûne pendant que le moineau se gave,
La nature ayant tout prévu, l’homme excepté.
L’hiver, de droit je gèle, ayant sué l’été.
Près de moi la perdrix glousse, le mouton bêle ;
Car je suis un flâneur bien plutôt qu’un rebelle.
Parfois dans les genêts, comme moi sauvageons,
Je rencontre un passant, je lui dis : Partageons.
Ta bourse ? — Je n’ai rien. — Alors prends mon pain.
À Lady Janet avec un sourire.
Belle,
Absolvez-moi. Je vis dans la loi naturelle ;
Attentif après tout au chant des bois, bien plus
Qu’aux voyageurs passant avec des sacs joufflus.
Avril vient tous les ans me faire mon ménage.
Faut-il vous compléter mon portrait ? Braconnage,
C’est mon instinct. Pensif, je dédaigne de loin
Le juge, plus le prêtre ; et je n’ai pas besoin
De vos religions, je lis Dieu sans lunettes.
J’aime les rossignols et les bergeronnettes.
J’ignore si j’arrive et ne sais si je pars.
Parfois dans le zéphir je me sens presque épars.
Amants, soyez un feu ; je suis une fumée.
Ma silhouette glisse et fond dans la ramée.
Dans les chaleurs, quand juin met à sec le torrent,
Au plus épais du bois je me glisse, espérant
Surprendre le sommeil divin des nymphes lasses.
De vagues nudités au fond des clairs espaces
Que je verrais de loin, ou que je croirais voir,
Me suffiraient, l’amour ne valant pas l’espoir.
Je suis le néant, gai. Supposez une chose
Qui n’est pas, et qui rit; c’est moi. Je me repose,
Et laisse le bon Dieu piocher. Dévotement,
J’écoute l’air, la pluie, et ce fier grondement
Des brutes dans les champs, de l’autan dans la nue,
Que la mer accompagne en basse continue;
Le soir j’accroche un rêve à l’astre qui me luit,
Clou de la panoplie immense de la nuit.
Je songe, c’est beaucoup. Les fleurs, voilà mon faste.
Si quelque détail cloche en ce monde si vaste,
Je n’en triomphe point, tout en l’apercevant;
Je subis les accès de colère du vent
Et la mauvaise humeur des saisons inégales
Avec la dignité modeste des cigales.
Des éléments bourrus nous sommes prisonniers.
Bien. Soit. Les quatre vents sont quatre chiffonniers
Portant le chaud, le froid, le beau temps, la tempête ;
Chacun vient nous vider sa hotte sur la tête.
Savez-vous que le vent doit beaucoup s’amuser ?
Quel coureur! — Jamais pris, — chanter, — ne point s’user !
Ce serait là, je crois, ma vocation. Vivre
Là-haut, assourdissant comme un clairon de cuivre
Le bon vieux genre humain, ce bipède dormant,
Être un bandit céleste errant au firmament,
Un esprit ouragan changeant cent fois de formes,
Faisant en plein azur des sottises énormes !
Ça m’irait. Mais qu’importe ! est-il rien de certain ?
Je n’ai jamais le soir mon avis du matin.
L’hésitation molle entre ses bras me porte.
Se contredire est doux. Je suis pour qu’une porte
Ne soit jamais ouverte ou fermée. À peu près
Est ma devise. Un lys me plaît, comme un cyprès.
Je ris avec le flot, et parfois dans la brume
Je pleure avec recueil que bat la vaste écume.
Pour l’homme, vivre, c’est désirer. J’ai donné
Ma démission, moi, le jour où je suis né.
Toute la question terrestre, c’est la femme.
Qui l’aura? Vous ou moi? Personne, et tous. Madame
Se rit de nous. Voyez, c’est un enchantement,
Une grâce, et chacun vise ce cœur charmant ;
Le bonheur, but réel, mais conquête impossible,
Est un concours d’archers dont la femme est la cible.
J’y renonce. Hélas ! l’homme a pour bien le péché.
Comme une sensitive, avant qu’il l’ait touché,
II voit se dérober le bonheur contractile.
Dire au destin son fait, c’est beau, mais inutile ;
Je m’en prive. On s’escrime à deviner pourquoi
Le mal règne pendant que le bien se tient coi,
Et de ce pugilat avec la destinée
Notre logique sort fort contusionnée.
Moi, j’aime mieux grimper dans les arbres. J’aurais
Droit au titre de clown familier des forêts ;
Dans tous les casse-cous j’exécute une danse.
Parfois aux moineaux francs je parle en confidence.
Je leur conte comment j’aurais fait si j’avais
Fait le monde, et que l’homme eût été moins mauvais.
Je reçois leurs bravos, j’accepte leurs huées,
Et je discute avec ces bavards des nuées.
Je leur dis mon système ; ils jasent en tout lieu ;
Et quelque chose en va peut-être jusqu’à Dieu,
Et c’est une façon de le mettre en demeure.
S’il m’écoute, il fera la vie un peu meilleure.
À présent croyez-vous mon métier lucratif ?
Point. Je ne suis de rien ici-bas le captif.
Voilà tout.
Jetant les yeux sur la végétation.
Passereaux, j’ai le même bocage
Que vous, et j’ai la même épouvante, la cage.
À Lord Slada.
Mon patrimoine est mince. Errer dans les sentiers,
C’est là mon seul talent; je plains mes héritiers.
Voyons, que laisserai-je après moi?
Regardant autour de lui.
Cette dune,
Ces sapins, les roseaux, l’étang, le clair de lune,
La falaise où le flot mouille les goémons,
La source dans les puits, la neige sur les monts,
Voilà tout ce que j’ai. Moi mort, si l’on défalque
De tout cela de quoi payer le catafalque,
II reste peu de chose. — Ah ! je vaux bien les rois,
Car j’ai la liberté de rire au fond des bois.
Mon chez-moi c’est l’espace, et Rien est ma patrie.
Voyez-vous, la naissance est une loterie ;
Le hasard fourre au sac sa main, vous voilà né.
À ce tirage obscur la forêt m’a gagné.
Joli lot. C’est ainsi que, parmi la bruyère
Où Puck sert d’hippogriffe à la fée écuyère,
Enfant et gnome, étant presque un faune, j’échus
Comme concitoyen aux vieux arbres fourchus.
Dans l’herbe, dans les fleurs de soleil pénétrées,
Dans le ciel bleu, dans l’air doré, j’ai mes entrées.
Sous mes yeux tout s’épouse, et sans gêne on s’unit,
On s’accouple, le nid encourage le nid,
Et la fauve forêt manque d’hypocrisie.
Je suis l’âme sereine à qui Pan s’associe.
Je suis tout seul, je suis tout nu, quel sort charmant !
Pourtant rien n’est complet. Vivre sans vêtement,
Sans maison, sans voisin, à l’état de nature,
Comme un lièvre orphelin cherchant sa nourriture,
En plein désert, ayant pour outils ses dix doigts,
Avec les animaux féroces, dans les bois,
Cela même a parfois ses côtés incommodes.
Mais, les oiseaux étant heureux, je suis leurs modes.
La divine rosée éparse est le cadeau
Que fait la fraîche aurore à ces gais buveurs d’eau.
J’en bois comme eux. Comme eux je m’en grise, et je chante.
Mais j’aime aussi du vin l’extase trébuchante.
De temps en temps, je vais à la ville, en congé.
Quant à mes qualités, je suis très goinfre, et j’ai
Un comique grossier qui plaît aux basses classes.
Je le sais pour avoir hanté les populaces.
En somme, je médite, en regardant tantôt
Dans les ronces, par terre, et dans le ciel là-haut;
J’erre comme un chevreuil, comme un pinson je perche.
L’homme ayant égaré le bonheur, je le cherche.
Un jour, dans une rue, aux badauds, aux valets,
Un vieux pitre enseignait, entre deux gobelets,
La science, et j’en ai pu saisir au passage
Toute la quantité qu’il faut pour être sage.
Je m’en sers dans les bois. J’en trouve ici l’emploi.
Maintenant, que je sois traqué, mis hors la loi,
Par vos codes coiffé d’un sombre bonnet d’âne.
Que j’escroque ma part de la céleste manne,
Possesseur de zéro, que j’en sois le voleur,
Ça fait rire. Je suis le pire et le meilleur.
Je suis l’homme d’en bas. Amis, c’est agréable.
Dieu, s’il n’était pas Dieu, voudrait être le Diable.
Je vois l’envers de tout. Que c’est risible, hélas!
Pourtant d’être épié par le guet je suis las.
Ce matin, le sentant dans l’ombre où je m’enfonce,
J’ai balayé ma roche, épousseté ma ronce,
Mis de l’ordre en mon trou que j’ai barricadé;
Après quoi, serviteur ! je me suis évadé,
Et je prends comme vous cet asile pour gîte.
Mais sans plaisir.

 

Lien vers le texte intégral de la pièce et la chronique sur Libre Théâtre

http://art.rmngp.fr/fr/library/artworks/victor-hugo_ma-destinee_grattage_gouache_lavis-d-encre-brune_encre-brune_plume-dessin_1857?force-download=63525

Ma Destinée, dessin de Victor Hugo. Photo (C) RMN-Grand Palais / Agence Bulloz Source : RMN

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