Author Archives Ruth Martinez

L’Affaire Courteline, mise en scène de Bertrand Mounier

23 mars 2018
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L’Affaire Courteline, mise en scène de Bertrand Mounier

Sept pièces courtes de Georges Courteline
du 21 mars au 29 avril 2018 à 19h et le dimanche à 15h
au Lucernaire, 53 rue Notre-Dame-des-Champs, Paris 6e

🙂 Libre Théâtre vous recommande ce spectacle

Après le pétillant Jeu de l’Amour et du hasard, la compagnie La Boîte aux lettres revient au Lucernaire pour nous inviter à partager une nouvelle création tout aussi jubilatoire : L’Affaire Courteline. À partir d’une sélection astucieuse de sept savoureuses saynètes, ce spectacle nous plonge dans l’univers de la Belle Époque, dépeint avec une cruelle ironie par Georges Courteline : des tranches de vie banales (au domicile conjugal, dans les transports, au bureau, au tribunal…) qui, sous la plume acérée de l’auteur, se convertissent en autant de situations comiques agrémentées par des dialogues hilarants. Par sa modernité, la Belle Époque est avant tout le début de la nôtre, et la critique mordante de Courteline reste toujours d’actualité.

Bertrand Mounier offre un écrin lumineux, élégant et coloré à ces saynètes grâce à une mise en scène esthétique et inventive, qui confère à l’ensemble cohérence et fluidité. Les changements de décors et de costumes se font à vue, ces transitions étant agrémentées de chansons du début du siècle ou d’aphorismes courtelinesques. Le public est immédiatement complice de cette joyeuse satire dans une atmosphère de cabaret. Les six comédiens incarnent avec talent une galerie de personnages hauts en couleur, tour à tour prétentieux, malveillants ou naïfs mais toujours ridicules. Autant de portraits d’époque qui nous renvoient à nos propres travers d’aujourd’hui.
Courez voir ce spectacle pour faire une provision de bonne humeur. Vous garderez longtemps le sourire en fredonnant ce refrain :
Amusez-vous, foutez-vous d’tout
La vie entre nous est si brève
Amusez-vous, comme des fous
La vie est si courte, après tout.

Mise en scène : Bertrand Mounier
Collaboration artistique : François Nambot
Avec : Isabelle de Botton, Salomé Villiers ou Raphaëlle Lemann, Étienne Launay, Pierre Hélie, Philippe Perrussel, Bertrand Mounier ou François Nambot

Vous pouvez explorer l’univers de Courteline sur Libre Théâtre à travers des notices thématiques et le texte intégral du théâtre de Courteline.
Lien vers les saynètes du spectacle :
Sigismond
La peur des coups
Monsieur Badin
Gros Chagrins
L’Affaire Champignon
Vieux ménage
Le Madère

 

 

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Pierrot posthume par la Compagnie JCL

22 mars 2018
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Pierrot posthume par la Compagnie JCL

19, 20 et 21 avril à 20h30
au Théâtre de Ménilmontant, 15 rue du Retrait, Paris 20ème.

 Pierrot Posthume est une arlequinade qui met en scène les personnages de la Commedia dell’arte. Le malicieux Arlequin, amoureux de Colombine, profite de l’absence du lunaire Pierrot pour la séduire et la détourner de son mariage. Mais le retour de Pierrot d’un voyage lointain vient perturber les plans d’Arlequin. Au milieu de ce trio, un Docteur farfelu cherche à vendre ses services aux deux personnages masculins prêts à tout pour avoir la main de la jolie Colombine. Une comédie en vers, dans un monde chaotique et fantastique, comme un conte moderne.

Mise en scène : Alexis Sequera
Avec :
Clara Artur-Vaude
Elie Boissière
Ben Popincourt
Theo Tordjman

Pour réserver : https://www.menilmontant.info/ 

Lien vers le texte intégral sur Libre Théâtre

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Pierrot posthume de Théophile Gautier

22 mars 2018
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Pierrot posthume de Théophile Gautier en collaboration avec Paul Siraudin

Arlequinade en un acte et en vers, représentée pour la première fois le 4 octobre 1847 au théâtre du Vaudeville.
Distribution : 3 hommes et 1 femme
Texte intégral à télécharger gratuitement sur Libre Théâtre
Lien vers la notice sur data.libretheatre.fr

L’argument

Arlequin est amoureux de Colombine, la femme de Pierrot. Il profite de la disparition de Pierrot pour la séduire, quand Pierrot réapparaît. Mais Pierrot ne sait plus s’il est vivant ou non et ce ne sont pas les remèdes du Docteur, un épouvantable charlatan, qui vont l’aider.

Caricature de Nadar

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b105385620/f1.item

Arlequinades . Extrait de l’œuvre graphique de Nadar. Source : BnF/Gallica

Nadar a produit de très nombreuses caricatures de grands hommes de son époque. C’est pour ce projet qu’il commence à utiliser la photographie.  (Le Panthéon Nadar réunit 300 grands hommes de l’époque sur les 1 000 prévus.)

 

Pièce à l’affiche à Paris par la Compagnie JCL

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Le seul bandit du village de Tristan Bernard

4 mars 2018
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Le seul bandit du village de Tristan Bernard

Vaudeville en un acte, représenté pour la première fois sur la scène du Théâtre des Capucines, le 10 novembre 1898, édité chez Flammarion en 1899.
Distribution : 4 hommes, 2 femmes
Texte intégral à télécharger gratuitement sur Libre Théâtre
Lien vers la notice sur data.libretheatre.fr

Argument

Un voleur introduit par une domestique doit dérober des documents dans le coffre-fort du Baron, candidat, à la députation parti à Paris. Mais la Baronne attend une visite.

Citation

« Y a rien d’aussi ennuyant que de s’introduire pour voler chez des gens qu’on ne connaît pas… On ne devrait jamais voler que chez des gens qu’on connaît… Il faut voler là où qu’on a coutume de fréquenter, et là où votre présence n’a rien d’extraordinaire. »

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b53155761b

Guyon fils. Folies-Dramatiques. Coquin de printemps : [photographie, tirage de démonstration] / [Atelier Nadar]. Guyon fils joue Arsène à la création de la pièce. Source : BnF/Gallica

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Un mari idéal d’Oscar Wilde

24 février 2018
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Un mari idéal d’Oscar Wilde

Tous les vendredis à 19h45 à la Comédie Saint Michel
95, Boulevard Saint-Michel, 75005 Paris

🙂 Libre Théâtre vous recommande

Homme politique respecté à l’avenir prometteur, Sir Robert Chiltern est aux yeux de tous un homme exemplaire, et aux yeux de sa femme un mari idéal. Mais sa brillante carrière et son beau mariage reposent sur un péché originel resté secret jusque là. Une femme machiavélique découvre qu’il a bâti sa fortune grâce à une malversation financière, et entend bien le faire chanter, en le menaçant de ruiner sa réputation.

À partir de cette intrigue qui pourrait être celle d’une tragédie, Oscar Wilde nous livre une comédie aux accents étrangement modernes, qui font écho à l’actualité d’aujourd’hui. Il fait craquer le vernis de la bonne société anglaise, en dénonçant l’hypocrisie et l’affairisme de l’ère victorienne. Lord Arthur Goring, le dandy qui tire les ficelles de cette comédie humaine, est à l’évidence le double d’Oscar Wilde lui-même. Pour la plus grande joie du public, portant un regard ironique mais bienveillant sur les marionnettes qui l’entourent, il distille mots d’esprits et aphorismes, dont beaucoup sont déjà devenus des classiques. Un peu à la manière de Zorro, puisque son action de justicier restera inconnue de son père et de ses pairs, qui le tiennent pour un oisif et un doux rêveur, c’est le véritable héros de cette histoire dont la morale finalement très sage est qu’il faut pardonner les péchés lorsqu’ils sont avoués, et que la tolérance à l’égard des faiblesses de chacun vaut mieux que la dictature des fausses vertus. Un thème qui rappelle le débat actuel sur les limites de la quête de transparence lorsqu’elle se transforme en chasse aux sorcières conduite par des Tartuffes. Une jolie comédie à la fois politique et romantique, servie par une jeune troupe pleine de talent et d’enthousiasme.
Critique de Jean-Pierre Martinez

Mise en scène : Cathy Guillemin

Avec en alternance : Edouard Licoys, Audrey Morin, Maxime Seynave, Laure Loaëc, Cédric Obstoy, Laurent Dubesset, Victoria Blanc, Isabelle Duvernois, Pavlina Novotny, Oscar Voisin, Aila Navidi, Laetitia Franchitti, Samuel Carpentier, Colombe Leroy

 

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Dans la peau de Don Quichotte, par la Cordonnerie, au Nouveau Théâtre de Montreuil

26 janvier 2018
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Dans la peau de Don Quichotte, par la Cordonnerie

du Vendredi 1 juin 2018 au Samedi 9 juin 2018
Théâtre des Abbesses
31 rue des Abbesses, 75018 Paris
à 15h ou 19h30. Tél : 01 42 74 22 77.

🙂 Libre Théâtre vous recommande ce spectacle

Nos rêves sont plus beaux que la réalité. Mais prendre ses rêves pour des réalités peut conduire à la folie. Il y pourtant une certaine grandeur à ne pas accepter les choses telles qu’elles sont, et à défaut de pouvoir changer le monde, de changer de point de vue sur le monde. C’est le propos du roman de Cervantès, et c’est aussi celui de ce drôle de spectacle, mêlant théâtre, musique et cinéma, comme une autre façon d’interroger la notion de réel. Par cette malicieuse interaction entre différents médias, c’est en effet la convention même du théâtre qui est remise en cause, de façon très ludique. Comme aux premiers temps du cinéma muet, des musiciens accompagnent en « live » l’action qui se déroule sur l’écran, et des comédiens doublent en direct les voix des acteurs du film. Avec ce spectacle burlesque, on n’est pas loin d’un univers à la Tati. Jusqu’au moment où les personnages du film sortent de l’écran, prenant ainsi une autre réalité, pour finalement y retourner afin de vivre leurs impossibles rêves, pour reprendre le titre de la chanson de Brel, qui lui-même incarna Don Quichotte. Faire de ses rêves des réalités, n’est-ce pas aussi le projet de toute forme artistique, et donc celui du spectacle vivant ? Un spectacle, en tout cas, qui nous fait rêver. Et qui vous fera mourir de rire. Quand on est amoureux d’une psychiatre, le meilleur moyen de la revoir n’est-il pas de devenir fou ? À ne manquer sous aucun prétexte.

Critique de Jean-Pierre Martinez

 

Un ciné-spectacle de Métilde Weyergans et Samuel Hercule (texte, réalisation, mise en scène) d‘après l’oeuvre de Cervantès
Musique originale Timothée Jolly et Mathieu Ogier

Avec : Philippe Vincenot, Samuel Hercule, Métilde Weyergans, Timothée Jolly, Mathieu Ogier
Et, à l’écran : Ava Baya, Jean-Luc Porraz, Anne Ferret, Michel Le Gouis, Nicolas Avinée, Xavier Guelfi, Pierre Germain, Constance Chaperon, Alexis Corso, Grégoire Jeudy…
Assistants réalisation : Grégoire Jeudy, Damien Noguer
Chef opérateur : Lucie Baudinaud
Chef décorateur : Dethvixay Banthrongsakd
Chef costumier : Rémy Le Dudal
Montage : Gwenaël Giard Barberin
Direction de production tournage : Lucas Tothe
Création sonore : Adrian’ Bourget
Création lumière : Soline Marchand
Construction machinerie : les Artistes Bricoleurs Associés
Assistante à la mise en scène : Pauline Hercule
Régie son : Adrian’ Bourget / Eric Rousson
Régie générale : Sébastien Dumas
Régie plateau : Frédéric Soria / Pierrick Corbaz
Production, Administration : Anaïs Germain et Caroline Chavrier

Production : La Cordonnerie

 

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Monsieur Codomat de Tristan Bernard

25 janvier 2018
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Monsieur Codomat de Tristan Bernard

Monsieur Codomat de Tristan Bernard, comédie en trois actes, représentée pour la première fois le 17 octobre 1917 au Théâtre Antoine.
Distribution: 5 hommes, 6 femmes
Lien vers le texte intégral à télécharger gratuitement sur Libre Théâtre

La critique de Jules Renard

Parue dans Messidor, le 19/10/1907. Source : BnF/Gallica

La nouvelle comédie de M. Tristan Bernard me paraît son plus joli tour d’adresse. Certains sujets portent l’auteur. Voici une pièce où l’auteur a d’abord, et jusqu’à la fin, le sujet contre lui. Il ne suffit pas de le traiter, il faut le vaincre. À le juger par le récit de ce qu’il fait, ce Monsieur Codomat ne serait qu’un vilain mufle. Sur la scène, ce qu’il dit le transforme, sa manière l’excuse toujours. Il finirait par avoir le rôle sympathique : c’est un mufle charmant.

Monsieur Codomat, naturel et sincère, fait ça comme ça lui vient. Aucun cynisme. Il ne s’analyse point par pose, mais pour expliquer ses scrupules, dès qu’il croit les apparences contre lui. On riait avec une légère résistance d’honnêtes bourgeois chatouilleux et la petite peur que donne l’équilibriste. Une réplique forte et ingénue de Monsieur Codomat rassurait, et le rire gêné devenait éclat de rire. Que d’écueils frôlés, caressés, nonchalamment tournés ! C’était un fin succès, de qualité extrêmement rare.

La construction de ces trois actes est simple et irréprochable. Monsieur Codomat, architecte, aurait approuvé et signé le plan qu’il garderait d’ailleurs pour lui. Monsieur Codomat, gérant d’immeubles, fait, à propos d’une fuite d’eau, une visite à sa jolie cliente Clotilde. Cette jeune femme naïve le trouve distingué, beau et bon. Il se laisse admirer, puis aimer ; il la conseille et excuse, parce qu’elle a de l’argent, sa situation irrégulière. Il reste paternel, très noble, et quand il sort du cabinet de toilette, il sait dire : «Je suis heureux de vous connaître », comme si rien ne, s’était passé.

Clotilde lui confie son argent qu’il mêle avec le sien dans un tiroir, avant de le bien placer. Mais l’amant qui paie, le jeune et riche Lafauvette, respecte aussi Monsieur Codomat. Cet énorme bourgeois les séduit tous et les écrase. Lafauvette, naïf entreteneur, guidé par ce sage, verse ponctuellement les sommes que Clotilde dépose à la caisse commune. Soudain il veut se marier. — « Vous êtes fou » dit Monsieur Codomat ; et Clotilde ? — J’aime votre fille, dit Lafauvette — C’est différent je cède, par faiblesse — Comment rompre avec Clotilde ? — Ne suis-je pas là ? – Monsieur Codomat, toujours bon, toujours beau, toujours souriant, persuade Clotilde. Elle ira se régénérer en province — « J’apportais, dit-elle, ces derniers trois mille francs de Lafauvette. — Je ne peux plus les recevoir, dit Monsieur Codomat, il faut les lui rendre. » — Lafauvette, pour se montrer digne de Monsieur Codomat, assure à Clotilde, par acte notarié, une rente de dix mille francs par an. – « Dix-mille ! c’est gentil ! agréable .surprise ! murmure Monsieur Codomat furieux et correct. » Il aura l’œil sur ce petit gendre stupide.

M. Gémier a joué ce rôle redoutable avec une intelligence, une mesure, une pudeur, une perfection qui me mettent à l’aise pour lui dire que je ne l’aimais pas beaucoup dans Terre d’Epouvante. Oui, c’est un autre genre, et il porte. Mais un acteur comme Gémier me semble aussi nécessaire à Monsieur Codomat qu’inutile à M. Roussel, vague gouverneur.

Je suis sûr que la pièce de Tristan Bernard est également jouée comme il le désire, par tous les autres interprètes, depuis. M. Gerber (Lafauvette) jusqu’à M. Baur (plombier), depuis Mlle Jameson (Clotilde, blanche et tendre comme la neige, et si crédule, si prompte à s’offrir), jusqu’à Mlle Lavigne, petite bonne qui s’occupe sérieusement de son affaire. Oui, tous ces artistes ont été dressés, spécialement pour cette comédie, par un auteur ami qui s’intéresse au sort de ses moindres personnages. Pensez-vous que le plombier, par exemple, puisse entrer, réparer un tuyau et sortir sans un mot ? M. Tristan Bernard l’arrête au passage, cause avec lui, le confesse et les deux ne se quittent qu’avec peine. Pourquoi M. Baur s’en va-t-il déjà, avec sa boîte ? Il était bien là, de la maison. Il devait avoir encore à nous dire des choses.

Jules RENARD

 

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b53049915m

Portrait de Firmin Gémier dans « Terre d’épouvante » d’André de Lorde et Eugène Morel et « Monsieur Codomat » de Tristan Bernard / dessin de Yves Marevéry. 1907; Source : BnF/Gallica

Lien vers le théâtre de Tristan Bernard sur Libre Théâtre
Lien vers la biographie de Tristan Bernard sur Libre Théâtre

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Trahisons, une pièce très cinématographique : rencontre avec le metteur en scène Christophe Gand

22 janvier 2018
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Trahisons, une pièce très cinématographique : rencontre avec le metteur en scène Christophe Gand

Rencontre de Libre Théâtre avec Christophe Gand, metteur en scène de la pièce Trahisons d’Harold Pinter, de nouveau à l’affiche au Lucernaire à partir du 24 janvier 2018.

Vous venez du monde du cinéma, comment êtes-vous arrivé à la mise en scène de théâtre  ?

Je suis arrivé par hasard au théâtre. J’ai des envies de cinéma depuis que je suis très jeune. À  20 ans, j’ai proposé un scénario à François Perrot qui a accepté de jouer dans mon court-métrage et, en échange, m’a proposé de mettre en scène la pièce dans laquelle il voulait jouer. C’était La Dernière Bande de Beckett, mais il a dû malheureusement abandonner ces deux projets. J’ai continué avec deux autres comédiens : avec Gilles Segal, mon court-métrage sur la dépendance en maison de retraite (Peintre en résidence) et avec Jacques Boudet, la pièce de Beckett que nous avons jouée à Avignon pendant deux ans. Ce qui m’intéresse au théâtre, c’est le travail avec les comédiens : on peut prendre plus de temps et approfondir les personnages. Au cinéma, je pars de mes propres histoires, alors qu’au théâtre, le texte pré-existe. Je me focalise donc davantage sur la mise en scène, la mise en espace et la mise en lumière. Ma deuxième mise en scène a été Le Monte-Plat de Pinter avec Jacques Boudet et Maxime Lombard. La pièce s’est jouée il y a deux ans à Avignon et au Poche-Montparnasse. Trahisons est ma troisième mise en scène au théâtre. Je continue aussi le cinéma : je viens de terminer un court-métrage et j’écris un premier long-métrage.

Beaucoup de metteurs en scène sont aussi comédiens. Ce n’est pas votre cas. Pourriez-vous nous dire en quoi cela modifie le travail avec les comédiens  ?

Au cinéma, la plupart des réalisateurs s’attachent peu au travail avec les comédiens. J’ai pour ma part eu la chance de travailler avec des comédiens plus âgés et plus expérimentés que moi, mais très à l’écoute : ils m’ont fait confiance dès le début. Par rapport à des metteurs en scène ou des réalisateurs qui sont aussi comédiens, j’ai donc tendance à me focaliser sur la narration et la mise en scène pure afin d’offrir aux comédiens un autre regard, plus extérieur, avec plus de recul, sans me projeter à leur place.

 

Le caractère cinématographique de cette pièce a-t-il contribué au choix de ce texte  ?

La construction très cinématographique de cette pièce m’a attiré, sans que forcément j’en sois conscient au départ. Quand Pinter écrit Trahisons, il est déjà un auteur et scénariste confirmé (il a écrit pour Losey). Il choisit dans Trahisons une écriture à rebours. La pièce commence à la fin des années 70 et remonte neuf ans en arrière, par le biais de 9 scènes qui proposent autant d’instantanés. Pinter évoque les relations d’un trio amoureux, mais il brise les codes du vaudeville classique. Certes il y a bien le mari, la femme et l’amant, mais Pinter nous plonge dans des moments d’intimité. L’écriture est aussi très cinématographique. Il est difficile de gérer cette apparence de banalité dans les dialogues. Certaines mises en scène gomment cet aspect et choisissent un parti pris très appuyé, très pesant. Au contraire, nous avons voulu faire vivre ce quotidien comme au cinéma. C’est en faisant vivre cette banalité que ressortent les enjeux pour les personnages.  Je souhaitais aller au plus près de la justesse des sentiments des personnages, montrer les situations avec réalisme. Nous avons beaucoup travaillé sur les temps et les silences : l’écriture de Pinter est comme une partition de musique. Nous ne sommes pas loin de la poésie. Ces temps et ces silences racontent autant que le texte, mais il faut qu’ils soient habités par les comédiens.

Vous avez adopté un parti-pris intéressant pour la gestion des transitions entre les 9 tableaux.

La gestion de ces transitions est l’un des principaux défis de la mise en scène de cette pièce. Nous voulions un vrai décor et de vrais costumes. Nous voulions créer une couleur par scène tout en gardant une certaine unité entre les tableaux. Il a donc fallu travailler sur ces transitions. Nous avons inséré un personnage que l’on retrouve au restaurant. Chacun met ce qu’il veut dans ce personnage : il peut symboliser l’auteur, le metteur en scène… L’idée que les personnages sont utilisés comme des pions par une force supérieure, invisible, est très présente dans les pièces de Pinter, comme dans le Monte-Plat par exemple. Trahisons n’est pas une pièce politique, mais il y a tout de même l’idée que ces personnages ne sont pas totalement libres. Ils sont en quête de reconnaissance sociale et sont animés par leurs propres ambitions. Le personnage qui change le décor participe de cette idée.  La traduction française du titre original Betrayal est Trahisons, au pluriel. Il y a en effet de multiples trahisons.  Au centre, il y a bien sûr l’adultère mais j’ai aussi voulu insister sur l’amour qui existe entre ces trois personnages, et notamment entre les deux personnages masculins. Il y a aussi les différentes trahisons de chacun des personnages par rapport à leurs idéaux de jeunesse et leurs fantasmes de réussite. Ces personnages évoluent dans un univers très codifié. La langue de Pinter est très tenue ; les personnages sont emplis de pudeur. Il y a aussi énormément d’humour dans les situations et les dialogues. Nous avons souhaité garder le fait de situer la pièce dans les années 70. Si la pièce a du sens politiquement, c’est notamment par rapport au personnage féminin qui s’émancipe, travaille et assume ses choix.

L’atmosphère particulière de ces 9 tableaux est particulièrement bien rendue par les décors, les costumes, les lumières, mais également la bande son.

J’ai travaillé dès le début avec Goury la scénographe. L’idée était de créer un espace en mémoire avec un bric à brac et des éléments de mobilier qui se transforment.

Concernant la musique, je voulais réussir à créer deux ambiances différentes. Pour accompagner les scènes de Robert et Emma, j’ai choisi des musiques de Vivaldi et Corelli. Ces variations permettent de partir de quelque chose de très intime pour aller ensuite vers quelque chose de flamboyant. Pour les scènes entre Jerry et Emma, j’ai choisi du jazz, en pensant au tout premier film de Clint Eastwood, Play Misty for me avec la musique de Errol Garner.

Du 24 Janvier au 18 Mars 2018, du mardi au samedi à 19 heures et  le dimanche à 16h
au Lucernaire, 53 rue Notre-Dame-des-Champs, Paris 6ème.

Lien vers la recommandation de la pièce Trahisons par Libre Théâtre

 

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Buzz – Ramdam au Nouveau Théâtre de Montreuil

16 janvier 2018
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Buzz – Ramdam au Nouveau Théâtre de Montreuil

du 16 au 24 janvier 2018 (à 20h ou 20h30)
salle Maria Casarès, 63 rue Victor Hugo, Montreuil-sous-Bois

🙂 Libre Théâtre vous recommande

Plus que tout autre art peut-être, le théâtre a ses codes. Et le « théâtre contemporain », en prétendant libérer le spectacle de ces codes, ne fait qu’en générer d’autres, qui constituent bien vite un nouveau carcan, provoquant un effet de répétition. À peine inventées, les « nouvelles dramaturgies », déjà obsolètes, imposent un nouvel académisme. Le destin du théâtre, comme celui de tous les autres arts, est de se caricaturer lui-même. En permanence, le spectacle vivant est ainsi menacé de mort. C’est pourquoi, afin de continuer à exister, il doit se réinventer encore et toujours, sans perdre pour autant ce qui fait l’essence même du théâtre : une relation immédiate avec le spectateur. C’est tout le propos de cette « conférence » loufoque qui a pour but, au prétexte de réanimer le théâtre par un électrochoc, de le dynamiter. Attention, donc, aux éclats de rire. Car ces trois Belges ne respectent vraiment rien. Avec l’avènement d’internet et de la connexion universelle, le spectacle vivant a-t-il encore un sens et le théâtre un avenir ? Avec ces garnements, on a envie de répondre oui. Ils réussissent au moins l’exploit de faire vibrer à l’unisson un public très divers. Le théâtre est une communion. Mais il ne doit jamais devenir une messe. Un spectacle réjouissant, à ne pas manquer.

Critique de Jean-Pierre Martinez

Avec Cédric Coomans, Jérôme Degée, Jean-Baptiste Szezot
Spectacle de Cédric Coomans, Jérôme Degée, Julie Remacle, Jean-Baptiste Szezot
Production et assistanat général Julie Remacle
Régie générale Isabelle Deer, Nicolas Marty

Dans le cadre de l’Âge des possibles, temps fort autour de la nouvelle génération au Nouveau Théâtre de Montreuil du 16 janvier au 16 février 2018.

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Cabaret dans le ghetto d’après Wladyslaw Szlengel

13 janvier 2018
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Cabaret dans le ghetto d’après Wladyslaw Szlengel

d’après Ce que je lisais aux morts de Wladyslaw Szlengel
Adaptation et mise en scène de Justine Wojtyniak
Du 8 au 27 janvier 2018, de lundi à samedi à 20h30 et samedi à 16h
Théâtre de l’Épée de bois, Cartoucherie, Paris 12ème

 

🙂 Libre Théâtre vous recommande

Il y a mille et une raisons d’aller découvrir Cabaret dans le ghetto au Théâtre de l’Epée de bois.
Ce spectacle est tout d’abord une extraordinaire leçon d’histoire sur la vie dans le ghetto de Varsovie, à travers le regard d’un poète et chroniqueur caustique, Wladyslaw Szlengel. Justine Wojtyniak, la narratrice qui met également en scène le spectacle, nous raconte l’histoire du recueil de poèmes, intitulé Ce que je lisais aux morts, enterré avec d’autres écrits et souvenirs d’habitants du ghetto, pour constituer des archives. Ces textes poétiques, émouvants, terriblement lucides mais également provocateurs, constituent un témoignage extraordinaire, plein d’humanité et de vie. Ces écrits sont comme des bouteilles lancées à la mer par un naufragé qui croit encore à sa survie, mais surtout au pouvoir de la transmission et du souvenir.

Cabaret dans le ghetto constitue également un superbe objet théâtral, mêlant à ces textes étonnants des musiques et chorégraphies originales pour donner à entendre la voix libre de Wladyslaw Szlengel. Stephano Fogher, comédien musicien, et Gerry Quévreux, comédien danseur, incarnent les diverses facettes de Wladyslaw Szlengel et transmettent avec talent le message du poète  : l’élégance, la poésie et l’intelligence sont des actes de résistance et triompheront de la barbarie.

Un superbe spectacle, nécessaire, pour ne jamais oublier.

Auteur : Władysław Szlengel (Ce que je lisais aux morts )
Traduction du polonais : Jean-Yves Potel et Monika Prochniewicz, édition Circé, 2017
Adaptation et mise en scène : Justine Wojtyniak
Avec:  Gerry Quévreux (le poète), Stefano Fogher (le musicien), Justine Wojtyniak (la femme polonaise) et les voix d’Halina Birenbaum et d’Armel Veilhan
Dramaturgie : Armel Veilhan
Musique, composition et interprétation : Stefano Fogher
Chorégraphie:  Gerry Quévreux
Scénographie/Lumières : Sébastien Lemarchand (JTN)
Production :  Compagnie Retour d’Ulysse (site web)

 

Pour réserver : site du Théâtre de l’Épée de Bois 

A écouter également La marche de l’histoire consacrée à Emanuel Ringelblum et aux archives du ghetto de Varsovie sur le site de France inter

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