Author Archives Ruth Martinez

L’aveu de Phèdre à Œnone – Phèdre de Racine

10 mai 2017
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L’aveu de Phèdre à Œnone – Phèdre de Racine

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84272704/f164.item

Rachel dans Phèdre. Source : Bnf/Gallica

Extrait de l’acte I, scène 3.
Lien vers le texte intégral de Phèdre sur Libre Théâtre
Phèdre avoue à sa nourrice Œnone son amour pour Hippolyte

 

 

 

 

 

 

Phèdre
Mon mal vient de plus loin. À peine au fils d’Égée
Sous les lois de l’hymen je m’étais engagée,
Mon repos, mon bonheur semblait être affermi ;
Athènes me montra mon superbe ennemi :
Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue ;
Un trouble s’éleva dans mon âme éperdue ;
Mes yeux ne voyaient plus, je ne pouvais parler ;
Je sentis tout mon corps et transir et brûler :
Je reconnus Vénus et ses feux redoutables,
D’un sang qu’elle poursuit tourments inévitables !
Par des vœux assidus je crus les détourner :
Je lui bâtis un temple, et pris soin de l’orner ;
De victimes moi-même à toute heure entourée,
Je cherchais dans leurs flancs ma raison égarée :
D’un incurable amour remèdes impuissants !
En vain sur les autels ma main brûlait l’encens !
Quand ma bouche implorait le nom de la déesse,
J’adorais Hippolyte ; et, le voyant sans cesse,
Même au pied des autels que je faisais fumer,
J’offrais tout à ce dieu que je n’osais nommer.
Je l’évitais partout. Ô comble de misère !
Mes yeux le retrouvaient dans les traits de son père.
Contre moi-même enfin j’osai me révolter :
J’excitai mon courage à le persécuter.
Pour bannir l’ennemi dont j’étais idolâtre,
J’affectai les chagrins d’une injuste marâtre ;
Je pressai son exil ; et mes cris éternels
L’arrachèrent du sein et des bras paternels.
Je respirais, Œnone ; et, depuis son absence,
Mes jours moins agités coulaient dans l’innocence :
Soumise à mon époux, et cachant mes ennuis,
De son fatal hymen je cultivais les fruits.
Vaines précautions ! Cruelle destinée !
Par mon époux lui-même à Trézène amenée,
J’ai revu l’ennemi que j’avais éloigné :
Ma blessure trop vive aussitôt a saigné.
Ce n’est plus une ardeur dans mes veines cachée :
C’est Vénus tout entière à sa proie attachée.
J’ai conçu pour mon crime une juste terreur ;
J’ai pris la vie en haine, et ma flamme en horreur ;
Je voulais en mourant prendre soin de ma gloire,
Et dérober au jour une flamme si noire :
Je n’ai pu soutenir tes larmes, tes combats ;
Je t’ai tout avoué ; je ne m’en repens pas.
Pourvu que, de ma mort respectant les approches,
Tu ne m’affliges plus par d’injustes reproches,
Et que tes vains secours cessent de rappeler
Un reste de chaleur tout prêt à s’exhaler.

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L’aveu de Phèdre à Hippolyte – Phèdre de Racine

10 mai 2017
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L’aveu de Phèdre à Hippolyte – Phèdre de Racine

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8438727f/f2.item

Sarah Bernhardt dans « Phèdre », 1893. Source : BnF/Gallica

Tirade pour une femme, en vers.
Extrait de l’acte II, scène 5.
Lien vers le texte intégral de Phèdre sur Libre Théâtre
Phèdre avoue à Hippolyte son amour.

 

 

 

 

 

 

 


Phèdre
          Ah, cruel ! tu m’as trop entendue !
Je t’en ai dit assez pour te tirer d’erreur.
Eh bien ! connais donc Phèdre et toute sa fureur :
J’aime ! Ne pense pas qu’au moment que je t’aime,
Innocente à mes yeux, je m’approuve moi-même ;
Ni que du fol amour qui trouble ma raison
Ma lâche complaisance ait nourri le poison ;
Objet infortuné des vengeances célestes,
Je m’abhorre encor plus que tu ne me détestes.
Les dieux m’en sont témoins, ces dieux qui dans mon flanc
Ont allumé le feu fatal à tout mon sang ;
Ces dieux qui se sont fait une gloire cruelle
De séduire le cœur d’une faible mortelle.
Toi-même en ton esprit rappelle le passé :
C’est peu de t’avoir fui, cruel, je t’ai chassé ;
J’ai voulu te paraître odieuse, inhumaine ;
Pour mieux te résister, j’ai recherché ta haine.
De quoi m’ont profité mes inutiles soins ?
Tu me haïssais plus, je ne t’aimais pas moins ;
Tes malheurs te prêtaient encor de nouveaux charmes.
J’ai langui, j’ai séché dans les feux, dans les larmes :
Il suffit de tes yeux pour t’en persuader,
Si tes yeux un moment pouvaient me regarder…
Que dis-je ? Cet aveu que je te viens de faire,
Cet aveu si honteux, le crois-tu volontaire ?
Tremblante pour un fils que je n’osais trahir,
Je te venais prier de ne le point haïr :
Faibles projets d’un cœur trop plein de ce qu’il aime !
Hélas ! je ne t’ai pu parler que de toi-même !
Venge-toi, punis-moi d’un odieux amour :
Digne fils du héros qui t’a donné le jour,
Délivre l’univers d’un monstre qui t’irrite.
La veuve de Thésée ose aimer Hippolyte !
Crois-moi, ce monstre affreux ne doit point t’échapper ;
Voilà mon cœur : c’est là que ta main doit frapper.
Impatient déjà d’expier son offense,
Au-devant de ton bras je le sens qui s’avance.
Frappe : ou si tu le crois indigne de tes coups,
Si ta haine m’envie un supplice si doux,
Ou si d’un sang trop vil ta main serait trempée,
Au défaut de ton bras prête-moi ton épée ;
Donne.

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Récit de Théramène – Phèdre de Racine

10 mai 2017
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Récit de Théramène – Phèdre de Racine

http://art.rmngp.fr/fr/library/artworks/romano-giulio_mort-d-hippolyte_plume-dessin_encre-brune?force-download=457009

Mort d’Hippolyte par Romano Giulio. Photo (C) RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Thierry Le Mage

Tirade pour un homme, en alexandrins.
Récit de la mort d’Hippolyte.
Extrait de l’Acte V, scène 6
Lien vers le texte intégral de Phèdre sur Libre Théâtre

 

 

 

 

 

Théramène
À peine nous sortions des portes de Trézène,
Il était sur son char ; ses gardes affligés
Imitaient son silence, autour de lui rangés ;
Il suivait tout pensif le chemin de Mycènes ;
Sa main sur les chevaux laissait flotter les rênes ;
Ses superbes coursiers qu’on voyait autrefois
Pleins d’une ardeur si noble obéir à sa voix,
L’œil morne maintenant, et la tête baissée,
Semblaient se conformer à sa triste pensée.
Un effroyable cri, sorti du fond des flots,
Des airs en ce moment a troublé le repos ;
Et du sein de la terre une voix formidable
Répond en gémissant à ce cri redoutable.
Jusqu’au fond de nos cœurs notre sang s’est glacé ;
Des coursiers attentifs le crin s’est hérissé.
Cependant sur le dos de la plaine liquide,
S’élève à gros bouillons une montagne humide ;
L’onde approche, se brise, et vomit à nos yeux,
Parmi des flots d’écume, un monstre furieux.
Son front large est armé de cornes menaçantes ;
Tout son corps est couvert d’écailles jaunissantes,
Indomptable taureau, dragon impétueux,
Sa croupe se recourbe en replis tortueux ;
Ses longs mugissements font trembler le rivage.
Le ciel avec horreur voit ce monstre sauvage ;
La terre s’en émeut, l’air en est infecté ;
Le flot qui l’apporta recule épouvanté.
Tout fuit ; et sans s’armer d’un courage inutile,
Dans le temple voisin chacun cherche un asile.
Hippolyte lui seul, digne fils d’un héros,
Arrête ses coursiers, saisit ses javelots,
Pousse au monstre, et d’un dard lancé d’une main sûre,
Il lui fait dans le flanc une large blessure.
De rage et de douleur le monstre bondissant
Vient aux pieds des chevaux tomber en mugissant,
Se roule, et leur présente une gueule enflammée
Qui les couvre de feu, de sang et de fumée.
La frayeur les emporte ; et, sourds à cette fois,
Ils ne connaissent plus ni le frein ni la voix ;
En efforts impuissants leur maître se consume ;
Ils rougissent le mors d’une sanglante écume.
On dit qu’on a vu même, en ce désordre affreux,
Un dieu qui d’aiguillons pressait leur flanc poudreux.
À travers les rochers la peur les précipite ;
L’essieu crie et se rompt : l’intrépide Hippolyte
Voit voler en éclats tout son char fracassé ;
Dans les rênes lui-même il tombe embarrassé.
Excusez ma douleur : cette image cruelle
Sera pour moi de pleurs une source éternelle.
J’ai vu, seigneur, j’ai vu votre malheureux fils
Traîné par les chevaux que sa main a nourris.
Il veut les rappeler, et sa voix les effraie ;
Ils courent : tout son corps n’est bientôt qu’une plaie.
De nos cris douloureux la plaine retentit.
Leur fougue impétueuse enfin se ralentit :
Ils s’arrêtent non loin de ces tombeaux antiques
Où des rois ses aïeux sont les froides reliques.
J’y cours en soupirant, et sa garde me suit :
De son généreux sang la trace nous conduit ;
Les rochers en sont teints ; les ronces dégouttantes
Portent de ses cheveux les dépouilles sanglantes.
J’arrive, je l’appelle ; et me tendant la main,
Il ouvre un œil mourant qu’il referme soudain :
« Le ciel, dit-il, m’arrache une innocente vie.
« Prends soin après ma mort de la triste Aricie.
« Cher ami, si mon père un jour désabusé
« Plaint le malheur d’un fils faussement accusé,
« Pour apaiser mon sang et mon ombre plaintive,
« Dis-lui qu’avec douceur il traite sa captive ;
« Qu’il lui rende… » À ce mot, ce héros expiré
N’a laissé dans mes bras qu’un corps défiguré :
Triste objet où des dieux triomphe la colère,
Et que méconnaîtrait l’œil même de son père.

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La tirade des coqs – Chantecler d’Edmond Rostand

10 mai 2017
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La tirade des coqs – Chantecler d’Edmond Rostand

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5725929c

Guitry en Chantecler par Sem, dans Modes de mars 1910. Source : BnF/Gallica

Extrait de l’Acte III, Scène 4.
Lien vers le texte intégral de la pièce Chantecler sur Libre Théâtre

Célèbre pour ses allitérations, cette tirade est très utilisée dans les cours de théâtre et les exercices pour la prise de parole en public.

 

 

 

 

 

 


Chantecler, allant maintenant de l’un à l’autre.
Oui, Coqs affectant des formes incongrues,
Coquemars, Cauchemars, Coqs et Coquecigrues,
Coiffés de cocotiers supercoquentieux…
– La fureur comme un Paon me fait parler, Messieurs ! J’allitère !… –
Et s’amusant à les étourdir d’une volubilité caquetante et gutturale
Oui, Coquards cocardés de coquilles,
Coquardeaux Coquebins, Coquelets, Cocodrilles,
Au lieu d’être coquets de vos cocoricos,
Vous rêviez d’être, ô Coqs ! de drôles de cocos !
Oui, Mode ! pour que d’eux tu t’emberlucoquasses,
Coquine ! ils n’ont voulu, ces Coqs, qu’être cocasses !
Mais, Coquins ! le cocasse exige un Nicolet !
On n’est jamais assez cocasse quand on l’est !
Mais qu’un Coq, au coccyx, ait plus que vous de ruches,
Vous passez, Cocodès, comme des coqueluches !
Mais songez que demain, Coquefredouilles ! mais
Songez qu’après-demain, malgré, Coqueplumets !
Tous ces coqueluchons dont on s’emberlucoque,
Un plus cocasse Coq peut sortir d’une coque,
– Puisque le Cocassier, pour varier ses stocks,
Peut plus cocassement cocufier des Coqs !
– Et vous ne serez plus, vieux Cocâtres qu’on casse,
Que des coqs rococos pour ce coq plus cocasse !

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L’hymne au soleil – Chantecler d’Edmond Rostand

10 mai 2017
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L’hymne au soleil – Chantecler d’Edmond Rostand

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b9005237k

Les Animaux de Chantecler. Affiche de Daniel de Losques en 1910. Source : BnF/Gallica

Acte II, scène 3
Chantecler dévoile à la faisane le secret de son chant…

 

 

 


Chantecler
Je ne chante jamais que lorsque mes huit griffes
Ont trouvé, sarclant l’herbe et chassant les cailloux,
La place où je parviens jusqu’au tuf noir et doux !
Alors, mis en contact avec la bonne terre,
Je chante !… et c’est déjà la moitié du mystère,
Faisane, la moitié du secret de mon chant…
Qui n’est pas de ces chants qu’on chante en les cherchant,
Mais qu’on reçoit du sol natal, comme une sève !
Et l’heure où cette sève, en moi, surtout, s’élève,
L’heure où j’ai du génie, enfin, où j’en suis sûr,
C’est l’heure où l’aube hésite au bord du ciel obscur.
Alors, plein d’un frisson de feuilles et de tiges
Qui se prolonge jusqu’au bout de mes rémiges,
Je me sens nécessaire, et j’accentue encor
Ma cambrure de trompe et ma courbe de cor ;
La Terre parle en moi comme dans une conque ;
Et je deviens, cessant d’être un oiseau quelconque,
Le porte-voix en quelque sorte officiel
Par quoi le cri du sol s’échappe vers le ciel !
La faisane.
Chantecler !
Chantecler.
                    Et ce cri qui monte de la Terre,
Ce cri, c’est un tel cri d’amour pour la lumière,
C’est un si furieux et grondant cri d’amour
Pour cette chose d’or qui s’appelle le Jour,
Et que tout veut ravoir : le pin sur ses écorces,
Les sentiers soulevés par des racines torses
Sur leurs mousses, l’avoine en ses brins délicats
Et les moindres cailloux dans leurs moindres micas ;
C’est tellement le cri de tout ce qui regrette
Sa couleur, son reflet, sa flamme, son aigrette
Ou sa perle ; le cri suppliant par lequel
Le pré mouillé demande un petit arc-en-ciel
À chaque pointe verte, et la forêt mendie
Au bout de chaque allée obscure un incendie ;
Ce cri, qui vers l’azur monte en me traversant,
C’est tellement le cri de tout ce qui se sent
Comme mis en disgrâce au fond d’un vague abîme
Et puni de soleil sans savoir pour quel crime ;
Le cri de froid, le cri de peur, le cri d’ennui
De tout ce que désarme ou désœuvre la Nuit ;
De la rose tremblant, dans le noir, toute seule ;
Du foin qui veut sécher pour aller dans la meule ;
Des outils oubliés dehors par les faucheurs
Et qui vont se rouiller dans l’herbe ; des blancheurs
Qui sont lasses de ne pas être éblouissantes ;
C’est tellement le cri des Bêtes innocentes
Qui n’ont pas à cacher les choses qu’elles font,
Et du ruisseau qui veut être vu jusqu’au fond ;
Et même – car ton œuvre, ô Nuit ! te désavoue –
De la flaque qui veut miroiter, de la boue
Qui veut redevenir de la terre en séchant ;
C’est tellement le cri magnifique du champ
Qui veut sentir pousser son orge ou ses épeautres ;
De l’arbre ayant des fleurs qui veut en avoir d’autres ;
Du raisin vert qui veut avoir un côté brun ;
Du pont tremblant qui veut sentir passer quelqu’un
Et remuer encor doucement sur ses planches
Les ombres des oiseaux dans les ombres des branches ;
De tout ce qui voudrait chanter, quitter le deuil,
Revivre, resservir, être une berge, un seuil,
Un banc tiède, une pierre heureuse d’être chaude
Pour la main qui s’appuie ou la fourmi qui rôde ;
Enfin, c’est tellement le cri vers la clarté
De toute la Beauté, de toute la Santé,
Et de tout ce qui veut, au soleil, dans la joie,
Faire son oeuvre en la voyant, pour qu’on la voie ;
Et, lorsque monte en moi ce vaste appel au jour,
J’agrandis tellement toute mon âme pour
Qu’étant plus spacieuse elle soit plus sonore
Et que le large cri s’y élargisse encore ;
Avant de le jeter, c’est si pieusement
Que je retiens ce cri dans mon âme, un moment ;
Puis, quand, pour l’en chasser enfin, je la contracte,
Je suis si convaincu que j’accomplis un acte ;
J’ai tellement la foi que mon cocorico
Fera crouler la Nuit comme une Jéricho…
La faisane, épouvantée.
Chantecler !
Chantecler.
                   Et sonnant d’avance sa victoire,
Mon chant jaillit si net, si fier, si péremptoire,
Que l’horizon, saisi d’un rose tremblement,
M’obéit !
La faisane.
                Chantecler !
Chantecler.
                                   Je chante ! Vainement
La Nuit, pour transiger, m’offre le crépuscule ;
Je chante ! Et tout à coup…
La faisane.
                                    Chantecler !
Chantecler.
                                                          Je recule,
Ébloui de me voir moi-même tout vermeil,
Et d’avoir, moi, le coq, fait lever le soleil !
La faisane.
Alors, tout le secret de ton chant ?…
Chantecler.
                                                   C’est que j’ose
Avoir peur que sans moi l’Orient se repose !
Je ne fais pas : « Cocorico ! » pour que l’écho
Répète un peu moins fort, au loin : « Cocorico ! »
Je pense à la lumière et non pas à la gloire.
Chanter, c’est ma façon de me battre et de croire ;
Et si de tous les chants mon chant est le plus fier,
C’est que je chante clair afin qu’il fasse clair !

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Tirade des Non, merci – Cyrano de Bergerac

10 mai 2017
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Tirade des Non, merci – Cyrano de Bergerac

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8528775g

Constant Coquelin dit aîné créateur de Cyrano. Source : BnF/ Gallica

Extrait de l’Acte II, scène 8
Lien vers le texte intégral de Cyrano de Bergerac sur Libre Théâtre 

 

Le Comte De Guiche propose à Cyrano de devenir son poète officiel. Il refuse avec force et ses amis sont dépités.

 

 

 

 

 


Le Bret.
Si tu laissais un peu ton âme mousquetaire
La fortune et la gloire…
Cyrano.
                                          Et que faudrait-il faire ?
Chercher un protecteur puissant, prendre un patron,
Et comme un lierre obscur qui circonvient un tronc
Et s’en fait un tuteur en lui léchant l’écorce,
Grimper par ruse au lieu de s’élever par force ?
Non, merci. Dédier, comme tous ils le font,
Des vers aux financiers ? Se changer en bouffon
Dans l’espoir vil de voir, aux lèvres d’un ministre,
Naître un sourire, enfin, qui ne soit pas sinistre ?
Non, merci. Déjeuner, chaque jour, d’un crapaud ?
Avoir un ventre usé par la marche ? Une peau
Qui plus vite, à l’endroit des genoux, devient sale ?
Exécuter des tours de souplesse dorsale ?…
Non, merci. D’une main flatter la chèvre au cou
Cependant que, de l’autre, on arrose le chou,
Et donneur de séné par désir de rhubarbe,
Avoir un encensoir, toujours, dans quelque barbe ?
Non, merci ! Se pousser de giron en giron,
Devenir un petit grand homme dans un rond,
Et naviguer, avec des madrigaux pour rames,
Et dans ses voiles des soupirs de vieilles dames ?
Non, merci ! Chez le bon éditeur de Sercy
Faire éditer ses vers en payant ? Non, merci !
S’aller faire nommer pape par les conciles
Que dans les cabarets tiennent des imbéciles ?
Non, merci ! Travailler à se construire un nom
Sur un sonnet, au lieu d’en faire d’autres ? Non,
Merci ! Ne découvrir du talent qu’aux mazettes ?
Être terrorisé par de vagues gazettes,
Et se dire sans cesse : « Oh, pourvu que je sois
Dans les petits papiers du Mercure François ? »…
Non, merci ! Calculer, avoir peur, être blême,
Préférer faire une visite qu’un poème,
Rédiger des placets, se faire présenter ?
Non, merci ! non, merci ! non, merci ! Mais… chanter,
Rêver, rire, passer, être seul, être libre,
Avoir l’œil qui regarde bien, la voix qui vibre,
Mettre, quand il vous plaît, son feutre de travers,
Pour un oui, pour un non, se battre, – ou faire un vers !
Travailler sans souci de gloire ou de fortune,
À tel voyage, auquel on pense, dans la lune !
N’écrire jamais rien qui de soi ne sortît,
Et modeste d’ailleurs, se dire : mon petit,
Sois satisfait des fleurs, des fruits, même des feuilles,
Si c’est dans ton jardin à toi que tu les cueilles !
Puis, s’il advient d’un peu triompher, par hasard,
Ne pas être obligé d’en rien rendre à César,
Vis-à-vis de soi-même en garder le mérite,
Bref, dédaignant d’être le lierre parasite,
Lors même qu’on n’est pas le chêne ou le tilleul,
Ne pas monter bien haut, peut-être, mais tout seul !

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La tirade du nez, Cyrano de Bergerac

10 mai 2017
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La tirade du nez, Cyrano de Bergerac

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8438886n

Sarah Bernhardt dans « Cyrano de Bergerac », comédie d’Edmond Rostand en 1909. Source : Bnf/Gallica

Extrait de l’acte I, scène 4.
Cyrano répond au Vicomte de Valvert qui le provoque en lui disant : « Vous…. vous avez un nez… heu… un nez… très grand. »

Lien vers le texte intégral de Cyrano de Bergerac sur Libre Théâtre 

A voir sur le site de l’INA, la « tirade du nez » par Daniel Sorano, dans une version théâtrale filmée par Claude Barma en 1960, où l’on peut voir, parmi les seconds rôles, Jean Topart, Michel Galabru et Philippe Noiret.

 

 

 


Cyrano.
                        Ah ! non ! c’est un peu court, jeune homme !
On pouvait dire… Oh ! Dieu ! … bien des choses en somme…
En variant le ton, – par exemple, tenez :
Agressif : « Moi, monsieur, si j’avais un tel nez,
Il faudrait sur-le-champ que je me l’amputasse ! »
Amical : « Mais il doit tremper dans votre tasse
Pour boire, faites-vous fabriquer un hanap ! »
Descriptif : « C’est un roc ! … c’est un pic ! … c’est un cap !
Que dis-je, c’est un cap ? … C’est une péninsule ! »
Curieux : « De quoi sert cette oblongue capsule ?
D’écritoire, monsieur, ou de boîte à ciseaux ? »
Gracieux : « Aimez-vous à ce point les oiseaux
Que paternellement vous vous préoccupâtes
De tendre ce perchoir à leurs petites pattes ? »
Truculent : « Ça, monsieur, lorsque vous pétunez,
La vapeur du tabac vous sort-elle du nez
Sans qu’un voisin ne crie au feu de cheminée ? »
Prévenant : « Gardez-vous, votre tête entraînée
Par ce poids, de tomber en avant sur le sol ! »
Tendre : « Faites-lui faire un petit parasol
De peur que sa couleur au soleil ne se fane ! »
Pédant : « L’animal seul, monsieur, qu’Aristophane
Appelle Hippocampéléphantocamélos
Dut avoir sous le front tant de chair sur tant d’os ! »
Cavalier : « Quoi, l’ami, ce croc est à la mode ?
Pour pendre son chapeau, c’est vraiment très commode ! »
Emphatique : « Aucun vent ne peut, nez magistral,
T’enrhumer tout entier, excepté le mistral ! »
Dramatique : « C’est la Mer Rouge quand il saigne ! »
Admiratif : « Pour un parfumeur, quelle enseigne ! »
Lyrique : « Est-ce une conque, êtes-vous un triton ? »
Naïf : « Ce monument, quand le visite-t-on ? »
Respectueux : « Souffrez, monsieur, qu’on vous salue,
C’est là ce qui s’appelle avoir pignon sur rue ! »
Campagnard : « Hé, ardé ! C’est-y un nez ? Nanain !
C’est queuqu’navet géant ou ben queuqu’melon nain ! »
Militaire : « Pointez contre cavalerie ! »
Pratique : « Voulez-vous le mettre en loterie ?
Assurément, monsieur, ce sera le gros lot ! »
Enfin parodiant Pyrame en un sanglot :
« Le voilà donc ce nez qui des traits de son maître
A détruit l’harmonie ! Il en rougit, le traître ! »
– Voilà ce qu’à peu près, mon cher, vous m’auriez dit
Si vous aviez un peu de lettres et d’esprit
Mais d’esprit, ô le plus lamentable des êtres,
Vous n’en eûtes jamais un atome, et de lettres
Vous n’avez que les trois qui forment le mot : sot !
Eussiez-vous eu, d’ailleurs, l’invention qu’il faut
Pour pouvoir là, devant ces nobles galeries,
me servir toutes ces folles plaisanteries,
Que vous n’en eussiez pas articulé le quart
De la moitié du commencement d’une, car
Je me les sers moi-même, avec assez de verve,
Mais je ne permets pas qu’un autre me les serve.

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Lettre d’information de Libre Théâtre n°21

9 mai 2017
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Lettre d’information de Libre Théâtre n°21

9 mai 2017

Le Théâtre d’Edmond Rostand

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8438752h/f239.item

Dessin de Z. Bakbio. Source : Bnf/Gallica

Nous vous invitons à découvrir l’œuvre théâtrale d’Edmond Rostand et ses multiples facettes, à travers l’exploration des 7 pièces mises en ligne sur le site Libre Théâtre. 
Cyrano de Bergerac reste l’œuvre maîtresse, mêlant fantaisie et sublime dans une fresque héroïque et romantique. L’Aiglon a la même puissance poétique que Cyrano. C’est le récit bouleversant de l’échec du fils de Napoléon Ier et de Marie-Louise d’Autriche, « l’histoire d’un pauvre enfant ». Ce rôle de jeune homme a été écrit pour Sarah Bernhardt, qui créa le rôle à 57 ans.
Cette grande tragédienne a été également à l’origine de deux autres pièces de Rostand. La Princesse lointaine conte le destin de Joffroy Rudel, un troubadour aquitain, qui a tant chanté la beauté légendaire de la princesse de Tripoli, Mélissinde, qu’il en est tombé amoureux. Cette pièce marque la première collaboration entre Edmond Rostand et Sarah Bernhardt, alors en pleine gloire et qui est à la recherche de nouveaux talents pour le Théâtre de la Renaissance qu’elle dirige. La Samaritaine est  une pièce religieuse, inspirée par les Evangiles, qui raconte la rencontre de Jésus et Photine.
Chanteclerc est un autre monument de Rostand. C’est une très belle fable poétique, lyrique et allégorique qui raille tous les défauts des hommes, incarnés par différents animaux de basse-cour : la vanité, l’ambition, la jalousie, le cynisme, la prétention… La critique a été féroce pour cette comédie hors-norme, rarement mise en scène aujourd’hui du fait du nombre d’acteurs et de costumes nécessaires
Deux autres pièces, moins connues, sont tout aussi intéressantes. Les Romanesques, premier succès d’Edmond Rostand représenté à la Comédie-Française, est une comédie charmante et pleine d’humour qui met en scène deux jeunes amoureux et leurs pères qui se détestent… en apparence. À l’opposé de la légèreté des Romanesques, l’ultime pièce de Rostand, La Dernière Nuit de Don Juan, est sombre et désespérée. Cette œuvre, moins brillante, parce que moins travaillée, a été d’ailleurs éditée de manière posthume. Elle fournit néanmoins une belle matière théâtrale en mettant en scène l’affrontement de Don Juan et d’un marionnettiste, qui n’est autre que le Diable.

Si vous souhaitez en savoir plus sur cet auteur (et le rôle joué par sa femme, la poétesse Rosemonde Gérard, dans l’élaboration de son œuvre), nous vous recommandons très chaleureusement le spectacle Les Rostand à la Folie-Théâtre (voir notre avis ci-dessous). 


Biographie d’Edmond Rostand

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8596912z/f27.item

Edmond Rostand par Jean Reutlinger. Source : BnF/Gallica

Nous avons repris la biographie parue dans le numéro spécial de la revue La Rampe du 15 décembre 1918, consacré à la mort d’Edmond Rostand. Cet article très complet rappelle les grandes étapes de la vie de l’auteur, mais témoigne également de l’admiration qu’il a suscitée auprès de ses contemporains  : « Edmond Rostand le plus populaire de nos auteurs dramatiques, le plus illustre de nos poètes n’est plus. La grippe stupide l’a enlevé brusquement à l’affection et à la tendresse de sa femme, de sa famille et de ses amis et admirateurs si nombreux…. » Lire la suite.

 

 

 


http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b105204380/f1.item

Les romanesques : une maquette de costume par Marcel Mültze. Source : BnF/Gallica

Les Romanesques (1894)

Un mur sépare les jardins de deux hommes qui se détestent, Bergamin et Pasquinot.  Mais Percinet et Sylvette, leurs enfants, s’aiment, tels Romeo et Juliette, et se retrouvent chaque jour près du mur en cachette. En réalité, la haine entre les deux pères est un subterfuge pour que les jeunes gens, à l’esprit trop « romanesque », tombent amoureux et se marient permettant la réunion des deux propriétés. Les deux pères imaginent un faux enlèvement pour rendre possible la réconciliation entre eux. Tout se passe comme prévu, mais quand ils avouent aux deux jeunes gens leur machination, le mariage est alors compromis… 
Les Romanesques ont été joués le 21 mai 1894 à la Comédie-Française. La critique a été très favorable. Lire la suite.

 


http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84387261/f57.item

Sarah Bernhardt dans le rôle de Mélissinde. Source : Bnf/Gallica

La Princesse lointaine (1895)

Le succès des Romanesques à la Comédie-Française permet à Edmond Rostand de rencontrer Sarah Bernhardt. Elle  lui commande le rôle de Mélissinde. Edmond Rostand s’inspire de la Vida de Jaufre Rudel.  Mucha, ami de Sarah Bernhardt et sous contrat d’exclusivité avec elle,  co-produisit la pièce et réalisa des dessins des costumes, bijoux, décors, programme du spectacle… Lire la suite.

 

 

 


http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8438731b/f20.item

Sarah Bernhardt dans le rôle de Photine. Source : BnF/Gallica

La Samaritaine (1897)

Évangile en trois tableaux et en vers, représenté pour la première fois à Paris sur le Théâtre de la Renaissance le 14 avril 1897.

Libre Théâtre propose de découvrir la très belle affiche dessinée par Mucha, un enregistrement audio de Sarah Bernhardt, quelques superbes photos de la grande tragédienne dans le rôle de Photine, deux éditions illustrées de la pièce à feuilleter… Lire la suite.

 

 

 


http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8528775g

Constant Coquelin dit aîné créateur de Cyrano. Source : BnF/ Gallica

Cyrano de Bergerac (1897)

Outre le texte intégral de la pièce, Libre Théâtre vous propose de découvrir un trésor : le film tourné en 1900 à l’occasion d’une expérience de cinéma sonore, le Phono-Cinéma-Théâtre, pendant l’Exposition Universelle de Paris. Ce témoignage est exceptionnel à plus d’un titre : on y voit Coquelin, le créateur de Cyrano en 1897 dans un film colorisé, avec une bande son. En relation avec la pièce, Libre Théâtre propose également des liens vers des affiches, des enregistrements vidéos ou audios de grands interprètes, des dossiers pédagogiques et le récit de la première représentation de Cyrano…
 « Soirée stupéfiante, formidable, irrésistible !  Et voici Edmond Rostand sacré notre plus illustre poète dramatique. Cyrano a été un succès, que dis-je un succès, un triomphal succès. Et c’était justice, puisque c’était le triomphe de l’imagination, de l’esprit, de la sensibilité, de l’abnégation et de la bravoure. C’est un conte de fées, mais de l’espèce la plus captivante qui soit, l’histoire d’un vrai artiste et contée par un vrai poète » Lire la suite.


http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b531420904/f115.item

M. Rostand et son Aiglon. Dessin de A. Rouveyre. Source : BnF/Gallica

L’Aiglon (1900)

La pièce a été créée le 15 mars 1900 au Théâtre Sarah-Bernhardt avec, dans le rôle de l’Aiglon, Sarah Bernhardt, Lucien Guitry puis Coquelin l’Ainé dans le rôle de Flambeau. La pièce fut jouée sans interruption jusqu’au 30 octobre 1900 et partit en tournée en France et à l’étranger, notamment aux Etats-Unis.  

L’Aiglon a été interdit pendant l’Occupation avant d’être repris au moment de la Libération et de triompher, comme une œuvre patriotique, pendant 2 ans au Théâtre du Châtelet. La première eût lieu le 3 août 1945 en présence de quatre ministres et au profit des orphelins de la Résistance, dans une mise en scène de Maurice Lehmann. Deux « Aiglon » jouaient en alternance : Jeanne Boitel et Pierre Cresson. Le journal Résistancedu 6 juin 1945 titrait « Mozart sera l’Aiglon », Mozart étant le nom de la comédienne Jeanne Boitel lorsqu’elle était dans la clandestinité. Lire la suite.


http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b9005237k

Les Animaux de Chantecler : Le chat (Chabat), la pintade (Augustine Leriche), la poule faisane (Simone), le coq superbe (Lucien Guitry) etc… : affiche de Daniel de Losques en 1910. Source : BnF/Gallica

Chantecler (1910)

Chantecler, un fier coq, règne sur la basse-cour. Son chant est tellement puissant qu’il est persuadé qu’il fait se lever le soleil chaque jour.
Après le succès de Cyrano et de L’Aiglon, les critiques et spectateurs attendaient avec impatience la nouvelle création d’Edmond Rostand. Mais la forme de Chanteclerdéconcerte. Malgré certaines critiques haineuses (notamment du côté de la presse nationaliste) ou dubitatives, le public se presse nombreux. La pièce part ensuite en tournée dans toute la France et à l’étranger. 
Libre Théâtre propose quelques documents intéressants autour de cette pièce : le récit de la première par Léon Blum dans Comœdia, les dessins des incroyables costumes… Libre Théâtre propose également deux regards contemporains : l’adaptation de cette pièce pour la télévision par Jean-Christophe Averty en 1976 et la mise en scène de Jérôme Savary en 1994. Lire la suite.


http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6538653x/f40.item

Extrait de Vogue du 01 avril 1922. Source : BnF/Gallica

La Dernière Nuit de Don Juan (1911)

Don Juan est emmené par la statue du Commandeur aux Enfers mais négocie avec le Diable. Celui-ci lui accorde un sursis de dix ans. Dix ans après, le Diable revient chercher Don Juan sous les traits d’un marionnettiste. Don Juan défend l’œuvre de sa vie, mais dans une cruelle joute oratoire, le Diable va montrer à Don Juan l’échec de son existence. 

Cette pièce a été éditée après la mort d’Edmond Rostand en 1921 et créée en mars 1922 au Théâtre de la Porte Saint-Martin. Lire la suite.

 

 


Actuellement à l’affiche

Les Rostand par la Compagnie Intersignes

A la Folie Théâtre, 6, rue de la Folie Méricourt, 75011 Paris 
Vendredi et samedi à 19h30, jusqu’au 3 juin 2017

Ce spectacle nous invite à entrer dans l’intimité du couple Rostand en faisant revivre sur la scène la relation tumultueuse de l’immense auteur de Cyrano de Bergerac avec la poétesse Rosemonde Gérard, à travers quelques moments-clés de leur vie. L’excellent texte de Philippe Bulinge, spécialiste de l’œuvre d’Edmond Rostand, évoque avec bonheur l’histoire de cette relation passionnée, tout en nous donnant à entendre quelques-uns des plus beaux  vers de Rostand. La pièce nous dévoile le rôle de Rosemonde qui a accompagné avec abnégation Edmond dans son douloureux processus de création, au point de ne plus écrire elle-même pour mettre son talent au service de son mari puis de son fils, Maurice. À travers cette succession de tableaux qui nous dépeignent quelques moments de la vie d’Edmond Rostand, c’est aussi une page brillante de l’histoire du théâtre en France qui est rappelée, grâce à une mise en scène sobre mais efficace.

Ce texte est en outre porté par de grands acteurs  : Vincent Arnaud est un Rostand qui passe de l’exaltation au désespoir. Charlotte Michelin incarne une Rosemonde touchante et parfois bouleversante, mais toujours déterminée.

Un spectacle, passionnant et surtout très émouvant, à ne pas manquer  ! Lire la suite.


L’Île des esclaves, par la troupe du Bon Air

Comédie Saint-Michel 
95 Boulevard Saint-Michel 
Les jeudis à 19h45, les samedis à 15h15, les dimanches à 18h15
À la Comédie Saint-Michel, la jeune compagnie du Bon Air nous  propose de découvrir ou redécouvrir ce texte drôle et touchant, portant un regard critique sur la société de son époque.
Le décor est sobre : quelques filets de pêche rappellent que nous sommes sur une île, une malle échouée évoque le récent naufrage. Les relations sociales et le renversement des rôles sont habilement symbolisés par quelques accessoires qui changent de mains : une épée, un collier, des escarpins, une bouteille, une veste… Mais Trivelin, le sage gouverneur, garde, avec son pistolet, la maîtrise des événements. Cette économie de moyens permet de mettre encore davantage en lumière la belle performance des cinq jeunes comédiens au service de la langue brillante et ciselée de Marivaux.
Théo Lelong, qui signe également la mise en scène, incarne un Iphicrate hautain et manipulateur. Euphrosine, interprétée par Aurélie de Raphélis Soissan, d’abord méprisante, devient bouleversante quand Arlequin propose de l’épouser. Nicolas Barry, tout en mesure, tour à tour grave et enjoué, incarne le gouverneur de cette république utopique. Jules Prieur Sergent joue un Arlequin espiègle, revanchard mais aussi très humain et fondamentalement bon. Jeanne Feydel, en Cléanthis, pétille de malice mais sait aussi devenir dure et cassante, pour se venger des humiliations qu’elle a subies de la part de son intransigeante maîtresse.
En résumé, un spectacle enthousiasmant, à ne pas manquer, surtout pour la formidable performance de ces cinq jeunes comédiens. Lire la suite.


Le Tartuffe, mise en scène par Antonio Díaz-Florián

Du 24 avril au 26 juin 2017 au Théâtre de l’Épée de Bois. Cartoucherie Route du Champ de Manœuvre 75012 Paris. Lundi à 20h30.
Laissant de côté un parti pris réaliste, la mise en scène d’Antonio Díaz-Florián se joue donc des conventions théâtrales par ce dispositif en aplat, qui fait ressortir toute la profondeur du texte. On comprend alors que c’est bien la question de la vérité qui est au centre de la pièce. Loin de l’hypocrite ridicule des mises en scène classiques, en le mettant ainsi à distance, la Troupe de l’Épée de Bois nous propose un Tartuffe, lui aussi victime de ses passions, qui jamais n’a été si proche de nous. Lire la suite.

 


N’hésitez pas à nous faire part de vos propositions d’amélioration, vos suggestions de textes, de ressources… 

data.libretheatre.fr recense aujourd’hui 747 oeuvres théâtrales du domaine public. Le chargement du texte intégral de ces oeuvres se poursuit. 350 textes ont été traités à ce jour. 

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Cyrano de Bergerac par la Compagnie Les Evadés

8 mai 2017
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Cyrano de Bergerac par la Compagnie Les Evadés

Le Funambule Montmartre
53 rue des Saules 75018 Paris
Du Jeudi au Samedi à 19h30
Le Dimanche à 16h
Jusqu’au 28 mai 2017

🙂 

La Compagnie Les Evadés propose une adaptation audacieuse de Cyrano de Bergerac, entre féérie poétique et spectacle clownesque. Ce spectacle d’1h10 revisite les grandes tirades du chef-d’oeuvre de Rostand, introduites par quelques vers du véritable Savinien de Cyrano de Bergerac. Sous l’œil d’un Pierrot lunaire musicien, le vieux clown Cyrano charme la danseuse Roxane à travers ses mots, dits par Christian dans son superbe costume de Monsieur Loyal.
Une lecture originale portée par une belle mise en scène onirique et symbolique.
Compagnie :  Les Évadés
Metteur en scène
 : Sébastien Jégou Briant
Avec : Anaëlle Queuille, Ronan Bacikova, Blandine Rottier, Sébastien Jégou Briant
Directeur d’acteur : Alexandre Agostinho


Réservation en ligne sur le site du Funambule

Lien vers Cyrano de Bergerac sur Libre Théâtre : texte intégral, illustrations, vidéos, dossiers pédagogiques…

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Les Rostand par la Compagnie Intersignes

7 mai 2017
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Les Rostand par la Compagnie Intersignes

A la Folie Théâtre, 6, rue de la Folie Méricourt, 75011 Paris
Vendredi et samedi à 19h30
Jusqu’au 3 juin 2017

🙂 Libre Théâtre vous recommande

Ce spectacle nous invite à entrer dans l’intimité du couple Rostand en faisant revivre sur la scène la relation tumultueuse de l’immense auteur de Cyrano de Bergerac avec la poétesse Rosemonde Gérard, à travers quelques moments-clés de leur vie : l’acceptation de la pièce Les Romanesques à la Comédie-Française, la rencontre avec Sarah Bernhard pour qui Rostand écrit La Samaritaine, La Princesse lointaine et l’Aiglon, la dernière répétition de Cyrano et son succès vertigineux, la construction de l’extraordinaire Villa Arnaga au Pays Basque et l’échec cruel de Chantecler.

L’excellent texte de Philippe Bulinge, spécialiste de l’œuvre d’Edmond Rostand, évoque avec bonheur l’histoire de cette relation passionnée, tout en nous donnant à entendre quelques-uns des plus beaux  vers de Rostand. La pièce nous dévoile le rôle de Rosemonde qui a accompagné avec abnégation Edmond dans son douloureux processus de création, au point de ne plus écrire elle-même pour mettre son talent au service de son mari puis de son fils, Maurice. À travers cette succession de tableaux qui nous dépeignent quelques moments de la vie d’Edmond Rostand, c’est aussi une page brillante de l’histoire du théâtre en France qui est rappelée, grâce à une mise en scène sobre mais efficace.

Ce texte est en outre porté par de grands acteurs  : Vincent Arnaud est un Rostand qui passe de l’exaltation au désespoir. Charlotte Michelin incarne une Rosemonde touchante et parfois bouleversante, mais toujours déterminée.

Un spectacle, passionnant et surtout très émouvant, à ne pas manquer  !

Une pièce de Philippe Bulinge
Mise en scène : Maude et Philippe Bulinge
Scénographie : Camille Lamarque
Avec : Charlotte Michelin, Vincent Arnaud
Réservation : www.folietheatre.com
Téléphone : 01 43 55 14 80

Pour en savoir plus : 

lien vers le site de la compagnie Intersignes
lien vers le site consacré à Edmond Rostand par Philippe Bulinge http://www.edmond-rostand.com
lien vers le théâtre d’Edmond Rostand sur Libre Théâtre 

 

 

 

 

 

 

 

 

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