Author Archives Ruth Martinez

Les Monstrueuses de Leïla Anis

14 juillet 2018
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Les Monstrueuses de Leïla Anis

au Gilgamesh-Belleville du 6 au 27 juillet à 11h25 (relâche les 11 et 18 juillet)
11, bd Raspail – 84000 Avignon

🙂 Libre Théâtre vous recommande Les Monstrueuses

Ella perd connaissance peu après l’annonce de sa grossesse. Elle se réveille à l’hôpital et peine à savoir qui elle est. Son identité se dilue. Elle est successivement sa mère, sa grand-mère, son arrière-grand-mère… Retissant les liens et dévoilant les secrets familiaux, elle se reconstruit peu à peu. Entre conte africain et psychanalyse, le texte poétique de Leïla Anis nous entraîne dans la douloureuse histoire des femmes du XXème siècle, entre Yemen et Aveyron : histoire de la moitié de l’humanité, de mères et de filles qui luttent ou subissent. Avec délicatesse, le spectacle évoque la domination masculine, les mariages arrangés, les douleurs de l’accouchement, les avortements clandestins, les questionnements autour de la maternité et de l’amour maternel… Karim Hammiche signe une très belle mise en scène ; il interprète le médecin qui, par ses questionnements et son écoute, fait enfin surgir ces voix trop longtemps étouffées. Leïla Anis, tour à tour inquiétante et lumineuse, incarne sous nos yeux ces destins à la fois singuliers et universels.
Ella est notre sœur et porte notre espoir de lendemains meilleurs. Un spectacle bouleversant.

auteure et comédienne Leïla Anis
metteur en scène et comédien Karim Hammiche
création musicale Clément Bernardeau
créatrice lumière Véronique Guidevaux
régie son Pierre-Emmanuel Jommard
production Compagnie de l’Oeil Brun

Lien vers le site de la Compagnie de l’Oeil Brun

Pour réserver sur le site du OFF

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Trahisons de Harold Pinter

14 juillet 2018
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Trahisons de Harold Pinter

du 6 au 29 juillet à 19h55
Théâtre Buffon
4 rue Buffon, 84000 Avignon

Petite trahison au répertoire français, pour recommander une excellente pièce d’un auteur britannique .

🙂 Libre Théâtre vous recommande

Avec Trahisons, Pinter reprend l’argument classique du théâtre de boulevard, le mari, la femme et l’amant, mais si l’on peut dire à rebours, puisque la pièce est une succession de flash back, qui nous font remonter depuis l’ultime rendez-vous du couple illégitime, après sa séparation, jusqu’à la première rencontre, en passant par toutes les trahisons que suppose un adultère : la femme trahit son mari, l’amant trahit son meilleur ami, et les amants finiront aussi par se trahir entre eux. Deux chats et une souris, donc, sans que l’on sache très bien qui joue avec qui. Et qui à la fin sera dévoré. Une délicieuse comédie à déguster comme un bonbon anglais, sur la cruauté des rapports humains, lorsque l’amour et l’amitié entretiennent la confusion des sentiments. Un humour très british, pour un vaudeville joyeusement désespéré. Les dialogues de Pinter sont à pleurer de rire. Un ménage à trois superbement interprété par des comédiens habités par leurs rôles. À voir absolument !
Critique de Jean-Pierre Martinez

Metteur en scène : Christophe Gand
Avec : Gaelle Billaut-Danno, François Feroleto, Yannick Laurent
Scénographie : Goury
Décor : Claire Vaysse
Costumes : Jean-Daniel Villermoz
Lumières : Alexandre Icovic

Lien vers l’entretien de Libre Théâtre avec le metteur en scène Christophe Gand : Trahisons, une pièce très cinématographique.

Lien pour réserver sur le site du OFF : http://www.avignonleoff.com/programme/2018/trahisons-s23499/

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Le Ballon Blanc de Grégoire Aubert

12 juillet 2018
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Le Ballon Blanc de Grégoire Aubert

Théâtre de l’Atelier 44,
du 6 au 29 juillet 2018, à 16h10 (relâche les mardis 10,17 et 24 juillet)
44 rue Thiers, Avignon

🙂 Libre Théâtre vous recommande ce spectacle

Exceptionnellement, nous avons vu un spectacle destiné au jeune public et nous sommes heureux de vous le recommander.

Un homme revient dans la maison de son enfance où, comme par enchantement, il renoue avec un ami imaginaire depuis longtemps oublié : un clown espiègle et musicien. Peu à peu les souvenirs, heureux ou malheureux, reviennent hanter cet adulte à l’enfance cabossée. Dans un superbe décor en noir et blanc, très symbolique, ces deux personnages jouent avec les mots, pour évoquer en finesse les maux de l’enfance. En équilibre instable sur une ligne blanche, les deux amis tentent de trouver leur chemin dans la vie, tout en gardant leur bien le plus précieux : le ballon blanc des jeux du temps de l’innocence. En cicatrisant les plaies des jeux interdits qu’on a voulu leur imposer.

Un spectacle poétique et émouvant sur la résilience, qui invite parents ou accompagnateurs à discuter avec les enfants de leurs droits.

Metteuse en scène : Lucia Pozzi
Interprètes : Axelle Abela, Grégoire Aubert
Créateur lumières : Nicolas Ferrari
Décorateur/Scénographe : JeanBernard Tessier

Pour réserver par téléphone : 04 90 16 94 31 .
Réserver sur BilletRéduc.
Billetterie ticket’OFF.

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La Femme de ma vie d’Andrew Payne

9 juillet 2018
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La Femme de ma vie d’Andrew Payne

du 6 au 29 juillet à l’Hôtel d’Europe, à 18h45
12 place Crillon, Avignon (relâches : 10, 17, 24 juillet)

🙂 Libre Théâtre vous recommande ce spectacle

Derrière la fenêtre de l’appartement obscur où il se cache, Franck attend la femme de sa vie. Celle qui le sauvera des conséquences fâcheuses de la dernière embrouille dans laquelle il s’est fourré, dans l’espoir de sortir de sa condition de chauffeur de maître pour se faire une place au soleil parmi les nantis peu scrupuleux qui l’emploient. En attendant l’arrivée providentielle de son ange gardien, qui tarde à venir, Franck nous raconte les circonstances qui l’ont conduit dans cette situation délicate. Il faut dire que sa vie entière n’est qu’une suite sans fin de situations délicates. Car Franck est un drôle de type. Il lit des livres, mais c’est  un impulsif. Il sait se servir de sa tête mais en dernier recours, la solution à tous ses problèmes reste toujours un bon coup de boule.

Andrew Payne, l’auteur anglais de ce monologue, est aussi scénariste. Avec ce texte, il nous plonge dans l’ambiance d’un film noir américain. L’intrigue importe moins que le destin du narrateur, qui est aussi le protagoniste des innombrables mésaventures dans lesquelles il se trouve involontairement plongé. Si la tonalité est plutôt sombre, donc, le ton est aussi très humoristique. Un humour noir bien sûr qui, mêlé à cet univers de polar, rappelle parfois Frédéric Dard et son célèbre commissaire.

Au-delà  de cet aspect cinématographique assumé, la mise en scène de Gilles Bannier nous ramène cependant bien dans l’univers du spectacle vivant, en jouant de façon magistrale avec les codes du théâtre. Tantôt absent car plongé dans les abîmes de sa propre pensée, tantôt en communication directe avec le public en risquant même l’improvisation, le personnage joue à merveille des ruptures et des silences, dans un rythme syncopé qui rappelle le théâtre de Harold Pinter.

Ce texte est magnifiquement interprété par Robert Plagnol, qui a aussi assuré la traduction et l’adaptation du monologue d’Andrew Payne. Un comédien d’une extrême élégance, et pas seulement parce qu’il est habillé par le couturier Paul Smith. Robert Plagnol donne corps à ce personnage très « écrit » de macho passablement border line, et parvient à susciter l’empathie en révélant la fragilité d’un « gorille » au destin tragique, qui ne craint qu’une personne sur Terre, son père, et qui n’a pour seul espoir de s’en sortir que la femme de sa vie.

Au final, malgré l’économie de moyens techniques mis en œuvre dans l’ancienne salle de bals de l’Hôtel d’Europe, nous assistons  à un extraordinaire moment de théâtre. Le bal est ouvert, et le spectacle est à l’affiche dans ce magnifique écrin pendant toute la durée du OFF. À ne manquer sous aucun prétexte.

Critique de Jean-Pierre Martinez

Pour réserver : http://www.avignonleoff.com/programme/2018/la-femme-de-ma-vie-s23092/

Mise en scène : Gilles Bannier
Avec Robert Plagnol
Scénographie : Broo
Création sonore : Michel Winogradoff
Musique : Amélie Nilles
Costumes : Paul Smith

Plus d’informations sur le site  http://www.lafemmedemavie.fr

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Journal de bord (en images) du spectacle « Comme un poisson dans l’air »

Le spectacle est né de la rencontre d’un auteur, Jean-Pierre Martinez et d’un comédien, Patrick Séminor. L’aventure a commencé en septembre 2017…

29 septembre 2017 : début des répétitions – choix des 9 monologues

Janvier – Février 2018 : recherche d’une salle à Avignon. Le spectacle est retenu par l’Espace ALYA

Avril 2018 : répétitions dans le théâtre Le Quai des Arts à Beaucaire

24 avril 2018 : tractage sur le marché à Tarascon pour l’avant-première de Beaucaire

29 avril 2018 : avant-première au Quai des Arts. 80 personnes. Les rires fusent dès les premiers mots. Ouf ! Ça marche…

 

 

 

 

 

Rencontre avec le public après le spectacle : des spectateurs retiennent chacun un monologue différent et ont été touchés par l’émotion derrière le rire.

 

 

15 mai : validation du BAT du catalogue du OFF. Nous sommes page 199 !

5 juin : validation des index du catalogue. Attention, nous sommes dans la liste des spectacles par titres « Pour la première fois à Avignon » (après la liste des autres spectacles) 🙂

 

 

5 juin 2018 : récupération des affiches et des flyers du spectacle à la Maison du OFF (impression éco-responsable)

 

300 affiches et 10 000 flyers

7 juin 2018 : l’équipe participe à sa première émission de radio en direct sur Hits Play

 

 

 

Documents de communication : affiches de toutes tailles, flyers, dossiers de presse, sac pour tracter…

15 juin : tournée des commerçants et restaurateurs d’Avignon pour coller les affiches sur les vitrines et dans les commerces. Nous recevons un excellent accueil ! Ici, au Café de la Comédie place Crillon.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Organisation d’une rencontre-spectacle à la superbe Librairie Lettres Vives de Tarascon, pendant les fêtes de la Tarasque le 23 juin 🙂

Deux extraits du spectacle, puis de nombreuses questions posées à la compagnie sur les conditions de présentation d’un spectacle à Avignon

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Répétition dans notre salle à l’Espace Alya et derniers réglages. Merci à toute l’équipe de l’espace Alya pour leur accueil 🙂

Vidé’OFF : tournage de la présentation du spectacle  au Point OFF

 

 

 

 

 

 

 

 

Présentation de la superbe équipe de l’Espace ALYA

Départ pour l’affichage de « comme un poisson dans l’air », mardi 3 à partir de minuit.

Résultat de notre affichage nocturne dans les différents quartiers d’Avignon 🙂

Photo de la première ! Une salle enthousiaste, des applaudissements nourris.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chaque matin à partir de 8h30, affichage. Notre ami le Mistral a balayé quelques affiches, que nous remplaçons avec des « Poissons ». Ici place de l’Horloge.

Tractage un dimanche à 8h30, rue de la République, presque déserte ! Le soir, il est impossible de remonter la rue sur laquelle s’enchaînent parades et spectacles de rue.

Interview avec la célèbre avignonnaise Dominique Lhotte à l’Hôtel d’Europe, place Crillon

Interview en direct sur la radio RCF Vaucluse, avec Yves Sespedes, dans les bureaux de l’Archevêché d’Avignon.

10 juillet : notre premier complet

16 juillet : premier tractage sous la pluie (Eh oui, cela arrive aussi à Avignon : c’est rare, mais cela arrive!)

23 juillet : interview avec @rikedenimes. A retrouver sur youtube

24 juillet : belle interview avec le célèbre avignonnais Bruno Morel. A retrouver sur Facebook

 

 

26 juillet : deux dessinatrices de talent dans le public. Patrick Séminor dans Sans Titre, vu par Bénédicte Roullier, http://lescroquis.fr/

 

Patrick Séminor dans Demi-vœux à la Nation, vu par Bénédicte Roullier   http://lescroquis.fr/

 

Patrick Séminor dans le Ménage, vu par Pascale Boureau

Merci à la très souriante équipe de la billetterie et à toute l’équipe de l’Espace Alya pour leur gentillesse et leur professionnalisme !

Une page se tourne, la suivante reste à écrire. Merci à tous d’avoir feuilleté cet album avec nous.


Espace Alya
31 bis rue Guillaume Puy, Avignon
du 6 au 29 juillet 2018 Relâche les mercredis 11, 18 et 25 juillet
Réservation : 04 90 27 38 23
ou Tickets OFF

Lien vers la page de la Compagnie Libre Théâtre

Lien vers l’interview de Jean-Pierre Martinez sur la création de Comme un poisson dans l’air 

Pour télécharger le dossier de présentation du spectacle
Pour télécharger le dossier de diffusion du spectacle 
Pour demander la programmation de ce spectacle dans votre théâtre, contactez-nous.

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Lien vers le site de Jean-Pierre Martinez, La Comédiathèque (possibilité de télécharger gratuitement toutes ses pièces).

Interview de Jean-Pierre Martinez à l’occasion de la création Comme un poisson dans l’air à l’Espace Alya, au Festival OFF d’Avignon 2018

10 mai 2018
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Interview de Jean-Pierre Martinez à l’occasion de la création Comme un poisson dans l’air à l’Espace Alya, au Festival OFF d’Avignon 2018

Libre Théâtre – Ce seul en scène est une succession de neuf monologues. Quel est le point commun entre ces différents textes ?

Jean-Pierre Martinez – Toute écriture est une psychanalyse. C’est d’ailleurs aussi le propos de ce seul en scène. Le point commun entre ces neuf monologues… c’est qu’ils sont tous de la même plume. Je n’ai pas volontairement cherché à installer entre eux une résonance particulière. Les récurrences et les correspondances entre ces différents textes se sont imposées à moi. Lorsque j’écris une comédie, et j’en ai écrit beaucoup, je ne commence jamais les dialogues avant d’avoir construit auparavant une intrigue et avoir composé des personnages bien caractérisés. Pour écrire ces monologues, je suis parti sans plan et sans boussole. J’ai laissé la parole à mes personnages, qui ne sont en réalité que les différentes facettes d’une même personne : moi-même. Je n’irais pas jusqu’à parler d’écriture automatique, au sens de la littérature surréaliste. Par l’écriture automatique, on cherche volontairement à perdre tout contrôle sur ce que l’on écrit. Dans le cas de ces textes, j’ai naturellement utilisé tout mon savoir faire d’auteur, acquis pendant plus de vingt ans à écrire des scénarios pour la télévision ou des comédies pour le théâtre. Je sais comment générer un suspens, comment produire le comique, comment ménager une chute. C’est devenu chez moi une seconde nature. C’est plutôt dans ce sens que je parlerais d’automatisme. Par ailleurs, n’ayant pas besoin, justement, de focaliser mon attention sur la technique d’écriture, j’ai pu me laisser aller au jeu dangereux des associations d’idées. Celui-là même que l’on pratique en analyse. La cohérence de ces textes et le fait qu’ils se répondent entre eux provient donc avant tout de l’unité du sujet qui les a produits, avec son histoire, ses idées fixes, ses obsessions, ses questionnements… et ses angoisses. Je dois d’ailleurs préciser que ces neufs textes sont extraits d’un recueil qui en contient vingt-trois. En choisissant neuf de ces vingt-trois textes, et en les proposant dans un certain ordre, j’ai donc aussi contribué à donner à l’ensemble une unité, à la fois dans le contenu et dans le déroulé.
La cohérence d’un texte peut provenir de la mise en œuvre très consciente d’une technique. Elle peut aussi résulter du libre court donné à la pensée plus ou moins inconsciente. Je dirais que dans le cas présent, la cohésion de ce spectacle résulte d’un mélange de ces deux procédés… Enfin, la mise en scène (jeu, accessoires, costumes, musique…) est là aussi pour souligner des correspondances qui autrement resteraient peut-être inaperçues.

Libre Théâtre – Malgré leurs différences, ces neuf personnages semblent en effet révéler chacun une part de notre humanité et de notre vérité commune. Est-ce finalement un seul et même personnage que vous mettez en scène ?

Jean-Pierre Martinez – Je voudrais tout d’abord saluer la performance du comédien, Patrick Séminor, qui a su à merveille s’approprier cet univers assez complexe, à la fois dans le propos et dans le style. Le langage utilisé dans ce seul en scène n’est pas celui du dialogue de comédie. Encore moins celui du « one man show » ou du « stand up ». Même si le personnage s’adresse presque toujours au public, on est plus proche du soliloque et de l’introspection. Un discours frôlant parfois l’absurde voire la folie. Mais chacun sait que du propos de comptoir jusqu’au divan du psy, c’est lorsqu’on lâche prise que peut se révéler une vérité enfouie, dont la cohérence reste autrement cachée à la conscience. Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas… Ces neuf personnages, en effet, sont apparemment très différents entre eux. Mais ne jouons-nous pas nous-mêmes des personnages différents selon les circonstances ? Le personnage que nous interprétons dans le cadre de notre travail, avec nos patrons, nos collègues, nos clients… est-il vraiment le même que celui que nous sommes à la maison, en couple ou avec nos enfants ? Sommes-nous vraiment le même homme (ou la même femme) lors d’un repas de famille, à une réunion de parents d’élèves ou pendant une virée bien arrosée entre ami(e)s ? Pourtant, « quelque part », nous sommes la même personne. C’est ce « quelque part » que j’ai voulu explorer, en espérant que dans ce « quelque part » qui m’est si personnel, je puisse finalement rencontrer l’autre (c’est à dire le spectateur, chaque spectateur) dans sa vérité la plus profonde.

Libre Théâtre – Malgré la charge émotionnelle de ces textes, les spectateurs, dans toute leur diversité d’ailleurs, rient dès le début du spectacle. Sans jamais que ce rire relève d’une cruauté gratuite. La connivence entre le personnage et le public, dans son extrême diversité, est très étroite. Comment définiriez-vous cette forme d’humour ?

Jean-Pierre Martinez – Au théâtre notamment, on ne prend pas assez l’humour au sérieux. Le véritable humour, plus que toute autre forme d’expression, suppose beaucoup d’humilité, beaucoup de respect, et beaucoup d’attention à l’autre. On n’a le droit de rire que de soi-même. Si en se moquant de soi on parvient à se moquer aussi des autres, non seulement ils ne nous en voudront pas, mais nous aurons établi avec eux une relation profondément humaine. L’humour authentique est encore plus désespéré que la tragédie, dans la mesure où il remet en question le sens lui-même. La vie est très souvent absurde, nous le constatons tous les jours. L’humour permet de partager avec l’autre ce sentiment tragique d’absurdité, tout en créant une complicité réconfortante. Ce spectacle est émouvant parce que chaque spectateur, au final, se reconnaît dans chacun de ces neuf personnages pourtant si différents entre eux, et apparemment si différents de ces autres que sont les spectateurs. Nous passons une bonne partie de notre vie à essayer de comprendre qui nous sommes, pour savoir ce que nous devrions faire, et donner ainsi une cohérence à notre parcours de vie. Car à la fin de ce parcours, ce n’est pas à « notre père » que nous devrons rendre des comptes, mais à l’enfant que nous fûmes et qui lui aussi nous a engendré. La seule grande question dans la vie, c’est de savoir si au bout du conte, nous aurons trahi ou pas nos rêves d’enfants.

Spectacle écrit et mis en scène par Jean-Pierre Martinez, avec Patrick Séminor.

Espace Alya
31 bis rue Guillaume Puy, Avignon
du 6 au 29 juillet 2018
Relâche les mercredis 11, 18 et 25 juillet
Réservation : 04 90 27 38 23

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Fortunino ou les démons de Verdi

10 avril 2018
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Fortunino ou les démons de Verdi

Le lundi à 19h30 et le mardi à 21h
au Funambule Montmartre, 53 rue des saules, Paris 18ème
Jusqu’au 1er mai

🙂 Libre Théâtre vous recommande ce spectacle

Encore à l’aube de sa brillante carrière, très affecté par la perte de ses deux enfants et de son épouse, le jeune Verdi, rongé par un sentiment de culpabilité, est en proie au doute. Plutôt que de s’abandonner à ses démons, qui l’entraînent à son tour vers l’abîme, Verdi se résout à pactiser avec eux, pour devenir le génie que l’on connaît, en bousculant les canons de l’opéra de l’époque par une vision plus noire et plus tragique. Ce canevas du pacte avec le diable est bien connu : un artiste accepte de payer de sa vie et de son âme la réussite et la gloire à laquelle il aspire. L’originalité de la pièce est de faire incarner les mauvais génies de ce géant de l’opéra par deux oiseaux maléfiques : deux « corneilles » aussi sataniques que ravissantes. Finalement dépassé par les conséquences désastreuses de son pacte avec ces créatures de Satan, Verdi parviendra à conjurer leur pouvoir diabolique pour redonner à son art plus de légèreté.

Cette pièce, excellente introduction à la vie et à l’œuvre de Verdi, est illustrée musicalement par quelques extraits d’opéras célèbres et par de belles interprétations a capella par les comédiens chanteurs.

Critique de Jean-Pierre Martinez

De : Sabine Roy
Mise en scène : Sophie Chevalier
Avec :  Mathilde Bernard, Damien Boisseau, Sébastien Fouillade, Anne Levallois, Alain Peron

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Corneille/Molière, l’arrangement

6 avril 2018
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Corneille/Molière, l’arrangement

Du 02 au 07 avril 2018, du lundi au samedi à 20h30, samedi à 16h00
au Théâtre de l’Épée de Bois
Cartoucherie – Route du Champ de Manœuvre 75012 Paris

🙂 Libre Théâtre vous recommande ce spectacle

Molière est non seulement l’un des dramaturges les plus joués dans le monde, mais aussi une figure romanesque, dont la vie mouvementée, parfois scandaleuse et souvent mystérieuse, a inspiré nombre d’auteurs, de George Sand à Mikhaïl Boulgakov, en passant par Anouilh et Cocteau. Sans oublier Ariane Mnouchkine, l’un des génies tutélaires de la Cartoucherie de Vincennes, qui en a fait un film devenu un classique. La vie réelle ou fantasmée de Molière est en elle-même une tragicomédie.

Et si Molière n’avait pas écrit toutes ses pièces, mais s’était « arrangé » avec d’autres auteurs, au premier rang desquels Corneille, pour fournir à sa troupe les nombreux textes dont elle avait besoin pour ses spectacles, se succédant à un rythme effréné ? C’est à partir de cette hypothèse, soutenue par quelques universitaires et pourfendue par d’autres, que Valérie Durin imagine la confrontation de Corneille et Molière pendant plus de quinze ans : la relation tumultueuse entre ces deux géants de la tragédie et de la comédie, faite d’admiration réciproque et de jalousie, de rivalité et d’amitié, de fidélité et de trahisons. Le texte est à la fois émouvant et drôle. L’intrigue intègre avec finesse de nombreuses tirades célèbres de ces deux génies du théâtre. Quant aux brillants dialogues de Valérie Durin, ils nous offrent une réflexion sur le processus de création et l’écriture pour le théâtre, et nous interrogent sur la notion même d’auteur : un concept finalement très moderne, qui ne prendra vraiment tout son sens au théâtre qu’à la fin du XVIIIIème siècle, avec la création par Beaumarchais de la première société d’auteurs dramatiques. Cette comédie historique est servie par deux comédiens de talent, qui réussissent à nous rendre très proches ces deux figures mythiques du théâtre français.

Texte et mise en scène : Valérie Durin
Avec Etienne Brac et Jean-Benoît Terral
Lumières : Pablo Roy
Production Arrangement Théâtre
Avec le soutien du Conseil Départemental de l’Yonne

Lien vers le site du Théâtre de l’Épée de Bois

 

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Mille francs de récompense de Victor Hugo, mise en scène de Kheireddine Lardjam

1 avril 2018
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Mille francs de récompense de Victor Hugo, mise en scène de Kheireddine Lardjam

du 22 mars au 8 avril 2018
Au Théâtre de l’Aquarium, à 20 heures (relâches les 1,2,3 avril)
La Cartoucherie – route du champ de manoeuvre – 75012 Paris

🙂 Libre Théâtre vous recommande

Un hiver glacial à Paris. Pourchassé par la police, Glapieu se réfugie dans un appartement sinistre où vivent un vieil homme ruiné et malade, sa fille et sa petite-fille. Arrive Rousseline, agent d’affaires d’un riche banquier. Au nom de son patron, Rousseline, accompagné d’huissiers, va faire procéder à la saisie des meubles. Mais il propose un marché aux deux femmes : il renoncera à la saisie en échange de la main de la jeune fille…
Quelques années après Les Misérables, Victor Hugo dénonce à nouveau l’injustice et la misère par la voix et le commentaire ironique de Glapieu, voleur, poète et humaniste qui incarne paradoxalement la probité, mélange de Gavroche et de Jean Valjean.

Kheireddine Lardjam propose au Théâtre de l’Aquarium une lecture modernisée de cette pièce rarement jouée, tout en respectant la langue hugolienne. Sa mise en scène souligne l’étonnante actualité du propos de Victor Hugo qui dénonçait dès 1866 le cynisme et la cruauté du capitalisme financier, les collusions entre pouvoir et finance mais aussi les insupportables inégalités sociales. Kheireddine Lardjam choisit délibérément de s’éloigner du mélodrame et refuse notamment de faire des deux femmes des victimes passives. Dans un décor futuriste, la scénographie d’Estelle Gautier et les dessins de Jean-François Rossi jouent avec les symboles sur le thème de la transparence, des liens et de la liberté. On soulignera enfin la superbe interprétation de Maxime Atmani, qui réussit à nous rendre si proche le personnage de Glapieu. La pièce résonne comme une ode à la liberté. Victor Hugo est plus que jamais d’actualité.


texte de Victor Hugo
mise en scène Kheireddine Lardjam
collaboration artistique Cédric Veschambre
scénographie et collaboration artistique Estelle Gautier
lumière Victor Arancio
son Pascal Brenot
composition musicale Romaric Bourgeois
vidéo Thibaut Champagne
costumes Florence Jeunet
dessinateur Jean-François Rossi
chorégraphe Bouziane Bouteldja

avec
Maxime Atmami > Glapieu
Azeddine Benamara > Rousseline
Romaric Bourgeois > Scabeau, huissier de saisies / Un huissier de tribunal /un huissier d’appartement / masque
Linda Chaïb > Étiennette
Samuel Churin > Le Major Gedouard & Le Baron De Puencarral
Étienne Durot > Edgar Marc
Aïda Hamri > Cyprienne
Cédric Veschambre > M. De Pontresme

Lien vers le texte intégral de la pièce et la chronique sur Libre Théâtre

Lien vers le site de la compagnie 

Lien sur le site de l’Aquarium

 

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Racine2

23 mars 2018
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Racine2

Du 09 au 13 avril 2018, du lundi au vendredi à 20h30
au Théâtre de l’Épée de Bois
Cartoucherie – Route du Champ de Manœuvre 75012 Paris

Nous sommes en 1687, à Paris chez Jean Racine. Il ne produit officiellement plus rien pour le théâtre depuis Phèdre, il y a dix ans et galope tous les soirs jusqu’à Versailles. Phraate, tragédie de Jean-Galbert Campistron vient brutalement d’être retirée de l’affiche ; quelques mois plus tard, la troupe de la Comédie Française sera chassée de l’Hôtel Guénégaud.

Une visite de Jeanne Beauval de la Comédie Française, détentrice du rôle principal, comédienne exubérante désespérée par l’annulation des représentations, vient interrompre le cours tranquille des jours de l’écrivain de la Cour. Visite incongrue pour Racine mais non dénuée de charme et de tentations… il accepte de la revoir. Il la connaît bien. C’est elle qui a créé le rôle d’Oenone dans Phèdre, un grand souvenir du temps de ses succès et de ses passions.

Que sait-elle ? Les intérêts de l’auteur, les tensions politiques et privées ne se conjuguent pas avec l’émotion que lui provoque cette visite. L’homme est marié, rangé, placé au plus haut mais pas encore vieillard, n’ayant rien abandonné de ses anciennes séductions. En lui demandant d’intercéder auprès du Roi pour le maintien de la troupe, la comédienne va piéger le manipulateur… Obtiendra-t-elle des aveux ? Des serments ? Les cherche-t-elle ? Dans le flot de son exaltation, oublie-t-elle que chez Racine la passion n’est pas l’amour ? Ce Racine-là, elle ne le connaît pas, c’est un inconnu, un auteur nouveau, double, drôle, surprenant. Un mystère.

Ce spectacle est une enquête référencée et ludique à la découverte des tragédies inédites d’un homme double.

Grâce aux récentes recherches des spécialistes, aux performances informatiques, les algorithmes d’attribution des textes révèlent quatorze nouvelles tragédies à ajouter au corpus racinien. La science au service du théâtre. Ce théâtre qui retrouve le chemin du théâtre. Support ludique, il devient outil de connaissance et d’interrogations.

Texte et mise en scène : Valérie Durin
Avec Lionel Muzin et Valérie Durin
Lumières : Pablo Roy
Production : Arrangement Théâtre

Lien vers le site du Théâtre de l’Épée de Bois

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