Author Archives Ruth Martinez

Projection privée de Rémi De Vos, mise en scène de Michel Burstin

8 novembre 2017
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Projection privée de Rémi De Vos, mise en scène de Michel Burstin

Du mardi au samedi à 21 heures au Lucernaire
53, rue Notre-Dame-des-Champs, Paris 6ème
Jusqu’au 9 décembre

🙂 Libre Théâtre vous recommande

La vie de couple est souvent un ménage à trois : le mari, la femme et la télé. Dans cette comédie de Rémi de Vos, la femme trompe son mari avec la télévision, tandis que le mari trompe sa femme avec une autre femme. Le temps d’un épisode de série, tous tentent de cohabiter. Avant que ce trio peu inspiré ne soit aspiré à l’intérieur du poste par son implosion. Quand la vie de couple a encore moins de sens qu’un soap, tout cela ne peut que finir très mal. La mise en scène inventive de Michel Burstin donne à la pièce un rythme endiablé. Et la performance des trois comédiens (Bruno Rochette, Sylvie Rolland et Elsa Tauveron) fait le reste. On ne s’ennuie pas une seconde. Oubliez pour un soir la télé, et courez voir cette tragi-comédie télévisuelle au « Paradis » du Lucernaire, la plus petite salle des trois, la plus intime et la plus chaleureuse, qui offre une incroyable proximité avec les acteurs. Vous aurez presque l’impression d’être avec eux dans leur salon…
Critique de Jean-Pierre Martinez

Mise en scène : Michel Burstin
Avec : Bruno Rochette, Sylvie Rolland, Elsa Tauveron
Décor : Philippe Calmon
Costumes : Élise Guillou
Lumière et son : Olivier Mandrin

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Tirade de Dona Lucrezia dans Lucrèce Borgia (Acte II, Première Partie, Scène 2)

7 novembre 2017
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Tirade de Dona Lucrezia dans Lucrèce Borgia (Acte II, Première Partie, Scène 2)

Dona Lucreziaentrant avec impétuosité.
Monsieur, monsieur, ceci est indigne, ceci est odieux, ceci est infâme. Quelqu’un de votre peuple, —savez-vous cela, don Alphonse ? — vient de mutiler le nom de votre femme gravé au-dessous de mes armoiries de famille sur la façade de votre propre palais. La chose s’est faite en plein jour, publiquement, par qui ? Je l’ignore, mais c’est bien injurieux et bien téméraire. On a fait de mon nom un écriteau d’ignominie, et votre populace de Ferrare, qui est bien la plus infâme populace de l’Italie, monseigneur, est là qui ricane autour de mon blason comme autour d’un pilori. Est-ce que vous vous imaginez, don Alphonse, que je m’accommode de cela, et que je n’aimerais pas mieux mourir en une fois d’un coup de poignard qu’en mille fois de la piqûre envenimée du sarcasme et du quolibet ? Pardieu, monsieur, on me traite étrangement dans votre seigneurie de Ferrare ! Ceci commence à me lasser, et je vous trouve l’air trop gracieux et trop tranquille pendant qu’on traîne dans les ruisseaux de votre ville la renommée de votre femme, déchiquetée à belles dents par l’injure et la calomnie. Il me faut une réparation éclatante de ceci, je vous en préviens, monsieur le duc. Préparez-vous à faire justice. C’est un événement sérieux qui arrive là, voyez-vous ? Est-ce que vous croyez par hasard que je ne tiens à l’estime de personne au monde, et que mon mari peut se dispenser d’être mon chevalier ? Non, non, monseigneur ; qui épouse protège ; qui donne la main donne le bras. J’y compte. Tous les jours ce sont de nouvelles injures, et jamais je ne vous en vois ému. Est-ce que cette boue dont on me couvre ne vous éclabousse pas, don Alphonse ? Allons, sur mon âme, courroucez-vous donc un peu, que je vous voie, une fois dans votre vie, vous fâcher à mon sujet, monsieur ! Vous êtes amoureux de moi, dites-vous quelquefois ? Soyez-le donc de ma gloire. Vous êtes jaloux ? Soyez-le de ma renommée ! Si j’ai doublé par ma dot vos domaines héréditaires ; si je vous ai apporté en mariage, non seulement la rose d’or et la bénédiction du Saint-Père, mais ce qui tient plus de place sur la surface du monde, Sienne, Rimini, Cesena, Spolette et Piombino, et plus de villes que vous n’aviez de châteaux, et plus de duchés que vous n’aviez de baronnies ; si j’ai fait de vous le plus puissant gentilhomme de l’Italie, ce n’est pas une raison, monsieur, pour que vous laissiez votre peuple me railler, me publier et m’insulter ; pour que vous laissiez votre Ferrare montrer du doigt à toute l’Europe votre femme plus méprisée et plus bas placée que la servante des valets de vos palefreniers ; ce n’est pas une raison, dis-je, pour que vos sujets ne puissent me voir passer au milieu d’eux sans dire : — ha ! Cette femme !… — or, je vous le déclare, monsieur, je veux que le crime d’aujourd’hui soit recherché et notablement puni, ou je m’en plaindrai au pape, je m’en plaindrai au valentinois qui est à Forli avec quinze mille hommes de guerre ; et voyez maintenant si cela vaut la peine de vous lever de votre fauteuil !

Lien vers la chronique de Libre Théâtre sur Lucrèce Borgia et texte intégral de la pièce

 

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8436362w/f62.item

Mlle Georges dans le rôle de Lucrèce Borgia. 1837. Source : BnF/Gallica

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8405923q/f3.item

Costume de Lucrèce Borgia. 1833. Source : BnF/Gallica

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Monologue de la Reine dans Ruy Blas de Victor Hugo (acte II, scène 2)

6 novembre 2017
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Monologue de la Reine dans Ruy Blas de Victor Hugo (acte II, scène 2)

La Reine, seule.
…………….À ses dévotions ? Dis donc à sa pensée !
Où la fuir maintenant ? Seule ! Ils m’ont tous laissée.
Pauvre esprit sans flambeau dans un chemin obscur !
Rêvant
Oh ! Cette main sanglante empreinte sur le mur !
Il s’est donc blessé ? Dieu ! — mais aussi c’est sa faute.
Pourquoi vouloir franchir la muraille si haute ?
Pour m’apporter les fleurs qu’on me refuse ici,
Pour cela, pour si peu, s’aventurer ainsi !
C’est aux pointes de fer qu’il s’est blessé sans doute.
Un morceau de dentelle y pendait. Une goutte
De ce sang répandu pour moi vaut tous mes pleurs.
S’enfonçant dans sa rêverie.
Chaque fois qu’à ce banc je vais chercher les fleurs,
Je promets à mon Dieu, dont l’appui me délaisse,
De n’y plus retourner. J’y retourne sans cesse.
— Mais lui ! Voilà trois jours qu’il n’est pas revenu.
— Blessé ! — qui que tu sois, ô jeune homme inconnu,
Toi qui, me voyant seule et loin de ce qui m’aime,
Sans me rien demander, sans rien espérer même,
Viens à moi, sans compter les périls où tu cours ;
Toi qui verses ton sang, toi qui risques tes jours
Pour donner une fleur à la reine d’Espagne ;
Qui que tu sois, ami dont l’ombre m’accompagne,
Puisque mon cœur subit une inflexible loi,
Sois aimé par ta mère et sois béni par moi !
Vivement et portant la main à son cœur.
— Oh ! Sa lettre me brûle !
Retombant dans sa rêverie.
………………………………Et l’autre ! L’implacable
Don Salluste ! Le sort me protège et m’accable.
En même temps qu’un ange, un spectre affreux me suit ;
Et, sans les voir, je sens s’agiter dans ma nuit,
Pour m’amener peut-être à quelque instant suprême,
Un homme qui me hait près d’un homme qui m’aime.
L’un me sauvera-t-il de l’autre ? Je ne sais.
Hélas ! Mon destin flotte à deux vents opposés.
Que c’est faible, une reine, et que c’est peu de chose !
Prions.
Elle s’agenouille devant la madone.
………………— Secourez— moi, madame ! Car je n’ose
Élever mon regard jusqu’à vous !
Elle s’interrompt.
…………………………………..— ô mon dieu !
La dentelle, la fleur, la lettre, c’est du feu !
Elle met la main dans sa poitrine et en arrache une lettre froissée, un bouquet desséché de petites fleurs bleues et un morceau de dentelle taché de sang qu’elle jette sur la table ; puis elle retombe à genoux.
Vierge, astre de la mer ! Vierge, espoir du martyre !
Aidez-moi ! —
s’ interrompant.
…………………Cette lettre !
Se tournant à demi vers la table.
………………………………….Elle est là qui m’attire.
S’agenouillant de nouveau.
Je ne veux plus la lire ! — ô reine de douceur !
Vous qu’à tout affligé Jésus donne pour sœur !
Venez, je vous appelle ! —
Elle se lève, fait quelques pas vers la table, puis s’arrête, puis enfin se précipite sur la lettre, comme cédant à une attraction irrésistible.
………………………….Oui, je vais la relire
Une dernière fois ! Après, je la déchire !
Avec un sourire triste.
Hélas ! Depuis un mois je dis toujours cela.
Elle déplie la lettre résolument et lit.
« Madame, sous vos pieds, dans l’ombre, un homme est là
« Qui vous aime, perdu dans la nuit qui le voile ;
« Qui souffre, ver de terre amoureux d’une étoile ;
« Qui pour vous donnera son âme, s’il le faut ;
« Et qui se meurt en bas quand vous brillez en haut. »
Elle pose la lettre sur la table.
Quand l’âme a soif, il faut qu’elle se désaltère,
Fût-ce dans du poison !
Elle remet la lettre et la dentelle dans sa poitrine.
………………………………….Je n’ai rien sur la Terre.
Mais enfin il faut bien que j’aime quelqu’un, moi !
Oh ! S’il avait voulu, j’aurais aimé le roi.
Mais il me laisse ainsi, — seule, — d’amour privée.
La grande porte s’ouvre à deux battants. Entre un huissier de chambre en grand costume.

L’Huissierà haute voix.
Une lettre du roi !

La Reinecomme réveillée en sursaut, avec un cri de joie.
Du roi ! Je suis sauvée !

Lien vers la chronique consacrée à Ruy Blas sur Libre Théâtre

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84387298/f1.item

Sarah Bernhardt dans Ruy Blas. Théâtre de l’Odéon en 1872. Source : BnF/Gallica

 

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Intramuros d’Alexis Michalik

2 novembre 2017
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Intramuros d’Alexis Michalik

Théâtre La Pépinière, 7 rue Louis Le Grand
du mardi au samedi à 21h, matinée les samedis à 16h

🙂 Libre Théâtre vous recommande

À l’initiative d’une jeune assistante sociale, un metteur en scène, aidé d’une comédienne, vient dispenser des cours de théâtre en prison. Mais seuls deux prisonniers répondent à l’appel. Tel est le point de départ d’Intramuros, écrit et mis en scène par Alexis Michalik. On s’attend à un huis clos carcéral, mais la pièce se transforme rapidement en un thriller mélodramatique, prenant et émouvant. Par une habile mise en abyme, les protagonistes revivent grâce au jeu théâtral les moments clés de leur vie. Jusqu’au final inattendu que nous nous garderons bien de vous révéler.

Les cinq comédiens (Jeanne Arènes, Bernard Blancan, Alice de Lencquesaing, Paul Jeanson et Fayçal Safi) interprètent magistralement ces personnages qui nous accompagnent bien après la représentation. La magie du théâtre opère : avec quelques éléments de décor, des jeux de lumière et un univers musical original interprété en direct par Raphäel Charpentier, nous sommes transportés en imagination d’un lieu à l’autre de l’action jusqu’au moment où le rêve rejoint la réalité.
Un spectacle à ne pas manquer.

 

Texte et mise en scène Alexis Michalik
Avec Jeanne Arènes, Bernard Blancan, Alice de Lencquesaing, Paul Jeanson, Fayçal Safi et le musicien Raphäel Charpentier

Crédit photo : Alejandro Guerrero

Crédit photo : Alejandro Guerrero

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Un cœur Moulinex par la Compagnie Aberratio Mentalis

1 novembre 2017
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Un cœur Moulinex par la Compagnie Aberratio Mentalis

Théâtre de l’Opprimé, 78 rue du Charolais, Paris 12ème
du 8 au 26 novembre, du mercredi au samedi à 20h30, dimanche à 17h

🙂 Libre Théâtre vous recommande

Un Cœur Moulinex de Simon Grangeat nous invite à une aventure rare au théâtre : revivre l’épopée industrielle d’une marque célèbre, du capitalisme paternaliste aux dérives terrifiantes de la financiarisation de notre économie. Cependant, au-delà de la présentation pédagogique et documentée des différentes périodes de la saga Moulinex, c’est aussi l’histoire de la société française qui est évoquée dans ce spectacle drôle et émouvant.
Les sept comédiens, mis en scène par Claude Viala, relèvent avec un bel enthousiasme le défi de redonner vie à cette fresque industrielle à travers quelques personnages emblématiques : l’inventeur-fondateur Jean Mantelet, les contremaîtres tout-puissants, les paysannes normandes qui conquièrent leur indépendance financière en devenant ouvrières… L’originalité de ce spectacle est de faire entrer en résonance cette épopée industrielle avec notre mémoire personnelle, notamment par des reconstitutions hilarantes de publicité d’époque et par la présentation de quelques produits phares de Moulinex  : vous reconnaîtrez le presse-purée de votre grand-mère, le sèche-cheveux de votre mère ou votre premier robot-multifonction. Loin d’être nostalgique, cette évocation pleine d’humour invite à la réflexion voire à l’action.
Un spectacle à découvrir à plusieurs pour avoir le plaisir d’en discuter en sortant.

 

Compagnie Aberratio Mentalis
Texte Simon Grangeat
Mise en scène Claude Viala
Avec Hervé laudière, Carole Leblanc, Véronique Müller, Loredana Chaillot, Pascaline Schwab, Christian Roux, Julien Brault.
Assistant à la mise en scène Hervé Laudière
Musique Christian Roux
Scénographie Shanti Rughoobur

Lien vers le site du Théâtre de l’Opprimé

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Le Roi se meurt au Théâtre de l’Epée de bois

1 novembre 2017
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Le Roi se meurt au Théâtre de l’Epée de bois

Théâtre de l’Epée de Bois – Cartoucherie, Route du Champ de Manoeuvre. 75012 Paris
Du 6 novembre au 20 décembre 2017, du lundi au mercredi à 20h30
* Relâche exceptionnelle les 20, 21 et 22 novembre.

🙂 Libre Théâtre vous recommande

Le Roi se meurt. Comme nous tous. Depuis sa naissance. Mais cette fois, il va vraiment mourir. Dans une heure ou deux. Jusque là, sans nier la fatalité de sa propre fin, il avait réussi à l’oublier en se réfugiant dans un éternel présent. Mais désormais, comme pour un condamné à mort, l’échéance est fixée, et le temps est compté. Doit-on lui dire, afin qu’il prépare dignement sa royale sortie ? Ou doit-on, pour l’épargner, laisser la mort l’emporter par surprise ?

Le Roi se meurt. Et d’avoir trop aimé la comédie de la vie, il n’a pas voulu voir sa dimension tragique. Il arrive donc au terminus impréparé et indigne. Doit-on passer toute sa vie à préparer sa mort, ou au contraire, pour pouvoir vivre justement, feindre jusqu’au bout d’ignorer cette fatale échéance ?

Le Roi se meurt. Il sait maintenant qu’il va mourir. Du déni à la révolte, jusqu’à l’acceptation, Ionesco nous décrit, dans cette tragi-comédie, ce chemin de croix vers le néant qu’est notre lente agonie.

Le Roi se meurt. Son royaume se meurt avec lui. Avant même de mourir, le souverain a perdu le pouvoir d’agir sur sa propre existence. Et sur celle des autres. La fin de la représentation approche. Le Roi, redevenu simple bouffon, n’est plus l’acteur de sa vie. Il n’est plus que le spectateur de sa propre disparition.

Le Roi se meurt. Avant, peut-être, de renaître. Le Roi est mort. Vive le Roi ?

Merveilleuse Troupe de l’Épée de Bois. Les comédiens sont justes. La diction est parfaite. Le décor est splendide et les costumes dignes d’un grand couturier. Dans la magnifique Salle en Bois, comme dans un immense cercueil, les sujets de sa Majesté, tous en blanc, entourent le monarque, qui porte déjà le deuil de lui-même. Ses femmes, en robes de mariées, sont là pour célébrer son mariage avec la Mort.

Un très beau spectacle, d’une rare puissance. À ne manquer sous aucun prétexte.

Critique de Jean-Pierre Martinez


Le Roi se meurt d’Eugène Ionesco
Mise en scène : Antonio Díaz-Florián
Avec  la troupe de l’Épée de Bois : Antonio Díaz-Florían, Thibault Infante, Palina Kotsiashava, Graziella Lacagnina, Elodie Landa, Mario Tomas Lopez.
Costume : Abel Alba
ScénographieDavid León
Lumières : Quique Peña

 

 

 

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F(l)ammes, texte et mise en scène d’Ahmed Madani

20 octobre 2017
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F(l)ammes, texte et mise en scène d’Ahmed Madani

Maison des métallos, Paris du 17 au 29 octobre 2017
Théâtre de la Tempête,  du 16 nov. au 17 déc. 2017
Et en tournée en 2018


🙂 Libre Théâtre vous recommande

F(l)ammes est un spectacle tout feux tout femmes. À partir de rencontres avec de jeunes françaises issues de l’immigration, et avec une troupe de comédiennes non professionnelles au départ, Ahmed Madani, le metteur en scène, a su transformer un torrent d’émotions brutes en une rivière de diamants, composée de dix pierres précieuses, toutes différentes mais toutes aussi étincelantes. Ces filles-là savent tout faire : jouer, bouger, danser, chanter… et tout simplement être là. Elles nous en mettent plein la vue et plein les oreilles, plein la tête et plein le cœur. Avec leurs propres mots et parfois même leurs propres langues, avec beaucoup de poésie et pas mal d’humour, elles nous racontent chacune leurs histoires singulières, leurs difficultés à vivre, et leur exultation d’être vivantes. Loin d’un discours victimaire ou militant, elles clament tout simplement avec force, grâce et délicatesse leur liberté et leur sororité, en ne revendiquant que l’égalité qui leur permettra d’exprimer pleinement leurs différences et de bâtir ensemble un avenir radieux. Un spectacle total qui tient à la fois du documentaire et de la comédie musicale. On en sort un peu plus léger et un peu moins pessimiste. Un des plus grands succès du Festival OFF d’Avignon. À ne manquer sous aucun prétexte.
Critique de Jean-Pierre Martinez

 

Une performance spectacle d’Ahmed Madani

Avec Anissa Aou, Ludivine Bah, Chirine Boussaha,  Laurène Dulymbois, Dana Fiaque,  Yasmina Ghemzi, Maurine Ilahiri, Anissa Kaki, Haby N’Diaye, Inès Zahoré

Assistante à la mise en scène  : Karima El Kharraze
Regard extérieur Mohamed El Khatib
Création vidéo Nicolas Clauss
Création lumières et régie générale Damien Klein
Création sonore Christophe Séchet
Chorégraphie Salia Sanou
Costumes Pascale Barré et Ahmed Madani

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Poil de carotte de Jules Renard au Café de la Gare

11 octobre 2017
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Poil de carotte de Jules Renard au Café de la Gare

Au Café de la gare, 41 rue du Temple, Paris 4ème
Tous les samedis à 15 heures, du 14 octobre au 30 décembre 2017

 

🙂 Libre Théâtre vous recommande

Le Café de la Gare propose, tous les samedis à 15 heures, la comédie en un acte Poil de Carotte. Jules Renard a choisi d’adapter lui-même son roman, en se concentrant sur une scène de la vie de Poil de Carotte, qui a 16 ans dans la pièce. À travers le personnage d’Annette, la nouvelle servante de la famille Lepic, nous découvrons la triste condition de cet adolescent détesté par sa mère. Cette pièce très autobiographique explore avec humour et délicatesse les relations entre un enfant non désiré et ses parents, mais également la difficile communication au sein d’un couple qui ne s’aime plus.

Avec d’une scénographie très sobre, la Compagnie du Théâtre des deux lions fait naître l’émotion auprès d’un public de tous âges. À l’issue de la représentation, les comédiens entament une discussion avec le public.

Metteur en scène : Frédéric Cerdal
Avec : Paul Henry Déchin ou Pierre Boulben (en alternance), Mylène Padoan, Josée Laprun et Serge Gelly.
Une création de la Compagnie Théâtre des deux lions (lien vers le site internet)
Pour réserver :  site du Café de la Gare

Lien vers la notice sur Libre Théâtre : résumé, contexte de la création, illustrations et texte téléchargeable gratuitement et intégralement
Lien vers la biographie de Jules Renard sur Libre Théâtre


 

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Lettre d’information de Libre Théâtre n°24

3 octobre 2017
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Lettre d’information de Libre Théâtre n°24

3 octobre 2017

Publications de Libre Théâtre

Pour répondre aux demandes des compagnies et des lecteurs, Libre Théâtre publie aux Éditions La Comédiathèque une sélection de textes de théâtre libres de droit, peu connus mais remarquables par leur empreinte dans l’histoire du théâtre, par les thématiques évoquées, leur esthétique ou leur dramaturgie. Ces textes n’ont pas fait l’objet d’éditions depuis le XIXème ou le tout début du XXème siècle. Ils restent librement accessibles et téléchargeables sur le site Libre Théâtre.
Treize titres sont actuellement disponibles dans le réseau des librairies indépendantes et sur les principaux sites de vente en ligne.

Mille francs de récompense de Victor Hugo : une dénonciation de l’injustice et de la misère sociale à travers le regard ironique de Glapieu, voleur, poète et humaniste qui incarne paradoxalement la probité, mélange de Gavroche et de Jean Valjean.
L’Âge d’or de Georges Feydeau et de Maurice Desvallières : une comédie musicale qui propose un voyage dans le temps. Follentin, un fonctionnaire râleur de 1905, est projeté avec sa famille à l’époque de la Saint Barthélemy, puis à celle de Louis XV avant de découvrir le XXIème siècle, libertaire et technologique.
La Lycéenne de Georges Feydeau : un vaudeville-opérette de Georges Feydeau, dans lequel les jeunes filles prennent les armes et refusent les mariages arrangés…
Farces et Moralités d’Octave Mirbeau : recueil de 6 courtes pièces, critique féroce de la société bourgeoise du début du XXème siècle, qui trouve d’étranges résonances avec le monde d’aujourd’hui.  La modernité de l’écriture et des thèmes abordés préfigure à la fois le théâtre de Brecht et celui de Ionesco, tout en développant un humour très corrosif.
Le Foyer d’Octave Mirbeau : scandales autour d’un foyer charitable pour adolescentes. L’exploitation des enfants qui est dénoncée dans cette pièce, apparaît d’autant plus révoltante que la noirceur des principaux personnages est teintée d’une certaine humanité.
Molière de George Sand : portrait sensible de Molière à travers cinq moments de sa vie, insistant notamment sur ses difficiles relations avec Armande Béjart.
Thérèse Raquin d’Emile Zola : deux amants décident de supprimer le mari gênant, mais une fois le crime commis, ils sont hantés par le remords. Très beau drame naturaliste.
Comédies courtes d’Henry Becque : quatre comédies qui ont en commun un humour pince-sans-rire, des dialogues ciselés et des chutes surprenantes.
Michel Pauper d’Henry Becque : l’histoire tragique d’un ouvrier chimiste autodidacte, devenu le patron respecté d’une fabrique et un scientifique de génie. Son amour éperdu pour une jeune aristocrate romantique et orgueilleuse sera le moteur de son ascension mais aussi la cause de sa déchéance.
Les Corbeaux d’Henry Becque : la déchéance d’une famille après la mort brutale du père de famille. Associé, notaire et fournisseurs vont s’entendre pour ruiner cette famille candide et sans défense.
Si jamais je te pince d’Eugène Labiche et Marc-Michel :  un vaudeville musical  dans lequel la femme mène la danse.
Monsieur Vernet de Jules Renard : Monsieur et Madame Vernet se prennent d’amitié pour un jeune artiste, Henri Gérard. Entre humour et mélancolie, l’écriture, ramassée et précise, évoque avec subtilité les relations d’un couple.
Les Romanesques d’Edmond Rostand : une comédie charmante et pleine d’humour qui se moque gentiment de l’esprit romanesque des jeunes gens.

Pour en savoir plus : http://libretheatre.fr/editions/


Textes mis en ligne récemment

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84380204/f1.item

Estampe de 1684. Source : BnF/gallica

L’Impromptu de Versailles de Molière

Molière met en scène dans cette pièce les comédiens de la troupe du Palais-Royal qui répètent sa dernière création quelques heures avant de la représenter devant le roi. C’est l’occasion pour lui de montrer ses talents d’imitateur en parodiant les comédiens de l’Hôtel de Bourgogne, de rendre hommage aux comédiens de sa troupe (ou de s’en moquer gentiment), de fustiger les auteurs qui préparent des pièces contre lui mais aussi d’expliquer l’essence de la comédie. Lire la suite.

 

 


http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8436359d/f204.item

Rôle de Sosie. Source : BnF/Gallica

Amphitryon de Molière

Pour séduire Alcmène, l’épouse du général thébain Amphitryon, Jupiter prend les traits de ce dernier. Mercure se transforme également en Sosie, le valet d’Amphitryon, alors que celui-ci s’apprête à informer Alcmène de l’arrivée prochaine de son mari, de retour de guerre. Sosie se trouve face à Mercure, un autre lui-même, qui le chasse et le roue de coups.
La pièce repose toute entière sur le motif du double, mais joue également sur de multiples oppositions entre valet et maître, peuple et noblesse, homme et dieu. Lire la suite.


Le Démon du Foyer de George Sand

https://archive.org/details/bub_gb_E8Mg4MocbkYC

Source : archive.org

Libre Théâtre continue le traitement de tout le théâtre de George Sand. Le Démon du foyer est une pièce qui hésite entre comédie et drame.
Le maestro Santorelli a adopté trois jeunes filles après la mort de leur mère : Nina, l’aînée, est une parfaite maîtresse de maison, douce et sensible ; Camille, modeste et très attentive aux autres, se révèle une cantatrice de premier ordre ; enfin Flora possède une beauté ravageuse mais a un caractère difficile et est jalouse du succès de Camille.
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http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8402646r/f1.item

Source : BnF/Gallica

Le Mariage de Victorine de George Sand

George Sand imagine une suite à la pièce de Sedaine, Le Philosophe dans le savoir, représentée en 1765. Elle choisit Victorine, la fille de l’homme de confiance de M. Vanderke, comme personnage central de sa comédie.
« Ce sont des hommes bien trempés, qui luttent contre les fausses idées de leur siècle, tout en conservant avec la même fermeté les idées éternellement bonnes et vraies. On respire l’honneur, le courage et la générosité dans l’atmosphère de M. Vanderke. On sent que rien de grand et de fort ne sera impossible dans cette famille. » Extrait de la préface rédigée par George Sand Lire la suite.


 

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84026779/f1.item

Estampe / dessin de Maurice Sand. Source : BnF/Gallica

Les Vacances de Pandolphe de George Sand

Pandolphe, un docteur en droit, vient d’arriver à sa maison de campagne et espère se reposer. Il est accueilli par Marinette, sa fidèle servante et par Pédrolino, son jeune jardinier. Mais son repos est rapidement troublé par l’irruption de Léandre, un marquis, avec qui il est en affaire. Il découvre aussi que Violette, la filleule de Marinette, est également dans la maison. Pédrolino en est éperdument amoureux et veut l’épouser. On apprend que Violette vient d’hériter. Elle demande à Pandophe de l’accompagner dans ses démarches. Léandre et Pascariel, son ancien valet vont tout faire pour essayer de capter l’héritage avec l’aide d’Isabelle, une aventurière et de Colombine, sa servante.

« Dans cette œuvre, qui a le caractère du pastiche, Mme George Sand a voulu marier la fantaisie bouffonne de la comédie italienne avec le style de Molière et la langue du Berri. » Lire la suite.


Libre Théâtre vous recommande à Paris

Théâtre classique

Les Fourberies de Scapin, mise en scène de Denis Podalydès

Scapin n’est pas un justicier. S’il consent à user de ses ruses pour aider Octave à faire accepter à son père un mariage conclu sans son consentement, c’est moins pour faire le bonheur des jeunes époux que pour se venger de cette société qui l’a condamné il y a peu pour ses fourberies. La mise en scène de Denis Podalydès souligne dès le lever de rideau la marginalité de ce personnage asocial en le faisant surgir nu des profondeurs de la terre, tandis que c’est dans les airs qu’il se vengera de Géronte en le bastonnant, enfermé dans un sac et suspendu au-dessus de la scène et du public. Dans cette justice paradoxale, donc, « le justicier » semble tout droit sorti des enfers, et le châtiment a lieu presque dans les cieux. C’est par une autre fourberie que Scapin échappera finalement à une nouvelle condamnation. Et un coup de théâtre viendra restaurer l’ordre social un moment chamboulé. Mais la vision de la société proposée par Molière, bien traduite par cette astucieuse mise en scène, est tout sauf « morale » et manichéenne. Si l’on n’est pas encore dans le théâtre de l’absurde, le sens de cette société sans justice est en tout cas largement questionné.
Mais les Fourberies de Scapin, c’est d’abord une farce qui déclenche des cascades de rire. Benjamin Lavernhe, dans le rôle titre, nous livre une fabuleuse interprétation d’un personnage complexe, passant tout à tour d’un ton badin à une expression cruelle. Aux côtés de cet incroyable Scapin, chaque personnage de Molière semble acquérir une nouvelle densité.
Un superbe moment de théâtre ! Lire la suite.

Illustration du spectacle par Bénédicte Roullier, lescroquis.fr
Croquis sur le vif et dans la pénombre (Licence des illustrations CC BY-NC-ND)


Amphitryon mis en scène par Stéphanie Tesson

Que l’on soit prince ou valet, l’identité d’un homme est son bien le plus précieux et  se la voir aliénée par un sosie peut conduire à la folie. Tel est l’argument de cette hilarante comédie de Molière, trop rarement mise en scène. Pour séduire Alcmène, l’épouse du général thébain Amphitryon, le dieu Jupiter prend les traits de ce dernier, tandis que Mercure prend ceux de son valet, Sosie.
Dès le lever de rideau avec l’allégorie de la nuit tirée par deux chevaux, nous sommes embarqués dans un univers merveilleux, par la seule entremise de quelques toiles peintes et d’une lumière irréelle. Costumes et maquillages font naître l’illusion de cette double gémellité d’Amphitryon et de Sosie. La mise en scène épurée de Stéphanie Tesson met en valeur la subtilité du texte de Molière, servi par des acteurs fabuleux. Jean-Paul Bordes incarne un Amphitryon plein de noblesse, puis poussé au bord de la folie par ces événements extravagants. À la fois ridicule mais très attachant, il déclenche les fous rires du public qui compatit malgré tout à ses malheurs. Nicolas Vaude interprète quant à lui un valet espiègle et bondissant. Tous les comédiens nous donnent à entendre avec naturel les vers de Molière et nous entraînent avec bonheur dans cette incroyable farce, qui explore les thèmes éternels du même et du double, du maître et du valet, des hommes et des dieux.
Un spectacle à ne pas manquer. Lire la suite.


 

L’Impromptu de Versailles, mis en scène et adapté par Antonio Díaz-Florián

La Troupe de l’Épée de Bois nous invite chez elle, dans le merveilleux théâtre en bois qu’elle a bâti de ses propres mains, pour entendre Molière défendre, un siècle avant Beaumarchais, la liberté de blâmer, sans laquelle il n’est point d’éloge flatteur. Dans ce Palais des Glaces qu’est la petite salle du Théâtre de l’Épée de Bois, Antonio Díaz-Florián (le metteur en scène), Graziella Lacagnina (la comédienne) et Armelle Roux (la claveciniste) nous transportent à Versailles où la troupe d’un dénommé Molière s’apprête à interpréter devant le Roi un spectacle qui n’est absolument pas prêt. Cette mise en abyme très moderne est l’occasion pour le vrai Molière de plaider sa cause devant son illustre protecteur, afin de pouvoir continuer à moquer impunément les travers de ses contemporains, en dépit de l’opposition farouche de ses détracteurs, tenants d’un théâtre consensuel et donc sans aucun intérêt pour le public.
Malgré des décennies de métier et de succès bien mérités, cinq minutes avant la représentation, comme dans la comédie de Molière, le metteur en scène arpente nerveusement les couloirs pour calmer son appréhension, tandis que la comédienne, sur les épaules de laquelle repose tout le spectacle (puisqu’elle interprète avec brio tous les rôles) vend encore les billets à la caisse. Comble de l’élégance et de l’humilité, après les nombreux rappels, la troupe convie le public à boire un verre dans la salle, comme à la maison. L’esprit de la Cartoucherie est toujours bien vivant. Et le public est au rendez-vous. Il y a des moments et des lieux comme ça où la vie a encore un sens. Merci à la Troupe de l’Épée de Bois pour cet engagement total au service du théâtre.Lire la suite.


Lorenzaccio, mise en scène de Catherine Marnas

Monter Lorenzaccio au théâtre oblige à un travail d’adaptation. Dans ce texte, destiné initialement à la lecture et non à la représentation, Alfred de Musset multiplie les intrigues, convoquant plus de 80 personnages, et enchaîne une multitude de scènes se déroulant dans 25 lieux différents, de Florence à Venise.
Catherine Marnas propose un texte resserré et très rythmé, centré autour de la figure de Lorenzo, en transposant ce drame romantique à l’époque actuelle. Servi par de très grands interprètes, le texte de Musset, parfaitement respecté malgré les coupes nécessaires, offre d’étranges résonances avec le monde d’aujourd’hui. Jules Sagot incarne avec talent un Lorenzo au double visage  : dandy terriblement cynique quand il est avec Alexandre, il redevient un jeune homme inquiet et désenchanté quand il est seul.
Un spectacle stimulant ouvrant à une réflexion sur l’idéalisme et le réalisme en politique. Lire la suite.


Théâtre contemporain

Trahisons de Harold Pinter

Avec Trahisons, Pinter reprend l’argument classique du théâtre de boulevard, le mari, la femme et l’amant, mais si l’on peut dire à rebours, puisque la pièce est une succession de flash back, qui nous font remonter depuis l’ultime rendez-vous du couple illégitime, après sa séparation, jusqu’à la première rencontre, en passant par toutes les trahisons que suppose un adultère : la femme trahit son mari, l’amant trahit son meilleur ami, et les amants finiront aussi par se trahir entre eux. Deux chats et une souris, donc, sans que l’on sache très bien qui joue avec qui. Et qui à la fin sera dévoré. Une délicieuse comédie à déguster comme un bonbon anglais, sur la cruauté des rapports humains, lorsque l’amour et l’amitié entretiennent la confusion des sentiments. Un humour très british, pour un vaudeville joyeusement désespéré. Les dialogues de Pinter sont à pleurer de rire. Un ménage à trois superbement interprété par des comédiens habités par leurs rôles. À voir absolument ! Lire la suite.


Faisons un rêve de Sacha Guitry, mise en scène de Nicolas Briançon

Il fallait oser mettre en scène Faisons un rêve, quand les spectateurs ont encore en mémoire le film de Sacha Guitry, interprète inoubliable du rôle principal aux côtés de Raimu et de Jacqueline Delubac (la troisième femme de Guitry, les deux premières, Charlotte Lysès et Yvonne Printemps, ayant avant elle interprété aussi le rôle). Nicolas Briançon (qui signe aussi la mise en scène), Éric Laugerias, et Marie-Julie Baup (sans oublier Michel Dussarat en valet foldingue) relèvent parfaitement le défi. Nicolas Briançon, sans singer son illustre prédécesseur, incarne avec une étonnante légèreté ce séducteur misogyne qu’on aime tant détester. Le texte de Guitry, en revisitant le thème éternel de la femme, du mari et de l’amant, porte à la perfection le genre du boulevard par une construction dramatique ciselée et des dialogues irrésistibles.
Un spectacle à ne pas manquer. Lire la suite.


 

L’Amante anglaise, mise en scène de Thierry Harcourt

Claire Lannes a commis un crime épouvantable : elle a assassiné sa cousine sourde et muette, l’a découpée en morceaux et a jeté les différents membres emballés, depuis un pont, dans des trains de marchandise, tout en prenant le soin de cacher la tête. Un homme interroge le mari puis la meurtrière et tente de comprendre les raisons de cet acte barbare.
Comment à partir d’un terrible fait divers proposer ainsi un moment hors du temps, plein de poésie et d’humour ? La mise en scène sobre de Thierry Harcourt semble donner davantage de profondeur à la superbe langue de Duras et à la très belle performance des trois comédiens. Jacques Frantz est le mari, touchant et vulnérable malgré sa carrure imposante. Jean-Claude Legay interprète l’interrogateur, plus proche du psychanalyste que du policier, qui tente de comprendre, de faire accoucher la vérité, mais perd pied, petit à petit, face à une réalité qui le dépasse. Judith Magre incarne avec talent cette femme si déterminée et si fragile. Elle joue avec le texte de sa voix inimitable, offrant une palette de nuances infinies. Son regard tantôt espiègle, tantôt noir, nous renvoie parfois à la vacuité de l’âme humaine. Et si elle avait tout simplement commis ce crime pour que quelqu’un l’écoute enfin…
Un superbe texte servi par des comédiens extraordinaires. Lire la suite.


 

Non à l’argent de Flavia Coste

Le thème du loto a déjà été beaucoup exploité au théâtre. Le mérite de cette comédie est de l’aborder sous un angle tout à fait inédit : si vous osiez dire « non à l’argent », quand la fortune vous tombe du ciel et que la somme s’élève à 162 millions, comment réagiraient votre femme, votre mère et votre meilleur ami ? L’argent ne fait pas le bonheur, dit-on. Il paraît même qu’il fait parfois le malheur de certains gagnants du gros lot. Mais refuser de devenir riche… cela peut aussi coûter très cher. Le temps d’une soirée, ces quatre personnages qui semblaient unis par des liens indéfectibles vont révéler leurs fractures et se déchirer à propos d’une fortune à portée de main, que l’un d’entre eux ne veut pas saisir. Jusqu’au final étonnant que nous vous laissons découvrir… Une comédie très enlevée, bien servie par quatre comédiens de talent, dont Pascal Légitimus, « impayable » dans le rôle de ce gagnant qui refuse obstinément de devenir riche. Une analyse cruellement drôle du pouvoir destructeur de l’argent. À ne pas manquer! Lire la suite.


N’hésitez pas à nous faire part de vos propositions d’amélioration, vos suggestions de textes, de ressources…

data.libretheatre.fr recense aujourd’hui 754 œuvres théâtrales du domaine public. Le chargement du texte intégral de ces œuvres se poursuit. 365 textes ont été traités à ce jour.

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Amphitryon mis en scène par Stéphanie Tesson

2 octobre 2017
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Amphitryon de Molière mis en scène par Stéphanie Tesson

Du 12 septembre au 31 décembre 2017
Théâtre Poche Montparnasse, 75 boulevard du Montparnasse, 75006 Paris
Représentations du mardi au samedi à 21h, dimanche à 15 h
Relâches exceptionnelles les 6, 7, 12, 14, 19 et 30 octobre, 9, 16 et 25 novembre, 9 décembre

🙂 Libre Théâtre vous recommande

Que l’on soit prince ou valet, l’identité d’un homme est son bien le plus précieux et  se la voir aliénée par un sosie peut conduire à la folie. Tel est l’argument de cette hilarante comédie de Molière, trop rarement mise en scène. Pour séduire Alcmène, l’épouse du général thébain Amphitryon, le dieu Jupiter prend les traits de ce dernier, tandis que Mercure prend ceux de son valet, Sosie.

Dès le lever de rideau avec l’allégorie de la nuit tirée par deux chevaux, nous sommes embarqués dans un univers merveilleux, par la seule entremise de quelques toiles peintes et d’une lumière irréelle. Costumes et maquillages font naître l’illusion de cette double gémellité d’Amphitryon et de Sosie. La mise en scène épurée de Stéphanie Tesson met en valeur la subtilité du texte de Molière, servi par des acteurs fabuleux. Jean-Paul Bordes incarne un Amphitryon plein de noblesse, puis poussé au bord de la folie par ces événements extravagants. À la fois ridicule mais très attachant, il déclenche les fous rires du public qui compatit malgré tout à ses malheurs. Nicolas Vaude interprète quant à lui un valet espiègle et bondissant. Tous les comédiens nous donnent à entendre avec naturel les vers de Molière et nous entraînent avec bonheur dans cette incroyable farce, qui explore les thèmes éternels du même et du double, du maître et du valet, des hommes et des dieux.
Un spectacle à ne pas manquer.

Lien vers la notice consacrée à Amphitryon de Molière sur Libre Théâtre (texte intégral, illustrations, dossiers pédagogiques…)

Illustration du spectacle par Bénédicte Roullierlescroquis.fr
Croquis sur le vif (et dans le noir total) –
Licence des illustrations CC BY-NC-ND

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Mise en scène : Stéphanie TESSON assistée d’Antony COCHIN

Avec
Jean-Paul BORDES, Amphitryon
Benjamin BOYER, Jupiter
Antony COCHIN en alternance avec Yannis BARABAN, Argatiphontidas et Polidas
Odile COHEN, Alcmène
Mathias MARÉCHAL, Naucratès et Posiclès
Guillaume MARQUET en alternance avec Laurent COLLARD, Mercure
Christelle REBOUL, La Nuit et Cléanthis
Nicolas VAUDE, Sosie
Costumes : Corinne ROSSI
Peintures des costumes et des toiles : Marguerite DANGUY DES DÉSERTS
Lumières : Florent BARNAUD
Maquillages et perruques : Anne CARAMAGNOL, assistée de Stéphanie ROSSI
Production Phénomène et Cie / Co-production Mois Molière de Versailles et Festival d’Anjou
En partenariat avec Le Figaro et A Nous Paris
Renseignements et réservations par téléphone : 01 45 44 50 21

Crédit photo : Christophe Cham

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