Dans la solitude des champs de coton mise en scène d’Alain Timár

Samedi 24 octobre à 16H30, dimanche 25 et lundi 26 octobre à 18H30
Théâtre des Halles, 4 rue Noël Biret 84000 Avignon 

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© Thomas O’Brien

Il y a bien des genres de théâtre. Celui de Koltès n’appartient à aucun. C’est de la poésie, et c’est pourtant au plus haut point dramatique. Si le style, c’est l’homme, celui de Koltès est unique. Parfois imité, jamais égalé, comme dit une célèbre publicité. Et justement, ici, il s’agit de vendre et d’acheter. Quoi ? Cet obscur objet du désir. De la drogue, du sexe, une marchandise… Ce qu’on voudra et ce qu’on peut donner, peu importe. Ce qui compte c’est moins de satisfaire son désir que de continuer à le faire vivre. Parce que la mort du désir, c’est la mort tout court.

Nous avions vu la mise en scène de cette pièce par Chéreau en 1995 à la Manufacture des Œillets d’Ivry-sur-Scène. Le parti pris d’Alain Timár est bien différent, mais tout aussi passionnant. Un décor de terrain vague. Un voyou en veste de cuir noir et un cadre en costume, magistralement incarnés par deux comédiens habités. Un no man’s land où deux solitudes vont se croiser sans vraiment se rencontrer. Un corps-à-corps presque sans violence mais aussi sans amour, rythmé par les roulements saccadés d’une batterie. Si comme le dit Koltès, et contrairement à l’adage, ce qui fait l’homme c’est l’habit, au final, les coutures de ce spectacle resteront invisibles. Et c’est sans doute cela qui en fait la puissance poétique et dramaturgique. À voir absolument.
Critique de Jean-Pierre Martinez

Texte : Bernard-Marie Koltès
Mise en scène, scénographie : Alain Timár
Avec : Robert Bouvier, Paul Camus, Pierre-Jules Billon (batterie)
Lumière : Richard Rozenbaum 
Son et régie : Quentin Bonami
Construction : décor et accessoires Éric Gil

Programme complet de la semaine d’Art en Avignon sur Libre Théâtre

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