Chronique

Le Costaud des Epinettes de Tristan Bernard et Alfred Athis

16 octobre 2018
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Le Costaud des Epinettes de Tristan Bernard et Alfred Athis

Comédie en trois actes et en prose, représentée pour la première fois sur la scène du Théâtre du Vaudeville, le 14 avril 1910. Retraitement par Libre Théâtre à partir de l’édition de L’Illustration théâtrale, 1910. (Source : BnF/Gallica)

Distribution : 23 hommes, 11 femmes (nombreux rôles pouvant être joués par un seul comédien)
Texte intégral à télécharger gratuitement sur Libre Théâtre
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L’argument

Claude Brévin, un garçon sensible et de bonne famille est obligé de vivre d’expédients et fréquente le bar louche du père Tabac. Celui-ci le fait passer pour le « Costaud des Epinettes » et lui propose une affaire : il s’agit de récupérer un paquet de lettres compromettantes chez une comédienne, Irma Lurette, et de l’éliminer. Claude, désespéré, accepte. Il se rend à une fête, où on célèbre la centième de la pièce dans laquelle Irma a un petit rôle. Claude la séduit et la reconduit chez elle. Mais une fois dans son appartement, rien ne se passe comme prévu.

Le Costaud des Epinettes est une comédie truculente, riche en expressions argotiques et imagées, mais qui, à certains moments, flirte avec le mélodrame.

Récit de la création par les deux auteurs

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b53104261j

Geneviève Lantelme dans « Le costaud des Epinettes » de Tristan Bernard, Alfred Athys / dessin de Yves Marevéry. Source : Bnf/ Gallica

(Extraits de la préface parue dans l’Illustration théâtrale)

Comment M. Alfred Athis a collaboré de nouveau avec M. Tristan Bernard, nous le savons par une lettre que les deux auteurs ont adressée au Figaro : « C’était un de ces derniers étés, sur le bord de la mer. Un jour, à la nuit tombante, l’un de nous dit à l’autre de nous : « J’ai un bon sujet de pièce en deux actes ; mais ce n’est pas tout à fait une pièce comique, et j’aurais besoin d’un auteur tragique pour la terminer. » À quoi l’autre de nous répondit : « Moi aussi j’ai un sujet de pièce en deux actes, qui n’est pas tout à fait un sujet gai. » Nous nous racontâmes nos sujets, et nous trouvâmes qu’en les fondant on arriverait à faire une pièce en trois actes qui serait ou tâcherait d’être tantôt gaie, tantôt grave, tantôt angoissante, tantôt souriante. Mais ce qui nous manquait toujours à l’un et à l’autre, c’était le collaborateur tragique, jusqu’au jour où nous nous dîmes que rien ne ressemblait autant au théâtre sombre que le théâtre joyeux, et qu’en associant leurs fantaisies, deux auteurs gais pouvaient donner quelquefois, pas très longtemps, le plus furtivement possible, l’impression qu’ils sont un auteur grave. Ayant fait cette constatation, nous écrivîmes le Costaud des Epinettes. »
Le Vaudeville le reçut, le mit en scène, le joua et ce fut un amusant et vif succès de plus.

Les critiques lors de la création

Extraits de la préface parue dans l’Illustration théâtrale

M. J. Ernest-Charles constate, dans l’Opinion, que le costaud qui évolue au cours de ces trois actes est cousin germain de ces « héros misérables et de ces bandits à la manque » que M. Tristan Bernard nous a présentés dans son livre de nouvelles intitulé : Amants et Voleurs. « Est-ce parce qu’il avait fréquenté ces criminels de fantaisie que Tristan Bernard eut le dessein d’écrire le Costaud des Epinettes ? L’idée, au contraire, vint-elle de M. Alfred Athis, l’original auteur de Boute-en-Train ? Il est puéril, il est dangereux, parfois, de vouloir pénétrer le mystère des collaborations. Et la tentative est bien superflue lorsque les collaborateurs s’accordent on ne peut mieux et font, à eux deux, une œuvre qu’un seul aurait pu faire… Tristan Bernard et Alfred Athis professent volontiers que personne n’est méchant et que l’homme est uniquement la proie du hasard. Leur œuvre est charmante du commencement jusqu’à la fin… Et beaucoup d’esprit s’y répand sur beaucoup de sagesse. »

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b53129754q

Geneviève Lantelme, Louis Gauthier et Léon Lérand dans « Le costaud des Epinettes » de Tristan Bernard, Alfred Athys / dessin de Yves Marevéry. Source : BnF/Gallica

M. Adolphe Brisson observe, dans le Temps, que le tourment des dramaturges est de se renouveler, de ne pas éternellement écrire la même pièce, comme il arrive à des peintres de brosser toujours le même tableau : « La monotonie dans la production est une force et une faiblesse ; elle assigne à l’auteur une spécialité fructueuse, mais elle l’y emprisonne ; il ne peut plus sortir de la petite tour qu’il s’est bâtie. Les gens d’humeur paisible, doués d’une médiocre curiosité d’esprit, s’accommodent d’une telle immobilité. D’autres ressentent l’impérieuse envie de s’évader de la tour, de vagabonder à travers champs, de se divertir, de s’ennoblir en se prouvant à eux-mêmes leur souplesse et d’étonner un peu, à chaque fois, le public. L’étonnement est le piment du plaisir. Je croirais volontiers que M. Tristan Bernard et son collaborateur M. Alfred Athis ont cédé à cet attrait et qu’il leur a paru piquant de composer un ouvrage d’une forme inusitée, paradoxale, extrêmement varié de ton et d’allure… N’est-il pas amusant de réunir dans le cadre d’une comédie légère les personnages les plus hétéroclites, des exemplaires de tous les milieux, de toutes les catégories sociales, de grouper l’homme de finance, l’homme de théâtre, le fils de famille, l’apache, l’escroc, le fêtard, la petite courtisane, de montrer qu’il existe entre ces figures de nombreux points de contact, et que, malgré l’apparence, elles ont un fond commun ? Ceci, c’est l’essence même de la philosophie anarchiste et savoureuse de M. Tristan Bernard… Les créatures humaines se valent, ou à peu près… Des combinaisons d’événements, hostiles ou favorables, les dominent, les gouvernent. Il en résulte du mal ou du bien, de la souffrance ou de la joie, du vice ou de la vertu… Et d’ailleurs aucun de ces faits n’a d’importance… »

M. Robert de Flers estime, dans la Liberté, que MM. Tristan Bernard et Alfred Athis viennent surtout de nous donner là une pièce audacieusement pittoresque et originale : « C’est en vain qu’on cherchera à rapprocher ces trois actes d’une œuvre antérieure ; ces petits jeux des mémoires malveillantes seront cette fois déçus. Ce costaud appartient en propre à MM. Tristan Bernard et Alfred Athis ; il leur doit tout et j’imagine qu’il s’acquittera intégralement de cette dette. Nous avons retrouvé dans ces trois actes les admirables dons d’observation sensible et de clair-voyante ironie de M. Tristan Bernard et les qualités si sûres, si personnelles de composition et d’autorité scéniques de M. Alfred Athis, qui a été pour l’auteur du Danseur inconnu un précieux collaborateur. Je suis assuré, en faisant cette dernière constatation, d’être particulièrement agréable à l’un des deux auteurs du Costaud des Epinettes, et, ce qui est tout à fait curieux, c’est que celui-là ce sera certainement M. Tristan Bernard. Cette comédie nous a charmés par la nouveauté de son sujet et par la variété des milieux à travers lesquels elle évolue. Elle se tient, avec une vigueur qui ne se dément pas un instant, à égale distance de la fantaisie et du réalisme, de sorte qu’elle est tout près d’être bouffonne et pas bien loin d’être poignante. Il en résulte une impression très curieuse, très savoureuse. Les faits peuvent être un peu arbitraires, mais les sentiments ne le sont pas, et il y a dans ces trois actes l’analyse subtile, forte et dramatique d’un caractère, celui d’un déclassé qui s’essaye au crime, et dont les hésitations, les craintes, les remords, nous sont habilement dépeints. Cela est tout à fait remarquable. Il est très curieux de voir comment MM. Tristan Bernard et Athis ont pu mettre en relief dans la personne du criminel non point le côté monstrueux, mais le côté humain. C’est d’ailleurs la voix de la conscience qui finit par être la plus forte ; il est vrai que cette fois, elle se confond avec la voix câline et tendre d’une petite femme. »

M. Francis Chevassu, dans le Figaro, trouve aussi cette pièce charmante et singulière : « Elle côtoie le mélodrame sans abandonner jamais le ton de la comédie ; on y parle de cambriolages, d’attaques nocturnes et de vols avec effraction de la manière la plus plaisante. Œuvre tout à fait déraisonnable et cependant délicieuse : sur sa trame fragile, les auteurs ont brodé de fines arabesques, et l’exactitude de leur observation est égale à l’audace de leur fantaisie. Oui, le Costaud des Epinettes est une pièce surprenante : MM. Tristan Bernard et Alfred Athis affichent le réalisme minutieux de philosophes qui se plaisent à la représentation pittoresque des bas-fonds sociaux et en même temps ils montrent, dans la façon de conduire les événements et de disposer des circonstances, la désinvolture, l’aisance cavalière, qui semblent être le privilège des écrivains de contes moraux. En effet, ce roman d’un jeune apache sensible est, à sa façon, une berquinade, une idylle de la basse pègre que traverse un oiseau bleu dont l’aile, encore humide d’avoir touché le ruisseau, garderait une petite tache de boue. »


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Le Danseur inconnu de Tristan Bernard

9 octobre 2018
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Le Danseur inconnu de Tristan Bernard

Comédie en trois actes et en prose, représentée pour la première fois sur la scène du Théâtre de l’Athénée, le 29  décembre 1909, publiée dans l’Illustration théâtrale en 1910 (disponible sur Gallica).
Distribution : 14 hommes, 9 femmes (plusieurs rôles peuvent être interprétés par le même comédien)
Texte intégral à télécharger gratuitement sur Libre Théâtre
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Argument

Henri est un jeune homme très sympathique, de ressources modestes, dont la famille a fait faillite. Il participe à un mariage auquel il n’est pas invité. Il rencontre Berthe, une des amies de la mariée. C’est le coup de foudre.
Tristan Bernard définissait ainsi la pièce : « Le Danseur inconnu, pièce morale à morale tournante, est aussi une pièce comique et sentimentale. Je souhaite qu’on dise qu’elle est franchement comique et délicatement sentimentale. »


Les critiques lors de la création

Extraits de la préface de l’Illustration théâtrale disponible sur Gallica

Ainsi M. Léon Blum, après avoir observé, dans Comœdia, que le mot « délicieux » a beaucoup servi ces temps derniers, poursuit : « Voici l’occasion venue de procurer à ce mot un juste emploi ! La pièce de M. Tristan Bernard est délicieuse. Elle l’est cette fois, au sens exact et fort du terme, c’est-à-dire qu’on ne peut l’écouter sans un sentiment de plaisir continu, qu’elle contente et rafraîchit le goût, qu’elle délecte et épanouit chez le spectateur ce que j’appellerai sa sensualité spirituelle. M. Tristan Bernard n’a jamais donné, au théâtre, rien de supérieur ni peut-être d’égal à cette comédie, et elle est aussi le plus complet succès de théâtre que M. Tristan Bernard ait remporté jusqu’à ce jour. »

M. Henri de Régnier admire dans le Journal des Débats, que, sur un si mince canevas, M. Tristan Bernard ait écrit une si « délicieuse », si vivante et si légère comédie : «… Une sorte de chef-d’œuvre d’observation, de bonne humeur narquoise attendrie et bouffonne, de naturel et de gaieté, une comédie d’un comique abondant et fin, délicat et irrésistible, qui va du rire le plus franc à l’émotion la plus discrète et la plus tendre. Rarement, M. Tristan Bernard a été plus aisé et plus savoureux que dans ce Danseur inconnu. Rarement ses qualités de dialogue ont eu plus de vérité et de pittoresque que dans ces trois actes délicieux, conduits avec une verve et un entrain admirables, avec un étonnant mélange de réalisme et de fantaisie. »

M. Adolphe Brisson estime, dans le Temps, que M. Tristan Bernard se peint tout entier dans cette comédie : « Il y a mis sa grâce, son ironie nonchalante, son nihilisme indulgent, son sens particulier de la vie (qui consiste à ne pas la prendre au sérieux), son tranquille et, si j’ose accoupler ces mots, son bienveillant, mépris des hommes. Ces choses, on les trouve dans les œuvres antérieures de l’exquis écrivain. Pourtant, il me semble que celle-ci exhale une certaine fraîcheur d’âme qui n’existait point dans celles-là. Elle est par endroits ingénue, naïve. Et cette simplicité, au lieu de lui nuire, a accru son succès. Le public a eu l’impression que l’auteur, pour la première fois, ajoutait à son sarcasme habituel un peu d’émotion sentimentale. Or, le public adore la romance. Ce qui le touche le plus, c’est le mélange de la gaieté et du sentiment. Il l’a vivement goûté dans le Danseur inconnu. »

M. Robert de Flers déclare, dans la Liberté, qu’il ne pense point que M.Tristan Bernard nous ait jamais donné une preuve plus évidente, plus décisive de son talent ingénieux et profond que cette comédie si fantaisiste, si finement divertissante, si poétique : « Mais oui, poétique, et au point que le mouvement et la grâce du dialogue m’ont rappelé à plusieurs reprises l’enchantement délicat des comédies d’Alfred de Musset. Dites-moi si, au premier acte, la scène de Barthazard et d’Henri Calvel n’évoque point celle d’Octave et de Cœlio. Sans doute le Cœlio de Tristan Bernard est un amoureux assez veule et peu difficile sur le choix des moyens de parvenir. Sans doute, Barthazard est un Octave qui a un peu trop lu Nietzsche — ou plutôt qui n’a a rien lu du tout — et qui fait, dans un but de lucre frauduleux, tout ce qu’Octave faisait pour le plaisir de l’aventure et par dilettantisme de débauché distingué. Mais on a les Cœlio et les Octave que l’on mérite. J’insiste sur le côté poétique de ce Danseur inconnu, parce qu’il a je ne sais quoi de savoureux et d’inattendu et qu’il voisine avec la farce la plus outrancière. C’est à force de trouver de justes et de neuves images que M. Tristan Ber- nard est parvenu à nous donner cette impression de fraîcheur et de doux lyrisme. »


Sur Gallica

Illustrations d’Yves Marevéry 1909 à l’Athénée

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b531041365

André Brulé dans « Le danseur inconnu » de Tristan Bernard / dessin de Yves Marevéry .1909. Source : Gallica /Bnf

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b53129709w

André Brulé dans « Le danseur inconnu » de Tristan Bernard / dessin de Yves Marevéry .1909. Source : Gallica /Bnf

Texte illustré des photographies du film, réalisé en 1929 par René Barberis

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k3413403c

Source : BnF/Gallica

L’ensemble de l’ouvrage est disponible sur Gallica


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L’Heureux Stratagème de Marivaux

28 septembre 2018
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L’Heureux Stratagème de Marivaux

Comédie en trois actes et en prose créée pour la première fois le 6 juin 1733 par les Comédiens italiens.
Distribution :  6 hommes et 3 femmes
Texte intégral à télécharger gratuitement sur Libre Théâtre
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Cette pièce, rarement représentée, est jouée pour la première fois en 2018  à la Comédie-Française dans une mise en scène d’Emmanuel Daumas. Lien vers la recommandation de Libre Théâtre.

L’argument

Dorante est éperdument amoureux de la Comtesse, qui s’est éprise du Chevalier Damis, qui lui-même a délaissé la Marquise. Celle-ci échafaude alors avec Dorante un stratagème : ils vont feindre de s’aimer et annoncer leur mariage, afin de provoquer la jalousie de ceux qu’ils aiment. Parallèlement, Arlequin, le valet de Dorante, se désespère de voir Lisette, la servante de la Comtesse, qu’il devait épouser, s’éprendre de Frontin, le serviteur du Chevalier, sous le regard agacé du père de Lisette, Blaise, qui tient à ce que sa fille reste liée par ses engagements.

Illustrations

https://commons.wikimedia.org/wiki/File:MarivauxHappyStratagem02.jpg

M. Blaise, illustration de Bertall dans le Théâtre complet de Marivaux (Edition Laplace, Sanchez et Cie, Paris 1878). Source wikimedia

 

 

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8420082g/f2.item.

Mise en scène de Florent Forge au Théâtre Sarah-Bernhardt, le 30 juin 1964. Photo de Roger Pic. Source : BnF/Gallica

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b9002052n/f51.item

Mise en scène de Jacques Lassalle, à l’Odéon-Théâtre de l’Europe, le 14-03-1985. Photo de Daniel Cande. Source : BnF/Gallica


Voir aussi sur le site de l’INA, dans la collection Grands Entretiens, Mémoires du théâtre, un entretien avec Jacques Lassalle qui évoque ses mises en scène de Marivaux.

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Dom Juan ou le Festin de Pierre de Molière

27 septembre 2018
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Dom Juan ou le Festin de Pierre de Molière

Comédie en cinq actes et en prose, représentée pour la première fois le 15 février 1665. Non publiée du vivant de Molière, la pièce fut imprimée pour la première fois en France en 1682.
Distribution : 17 hommes et 3 femmes
Texte intégral à télécharger gratuitement sur Libre Théâtre
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L’argument

Présentée par Molière comme une comédie, Dom Juan est en réalité une tragi-comédie qui ne respecte pas les règles classiques.

Arrivé en ville après avoir abandonné Elvire, qu’il avait fait sortir d’un couvent pour l’épouser, Dom Juan aperçoit une jeune fille à la veille de se marier et projette de l’enlever. Le projet ayant échoué, il se retrouve dans un village, d’où, averti que ses beaux-frères Dom Carlos et Dom Alonse le poursuivent, il s’enfuit par la forêt avec son valet Sganarelle. Le hasard l’amène à sauver la vie de Dom Carlos, qui en retour accepte de différer sa vengeance, à condition que Dom Juan reprenne la vie commune avec Elvire. Sur le chemin qui les ramène à la maison, le maître et le valet passent devant le mausolée d’un commandeur que Dom Juan a tué l’année précédente et dont il invite la statue à dîner pour le soir même. De retour chez lui, il voit le moment de dîner repoussé trois fois de suite par les visites inopinées d’un créancier, de son père et de son épouse à présent retournée à la vie religieuse. La statue du Commandeur, arrivée en dernier, refuse de partager son repas, mais l’invite à son tour à dîner le lendemain. Le lendemain en fin d’après-midi, Dom Juan apprend à son père éperdu de joie qu’il a décidé de revenir à la religion, puis il confie à Sganarelle que ce revirement subit n’est qu’une ruse. La statue du Commandeur, apparaissant et prenant acte de son refus de se repentir, lui saisit la main et le précipite dans les entrailles de la terre.

 

Illustrations sur Gallica

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8436359d/f230.item.zoom

Le tombeau du commandeur. Source : BnF/ Gallica

Estampe. Source : BnF/Gallica

Source : BnF/Gallica

Quoi que puisse dire Aristote et toute la philosophie, il n’est rien d’égal au tabac. Source : BnF/Gallica

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Dom Juan sur le site de l’INA

Mise en scène en décors naturels par Marcel Bluwal de la pièce en cinq actes et en prose de Molière. Un des tours de force accomplis par Marcel Bluwal est sans aucun doute la transposition dans le temps de cette comédie. Il a situé l’action à une époque imprécise, tantôt au début du siècle dernier, tantôt semble-t-il à l’époque contemporaine, ce qui actualise l’action sans altérer l’oeuvre de Molière. Les paysages et les décors parfois insolites composent, pour Dom Juan, la scène même du monde. Ainsi se trouve matérialisé l’esprit « shakespearien » de la pièce : un homme s’interroge sur lui-même avec ses angoisses (source INA)

Extrait du « Dom Juan » de Molière, mis en scène par Antoine VITEZ au théâtre de la porte Saint-Martin, avec Jean-Claude DURAND dans le rôle de Dom Juan, Nada STRANCAR dans celui d’Elvire et Gilbert VILHON dans celui de Sganarelle : scène de la rupture avec Elvire (Acte I, scène 3). La pièce a été jouée dans le cadre du festival d’automne de Paris.

Dans le cadre de l’émission « Le théâtre et l’université », enregistrement en public de Dom Juan ou le Festin de pierre » au Théâtre du Palais de Chaillot, par la troupe du TNP, dans une mise en scène de Jean VILAR. Avec dans les rôles principaux Jean VILAR (Dom Juan), Daniel SORANO (Sganarelle) et Monique CHAUMETTE (Elvire). Ce découpage radiophonique (acte II supprimé) est suivi d’un débat animé par Paul Louis MIGNON, en présence de Jean VILAR et d’élèves et professeur du lycée Louis Le Grand à Paris.  Lien vers le site de l’INA 

Reportage au festival d’Avignon, composé des interviews de Jean VILAR et Georges WILSON dans la Cour du Palais des Papes. –  Interview de Jean VILAR dans la cour du Palais des Papes à Avignon (on entend les coups de marteau des monteurs du décor). Il évoque son choix de « Dom Juan » de Molière, les personnages de la pièce, la musique de scène composée par Maurice Jarre, les particularités de la pièce de Molière, le choix des costumes. Il évoque ensuite « Le Médecin malgré lui », mis en scène par Jean-Pierre Darras.  Lien vers le site de l’INA

Dossiers pédagogiques

Dom Juan, mise en scène de Jean-François Sivadier, pièce (dé)montée n° 238 – septembre 2016, dossier réalisé par Rafaëlle Jolivet Pignon et édité par Canopé Île-de-France. lien vers le site

Dom Juan, mise en scène Julie Brochen, Théâtre National de Strasbourg, 2011, lien vers le site de l’académie d’Aix-Marseille

Dom Juan, mise en scène Gilles Bouillon du CDRT, dossier réalisé par Adeline Stoffel, lien vers le site du CRDP de Reims.

Dom Juan de Molière, quelques mises en scène –  sur le site de Philippe Misandeau http://doc-plus.fr/DomJuan.htm

 

Lire aussi :

Whitton David. La mise en scène en France depuis 1960 : le cas Dom Juan. In: Cahiers de l’Association internationale des études francaises, 1994, n°46. pp. 243-257. sur le site  www.persee.fr/doc/caief_0571-5865_1994_num_46_1_1845

 

A écouter :

Louis Jouvet : « Conférences des Annales – Dom Juan » [1947]  partie 1 , partie 2

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Pierrot posthume de Théophile Gautier

22 mars 2018
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Pierrot posthume de Théophile Gautier en collaboration avec Paul Siraudin

Arlequinade en un acte et en vers, représentée pour la première fois le 4 octobre 1847 au théâtre du Vaudeville.
Distribution : 3 hommes et 1 femme
Texte intégral à télécharger gratuitement sur Libre Théâtre
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L’argument

Arlequin est amoureux de Colombine, la femme de Pierrot. Il profite de la disparition de Pierrot pour la séduire, quand Pierrot réapparaît. Mais Pierrot ne sait plus s’il est vivant ou non et ce ne sont pas les remèdes du Docteur, un épouvantable charlatan, qui vont l’aider.

Caricature de Nadar

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b105385620/f1.item

Arlequinades . Extrait de l’œuvre graphique de Nadar. Source : BnF/Gallica

Nadar a produit de très nombreuses caricatures de grands hommes de son époque. C’est pour ce projet qu’il commence à utiliser la photographie.  (Le Panthéon Nadar réunit 300 grands hommes de l’époque sur les 1 000 prévus.)

 

Pièce à l’affiche à Paris par la Compagnie JCL

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Le seul bandit du village de Tristan Bernard

4 mars 2018
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Le seul bandit du village de Tristan Bernard

Vaudeville en un acte, représenté pour la première fois sur la scène du Théâtre des Capucines, le 10 novembre 1898, édité chez Flammarion en 1899.
Distribution : 4 hommes, 2 femmes
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Argument

Un voleur introduit par une domestique doit dérober des documents dans le coffre-fort du Baron, candidat, à la députation parti à Paris. Mais la Baronne attend une visite.

Citation

« Y a rien d’aussi ennuyant que de s’introduire pour voler chez des gens qu’on ne connaît pas… On ne devrait jamais voler que chez des gens qu’on connaît… Il faut voler là où qu’on a coutume de fréquenter, et là où votre présence n’a rien d’extraordinaire. »

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b53155761b

Guyon fils. Folies-Dramatiques. Coquin de printemps : [photographie, tirage de démonstration] / [Atelier Nadar]. Guyon fils joue Arsène à la création de la pièce. Source : BnF/Gallica

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Monsieur Codomat de Tristan Bernard

25 janvier 2018
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Monsieur Codomat de Tristan Bernard

Monsieur Codomat de Tristan Bernard, comédie en trois actes, représentée pour la première fois le 17 octobre 1917 au Théâtre Antoine.
Distribution: 5 hommes, 6 femmes
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La critique de Jules Renard

Parue dans Messidor, le 19/10/1907. Source : BnF/Gallica

La nouvelle comédie de M. Tristan Bernard me paraît son plus joli tour d’adresse. Certains sujets portent l’auteur. Voici une pièce où l’auteur a d’abord, et jusqu’à la fin, le sujet contre lui. Il ne suffit pas de le traiter, il faut le vaincre. À le juger par le récit de ce qu’il fait, ce Monsieur Codomat ne serait qu’un vilain mufle. Sur la scène, ce qu’il dit le transforme, sa manière l’excuse toujours. Il finirait par avoir le rôle sympathique : c’est un mufle charmant.

Monsieur Codomat, naturel et sincère, fait ça comme ça lui vient. Aucun cynisme. Il ne s’analyse point par pose, mais pour expliquer ses scrupules, dès qu’il croit les apparences contre lui. On riait avec une légère résistance d’honnêtes bourgeois chatouilleux et la petite peur que donne l’équilibriste. Une réplique forte et ingénue de Monsieur Codomat rassurait, et le rire gêné devenait éclat de rire. Que d’écueils frôlés, caressés, nonchalamment tournés ! C’était un fin succès, de qualité extrêmement rare.

La construction de ces trois actes est simple et irréprochable. Monsieur Codomat, architecte, aurait approuvé et signé le plan qu’il garderait d’ailleurs pour lui. Monsieur Codomat, gérant d’immeubles, fait, à propos d’une fuite d’eau, une visite à sa jolie cliente Clotilde. Cette jeune femme naïve le trouve distingué, beau et bon. Il se laisse admirer, puis aimer ; il la conseille et excuse, parce qu’elle a de l’argent, sa situation irrégulière. Il reste paternel, très noble, et quand il sort du cabinet de toilette, il sait dire : «Je suis heureux de vous connaître », comme si rien ne, s’était passé.

Clotilde lui confie son argent qu’il mêle avec le sien dans un tiroir, avant de le bien placer. Mais l’amant qui paie, le jeune et riche Lafauvette, respecte aussi Monsieur Codomat. Cet énorme bourgeois les séduit tous et les écrase. Lafauvette, naïf entreteneur, guidé par ce sage, verse ponctuellement les sommes que Clotilde dépose à la caisse commune. Soudain il veut se marier. — « Vous êtes fou » dit Monsieur Codomat ; et Clotilde ? — J’aime votre fille, dit Lafauvette — C’est différent je cède, par faiblesse — Comment rompre avec Clotilde ? — Ne suis-je pas là ? – Monsieur Codomat, toujours bon, toujours beau, toujours souriant, persuade Clotilde. Elle ira se régénérer en province — « J’apportais, dit-elle, ces derniers trois mille francs de Lafauvette. — Je ne peux plus les recevoir, dit Monsieur Codomat, il faut les lui rendre. » — Lafauvette, pour se montrer digne de Monsieur Codomat, assure à Clotilde, par acte notarié, une rente de dix mille francs par an. – « Dix-mille ! c’est gentil ! agréable .surprise ! murmure Monsieur Codomat furieux et correct. » Il aura l’œil sur ce petit gendre stupide.

M. Gémier a joué ce rôle redoutable avec une intelligence, une mesure, une pudeur, une perfection qui me mettent à l’aise pour lui dire que je ne l’aimais pas beaucoup dans Terre d’Epouvante. Oui, c’est un autre genre, et il porte. Mais un acteur comme Gémier me semble aussi nécessaire à Monsieur Codomat qu’inutile à M. Roussel, vague gouverneur.

Je suis sûr que la pièce de Tristan Bernard est également jouée comme il le désire, par tous les autres interprètes, depuis. M. Gerber (Lafauvette) jusqu’à M. Baur (plombier), depuis Mlle Jameson (Clotilde, blanche et tendre comme la neige, et si crédule, si prompte à s’offrir), jusqu’à Mlle Lavigne, petite bonne qui s’occupe sérieusement de son affaire. Oui, tous ces artistes ont été dressés, spécialement pour cette comédie, par un auteur ami qui s’intéresse au sort de ses moindres personnages. Pensez-vous que le plombier, par exemple, puisse entrer, réparer un tuyau et sortir sans un mot ? M. Tristan Bernard l’arrête au passage, cause avec lui, le confesse et les deux ne se quittent qu’avec peine. Pourquoi M. Baur s’en va-t-il déjà, avec sa boîte ? Il était bien là, de la maison. Il devait avoir encore à nous dire des choses.

Jules RENARD

 

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b53049915m

Portrait de Firmin Gémier dans « Terre d’épouvante » d’André de Lorde et Eugène Morel et « Monsieur Codomat » de Tristan Bernard / dessin de Yves Marevéry. 1907; Source : BnF/Gallica

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Les deux canards de Tristan Bernard et Alfred Athis

7 janvier 2018
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Les Deux Canards de Tristan Bernard et Alfred Athis

Comédie en trois actes, représentée pour la première fois le 3 décembre 1913, au Palais-Royal.
Distribution : 13 hommes, 5 femmes
Texte à télécharger gratuitement sur Libre Théâtre
Lien vers la notice sur data.libretheatre.fr

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5472473s

Croquis d’Alfred Athis et Tristan Bernard, réalisé par Renefer, paru dans Le Monde artiste du 20 décembre 1913. Source : BnF/Gallica

 

L’argument

Les « Deux Canards », ce sont deux petits journaux ennemis, créés en vue d’une campagne électorale. Venu dans la petite ville de Valmoutiers pour y retrouver Madeleine, la jolie fille du baron de Saint-Amour, avec laquelle il a dansé le tango, Montillac s’est laissé détourner de ce flirt par Léontine, l’exubérante épouse de l’imprimeur Béjun. Il devient sous le nom de Gélidon, le rédacteur en chef du « canard » radical, la Torche, qu’édite Béjun. La Torche doit servir les ambitions de la femme de Béjun qui veut faire de son mari le prochain maire de Valmoutiers. Il doit affronter le baron de Saint-Amour, chef du parti réactionnaire.

Le baron de Saint-Amour achète le journal ennemi. Toute la rédaction suit le nouveau patron et se conforme à sa nouvelle politique, même Gélidon qui a retrouvé Madeleine et a senti se réveiller son amour pour elle. Mais Mme Béjun contre-attaque en fondant un autre organe, le Phare qui, lui, paraîtra le soir et auquel contribue également Gélidon. Montillac passe ses journées auprès de Madeleine, et écrit les articles de la Torche. Gélidon consacre ses nuits à Léontine et rédige les articles du Phare. La situation se tend entre les deux organes de presse et aboutit à un duel : Montillac et Gélidon doivent se rencontrer sur le terrain. Les témoins les prennent tour à tour l’un pour l’autre, et des amis se substituent à eux, à l’aide de lunettes d’automobile qui cachent leur visage. Au lieu de deux combattants, il y a bientôt trois adversaires en présence…

Illustrations de Marevéry

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b53129913c

[« Les deux canards » de Tristan Bernard et Alfred Athis / dessin de Yves Marevéry]. 1913. Source : BnF/gallica

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b53129939w

[Armande Cassive, Le Gallo et Marthe Debienne dans « Les deux canards » de Tristan Bernard et Alfred Athis / dessin de Yves Marevéry]. 1913. Source : BnF/Gallica

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quelques critiques à la création de la pièce

Comoedia, du 3 décembre 1913 sur Gallica
Les Hommes du jour, du 13 décembre 1913 sur Gallica

 

Le Théâtre de Tristan Bernard sur Libre Théâtre
Biographie de Tristan Bernard sur Libre Théâtre

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Biographie de Tristan Bernard

5 janvier 2018
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Biographie de Tristan Bernard

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b64054225

Tristan Bernard dessin de Paul Charles Delaroche. Source : BNF/Gallica

Tristan Bernard, de son véritable nom Paul Bernard est né à Besançon le 7 septembre 1866 dans une famille juive alsacienne. Il est né dans la même rue que Victor Hugo, la Grande-Rue,  « lui au 138 et moi, plus modestement au 23 ».

Tristan Bernard quitte Besançon pour Paris à l’âge de quatorze ans et fait ses études au lycée Condorcet, puis à la faculté de Droit. Sa carrière d’avocat est très brève. Il travaille un temps dans l’usine de son père puis collabore à partir de 1891 à la Revue Blanche. Cette revue fondée en 1889 par les frères Natanson rassemble pendant dix ans la plupart des écrivains, peintres, musiciens, hommes politiques, intellectuels les plus marquants de la fin du XIXe siècle et du début du XXème siècle.

Joueur, il mise un jour sur un cheval portant le nom de Tristan. Le cheval gagne la course, lui rapporte une importante somme d’argent : il prend alors le nom du cheval pour signer ses articles.

Passionné par le sport, il devint, en 1894, directeur sportif du Vélodrome Bussalo, et rédacteur en chef du Journal des Velocipédistes.


http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b53118862z

Tristan Bernard. (auteur) : [photographie, tirage de démonstration] / [Atelier Nadar]. Source : BnF/Gallica

En 1894, il publie en collaboration avec Pierre Veber Un recueil de fantaisies, Vous m’en direz tant ! Il rédige, seul, un journal éphémère : Le Chasseur de Chevelures (Moniteur du Possible) . En 1894 également  il publie Vous m’en direz tant son premier recueil de contes (en collaboration avec Pierre Veber). En 1895, sa première pièce, Les Pieds nickelés, remporte un grand succès, au Théâtre de L’Œuvre.

En 1904, il fait partie de la première rédaction de L’Humanité, le journal de Jean Jaurès et contribue en 1917 aux débuts du Canard enchaîné.

Tristan Bernard est aujourd’hui principalement connu pour ses bons mots. Il a écrit 21 romans, dont plusieurs romans policiers. En 1899, il publie Mémoires d’un jeune homme rangé, titre que Marguerite Youcenar féminisera pour le premier volet de son oeuvre autobiographique.

Tristan Bernard a écrit près de 70 pièces, principalement des vaudevilles fantaisistes et des comédies de mœurs.
L’anglais tel qu’on le parle a été représenté à la Comédie-Française le 1er janvier 1907, huit ans après sa création à la Comédie-Parisienne.
Lien vers le théâtre de Tristan Bernard sur Libre Théâtre

 

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b9024334x

Tristan Bernard, Homme de Lettres : photographie de presse / Agence Meurisse, 1923. Source : BnF/Gallica

Pendant l’Occupation, il se réfugie à Cannes où il vit à l’hôtel Windsor. Il est arrêté par les Allemands en 1943 et interné au camp de Drancy ; à son départ pour le camp, il a cette phrase : « Jusqu’à présent nous vivions dans l’angoisse, désormais, nous vivrons dans l’espoir. »
Il est libéré trois semaines plus tard grâce à l’intervention de Sacha Guitry et d’actrice Arletty. Il refuse une première fois sa libération, ne voulant pas laisser sa femme, Mamita ; ils sortent finalement tous les deux quelques jours après. Son petit-fils, François, arrêté comme résistant, est déporté à Mauthausen et y meurt ; Tristan Bernard ne se remettra jamais de cette disparition.

Tristan Bernard meurt à Paris le 7 décembre 1947

 

Pour en savoir plus:

Interview de Tristan Bernard. Interviewé à Deauville où il prend ses vacances Tristan BERNARD évoque des souvenirs de 1874 àTrouville. Il fait une digression sur Victor HUGO originaire comme lui de Besançon puis en revient à sa fidélité à la côte normande. Il se souvient des séjours chez Lucien GUITRY, parle de Jules RENARD et de leurs parties de poker. Il aime le sport, en particulier le golf et dit son amitié pour le boxeur Georges CARPENTIER. Sur le site de l’INA

Tristan Bernard, formidable conteur du sport, Emission L’Œil du Tigre de France inter, du 4 juin 2017, sur le site de France Inter

Tristan Bernard par Dorgelès : «Il était noble sans emphase et simple avec grandeur», Le Figaro du 7 septembre 1966.

Tristan Bernard dans le domaine public sur le Blog de Gallica

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Le théâtre de Tristan Bernard

4 janvier 2018
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Le théâtre de Tristan Bernard

Tristan Bernard est entré dans le domaine public le 1er janvier 2018. Libre Théâtre va mettre progressivement en ligne son œuvre théâtrale. En attendant le traitement des textes, vous pouvez accéder à quelques ouvrages numérisés sur Gallica ou archive.org. (Lien vers la biographie de Tristan Bernard sur Libre Théâtre)

Liste des pièces de Tristan Bernard

Les Pieds nickelés, comédie en un acte, Paris, Théâtre de l’Œuvre, 15 mars 1895, sur Gallica
Allez, messieurs ! pièce en un acte, Paris, Théâtre de l’Odéon, 13 janvier 1897
Le Fardeau de la liberté, comédie en un acte, Paris, Théâtre de l’Œuvre, 15 mai 1897, sur Gallica
Franches Lippées, comédie en 1 acte, Paris, Théâtre du Champ-de-Foire, 6 mars 1898, sur Gallica
Silvérie, ou les Fonds hollandais, pièce en un acte, en collaboration avec Alphonse Allais, Paris, Théâtre des Capucines, 19 mai 1898
Le Seul Bandit du village, vaudeville en 1 acte, Paris, Théâtre des Capucines, 10 novembre 1898, lien vers le texte et la chronique sur Libre Théâtre
Une aimable lingère, ou Chaque âge a ses plaisirs, proverbe de château, Paris, Théâtre des Mathurins, 26 janvier 1899, sur Gallica
L’Anglais tel qu’on le parle, vaudeville en 1 acte, Paris, Comédie-Parisienne, 28 février 1899, sur Gallica
Octave ou les Projets d’un mari, comédie en 1 acte, Paris, Grand-Guignol, 6 novembre 1899
La Mariée du Touring-Club, vaudeville en 4 actes, Paris, Théâtre de l’Athénée, 8 décembre 1899
Un négociant de Besançon, comédie en un acte, Paris, Théâtre des Mathurins, 25 février 1900, sur Gallica, sur Gallica

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b53130053t

[Albert Brasseur dans « Le petit café » de Tristan Bernard / dessin de Yves Marevéry]. 1912. Source : BnF/Gallica

La Petite Femme de Loth, opérette, Théâtre des Mathurins, 1er octobre 1900, sur Gallica
L’Affaire Mathieu, pièce en 3 actes, Paris, Théâtre du Palais-Royal, 24 octobre 1901
Daisy, comédie en 1 acte, Paris, Théâtre de la Renaissance, 13 mai 1902, sur Gallica
Les Coteaux du Médoc, comédie en un acte, Paris, Théâtre du Vaudeville, 2 décembre 1903, sur Gallica
Le Captif, comédie en 1 acte, Paris, Théâtre des Mathurins, 9 février 1904, sur Gallica
Triplepatte, comédie en 5 actes, avec André Godfernaux, Paris, Théâtre de l’Athénée, 30 novembre 1905 sur archive.org
La Peau de l’ours, 1 acte, Paris, Théâtre de l’Athénée, 2 février 1907
Sa sœur, pièce en 3 actes, Paris, Théâtre de l’Athénée, 7 février 1907, sur Gallica
La Cabotine, pièce en 3 actes, avec Alfred Athys, Paris, Théâtre des Nouveautés, 2 octobre 1907
Monsieur Codomat, comédie en trois actes, Paris, Théâtre Antoine, 17 octobre 1907. Lien vers le texte et la chronique sur Libre Théâtre
Les Jumeaux de Brighton, pièce en 3 actes et 1 prologue, Paris, Théâtre Femina, 16 mars 1908, sur Gallica
Le Poulailler, comédie en trois actes, Paris, Théâtre Michel, 3 décembre 1908, sur Gallica

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b53129709w/f1.item

André Brulé dans « Le danseur inconnu » de Tristan Bernard / dessin de Yves Marevéry. 1909. Source : BnF/Gallica

Le Danseur inconnu, comédie en 3 actes, Paris, Théâtre de l’Athénée, 29 décembre 1909,  lien vers le texte et la chronique sur Libre Théâtre 
Le Peintre exigeant, Paris, Comédie-Française, 21 février 1910, sur Gallica
Le Costaud des épinettes, comédie en 3 actes, avec Alfred Athis [Natanson], Paris, Théâtre du Vaudeville, 14 avril 1910. Lien vers le texte et la chronique sur Libre Théâtre
L’Incident du 7 avril, comédie en 1 acte, Paris, Théâtre de l’Athénée, 20 mai 1911, sur Gallica
Le Petit Café, comédie en 3 actes, Paris, Théâtre du Palais-Royal, 12 octobre 1911, sur Gallica, Gallica
L’Accord parfait, comédie en 3 actes, avec Michel Corday, Paris, Théâtre Femina, 25 novembre 1911, sur Gallica
On naît esclave, pièce en 3 actes, avec Jean Schlumberger, Paris, Théâtre du Vaudeville, 4 avril 1912
Les Phares Soubigou, comédie en 3 actes, Paris, Comédie Royale, 4 décembre 1912
La Gloire ambulancière, comédie en 1 acte, Paris, Comédie des Champs-Élysées, 10 mai 1913, sur Gallica
Les Deux Canards, pièce en 3 actes, avec Alfred Athis, Paris, Théâtre du Palais-Royal, 3 décembre 1913. Texte en ligne sur Libre Théâtre
Jeanne Doré, pièce en 5 actes et 7 tableaux, Paris, Théâtre Sarah-Bernhardt, 16 décembre 1913, sur Gallica
La Crise ministérielle, comédie en un acte, Paris, Comédie des Champs-Élysées, 5 mars 1914

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b53104261j

Geneviève Lantelme dans « Le costaud des Epinettes » de Tristan Bernard, Alfred Athys / dessin de Yves Marevéry. 1910. Source : BnF/Gallica

Du vin dans son eau, ou l’Impôt sur le revenu, comédie en 1 acte, Paris, Comédie des Champs-Élysées, 5 mars 1914, sur Gallica
Le Prince charmant, comédie en 3 actes, Paris, Comédie-Française, 12 juillet 1914
L’École du piston, comédie en 1 acte, Paris, Théâtre Antoine, juin 1916, sur Gallica
Le Sexe fort, pièce en trois actes, Paris, Théâtre du Gymnase, 12 avril 1917
Les Petites Curieuses, pièce en 3 actes, Paris, Théâtre des Boulevards, 1920, sur Gallica
Cœur de lilas avec Charles-Henry Hirsch, mise en scène André Brulé, Théâtre de Paris, 5 mars 1921
My Love… Mon amour, comédie en 4 actes, Paris, Théâtre Marigny, 3 février 1922
Ce que l’on dit aux femmes, Théâtre des Capucines Mai 1922
Le Cordon bleu, pièce inédite (1923)
Les Plaisirs du dimanche, comédie en 1 acte, Paris, Sporting Club, 31 mars 1925, sur Gallica
L’École des quinquagénaires, comédie en un acte, en vers, Paris, Comédie-Française, 18 avril 1925

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b53049769q

[Germain, Girier et Paul Ardot dans « Cabotine » de Tristan Bernard / dessin de Yves Marevéry]. 1907. Source : BnF/Gallica

Un perdreau de l’année, comédie en 3 actes, Paris, Théâtre Michel, 24 avril 1926, sur Gallica
Jules, Juliette et Julien, ou l’École du sentiment, comédie en 3 actes et un prologue, Paris, Théâtre de l’Œuvre, 10 mai 1929
L’École des charlatans, pièce en 4 actes, avec Albert Centurier, Paris, Théâtre de l’Odéon, 1er avril 1930, sur Gallica
Langevin père et fils, comédie en cinq actes, Paris, Théâtre des Nouveautés, 15 mai 1930, sur Gallica
Un ami d’Argentine, pièce en 4 actes, avec Max Maurey, Paris, Théâtre de l’Athénée, 5 novembre 1930, sur Gallica
Le Sauvage, comédie en quatre actes, Paris, Théâtre Tristan-Bernard, 19 février 1931
La Partie de bridge, pièce en un acte, Paris, Théâtre de la Michodière, 24 avril 1937, sur Gallica

L’ardent tirailleur, sur Gallica
Je vais m’en aller, sur Gallica
L’étrangleuse, sur Gallica
L’enlèvement d’Agathe, sur Gallica
Sketches pour la scène et la radio :  Le triomphe de la science. Expédition nocturne. Un mystère sans importance. Révélation. Le coup de Cyrano (1936) sur Gallica
Un dramaturge en plein labeur, sur Gallica
Le prétendant, sur Gallica
La sacoche, sur Gallica
Un garçon de dix-huit ans, sur Gallica
Un homme dans la maison, sur Gallica
Antoinette ou le retour du marquis, sur Gallica

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b53129913c

« Les deux canards » de Tristan Bernard et Alfred Athis / dessin de Yves Marevéry. 1913. Source : BnF/Gallica

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