A l’affiche

L’Affaire Courteline, mise en scène de Bertrand Mounier

23 mars 2018
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L’Affaire Courteline, mise en scène de Bertrand Mounier

Sept pièces courtes de Georges Courteline
du 21 mars au 29 avril 2018 à 19h et le dimanche à 15h
au Lucernaire, 53 rue Notre-Dame-des-Champs, Paris 6e

🙂 Libre Théâtre vous recommande ce spectacle

Après le pétillant Jeu de l’Amour et du hasard, la compagnie La Boîte aux lettres revient au Lucernaire pour nous inviter à partager une nouvelle création tout aussi jubilatoire : L’Affaire Courteline. À partir d’une sélection astucieuse de sept savoureuses saynètes, ce spectacle nous plonge dans l’univers de la Belle Époque, dépeint avec une cruelle ironie par Georges Courteline : des tranches de vie banales (au domicile conjugal, dans les transports, au bureau, au tribunal…) qui, sous la plume acérée de l’auteur, se convertissent en autant de situations comiques agrémentées par des dialogues hilarants. Par sa modernité, la Belle Époque est avant tout le début de la nôtre, et la critique mordante de Courteline reste toujours d’actualité.

Bertrand Mounier offre un écrin lumineux, élégant et coloré à ces saynètes grâce à une mise en scène esthétique et inventive, qui confère à l’ensemble cohérence et fluidité. Les changements de décors et de costumes se font à vue, ces transitions étant agrémentées de chansons du début du siècle ou d’aphorismes courtelinesques. Le public est immédiatement complice de cette joyeuse satire dans une atmosphère de cabaret. Les six comédiens incarnent avec talent une galerie de personnages hauts en couleur, tour à tour prétentieux, malveillants ou naïfs mais toujours ridicules. Autant de portraits d’époque qui nous renvoient à nos propres travers d’aujourd’hui.
Courez voir ce spectacle pour faire une provision de bonne humeur. Vous garderez longtemps le sourire en fredonnant ce refrain :
Amusez-vous, foutez-vous d’tout
La vie entre nous est si brève
Amusez-vous, comme des fous
La vie est si courte, après tout.

Mise en scène : Bertrand Mounier
Collaboration artistique : François Nambot
Avec : Isabelle de Botton, Salomé Villiers ou Raphaëlle Lemann, Étienne Launay, Pierre Hélie, Philippe Perrussel, Bertrand Mounier ou François Nambot

Vous pouvez explorer l’univers de Courteline sur Libre Théâtre à travers des notices thématiques et le texte intégral du théâtre de Courteline.
Lien vers les saynètes du spectacle :
Sigismond
La peur des coups
Monsieur Badin
Gros Chagrins
L’Affaire Champignon
Vieux ménage
Le Madère

 

 

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Pierrot posthume par la Compagnie JCL

22 mars 2018
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Pierrot posthume par la Compagnie JCL

19, 20 et 21 avril à 20h30
au Théâtre de Ménilmontant, 15 rue du Retrait, Paris 20ème.

 Pierrot Posthume est une arlequinade qui met en scène les personnages de la Commedia dell’arte. Le malicieux Arlequin, amoureux de Colombine, profite de l’absence du lunaire Pierrot pour la séduire et la détourner de son mariage. Mais le retour de Pierrot d’un voyage lointain vient perturber les plans d’Arlequin. Au milieu de ce trio, un Docteur farfelu cherche à vendre ses services aux deux personnages masculins prêts à tout pour avoir la main de la jolie Colombine. Une comédie en vers, dans un monde chaotique et fantastique, comme un conte moderne.

Mise en scène : Alexis Sequera
Avec :
Clara Artur-Vaude
Elie Boissière
Ben Popincourt
Theo Tordjman

Pour réserver : https://www.menilmontant.info/ 

Lien vers le texte intégral sur Libre Théâtre

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Un mari idéal d’Oscar Wilde

24 février 2018
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Un mari idéal d’Oscar Wilde

Tous les vendredis à 19h45 à la Comédie Saint Michel
95, Boulevard Saint-Michel, 75005 Paris

🙂 Libre Théâtre vous recommande

Homme politique respecté à l’avenir prometteur, Sir Robert Chiltern est aux yeux de tous un homme exemplaire, et aux yeux de sa femme un mari idéal. Mais sa brillante carrière et son beau mariage reposent sur un péché originel resté secret jusque là. Une femme machiavélique découvre qu’il a bâti sa fortune grâce à une malversation financière, et entend bien le faire chanter, en le menaçant de ruiner sa réputation.

À partir de cette intrigue qui pourrait être celle d’une tragédie, Oscar Wilde nous livre une comédie aux accents étrangement modernes, qui font écho à l’actualité d’aujourd’hui. Il fait craquer le vernis de la bonne société anglaise, en dénonçant l’hypocrisie et l’affairisme de l’ère victorienne. Lord Arthur Goring, le dandy qui tire les ficelles de cette comédie humaine, est à l’évidence le double d’Oscar Wilde lui-même. Pour la plus grande joie du public, portant un regard ironique mais bienveillant sur les marionnettes qui l’entourent, il distille mots d’esprits et aphorismes, dont beaucoup sont déjà devenus des classiques. Un peu à la manière de Zorro, puisque son action de justicier restera inconnue de son père et de ses pairs, qui le tiennent pour un oisif et un doux rêveur, c’est le véritable héros de cette histoire dont la morale finalement très sage est qu’il faut pardonner les péchés lorsqu’ils sont avoués, et que la tolérance à l’égard des faiblesses de chacun vaut mieux que la dictature des fausses vertus. Un thème qui rappelle le débat actuel sur les limites de la quête de transparence lorsqu’elle se transforme en chasse aux sorcières conduite par des Tartuffes. Une jolie comédie à la fois politique et romantique, servie par une jeune troupe pleine de talent et d’enthousiasme.
Critique de Jean-Pierre Martinez

Mise en scène : Cathy Guillemin

Avec en alternance : Edouard Licoys, Audrey Morin, Maxime Seynave, Laure Loaëc, Cédric Obstoy, Laurent Dubesset, Victoria Blanc, Isabelle Duvernois, Pavlina Novotny, Oscar Voisin, Aila Navidi, Laetitia Franchitti, Samuel Carpentier, Colombe Leroy

 

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Dans la peau de Don Quichotte, par la Cordonnerie, au Nouveau Théâtre de Montreuil

26 janvier 2018
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Dans la peau de Don Quichotte, par la Cordonnerie

du Vendredi 1 juin 2018 au Samedi 9 juin 2018
Théâtre des Abbesses
31 rue des Abbesses, 75018 Paris
à 15h ou 19h30. Tél : 01 42 74 22 77.

🙂 Libre Théâtre vous recommande ce spectacle

Nos rêves sont plus beaux que la réalité. Mais prendre ses rêves pour des réalités peut conduire à la folie. Il y pourtant une certaine grandeur à ne pas accepter les choses telles qu’elles sont, et à défaut de pouvoir changer le monde, de changer de point de vue sur le monde. C’est le propos du roman de Cervantès, et c’est aussi celui de ce drôle de spectacle, mêlant théâtre, musique et cinéma, comme une autre façon d’interroger la notion de réel. Par cette malicieuse interaction entre différents médias, c’est en effet la convention même du théâtre qui est remise en cause, de façon très ludique. Comme aux premiers temps du cinéma muet, des musiciens accompagnent en « live » l’action qui se déroule sur l’écran, et des comédiens doublent en direct les voix des acteurs du film. Avec ce spectacle burlesque, on n’est pas loin d’un univers à la Tati. Jusqu’au moment où les personnages du film sortent de l’écran, prenant ainsi une autre réalité, pour finalement y retourner afin de vivre leurs impossibles rêves, pour reprendre le titre de la chanson de Brel, qui lui-même incarna Don Quichotte. Faire de ses rêves des réalités, n’est-ce pas aussi le projet de toute forme artistique, et donc celui du spectacle vivant ? Un spectacle, en tout cas, qui nous fait rêver. Et qui vous fera mourir de rire. Quand on est amoureux d’une psychiatre, le meilleur moyen de la revoir n’est-il pas de devenir fou ? À ne manquer sous aucun prétexte.

Critique de Jean-Pierre Martinez

 

Un ciné-spectacle de Métilde Weyergans et Samuel Hercule (texte, réalisation, mise en scène) d‘après l’oeuvre de Cervantès
Musique originale Timothée Jolly et Mathieu Ogier

Avec : Philippe Vincenot, Samuel Hercule, Métilde Weyergans, Timothée Jolly, Mathieu Ogier
Et, à l’écran : Ava Baya, Jean-Luc Porraz, Anne Ferret, Michel Le Gouis, Nicolas Avinée, Xavier Guelfi, Pierre Germain, Constance Chaperon, Alexis Corso, Grégoire Jeudy…
Assistants réalisation : Grégoire Jeudy, Damien Noguer
Chef opérateur : Lucie Baudinaud
Chef décorateur : Dethvixay Banthrongsakd
Chef costumier : Rémy Le Dudal
Montage : Gwenaël Giard Barberin
Direction de production tournage : Lucas Tothe
Création sonore : Adrian’ Bourget
Création lumière : Soline Marchand
Construction machinerie : les Artistes Bricoleurs Associés
Assistante à la mise en scène : Pauline Hercule
Régie son : Adrian’ Bourget / Eric Rousson
Régie générale : Sébastien Dumas
Régie plateau : Frédéric Soria / Pierrick Corbaz
Production, Administration : Anaïs Germain et Caroline Chavrier

Production : La Cordonnerie

 

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Buzz – Ramdam au Nouveau Théâtre de Montreuil

16 janvier 2018
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Buzz – Ramdam au Nouveau Théâtre de Montreuil

du 16 au 24 janvier 2018 (à 20h ou 20h30)
salle Maria Casarès, 63 rue Victor Hugo, Montreuil-sous-Bois

🙂 Libre Théâtre vous recommande

Plus que tout autre art peut-être, le théâtre a ses codes. Et le « théâtre contemporain », en prétendant libérer le spectacle de ces codes, ne fait qu’en générer d’autres, qui constituent bien vite un nouveau carcan, provoquant un effet de répétition. À peine inventées, les « nouvelles dramaturgies », déjà obsolètes, imposent un nouvel académisme. Le destin du théâtre, comme celui de tous les autres arts, est de se caricaturer lui-même. En permanence, le spectacle vivant est ainsi menacé de mort. C’est pourquoi, afin de continuer à exister, il doit se réinventer encore et toujours, sans perdre pour autant ce qui fait l’essence même du théâtre : une relation immédiate avec le spectateur. C’est tout le propos de cette « conférence » loufoque qui a pour but, au prétexte de réanimer le théâtre par un électrochoc, de le dynamiter. Attention, donc, aux éclats de rire. Car ces trois Belges ne respectent vraiment rien. Avec l’avènement d’internet et de la connexion universelle, le spectacle vivant a-t-il encore un sens et le théâtre un avenir ? Avec ces garnements, on a envie de répondre oui. Ils réussissent au moins l’exploit de faire vibrer à l’unisson un public très divers. Le théâtre est une communion. Mais il ne doit jamais devenir une messe. Un spectacle réjouissant, à ne pas manquer.

Critique de Jean-Pierre Martinez

Avec Cédric Coomans, Jérôme Degée, Jean-Baptiste Szezot
Spectacle de Cédric Coomans, Jérôme Degée, Julie Remacle, Jean-Baptiste Szezot
Production et assistanat général Julie Remacle
Régie générale Isabelle Deer, Nicolas Marty

Dans le cadre de l’Âge des possibles, temps fort autour de la nouvelle génération au Nouveau Théâtre de Montreuil du 16 janvier au 16 février 2018.

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Cabaret dans le ghetto d’après Wladyslaw Szlengel

13 janvier 2018
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Cabaret dans le ghetto d’après Wladyslaw Szlengel

d’après Ce que je lisais aux morts de Wladyslaw Szlengel
Adaptation et mise en scène de Justine Wojtyniak
Du 8 au 27 janvier 2018, de lundi à samedi à 20h30 et samedi à 16h
Théâtre de l’Épée de bois, Cartoucherie, Paris 12ème

 

🙂 Libre Théâtre vous recommande

Il y a mille et une raisons d’aller découvrir Cabaret dans le ghetto au Théâtre de l’Epée de bois.
Ce spectacle est tout d’abord une extraordinaire leçon d’histoire sur la vie dans le ghetto de Varsovie, à travers le regard d’un poète et chroniqueur caustique, Wladyslaw Szlengel. Justine Wojtyniak, la narratrice qui met également en scène le spectacle, nous raconte l’histoire du recueil de poèmes, intitulé Ce que je lisais aux morts, enterré avec d’autres écrits et souvenirs d’habitants du ghetto, pour constituer des archives. Ces textes poétiques, émouvants, terriblement lucides mais également provocateurs, constituent un témoignage extraordinaire, plein d’humanité et de vie. Ces écrits sont comme des bouteilles lancées à la mer par un naufragé qui croit encore à sa survie, mais surtout au pouvoir de la transmission et du souvenir.

Cabaret dans le ghetto constitue également un superbe objet théâtral, mêlant à ces textes étonnants des musiques et chorégraphies originales pour donner à entendre la voix libre de Wladyslaw Szlengel. Stephano Fogher, comédien musicien, et Gerry Quévreux, comédien danseur, incarnent les diverses facettes de Wladyslaw Szlengel et transmettent avec talent le message du poète  : l’élégance, la poésie et l’intelligence sont des actes de résistance et triompheront de la barbarie.

Un superbe spectacle, nécessaire, pour ne jamais oublier.

Auteur : Władysław Szlengel (Ce que je lisais aux morts )
Traduction du polonais : Jean-Yves Potel et Monika Prochniewicz, édition Circé, 2017
Adaptation et mise en scène : Justine Wojtyniak
Avec:  Gerry Quévreux (le poète), Stefano Fogher (le musicien), Justine Wojtyniak (la femme polonaise) et les voix d’Halina Birenbaum et d’Armel Veilhan
Dramaturgie : Armel Veilhan
Musique, composition et interprétation : Stefano Fogher
Chorégraphie:  Gerry Quévreux
Scénographie/Lumières : Sébastien Lemarchand (JTN)
Production :  Compagnie Retour d’Ulysse (site web)

 

Pour réserver : site du Théâtre de l’Épée de Bois 

A écouter également La marche de l’histoire consacrée à Emanuel Ringelblum et aux archives du ghetto de Varsovie sur le site de France inter

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Feydeau(x), mise en scène de Thierry Harcourt

27 novembre 2017
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Feydeau(x), mise en scène de Thierry Harcourt

Trois pièces en un acte de Georges Feydeau  : Amour et Piano, Par la fenêtre, Fiancés en herbe.
Au Lucernaire jusqu’au 21 janvier 2018, du mardi au samedi à 20 heures, le dimanche à 17 heures
53, rue Notre-Dame-des-Champs 75006 Paris

🙂 Libre Théâtre vous recommande

Au Lucernaire, six jeunes comédiens talentueux donnent vie à trois courtes pièces assez peu jouées de Feydeau, écrites alors qu’il n’avait qu’une vingtaine d’années : Amour et Piano, Par la fenêtre et les Fiancés en herbe. Pièces de jeunesse, donc, mais aussi pièces sur la jeunesse. Comme la pianiste débutante de la première saynète, Feydeau fait ses gammes. Mais il est déjà au sommet de son art, qu’il développera aussi dans des comédies plus longues. Des passions enfantines jusqu’aux scènes de ménage, en passant par les premiers badinages, Feydeau esquisse un tableau de l’amour qui, au-delà de son apparente légèreté, est empreint d’une cruelle ironie, quand une jeune fille à marier, par exemple, reçoit chez elle un homme qu’elle prend pour un professeur et qui la prend pour une demi-mondaine. Quiproquo, adultère, jalousie, naïveté… Tous les ressorts du vaudeville sont mis à contribution pour un divertissement complet, prenant parfois des allures de comédie musicale, puisque la musique et la danse sont aussi convoqués pour notre plus grand plaisir. Sous la direction de Thierry Harcourt, les six comédiens nous donnent à entendre avec grâce les dialogues brillants et hilarants d’un auteur en herbe appelé à devenir le maître absolu du théâtre de boulevard.

Un spectacle réjouissant et rafraichissant à ne pas manquer.

Amour et piano avec
Laurence  Facelina (Lucile)
Louis-Victor Turpin (Édouard)
Sébastien Baulain ou Marc Maurille (Baptiste)

Par la fenêtre avec
Mathilde Hancisse (Emma)
Sébastien Baulain OU Marc Maurille (Hector)

Fiancés en herbe avec
Nina Poulsen (Henriette)
Basile Aaïmalaïs ou Antoine Paulin (René)

Tout le théâtre de Georges Feydeau est sur Libre Théâtre.
Lien vers Amour et pianoPar la fenêtreFiancés en herbe

Vous pouvez également explorer l’univers de Feydeau à travers les articles suivants :

Biographie de Georges Feydeau
Les ressorts comiques du langage chez Feydeau
La politique dans les pièces de Feydeau
Les progrès techniques dans les pièces de Feydeau
Le vaudeville et Feydeau (à travers deux articles de Feydeau).

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Les Autres de Jean-Claude Grumberg, mise en scène de Jean-Louis Benoit

26 novembre 2017
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Les Autres de Jean-Claude Grumberg, mise en scène de Jean-Louis Benoit

Théâtre de l’Epée de Bois – Cartoucherie, Route du Champ de Manoeuvre. 75012 Paris
Du 23 novembre au 23 décembre 2017,  du jeudi au samedi à 20h30, Samedi et dimanche à 16h00

🙂 Libre Théâtre vous recommande

Comme « Les Envahisseurs » de la célèbre série américaine, « les autres » sont déjà parmi nous. Chez nous. Dans notre famille. Voire aussi en nous-mêmes. Cette altérité si proche et si lointaine nous fascine autant qu’elle nous effraie, dans une étrange dialectique entre le désir mimétique et la peur de l’aliénation. L’autre, c’est bien sûr l’étranger. Mais c’est aussi le différent : l’homosexuel, le communiste, le juif… L’autre, c’est l’inconnu. Ce qu’on ne maîtrise pas, jusque dans son propre inconscient. L’autre, pour l’homme, c’est donc aussi la femme. Ou l’enfant. Tout ce qui n’est pas soi. L’autre est un paradoxe : on ne peut pas vivre sans lui, mais on craint de s’y perdre. Quant à tuer en nous la part de l’autre, c’est se tuer soi-même. Les quatre saynètes constituant la pièce de Jean-Claude Grumberg abordent avec un humour cruel un thème éternel, dont le racisme n’est qu’une des nombreuses facettes. Aujourd’hui comme hier, la haine de l’autre, c’est toujours la haine de soi. L’interprétation généreuse des cinq comédiens, sans nous rendre sympathiques ces personnages incarcérés dans une identité fantasmatique et mortifère, nous fait entrevoir leur souffrance et leur désespoir. On aurait aimé, cependant, que Grumberg ne nous dépeignent pas ces « ennemis de l’autre » comme des « autres » absolus, justement, des épouvantails qui finalement nous rassurent tant ils sont différents de nous. Son propos eût été sans doute encore plus fort si, en donnant un peu plus d’humanité à ces « salauds » (racistes, homophobes, antisémites…), il avait souligné davantage la part d’intolérance qui sommeille en chacun de nous. Le ventre est toujours fécond d’où a surgi la bête immonde. Et ce ventre est aussi le nôtre. Une pièce toujours d’actualité…
Critique de Jean-Pierre Martinez

 

Auteur : Jean-Claude Grumberg
Mise en scène : Jean-Louis Benoit
Avec Philippe Duquesne, Nicole Max, Pierre Cuq, Stéphane Robles, Antony Cochin
Collaboration artistique : Laurent Delvert
Scénographie : Jean Haas
Lumières : Jean-Pascal Pracht
Costumes : Marie Sartoux

 

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Une longue peine par la Compagnie des Hommes

18 novembre 2017
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Une longue peine par la Compagnie des Hommes

Spectacle actuellement en tournée
Dates sur le site de la Compagnie des Hommes

Crédit : Emilia Stéfani-Law

🙂 Libre Théâtre vous recommande

« Une longue peine » est une proposition théâtrale de La Compagnie des Hommes, distillée comme un alcool sous la prohibition à partir des témoignages bouleversants de quatre anciens détenus ayant purgé de longues peines de prison, et de la femme de l’un d’entre eux, qui l’a accompagné au parloir pendant toute la durée de sa détention. Il est difficile de parler de ce spectacle, mettant en scène de vrais ex-détenus rejouant sur la scène le drame de l’incarcération qu’ils ont vécu dans leur chair. Les comédiens, habituellement, n’interprètent pas leur propre rôle. Une vie en prison. Pourquoi ? Comment ? Par la voix des détenus, le spectacle parle plutôt, et de façon poignante, du comment. La brutalité de la police. L’absurdité de la justice. La cruauté de l’administration pénitentiaire. Comment on arrive en prison. Comment on tente d’y survivre. Comment on en sort. Comment on y retourne. Comment on peut enfin s’en sortir. Par la parole, justement. Ou par l’écriture. Le spectacle est suivi d’un échange avec le public. Et c’est lors de ce véritable deuxième acte qu’on entrevoit le pourquoi. La prison tend à la société le miroir terrifiant de sa propre injustice. De sa propre inhumanité. Certains de ces détenus ont vécu enfermés dès leur naissance. La centrale n’est qu’une prolongation naturelle d’un huis clos familial misérable, inévitablement suivi de séjours en maisons de correction. D’autres finissent en prison pour n’avoir pas voulu vivre dehors en esclaves, comme leurs parents. Ils écopent d’une longue peine pour avoir refusé d’aller au chagrin. Ils finissent à la case prison pour avoir préféré braquer la banque, plutôt que de tirer une carte chance au tabac du coin. On découvre alors que ces anciens détenus, sur la scène, malgré les horreurs qu’ils ont traversées, sont des hommes libres. Qu’ils l’ont toujours été. Plus que beaucoup de ceux qui dans la salle les regardent et les interrogent, enfermés eux-mêmes dans leur prêt à penser, dans leurs préjugés, et dans leurs prétendus bons sentiments. Il faut parfois beaucoup de souffrance pour faire surgir en l’homme ce qu’il a de meilleur. Loin de se présenter seulement comme les victimes d’un système inique, ces anciens détenus assument leurs parcours, leurs erreurs et leurs errances. Ils ne regrettent rien. Ni le bien, ni le mal. Ils demandent seulement un peu d’humanité à leurs juges et à leurs gardiens. Une expérience théâtrale et humaine dont vous ne sortirez pas indemne. À ne manquer sous aucun prétexte.
Critique de Jean-Pierre Martinez

Avec  : André Boiron, Annette Foëx, Eric Jayat, Alain Pera, Louis Perego

Mise en scène : Didier Ruiz
Assistante : Mina de Suremain
Lumière : Maurice Fouilhé
Son : Adrien Cordier
Images :  Adrien Cordier et Alain Pera

Lien vers le site de la Compagnie des Hommes

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Une aventure théâtrale, 30 ans de décentralisation, film documentaire de Daniel Cling

14 novembre 2017
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Une aventure théâtrale, 30 ans de décentralisation, film documentaire de Daniel Cling

Sortie en salle le 10 janvier 2018

🙂 Libre Théâtre vous recommande

Mêlant harmonieusement images d’archives et interviews, ce documentaire nous raconte une formidable aventure humaine au lendemain de la deuxième guerre mondiale : comment des troupes se sont constituées un peu partout sur le territoire français, bravant les difficultés économiques, pour s’adresser, hors de Paris, à des publics qui n’étaient jamais allés au théâtre et contribuer ainsi à retisser du lien. Contrairement à ce que pourrait supposer le sous-titre, ce film n’est pas un exposé didactique sur la politique culturelle de l’après-guerre, mais bien une épopée humaine, à hauteur d’hommes et de femmes, réunis par le plaisir de jouer et de faire partager leur passion au plus grand nombre.

Le film nous invite à de merveilleuses rencontres initiées par Philippe Mercier : metteurs en scène et comédiens, pionniers ou héritiers de cette extraordinaire aventure, ils nous font partager leurs souvenirs, avec enthousiasme et gaieté. Récits, réflexions mais aussi anecdotes se mêlent pour raconter 30 ans d’histoire théâtrale et sociale. Le foisonnement des initiatives conduit à la création des premiers centres dramatiques nationaux et à la nomination de jeunes comédiens à la tête de troupes issues du théâtre amateur. Dans les années 60, une nouvelle étape est franchie avec le développement des Maisons de la culture grâce à l’action d’André Malraux et des initiatives dans les banlieues. Cette glorieuse époque s’achève avec le triomphe des metteurs en scène « créateurs » et la disparition progressive de l’esprit de troupe, suivant ainsi le mouvement général de l’individualisation de la société.

Un documentaire passionnant et émouvant à ne pas manquer dès sa sortie.


Réalisateur : Daniel Cling

Avec (par ordre alphabétique) : Robert Abirached, Françoise Bertin, Roland Bertin, Emile Biasini, Catherine Dasté, Jean Dasté, Sonia Debeauvais, Pierre Debauche, Général de Gaulle, Aristide Demonico, Jacques Fornier, Gabriel Garran, Hubert Gignoux, Georges Goubert, JeanLouis Hourdin, Evelyne Istria, Jacques Kraemer, JeanFrançois Lapalus, Jacques Lassalle, Jeanne Laurent, René Loyon, André Malraux, Philippe Mercier, Gabriel Monnet, Guy Parigot, Roger Planchon, Jack Ralite, Guy Rétoré, Isabelle Sadoyan, Maurice Sarrazin, Christian Schiaretti, Bernard Sobel, André Steiger, Arlette Téphany, Pierre Vial, Jean Vilar, Hélène Vincent, Jean-Pierre Vincent, Antoine Vitez.

Montage : Anne-Marie Leduc
Image : Guillaume Martin, Jacques Besse, Damien Fritch
Musique : Jonathan Harvey
Son : Nicolas Joly, Thomas Perlmutter, Emmanuelle Sabouraud, Eric Tayné, Samuel Mittelman
Productrice : Céline Loiseau
Coproduit par : Josiane Schauner, Olivier Bourbeillon
Producteurs associés : Miléna Poylo & Gilles Sacuto
Une production TS Productions et l’Union des Artistes, en coproduction avec Bix Films, Paris-Brest Productions, avec la participation de Vosges Télévision et Rennes Cité Média et le soutien  de l’Adami,  d’Audiens et du Ministère de la culture. Avec l’aide du Centre national du cinéma et de l’image animée.

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