Spectacles qui sont ou ont été à l’affiche. Certains de ces spectacles font l’objet de recommandations de Libre Théâtre.

Mousse par la Compagnie Scratch

Mousse par la Compagnie Scratch. Avec Mousse, la Compagnie Scratch nous propose un "solo à deux", dans lequel le jonglage fait la part belle à l'humour, au burlesque, à l'absurde et à la poésie. Dans un monde où la concurrence, la course à la performance et la quête illusoire de la perfection s'impose à chacun de nous comme un dogme, ce réjouissant spectacle, fait avec presque rien, est une ode à la créativité et à l'amitié. Il rappelle à nos enfants qu'ils ont droit à l'erreur, et qu'il existe toujours une deuxième, une troisième ou même une quatrième chance, pour peu que les jugements définitifs laissent place à la bienveillance et aux encouragements.

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Le Jeu des ombres de Valère Novarina mise en scène de Jean Bellorini

Le Jeu des ombres de Valère Novarina mise en scène de Jean Bellorini Le Jeu des Ombres est un spectacle à la fois théâtral et musical, qui met en résonance et, si l'on peut se permettre ce néologisme, en « raisonance », le verbe poétique de Novarina et la musique lyrique de Monteverdi, autour du mythe éternel d'Orphée, pour nous proposer une rêverie philosophique sur la condition humaine, d'abord caractérisée par la conscience de l'inéluctabilité de la mort, sur le sens de la vie, et finalement sur Dieu. C'est parce qu'il ne résiste pas à l'envie de voir et de savoir qu'Orphée doit finalement abandonner Eurydice aux enfers, tout comme ce même désir de connaissance conduit Adam et Ève à être chassés du paradis terrestre pour connaître l'enfer sur la Terre. Le sentiment tragique de la vie est en effet lié à ce besoin irrépressible de comprendre un monde qui nous reste pourtant à jamais absurde. La mise en scène très abstraite, presque graphique, de Jean Bellorini, soulignant la poignante humanité des interprètes, jette un pont symbolique entre la partition textuelle de Novarina et celle musicale de Monteverdi. Un spectacle aux allures de cérémonie, fait pour ébranler toutes nos certitudes, et dont on ne sort pas indemnes. Un rendez-vous à ne pas manquer.

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L’Âge d’Or de Georges Feydeau par la Compagnie IntraMuros & Cie

L'Âge d'Or de Georges Feydeau par la Compagnie IntraMuros & Cie. Cette comédie surprenante de Feydeau est rarement représentée. Il faut dire que le texte original ne compte pas moins de neuf tableaux. La troupe IntraMuros & Cie relève ce défi avec succès, en resserrant les épisodes et en proposant un spectacle joyeux et délirant. Un spectacle qui fait du bien par les temps qui courent.

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Parfum de femme par la Cie Gérard Vantaggioli

Parfum de femme par la Cie Gérard Vantaggioli Parfum de femme, le roman de Giovanni Arpino, est d'abord célèbre pour avoir été porté à l'écran par Dino Risi, avec Vittorio Gassman dans le rôle principal. Gérard Vantaggioli nous en propose ici une truculente adaptation théâtrale, qui joue avec les codes du cinéma, en nous replongeant dans l'univers de la comédie picaresque à l'italienne. Un jeune conscrit doit malgré lui servir de guide à un vieux capitaine aveugle pour ce qui pourrait être son dernier voyage. Le ressort tragi-comique repose avant tout sur l'opposition de ces deux personnages : le maître à la fois séducteur et misanthrope, et son valet un peu naïf, qui en apprendra un peu plus sur la vie au cours de ce voyage tourmenté à l'issue inattendue. Un beau spectacle, très bien servi par une distribution remarquable, avec notamment l'excellent Jean-Marc Catella, très crédible dans ce personnage de vieux Don Juan cynique et désespéré, immortalisé par Gassman, et Vanessa Aiffe-Ceccaldi, qui interprète avec bio à elle seule tous les rôles féminins de la pièce.

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Les souffrances de Job par la Compagnie DERAÏDENZ

Les Souffrances de Job, pièce d’Hanokh Levin tirée du récit biblique Le Livre de Job, nous interroge sur la justification philosophique de la souffrance. La compagnie Deraïdenz s’est emparée avec virtuosité de ce texte puissant, en nous invitant à un voyage au cœur des ténèbres de notre inconscient collectif, dans un monde terrifiant peuplé de créatures effrayantes. Costumes, masques, marionnettes, machinerie, musique, lumière... tout concourt à nous plonger dans une atmosphère fantastique, avec la composition de tableaux d’une grande beauté plastique. L’humour caustique, l’ironie grinçante et les figures grotesques contribuent à donner davantage d’humanité à cette fable tragique.

Les souffrances de Job par la Compagnie DERAÏDENZ
Crédit photo Serge Gutwirth
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Tango Neruda mise en scène de Serge Barbuscia

Libre Théâtre vous recommande Tango Neruda mise en scène de Serge Barbuscia. On connaît tous le poème de Rimbaud intitulé Voyelles, qui fait correspondre à chaque son une couleur, ou encore celui de Baudelaire Correspondances : "Les parfums, les couleurs et les sons se répondent". Et c'est bien ce principe magique de synesthésie que célèbre le merveilleux spectacle que nous propose Serge Barbuscia, dont c'est d'ailleurs la marque de fabrique. C'est ici le tango popularisé par Gardel, la musique de Piazzolla, la peinture de Picasso, et la poésie de Neruda qui dialoguent, qui s'interpellent et qui se répondent, en un tourbillon parfaitement réglé de rimes plastiques et de rythmes poétiques. Débarrassé du folklore qui l'encombre parfois, le tango se fait intemporel pour atteindre au statut d'une musique et d'une danse classiques. Les mots de Neruda s'emparent de l'interprète plus qu'il ne s'en empare. Il danse la poésie tout autant qu'il la scande. Les encres de Picasso s'animent sous nos yeux pour faire leur cinéma. Le tango est une corrida, et la corrida un tango. C'est aussi l'Espagne, l'Argentine, le Chili et l'Italie qui s'enlacent et s'entrelacent dans cette œuvre absolument collective. Un spectacle total, à ne manquer sous aucun prétexte.

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Dans la solitude des champs de coton mise en scène d’Alain Timár

Dans la solitude des champs de coton mise en scène d'Alain Timár. Il y a bien des genres de théâtre. Celui de Koltès n'appartient à aucun. C'est de la poésie, et c'est pourtant au plus haut point dramatique. Si le style, c'est l'homme, celui de Koltès est unique. Parfois imité, jamais égalé, comme dit une célèbre publicité. Et justement, ici, il s'agit de vendre et d'acheter. Quoi ? Cet obscur objet du désir. De la drogue, du sexe, une marchandise... Ce qu'on voudra et ce qu'on peut donner, peu importe. Ce qui compte c'est moins de satisfaire son désir que de continuer à le faire vivre. Parce que la mort du désir, c'est la mort tout court. Nous avions vu la mise en scène de cette pièce par Chéreau en 1995 à la Manufacture des Œillets d'Ivry-sur-Scène. Le parti-pris d'Alain Timár est bien différent, mais tout aussi passionnant. Un décor de terrain vague. Un voyou en veste de cuir noir et un cadre en costume, magistralement incarnés par deux comédiens habités. Un no man's land où deux solitudes vont se croiser sans vraiment se rencontrer. Un corps-à-corps presque sans violence mais aussi sans amour, rythmé par les roulements saccadés d'une batterie. Si comme le dit Koltès, et contrairement à l'adage, ce qui fait l'homme c'est l'habit, au final, les coutures de ce spectacle resteront invisibles. Et c'est sans doute cela qui en fait la puissance poétique et dramaturgique. À voir absolument. Critique de Jean-Pierre Martinez

Dans la solitude des champs de coton mise en scène d’Alain Timár
© Thomas O’Brien
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L’illusion conjugale d’Eric Assous mise en scène d’Alain Illel

L'illusion conjugale d'Eric Assous mise en scène d'Alain Illel. Sur le thème éternel du mari, de la femme et de l'amant, Éric Assous nous propose un marivaudage contemporain et doux-amer en forme de jeu de la vérité. Un couple peut-il durer sans une certaine dose de mensonge ? En matière d'adultère, la qualité est-elle pire que la quantité ? Est-il plus grave de tromper son mari avec un inconnu ou avec son meilleur ami ? Quand c'est la femme qui couche avec la bonne, peut-on encore parler d'adultère ? Voilà quelques-unes des questions auxquelles cette comédie très bien construite et pleine de rebondissements s'efforce de ne pas répondre, mais toujours avec beaucoup d'humour. Sans doute une des meilleures pièces de cet auteur qui hélas vient de nous quitter prématurément, brillamment interprétée par trois comédiens de talent mis en scène par Alain Illel. À ne pas manquer pendant cette Semaine d'Art en Avignon, au Théâtre de la Porte Saint Michel.

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Bar & Nunzio de Spiro Scimone

Libre Théâtre vous recommande Bar & Nunzio de Spiro Scimone Captivante lecture hier à l'Atelier Florentin, par Salvatore Caltabiano et Jean-Marc Catella (Dorothée Leveau aux didascalies) de deux textes de Spiro Scimone : Bar et Nunzio. L'occasion pour les spectateurs, dans cet écrin intime de l'Atelier Florentin, de découvrir l'univers dramatique si particulier de cet auteur sicilien méconnu en France. Une dramaturgie principalement axée sur la bouleversante humanité de ces personnages presque marginaux à nos yeux, et pourtant si réels, qu'on peut rencontrer dans les bars populaires en Sicile, ou au coin de la rue à Avignon et ailleurs. En ces temps de repli sur soi et de paranoïa sécuritaire, ce Clan des Siciliens, puisque les deux comédiens sont aussi originaires de Sicile, nous a offert une tranche d'humanité, à partager ensemble. Cette lecture s'inscrit dans le cadre de la Semaine Italienne qui se tient à Avignon jusqu'au 18 octobre. 

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La Semaine d’Art en Avignon au Théâtre de la Porte Saint-Michel

À l'occasion de la Semaine d'Art en Avignon, la Fédération des Théâtres Indépendants d'Avignon propose Indépendance(s)!, le rendez-vous des théâtres indépendants d'Avignon, du 22 octobre au 1er novembre. Le Théâtre de la Porte Saint Michel accueille les spectacles suivants : L'illusion conjugale, UN ENFANT de notre temps, La pluie tombe sans penser à mal, LA BELLA VERITÀ, RESPIRE ou l'Histoire déjantée de la bicyclette, Le Je de l'Ego, Voyageuse, FANNY CAIN "WORLD BLUES"

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