Le théâtre d’Edmond Rostand

Le théâtre d’Edmond Rostand

9 avril 2017
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Le théâtre d’Edmond Rostand

Tout le théâtre d’Edmond Rostand est disponible sur Libre Théâtre. 

Cyrano de Bergerac (1897)

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8528775g

Constant Coquelin dit aîné créateur de Cyrano. Source : BnF/ Gallica

Comédie héroïque en cinq actes et en vers, représentée pour la première fois le 28 décembre 1897, au Théâtre de la Porte-Saint-Martin, à Paris. Une superbe histoire d’amour et un monument du théâtre français.

Libre Théâtre permet de découvrir quelques trésors autour de cette pièce et notamment le premier film sonore en couleur de l’histoire du cinéma avec Coquelin, le créateur de Cyrano en 1897. 

Lien vers le texte intégral, les illustrations, les vidéos à propos de Cyrano de Bergerac sur Libre Théâtre

 

 

 


L’Aiglon (1900)

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8438752h/f3.item

Sarah Bernhardt dans l’Aiglon. Source : Bnf/Gallica

L’Aiglon est le fils de Napoléon Ier et de Marie-Louise d’Autriche. Le spectre héroïque de son père hante et écrase le jeune homme, idéaliste et rêveur. Il hésite à s’enfuir de la cour d’Autriche car il ne se sent pas prêt. Quand il est enfin convaincu par Flambeau, un ancien grognard de l’armée napoléonienne, de fuir l’Autriche pour rejoindre Paris, il est arrêté. Malade et affaibli par l’échec, il meurt à vingt-et-un ans, au Palais de Schönbrunn. 

La pièce a originellement été créée le 15 mars 1900 au Théâtre Sarah-Bernhardt avec, dans le rôle de l’Aiglon, Sarah Bernhardt (costumée en homme). La pièce fut jouée sans interruption du 15 mars au 30 octobre 1900 et partit en tournée en France et à l’étranger, notamment aux Etats-Unis. 

Lien vers le texte intégral et les illustrations de l’Aiglon sur Libre Théâtre.


Chantecler (1910)

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b9005237k

Les Animaux de Chantecler. A ffiche de Daniel de Losques en 1910. Source : BnF/Gallica

Une très belle fable poétique, lyrique et allégorique où par le truchement des animaux, tous les défauts humains sont raillés : la vanité, l’ambition, la jalousie, le cynisme, la prétention…
On croise, entre autres, un vieux chat Matousalem, un gymkhanard, « une vieille insensible aux problèmes moraux et qui fait du footing en costume à carreaux », un paon modern-style … dans une garden-potager-party. Difficile à mettre en scène compte-tenu du nombre de comédiens et de costumes, la pièce offre de multiples tirades qui peuvent être jouées de manière isolée : l’hymne au soleil, le chœur des oiseaux, le chant du rossignol ou la tirade du coq célèbre pour ses allitérations.

Lien vers le texte intégral et les illustrations de Chantecler sur Libre Théâtre


Les Romanesques (1894)

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b105204380/f1.item

Les romanesques : une maquette de costume par Marcel Mültze. Source : BnF/Gallica

Comédie en trois actes et en prose représentée pour la première fois sur la scène de la Comédie-Française le 21 mai 1894. C’est le premier succès théâtral d’Edmond Rostand.

Une comédie charmante et pleine d’humour qui met en scène deux jeunes amoureux et leurs pères qui se détestent… en apparence. 

Lien vers le texte et les illustrations des Romanesques sur Libre Théâtre

 

 

 

 


La Princesse lointaine (1895)

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84387261/f57.item

Sarah Bernhardt dans le rôle de Mélissinde. Source : Bnf/Gallica

Joffroy Rudel,  un troubadour aquitain, a tant chanté la beauté légendaire de la princesse de Tripoli, Mélissinde, qu’il en est tombé amoureux. Sentant sa dernière heure venir, il veut enfin la rencontrer et organise une expédition, accompagné de son fidèle ami Bertrand d’Alamanon, troubadour de Provence. Le navire arrive près de Tripoli mais Joffroy est trop faible pour aller à la rencontre de Mélissinde. Il charge Bertrand de la convaincre de venir à son chevet. Bertrand réussit à pénétrer dans le palais. Mélissinde en le voyant est persuadée qu’il est Joffroy Rudel, dont elle connaît les poèmes et la chanson de la Princesse lointaine. Elle en tombe follement amoureuse. Bertrand, également sous le charme, lui transmet le message de Joffroy Rudel mais Mélissinde refuse d’aller le voir et persuade Bertrand de rester avec elle. Le remords peu à peu les ronge et ils décident de se rendre auprès du mourant. Mélissinde se rend compte que c’est Joffroy Rudel qu’elle aime.

Cette pièce marque la première collaboration entre Edmond Rostand et Sarah Bernhardt, alors en pleine gloire et à la recherche de nouveaux talents pour le théâtre qu’elle dirige, le Théâtre de la Renaissance. La pièce y est créée le 5 avril 1895. 

Lien vers le texte intégral et les illustrations de La Princesse lointaine sur Libre Théâtre


La Samaritaine (1897)

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8438731b/f20.item

Sarah Bernhardt dans le rôle de Photine. Source : BnF/Gallica

Évangile en trois tableaux et en vers, représenté pour la première fois à Paris sur le Théâtre de la Renaissance le 14 avril 1897. Cette pièce religieuse a été écrite pour Sarah Bernhardt, également directrice du théâtre de la Renaissance, qui jouait le rôle de Photine.

La mise en ligne sur Libre Théâtre est l’occasion de découvrir une très belle affiche de Mucha, un enregistrement de Sarah Bernhardt, quelques superbes photos de la grande tragédienne, une édition illustrée de la pièce…

Lien vers le texte intégral et les illustrations de la Samaritaine sur Libre Théâtre


La Dernière Nuit de Don Juan (1911)

Extrait de Vogue du 01 avril 1922. Source : BnF/Gallica

Pièce éditée après la mort d’Edmond Rostand en 1921 et créée en mars 1922 au Théâtre de la Porte Saint-Martin. La pièce est complète mais la plume n’est pas aussi brillante que dans Cyrano ou l’Aiglon : Rostand y aurait encore sans doute travaillé avant toute publication ou mise en scène. Malgré tout, cette œuvre fournit une belle matière aux metteurs en scène avec de très belles scènes autour d’un guignol, entre Don Juan et le Diable.

Don Juan est emmené par la statue du Commandeur aux Enfers mais négocie avec le Diable. Celui-ci lui accorde un sursis de dix ans. Dix ans après, le Diable revient chercher Don Juan sous les traits d’un marionnettiste. Don Juan défend l’œuvre de sa vie, mais dans une cruelle joute oratoire, le Diable va montrer à Don Juan l’échec de son existence. Don Juan croit avoir «possédé» et «connu» 1003 femmes, les ombres des femmes viennent lui prouver le contraire. Toutes arrivent masquées et lui disent quelques mots : si le séducteur en peut appeler une seule par son prénom, il sera libre. Il échoue. Don Juan affirme ensuite qu’il les a fait pleurer : si une larme est sincère et que Don Juan s’en souvient, il sera sauvé. Il échoue une nouvelle fois. Don Juan affirme ensuite avoir « fait l’aumône » mais « le pauvre » vient lui jeter l’or de l’aumône à la figure, avec mépris. Don Juan à bout d’arguments est envoyé dans la boîte à marionnettes, car il n’est même pas digne des feux de l’Enfer.

Lien vers le texte intégral et les illustrations de La Dernière Nuit de Don Juan sur Libre Théâtre.


Note : Nous n’avons pas traité les deux ouvrages de jeunesse de Rostand  Le Gant rouge, première pièce de Rostand (1888) réputée perdue pendant longtemps et redécouverte par Michel Forrier et Les Deux Pierrots (1891). À signaler également le Faust de Goethe, adapté et traduit par Edmond Rostand, paru aux Editions Théâtrales en 2007.

Lien vers la Biographie d’Edmond Rostand sur Libre Théâtre
Pour en savoir plus, se référer au site dédié à Edmond Rostand, créé par Philippe Bulinge, spécialiste de l’œuvre de Rostand : http://www.edmond-rostand.com


Extraits du numéro spécial de la revue La Rampe 

15 décembre 1918, numéro consacré à la mort d’Edmond Rostand (Source : Gallica). Article de René Wisner

«  Si la vie d’Edmond Rostand fut courte, elle fut belle. Il connut la gloire, et vécut ses dernières années au milieu d’une sorte de triomphe quotidien ; rarement, un homme eut ses ambitions littéraires satisfaites par la foule avec un si tendre empressement. (…)

Ses premiers vers, il les adressa aux ratés de la gloire, aux musiciens, aux peintres, aux poètes qui ne peuvent point fixer leurs rêves avec des notes, des couleurs ou des mots. Déjà apparaissent, dans Les Musardises, sa grâce qui sera une fleur de France portée dans toutes les capitales, son charme caressant qui fera bientôt le tour du monde. (…)
Il collabora à un ou deux vaudevilles, qui furent joués là-bas, sur la rive gauche, à Cluny. Et la Comédie-Française accueillit ses trois jolis petits actes, Les Romanesques, qui furent son Sésame, ouvre-toi, le premier sourire d’une fortune si constante.

Les Romanesques, c’étaient les amants de Vérone du grand Will, qui, subitement étaient devenus tout petits ; ils étaient, eut-on cru, sortis du drame pour entrer dans l’opérette  ; ce n’était plus l’aurore ni le chant de l’alouette, c’était un feu de cheminée, et le chant de la flûte. Mais qu’ils étaient gentils, ces amants, Percinet et Sylvette avec quel plaisir on les regardait s’embrasser, auprès du mur qui séparait le parc de Bergamin du parc de Pasquinot, se conter leur amour romanesque, mais, en réalité si bourgeois, et se comparer à Andromède et à Persée. Et, à ces amourettes, à cette fête un peu grêle et toute bleue et rose, l’auteur, certainement trop modeste, n’attachait point grande importance.
«  Des costumes clairs, des rimes légères  » disait-il, en parlant d’elle.

Mais le succès des Romanesques avait été si vif, que Mme Sarah Bernhardt demanda au jeune poète un drame en vers.
Edmond Rostand écrivit donc, pour l’interprète de Racine et d’Hugo, La Princesse lointaine, qui est celle de ses œuvres que les lettrés préfèrent. Il n’a point encore acquis tout son métier ; aussi s’y montre-t-il plus poète qu’auteur dramatique. Ses afféteries, ses préciosités, ses gongorismes qui lui furent tant reprochés, n’y apparaissent que rarement ; les vers, quelquefois, souvent même, en sont simples et beaux. Jeffroy Rudelet son amour pour la « Dame » qu’il n’a jamais vue, ce voyage d’un mourant en route vers une aventure sentimentale ; ces malins qui l’entourent, et ont compris, malgré leur âme primitive, son rêve de luxe, parce que le poète est toujours un éducateur de la sensibilité ; Mélisinde, parée de lys, de bagues et de pierres précieuses, et sur les seins princiers de laquelle agonise celui qui ne vécut que pour songer à leur douceur ; cet amour irréel, et cet amant qui se meurt avant même d’avoir connu la réalité de l’amour satisfait, n’était-ce point une jolie angoisse, bercée, dans des décors éclatants, par la voix divine, où toujours les poètes retrouvèrent, embellis, l’écho de leurs vers et l’harmonie de leurs rimes.

Et peu après La Princesse lointaine, Rostand met, chez Mme Sarah Bernhardt, Jésus à la scène, dans La Samaritaine. Au près de la fontaine de Sichem, Jésus répand la bonté de ses paraboles, et vante la beauté des filles de Jacob. Photine apparaît, ayant, sur la tête, une cruche remplie d’eau. Jésus lui demande à boire, et l’on assiste à une reconstitution historique, à un tableau vivant, mais sacré. Rostand avait compris la chaste volupté qui se dégage de Jésus.
«  Je suis toujours un peu dans tous les mots d’amour  » lui avait-il fait dire. C’est pourquoi il le représente comme étant l’amour sur la terre. Aussi, le peuple se laisse-t-il enchanter par ce grand magnétiseur d’êtres, et crie-t-il, avec une foi ingénue : Miracle ! D’ailleurs, n’est-il point « très théâtre » que la courtisane ait raison contre le prêtre, le cœur contre le savoir ! Et n’est-ce point « très théâtre », un Dieu qui est en tournée chez les hommes et qui bientôt rentrera chez lui dans ses propriétés célestes.

Et puis, subitement, c’est le triomphe : Cyrano de Bergerac, ses centaines, ses milliers de représentations, à Paris, en province et à l’étranger. Toutes les ménagères récitent la recette des tartelettes amandines.
«  Battez pour qu’ils soient mousseux
Quelques œufs  »
et tous les spadassins vaguement journalistes, répètent le vers fameux de Cyrano  : «  à la fin de l’envoi, je touche.  » (…)
Il est des succès si fameux, qu’ils contraignent leur auteur à une sorte de recueillement. Aussi, après, Cyrano, Rostand garde t-il le silence pendant quelques années. Puis il est tenté par une figure d’enfant pâle et blond qui a des révoltés d’homme et des pâmoisons de femme, d’enfant qui est un demi-Dieu en lisière : le duc de Reichstadt. L’évocation de batailles célèbres, des maréchaux et des grognards de la grande armée ; du bonnet à poil historique et qui devient pièce de musée ; un roitelet que l’on traque, que l’on mure presque, et répond à tout et à tous avec des réparties éclatant comme un coup de canon et aussi une juste vision de la gloire napoléonienne qui, avant de faire l’admiration des élèves caporaux, fit la joie des corbeaux : tel était l’Aiglon.

Enfin, cocorico! Voici Chantecler, ses poules, ses oies, ses chiens, ses taupes et ses fauvettes, oeuvre qui est une sorte de pêle-mêle, une revue de la basse-cour et de la société, une satire et un chant, de l’émotion et de la blague, du coq-à-l’âne et du lyrisme.

Et maintenant, celui qui a été le peintre de Cyrano et du duc de Reichstadt, et les a fait revivre parmi nous, celui qui a créé ces figures charmantes : Mélisinde à qui il donna le sceptre et la couronne, Sylvette et Percinet à qui il fit don d’une grâce si vivante et si prenante, s’en est allé rejoindre les grandes ombres qu’il aimait. Il fut, assurent ses amis, un homme délicieux. Son œuvre prouve, sans autre besoin d’attestation, qu’il admirait les belles choses et les êtres généreux. Nous lui devons de bonnes soirées et des minutes exquises; et devant ce poète de France, qui la représenta dans ce qu’elle a de plus élégant ; de plus scintillant, de plus spirituel et de plus gracieux, reconnaissons encore une fois que la destinée a d’étranges détours, puisqu’elle place, à côté de ce soleil levant, né à peine d’hier, un crépuscule si prématuré qui prend tout entier, dans son ombre noire, le prince, le poète charmant. »

L’Art du Théâtre

Numéro spécial de la revue théâtrale consacré à Edmond Rostand, en septembre 1903

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