Les Romanesques d’Edmond Rostand

Les Romanesques d’Edmond Rostand

20 avril 2017
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Les Romanesques d’Edmond Rostand

Comédie en trois actes et en prose représentée pour la première fois sur la scène de la Comédie-Française le 21 mai 1894.
Distribution : 5 hommes et 1 femme.
Texte intégral de la pièce à télécharger gratuitement sur Libre Théâtre
Lien vers la notice sur data.libretheatre.fr

L’argument

Un mur sépare les jardins de deux hommes qui se détestent, Bergamin et Pasquinot.  Mais Percinet et Sylvette, leurs enfants s’aiment, tels Romeo et Juliette, et se retrouvent chaque jour près du mur en cachette. En réalité, la haine entre les deux pères est un subterfuge pour que les jeunes gens, à l’esprit trop « romanesque », tombent amoureux et se marient permettant la réunion des deux propriétés. Les deux pères imaginent un faux enlèvement pour rendre possible la réconciliation entre eux. Tout se passe comme prévu, mais quand ils avouent aux deux jeunes gens leur machination, le mariage est alors compromis…

La création

Les Romanesques sont joués le 21 mai 1894 à la Comédie-Française avec deux autres pièces Le Bandeau de Marsolleau et Le Voile de Rodenbach. 

La critique est très favorable. Extraits : 
« Les Romanesques sont la première œuvre dramatique d’un poète évidemment bien doué. C’est une comédie d’imitation et cependant originale, grâce à une adresse remarquable, qui perce à travers les souvenirs classiques et romantiques à la fois de Regnard et de Musset. Et tandis que la langue est très montée de ton, pittoresque et picaresque, le thème est simple et bon enfant. La chose se passe dans le pays du bleu, en un temps indéterminé, car on y parle de Watteau, dont les amoureux portent le costume préféré on y trouve aussi un spadassin à allures du seizième siècle. » Le Figaro, 22/05/1894 (sur Gallica)

« Je ne vous dis pas que l’idée de cette comédie soit neuve de tout point ; mais l’exécution en a paru supérieure. C’est très brillant, tout pétillant d’esprit et, par endroit, tout éclatant d’une gaieté large et aisée. On vous prie de ne point confondre cela avec la petite chose jolie, mais grêle, qu’est le traditionnel bijou odéonien. Il y a, déjà, dans Les Romanesques, de la maîtrise. L’alliance y est naturelle et heureuse du comique et du lyrisme.
Autant que j’en puis juger à la simple audition, la versification est remarquable de souplesse et d’adresse, avec tout plein de consonances imprévues et amusantes et de jeux de rythme drôlement expressifs, mais sans vaines mièvreries livresques. Cela fait songer, on l’a dit, à Regnard, à Musset (A quoi rêvent les jeunes filles) et à Théodore de Banville ; mais cela fait surtout songer, au bout du compte, que l’auteur est un habile homme qui s’inspire avec indépendance des maîtres du rire et de la rime et qui sait nous donner à la fois, — chose devenue rare chez nous, où la beauté semble la sœur de plus en plus inséparable de la tristesse, — une impression de franche gaieté et de grâce plastique. » Jules Lemaître dans Impressions de théâtre. 8e série (Source BnF/Gallica)

Voir aussi Gil Blas, du 23 mai 1894, sur Gallica

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b105204380/f1.item

Les romanesques : une maquette de costume par Marcel Mültze. Source : BnF/Gallica

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8405567h

Photo de presse de la création à la Comédie-Française, le 21-05-1894. Source : BnF/Gallica

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


L’humour en vers

                                  Alors, restons-en là !
Et, jusques à demain refermant notre livre,
Laissons, puisqu’il vous plaît, le doux Roméo vivre.
Il ferme le livre et regarde tout autour de lui.
Quel adorable endroit, fait exprès, semble-t-il,
Pour s’y venir bercer aux beaux vers du grand Will !

Percinet est surpris près du mur par son père

Bergamin.
Ta ! ta ! ta ! Voudrais-tu, blanc-bec, me faire accroire
Que tu viens ici pour les beaux yeux du mur ?
Percinet.
                                                                     Voire,
Pour les beaux yeux du mur !…
Tourné vers le mur.
                                qui sont de bien beaux yeux
Frais sourires d’azur, doux étonnements bleus,
Fleurs profondes, clairs yeux, vous êtes nos délices,
Et si jamais des pleurs emperlent vos calices,
D’un seul baiser nous les volatiliserons !…
Bergamin.
Mais le mur n’a pas d’yeux !
Percinet.
                                      Il a les liserons.

Au deuxième acte, Bergamin et Pasquinot se souviennent du bon temps où ils se cachaient de leurs enfants pour parler ensemble.

Bergamin.
Il fallait dépister Percinet ou Sylvette
Chaque fois qu’on venait tailler une bavette !
Pasquinot.
On risquait, chaque fois qu’on grimpait sur le mur,
La casse d’une côte, ou le bris d’un fémur.
Bergamin.
Nos conversations monoquotidiennes
Ne se pouvaient qu’au prix de ruses indiennes !
Pasquinot.
Il fallait se glisser sous les buissons épais…
C’était très amusant !
Bergamin.
                                   Quelquefois, je rampais…
Et, le soir, aux genoux, ma culotte était verte !
Pasquinot.
L’un de l’autre il fallait, sans fin, jurer la perte.


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