Le Papa du prix d’honneur d’Eugène Labiche

Le Papa du prix d’honneur d’Eugène Labiche

16 juin 2016
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http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b53066341c

Caricature d’Eugène Labiche pour le Panthéon Nadar. Source : BnF/Gallica

Le Papa du prix d’honneur d’Eugène Labiche et Théodore Barrière

Comédie-vaudeville en quatre actes, représentée pour la 1re fois à Paris sur le Théâtre du Palais-Royal le 6 février 1868.
Distribution : 10 Hommes et 5 femmes
texte à télécharger gratuitement sur Libre Théâtre
Lien vers la notice sur data.libretheatre.fr

L’argument

Achille est un jeune homme brillant, qui fait la fierté de ses parents, les Gabaille, car il a reçu le prix d’honneur en latin. Il entretient une relation avec une jeune femme mariée Hermance dont il a un peu de mal à se défaire. Ses parents ont le projet de le marier à la jeune Cécile, fille de Dubichet, mais celui-ci exige que le jeune homme ait un emploi. Le père Gabaille va tout mettre en oeuvre pour lui obtenir cet emploi, mais Hermance est jalouse et va contrecarrer ces plans.

Un extrait

Hermance, s’asseyant au bureau, deuxième plan droite.
Je vous ai tout sacrifié, moi… ma réputation, mon repos, mon honneur… (Prenant sur le bureau un couteau catalan.) Oh ! si vous me trompiez!…
(Elle se lève sans changer de place.)
Achille, vivement.
Ne jouez pas avec ça !… c’est un couteau catalan…
Hermance, venant en scène.
Achille, je ne sais pas faire de phrases, moi, mais je vous le plongerais dans le cœur !
Achille.
Voilà une idée !
Hermance.
Et je me frapperais après… car jamais… jamais, entendez-vous ! je ne consentirais à aller m’asseoir sur les bancs de la cour d’assises… à m’exposer aux regards de cette foule avide, à subir les commentaires des journaux… jamais ! jamais!
(Elle passe au premier plan gauche en passant devant la table.)
Achille, à part.
Ah ! mais, elle n’est pas drôle ! (Haut.) Voulez-vous mettre vos petites pantoufles!
Hermance, assise à gauche du guéridon, colère.
Mais non ! Notre liaison, voyez-vous, est une de ces liaisons qui ne finissent qu’avec la vie!…
Achille, froidement et assis sur le fauteuil près du bureau.
Sans doute. (À part.) Elle va trop loin.
Hermance.
En me confiant à vous, j’ai rompu avec le monde… aucun lien ne me rattache à personne… Tu en doutes ?
Achille.
Je n’ai pas dit cela !
Hermance.
Si vous en doutez… (Se levant.) Eh bien ! je vais vous donner une preuve… Achille, voulez-vous que je quitte mon mari ?
Achille.
Ah ! non, par exemple !
Hermance.
Nous fuirons… nous irons loin, où vous voudrez, j’emporterai mes diamants… vous vendrez votre argenterie, celle de votre père.
Achille.
Ah ! permettez…
Hermance.
Vous hésitez ?
(Elle se dirige vers la cheminée au fond à droite.)
Achille.
Dame ! (À part.) Je veux bien faire une petite connaissance… mais je ne tiens pas à collaborer dans une grande machine pour le boulevard. (Haut.) Quitter votre mari !… mais avez-vous songé au monde… ce monde impitoyable…
Hermance, passant à gauche.
Je le brave !
Achille.
Et vos enfants ?
Hermance.
Je n’en ai pas !
Achille.
Ah ! c’est fâcheux… Mais votre mari !… ce brave et honnête homme… qui n’a pas craint de vous donner son nom…
Hermance.
Mon mari ! mais vous ne le connaissez pas !… Il est vieux, laid, sans esprit, il prend du tabac, il se sert de mouchoirs à carreaux… Et il va au bal de la Préfecture avec des souliers de castor !
Achille.
Cela n’empêche pas les qualités du cœur…

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