On ne badine pas avec l’amour d’Alfred de Musset

On ne badine pas avec l’amour d’Alfred de Musset

3 juillet 2016
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On ne badine pas avec l’amour d’Alfred de Musset

Comédie en trois actes, publiée en 1834 dans la Revue des deux Mondes et représentée le 18 novembre 1861 à la Comédie-Française.
Distribution : 4 hommes, 3 femmes
Texte intégral de la pièce à télécharger gratuitement sur Libre Théâtre.
Lien vers la notice sur data.libretheatre.fr

L’argument

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b53049893n

Julia Bartet et Charles Le Bargy dans « On ne badine pas avec l’amour ». Dessin de Yves Marevéry. Source : BnF/Gallica

Le Baron se réjouit du retour de sa nièce, une jeune fille de 18 ans qui sort du couvent, et de son fils de 21 ans, Perdican, qui vient de réussir son doctorat. Il veut les marier.  Perdican et Camille  se retrouvent après dix ans de séparation. Ils s’aiment depuis toujours, mais Camille, qui a subi l’influence des sœurs du couvent toutes victimes d’amours malheureuses, n’a pas confiance dans les hommes et veut  vouer sa vie à Dieu, bien qu’elle aime Perdican.

Elle écrit une lettre à Louise, une religieuse, où elle explique qu’elle a tout fait pour se faire détester de Perdican, et où elle affirme que ce dernier est au désespoir à cause de son refus de mariage. Perdican tombe sur cette lettre. Touché dans son amour-propre, il décide de la détromper en séduisant Rosette, une jeune paysanne, sœur de lait de Camille, espérant ainsi rendre sa cousine jalouse, lui donnant rendez-vous afin qu’elle assiste à la scène.

Mais Camille apprend que Perdican a lu sa lettre. Par vengeance, elle affirme à Rosette que Perdican se moque d’elle. Rosette s’aperçoit de la méprise et perd connaissance. Camille et Perdican s’avouent finalement leur amour dans la dernière scène, mais Rosette, qui les observait en cachette, ne supporte pas cette désillusion et meurt d’émotion : « Elle est morte. Adieu, Perdican. », conclut Camille

Un extrait

Perdican
Adieu, Camille, retourne à ton couvent, et lorsqu’on te fera de ces récits hideux qui t’ont empoisonnée, réponds ce que je vais te dire : Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux ou lâches, méprisables et sensuels ; toutes les femmes sont perfides, artificieuses, vaniteuses, curieuses et dépravées ; le monde n’est qu’un égout sans fond où les phoques les plus informes rampent et se tordent sur des montagnes de fange ; mais il y a au monde une chose sainte et sublime, c’est l’union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux. On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux ; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière, et on se dit : J’ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois, mais j’ai aimé. C’est moi qui ai vécu, et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui.

Pour en savoir plus

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b53049902v

Julia Bartet dans « On ne badine pas avec l’amour », Dessin de Yves Marevéry. Comédie-Française 1906. Source : BnF/Gallica

Extrait du dossier de presse de la Comédie-Française lors de la mise en scène d’ Yves Beaunesne en 2011 :
« la pièce est créée le 18 novembre 1861 avec Delaunay dans le rôle de Perdican et Mlle Favart pour interpréter Camille. Delaunay, illustre jeune premier, avait créé Fortunio du Chandelier qu’il joua de sa création en 1848 jusqu’en 1874. Interprète idéal des héros de Musset, il créa également Celio des Caprices de Marianne, puis Fantasio. La poésie et le lyrisme de la pièce surprirent le public mais finirent par emporter son adhésion comme le note Delaunay dans ses Souvenirs : « Le succès ne vint pas tout de suite à Badine. Les chœurs à l’antique du premier acte, certaines originalités et un style jugé trop poétique pour une comédie en prose trouvèrent des détracteurs. Thierry tint bon et, peu à peu, la satisfaction du public monta en même temps que les recettes. » Delaunay interpréta Perdican jusqu’en 1886, il était alors agé de 60 ans ! Il céda ensuite sa place à Le Bargy qui accompagna Julia Bartet, inoubliable Camille à en croire les critiques de l’époque. » (Agathe Sanjuan, conservateur-archiviste de la Comédie-Française)

 

Sur le site de l’INA


Reportage sur On ne badine pas avec l’amour de Musset, avec Emmanuel Béart, dans une mise en scène de Jean-Pierre Vincent aux Amandiers de Nanterre, en 1993. Extraits de la pièce et interview de l’actrice dans le rôle de Camille.

 


Lien vers le théâtre de Musset sur Libre Théâtre 

Lien vers la Biographie d’Alfred de Musset sur Libre Théâtre

 

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