L’homme de paille d’Eugène Labiche

L’homme de paille d’Eugène Labiche

19 avril 2016
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L’homme de paille d’Eugène Labiche

Comédie-vaudeville en un acte d’Eugène Labiche et Auguste Lefranc. Représentée pour la première fois à Paris au Théâtre du Palais-Royal le 12 mai 1843.
Distribution: 5 hommes, 2 femmes
Texte intégral à télécharger gratuitement sur Libre Théâtre.
Lien vers la notice sur data.libretheatre.fr.

L’argument

Chamvillers s’apprête à épouser Madame de Lanjoie, mais s’éclipse en prétendant devoir porter secours à son ami Cambriac. Mais Cambriac n’existe pas et Chamvilliers va retrouver une danseuse de l’opéra… A son retour, une surprise l’attend : Cambriac est là, sous le charme de Madame de Lanjoie.

Un extrait.

Chamvillersseul.
Ah ! respirons un peu… C’est qu’en vérité je n’ai plus un moment à moi… tant de choses à prévoir, tant de mensonges à colorer, et de plus, une rupture à ménager avec une danseuse de l’Opéra, le corps de ballet à mettre à la raison… Ah ! ma foi ! l’entreprise était au-dessus de mes forces, et cent fois j’aurais renoncé à la main de Mme de Lanjoie, si le hasard, ou plutôt ce livre précieux (Il tire un livre de sa poche), ne fût venu procréer à mon bénéfice mon ami Cambiac, ce personnage imaginaire qui, jusqu’à ce jour, a endossé mes iniquités avec tant de bonne grâce. Le voilà, ce cher conseiller qui ne me quitte plus… Tout mon ami Cambiac est là… en quelques lignes. (Lisant.)

« Cliton est un ami précieux, son dévouement est sans bornes, son manteau vous couvre en tout temps. Avez-vous mérité quelque blâme ? Cliton le détourne sur lui ; vous faut-il une excuse, un faux-fuyant ? il est toujours là pour vous en servir… Un jour vous manquez le rendez-vous de votre maîtresse, c’est Cliton qui vous a retenu; le lendemain, vous avez un duel, c’est pour Cliton que vous vous battiez. Ainsi de suite. Cliton est un homme de paille qui absorbe vos fautes et fait votre réputation en défaisant la sienne. » Quel trait de lumière !… Depuis deux ans, prétendu en titre de Mme de Lanjoie, je me voyais condamné près d’elle à toutes les assiduités d’un époux… sans en avoir les bénéfices. La chaîne était lourde, il fallait l’alléger. Un Cliton me devenait indispensable, j’inventai mon ami Cambiac, excellent camarade, qui, dès lors, assuma sur sa tête toutes les menues peccadilles de ma vie de garçon… J’espère que c’est ingénieux !… (Montrant le volume.) Décidément, La Bruyère est un grand homme !… (Il remet le livre dans sa poche.) Hein! qu’est-ce que ce papier ?… « Signification de prise de corps. » Diable! « A la requête de… » (Il le déchire.) A-t-on vu cet animal de Billaudin, qui, sous prétexte que je lui dois quelques milliers d’écus, perdus au pharaon, me menace de la prison!… Au reste, quand il saura que j’épouse Mme de Lanjoie… car tout le monde l’ignore encore, elle a voulu que notre mariage restât secret jusqu’à la signature du contrat…

Les réactions à la création sont plutôt sévères (voir articles sur Gallica, le Journal des Théâtres, Journal des artistes ).

Sur le jeu des acteurs, extrait de l’article du Journal des Théâtres :

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57585253

Le Journal des théâtres, 18 mai 1843. Source : Bnf/Gallica

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