Les balances de Georges Courteline

Les balances de Georges Courteline

27 février 2016
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Les balances de Georges Courteline

Saynète représentée pour la première fois au Théâtre Antoine, le 26 novembre 1901, publiée en 1901 chez Flammarion.
Distribution : 3 hommes.
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L’argument

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10518432r

Prison Ste Pélagie, évacuée en août 1898, démolie en mai 1899. Cette ancienne prison de Paris était située au 56 rue de la Clef, elle avait été installée en 1792 dans un établissement pour filles repenties fondé au XVIIe siècle. Photographie d’Atget. Source BnF/Gallica

La Brige rend visite à un de ses amis, avocat en province, après un court séjour en prison principalement dû à l’absurdité des lois et règlements. Ses démêlés avec la Justice sont principalement dus au fait qu’il est propriétaire d’une maison frappée d’alignement qui menace ruine et qu’il n’a pas le droit de réparer.

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Un extrait

La Brige.
Pardon. Merci. – Donc Rambouille…
Lonjumel.
Joli numéro !
La Brige.
Oui ; le banditisme accepté dans toute sa putréfaction, et le marloutage légitime dans toute sa fétidité. – Donc, Rambouille me devait cinq cents francs. Las de perdre mon temps à les lui réclamer, de me casser éternellement le nez à une porte éternellement close, et de m’acheminer vers la ruine, lentement, trois sous par trois sous, en inutiles frais de timbres-poste, je pris enfin le parti d’assigner devant les juges ce drôle qui ne s’attarda même pas à discuter, reconnaissant le bien-fondé de ma créance et excipant purement et simplement d’insolvabilité légale.
Lonjumel.
Quelle fripouille !
La Brige.
Ce honteux système de défense ne fut couronné de nul succès. – Je te demanderai une troisième cigarette ; celle-ci vient de se casser dans ma main comme du verre.
Lonjumel.
Prends donc.
La Brige.
Pardon. – Un jugement, dont les attendus tenaient le milieu entre le tutu et le simple caleçon de bain, le condamna au paiement, non seulement du principal, mais encore des frais du procès. Malheureusement, la loi voulant que dans les causes entre particuliers, le gagnant paie pour le perdant si le perdant est insolvable, je me vis invité par le Greffe à solder sans délai… non, mais écoute ça.
Lonjumel.
J’écoute.
La Brige.
… Six cent soixante-dix-sept francs, montant du jugement qui m’allouait vingt-cinq louis sans d’ailleurs me les faire avoir, la contrainte par corps étant abolie depuis 1867. Que penses-tu que je fis ?
Lonjumel.
Tu n’avais qu’à payer.
La Brige.
Il le faut croire, puisque m’y étant refusé (mon petit bien prudemment garé et mon petit appartement mis au nom d’une tierce personne), je fus appréhendé au col et fourré à Sainte-Pélagie, en vertu de cette même contrainte par corps dont les citoyens ne bénéficient plus, mais dont l’Etat continue, lui, à recueillir les avantages. – Tu en as encore une ?

 

 

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