Chronique

Molière de George Sand

15 juin 2017
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Molière de George Sand

Drame en cinq actes et en prose, représenté pour la première fois au Théâtre de la Gaieté le 10 mai 1851
Distribution : 11 hommes, 8 femmes
Texte intégral de la pièce à télécharger gratuitement sur Libre Théâtre
Lien vers la notice sur data.libretheatre.fr

L’argument

La pièce propose cinq moments de la vie de Molière, en insistant sur ses relations avec Armande Béjart. Au premier acte, Molière est encore inconnu et parcourt la France à la tête d’une petite troupe de comédiens. Il rencontre le prince de Condé, le reconnaît mais ne le trahit pas. Nous nous retrouvons à Versailles dans le deuxième acte. Molière est devenu un auteur reconnu et soutenu par le Roi, mais il est maussade : il est amoureux d’Armande Béjart, la sœur de Madeleine. Quand Armande entend l’éloge du prince de Condé qui rend  hommage à Molière et témoigne de sa gloire,  elle décide de jouer la comédie de l’amour. Molière est fou de joie et  Louis XIV donne son consentement au mariage.   

Le troisième acte nous transporte dans la maison de Molière à Auteuil, au moment où Tartuffe est interdit  : Molière est seul, triste et malade.  Il reçoit chaque matin des lettres d’injures qui accusent Armande d’être la maîtresse du prince de Condé. De retour chez elle, Armande fait face à l’hostilité des comédiens de la troupe, Brécourt, Duparc, le jeune Baron et Madeleine Béjart. L’acte IV se déroule pendant la première du Tartuffe, au théâtre du Palais-Royal.  Molière pardonne à sa femme, grâce à l’intervention du prince de Condé. Au Vème acte, nous sommes au Palais-Royal sur la scène où vient de se jouer le Malade imaginaire ; le rideau est tombé, la salle est vide. Molière est épuisé alors qu’Armande lui rapporte de nouvelles calomnies qui accusent Molière d’avoir épousé sa propre fille. Armande lui montre également une lettre de Baron où il lui déclarait son amour. C’est en réalité une ancienne missive. Molière est dévasté par ce qu’il pense être une nouvelle trahison. 

Extrait de la dédicace de George Sand à Alexandre Dumas 

« Je n’ai cherché à représenter que la vie intime, et où rien ne m’a intéressé que les combats intérieurs et les chagrins secrets. Existence romanesque et insouciante au début, laborieuse et tendre dans la seconde période, douloureuse et déchirée ensuite, calomniée et torturée à son déclin, et finissant par une mort profondément triste et solennelle. Un mot navrant, un mot historique résume cette vie près de s’éteindre : Mais, mon Dieu, qu’un homme souffre avant de pouvoir mourir ! »

Les réactions 

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8415869n

Bocage jouait le rôle de Molière à la création. Lithographie de Benjamin de 1835. Source : BnF/Gallica

Extrait de l’article de Clément Caraguel paru dans l’Argus du 13 mai 1851, source : Gallica.  
Remarque : la version de la pièce présentée en 1851 a été resserrée et ne comportait que quatre actes (les 3ème et 4ème actes étaient réunis).

« Ces quatre actes, pour mieux dire ces quatre tableaux ne contiennent, à proprement parler, que la biographie de Molière. L’auteur a limité autant que possible la part de l’invention, il s’est attaché à reproduire avec une exactitude historique la physionomie du grand comique et il l’a fait avec la puissance d’exécution d’un artiste supérieur. C’est bien là le véritable Molière , tel qu’il apparaît dans l’histoire, aussi honnête que grand, aussi élevé par le cœur que par le génie. L’homme, l’auteur et le comédien, savamment étudiés, revivent dans cette rayonnante figure. Il faut remercier Georges Sand d’avoir consacré sa plume à ce beau travail sur une des gloires de la France.

Armande Béjart est peinte avec une vérité et une vigueur magistrales ; c’est un caractère dans toute l’acception du mot et qui tiendrait sa place dans la grande galerie des physionomies humaines laissées par Molière lui-même. Cependant le dernier trait nous semble de trop. Le public, comme nous, a trouvé outrée la scène du quatrième acte où Armande remet  à Molière mourant une lettre d’amour qui lui fut écrite par Baron avant son mariage. Ce n’est plus seulement la sécheresse de cœur d’une coquette, c’est de la cruauté à froid ; entre les deux il y a plus qu’une nuance. Le comédien Duparc est un type de bourru bonhomme des plus réjouissants et des plus vrais qu’on ait vus au théâtre ; il a été rendu avec beaucoup d’originalité et de verve par Paulin Ménier. Bocage jouait le rôle de Molière ; le succès a été très grand, tous les acteurs ont été rappelés à la chute du rideau. »

La pièce est à l’affiche 12 fois au  Théâtre de la Gaité mais ne rencontre pas le succès attendu.

À noter : la pièce de George Sand sera présentée en septembre 2017 lors des Journées du Matrimoine par le théâtre Ishtar.

 

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Claudie de George Sand

10 juin 2017
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Claudie de George Sand

Drame en trois actes représenté pour la première fois au Théâtre de la Porte-Saint-Martin le 11 janvier 1851.
Distribution: 5 hommes, 3 femmes
Texte intégral à télécharger gratuitement sur Libre Théâtre
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L’argument

Claudie fait les moissons avec son grand-père le Père Rémy chez les métayers Fauvreau. Le fils Fauveau, Sylvain tombe amoureux de la jeune fille, travailleuse et réservée. Mais le père Fauveau a d’autres vues pour son fils : la Grand’Rose, la propriétaire de la métairie, une belle femme riche et élégante que convoite également Denis Ronciat. Claudie tombe par hasard sur Denis Ronciat.  On comprend très vite qu’il est à l’origine de ses malheurs : il a séduit Claudie quand elle avait 15 ans en lui promettant le mariage mais il l’a abandonnée. Un enfant est né. C’est dans la misère que Claudie a élevé son enfant, qui est décédé à l’âge de trois ans. Denis Ronciat révèle une partie de l’histoire à Rose qui, jalouse de l’intérêt de Sylvain pour Claudie, veut éloigner la jeune fille et son père. Sylvain est désespéré. Dans une très belle scène, le Père Rémy prend la défense de Claudie et ridiculise Denis Ronciat, qui est chassé. Tout le village entoure et soutient Claudie. Sylvain lui demande sa main.

À propos de Claudie

Jules Lemaître dans Impressions de théâtre 1ère série à propos de la reprise de Claudie au Théâtre national de l’Odéon, 16 mai 1887 sur Gallica 

« J’ai constaté avec joie, la semaine dernière, le grand succès de Claudie. Personne, je crois, n’a complètement échappé au charme de cette dramatique idylle. (…)
Oui, tous ces personnages sont vrais. Du moins ils le sont assez à mon gré. L’action est d’une simplicité lumineuse ; elle sort tout entière d’une situation initiale et se développe sans aucune intrusion du hasard : ce qui est une des marques des belles œuvres dramatiques. Et le décor, qui agrandit et embellit les personnages, explique l’action et y contribue. Ce drame est aussi une géorgique ; et géorgique et drame semblent ici inséparables. Le « milieu » est justement celui où le dénouement de la pièce (le mariage d’une fille-mère avec un autre homme que le séducteur) pouvait être accepté le plus aisément : car les paysans, s’ils ont plus de superstitions, ont moins de préjugés sociaux que la bourgeoisie. M. Dumas fils, rien qu’en transportant la même histoire dans une classe supérieure (Denise), s’est créé des difficultés dont lui seul peut-être pouvait triompher.
Dans Claudie, cela va tout seul. C’est en pleine campagne qu’un drame évangélique se trouve encore le mieux à sa place. On a cette impression, que le profond sentiment de justice et de charité, en vertu duquel Ronciat est condamné et Claudie absoute et relevée par le père Rémy, par Sylvain, par la mère Fauveau, par la Grande Rose, et même par le père Fauveau, est, comme la gerbe de blé, un produit du travail de la terre. »

Voir aussi la critique de Clément Caraguel dans l‘Argus du 24 janvier 1851 : « La hardiesse de l’idée, la réalité et la logique des caractères, la hauteur soutenue de la pensée et la force de l’exécution font de cette pièce une des œuvres les plus vivantes de Georges Sand. L’effet produit a été immense. Nous avons entendu crier au paradoxe; avouez cependant qu’il est bien rare qu’un paradoxe s’empare à ce point de la foule et produise ces frémissements d’une émotion irrésistible. »

Illustrations sur Gallica

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8437034v

Théâtre de la Porte Saint Martin. Claudie. 3e acte. Claudie, mademoiselle Lia-Félix ; madame Fauveau, madame Genot ; la Grand’Rose, Daubrun ; Rémy, M. Bocage ; Sylvain, M. Fechter ; Fauveau, M. Perrin ; Denis Ronciat, M. Barré. Dessin de Janet Lange.1851. Source : BnF/Gallica

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8437033f

Le théâtre illustré. Claudie, représentée au théâtre de Cluny : dessin de M. Adrien Marie et Gillot sc. 1879. Source : BnF/Gallica

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Cosima de George Sand

6 juin 2017
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Cosima ou la haine dans l’amour de George Sand

Drame en cinq actes et un prologue, représenté pour la première fois à Paris, par les comédiens ordinaires du roi, sur le Théâtre-Français, le 29 avril 1840.
Distribution : 11 hommes, 2 femmes
Texte intégral de la pièce à télécharger sur Libre Théâtre
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L’argument

Cosima est l’épouse d’Alvire, un bourgeois et négociant de Florence. Elle passe ses journées à s’ennuyer terriblement lorsqu’un riche Vénitien, Ordonio Éliséi, se met à la courtiser. Elle résiste, mais peu à peu tombe sous le charme de cet habile séducteur. Lorsque l’on croit qu’Ordonio a été assassiné, Alvire est arrêté. Mais c’est en réalité le serviteur d’Ordonio, qui se déguisait à la demande de son maître, qui a été tué. Ordonio réapparaît : Alvire, qui échappe ainsi à la sentence de mort,  lui ouvre sa maison, pour lui marquer sa reconnaissance. Cosima est amoureuse mais fidèle à son époux. Ordonio utilise toutes les ruses pour la convaincre de partir avec lui. La pièce s’achève tragiquement avec le suicide de Cosima. 

La création au Théâtre-Français

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52502899t/f130.item.zoom

Marie Dorval dans le rôle de Clotilde à la Comédie-Française en 1840-1841, à la même époque que son rôle de Cosima. Source : BnF/Gallica

George Sand impose Marie Dorval au Théâtre-Français en 1840, en lui confiant le rôle-titre. 

La première de la pièce a lieu le 29 avril 1840 et est un échec.  Il n’y aura que 7 représentations. George Sand en témoigne dans la préface : « La première représentation du drame de Cosima a été fort mal accueillie au Théâtre-Français. L’auteur ne s’est fait illusion ni la veille ni le lendemain sur l’issue de cette soirée. Il attend fort paisiblement un auditoire plus calme et plus indulgent. Il a droit à cette indulgence, il y compte. » (suite sur Libre Théâtre)

Dans une lettre adressée à M. Calamatta le 01 mai 1840 à Paris (extraite de la Correspondance de George Sand, disponible sur Gallica , George Sand écrit également à propos de Cosima

« Cher Carabiacai,

J’ai été huée et sifflée comme je m’y attendais. Chaque mot approuvé et aimé de toi et de mes amis, a soulevé des éclats de rire et des tempêtes d’indignation. On criait sur tous les bancs que la pièce était immorale, et il n’est pas sûr que le gouvernement ne la défende pas. Les acteurs, déconcertés par ce mauvais accueil, avaient perdu la boule et jouaient tout de travers. Enfin la pièce a été jusqu’au bout, très attaquée et très défendue, très applaudie et très sifflée. Je suis contente du résultat et je ne changerai pas un mot aux représentations suivantes.

J’étais là, fort tranquille et même fort gaie ; car on a beau dire et beau croire que l’auteur doit être accablé, tremblant et agité : je n’ai rien éprouvé de tout cela, et l’incident me paraît burlesque. S’il y a un côté triste, c’est de voir la grossièreté et la profonde corruption du goût. Je n’ai jamais pensé que ma pièce fût belle ; mais je croirai toujours qu’elle est foncièrement honnête et que le sentiment en est pur et délicat. Je supporte philosophiquement la contradiction ; ce n’est pas d’aujourd’hui que je sais dans quel temps nous vivons et à quelles gens nous avons affaire. Laissons-les crier ! nous n’aurions plus rien à faire, s’ils n’étaient ce qu’ils sont.

Console-toi de mon accident. Je l’avais prévenu, tu le sais, et j’étais aussi calme et aussi résolue la veille que je le suis le lendemain.

Si la pièce n’est pas défendue, je crois qu’elle ira son train et qu’on finira par l’écouter. Sinon, j’aurai fait ce que je devais et je recommencerai à dire ce que je veux dire toute ma vie, n’importe sous quelle forme. Reviens-nous bientôt. Tu me manques comme une partie essentielle de ma vie.

À toi de cœur. George. »

Les réactions des critiques 

Sainte-Beuve dans Premiers lundis (Tome II, sur Gallica) : « La première représentation de Cosima a eu lieu devant le public le plus nombreux, le plus choisi et le plus divers, le plus littéraire et le plus mondain qui se puisse imaginer. Il y avait une attente immense ; il y avait autre chose que de l’attente encore, c’est-à-dire bien des petites passions en jeu. (…) En général, il faut le dire, si l’on excepte Mme Dorval, qui est toujours à excepter, et Geffroy, qui souvent a été bien, la pièce nous a paru jouée d’une manière insuffisante, sans ensemble, sans célérité, comme si les acteurs entraient peu dans leur rôle. C’est avec regret que nous avons vu Beauvallet refuser au rôle d’Ordonio la noblesse et la grâce qui en font une partie essentielle, et en charger sans nécessité l’odieux avec une brusquerie vulgaire, qui pouvait compromettre les mots les plus simples. C’est ainsi que je m’explique surtout comment bien des délicatesses ont été peu senties et bien des finesses ont paru échapper. (…) Quelques inexpériences de mise en œuvre, inévitables à un début, ne me paraissent pas expliquer suffisamment le peu de relief que la première représentation a donné à des détails tels que ceux-là. La faute en est en partie aux acteurs, je l’ai dit, et en partie au public, il faut oser le dire. Une certaine fraction du public paraissait s’attendre à un genre d’extraordinaire qui n’est pas venu ; cette sorte d’attention, nécessairement fort défavorable, lorsqu’elle a cherché à se porter et à se faire jour sur certains mots du dialogue, a été bientôt déjouée, car la suite ne répondait en rien à l’intention qu’on supposait voir percer et qu’on introduisait plus sottement encore que malignement. Deux ou trois fois notamment, quelques murmures soulevés ont fait peu d’honneur au goût littéraire de ceux qui se les permettaient. »

Critique du Figaro du 5 mai 1840 (sur Gallica)

« Si jamais notre critique fut difficile et délicate, c’est assurément aujourd’hui qu’elle doit s’attaquer à l’une des gloires qu’elle est le plus accoutumée à respecter, gloire incontestable fondée sur tant de chefs-d’œuvre et que de sages conseils auraient dû préserver d’une imprudence dangereuse. Il faut le dire pourtant il faut le dire avec regret mais avec courage, en mettant de côté pour un moment tout ce respect que l’on doit à l’illustre auteur :  le drame de Mme Sand est un ouvrage malheureux. Il est long, triste, ennuyeux ; il manque d’intérêt et le style même y fait défaut. (…) Cette pièce n’était ni assez intéressante pour être jouée au boulevart ni assez littéraire pour être offerte au public éclairé de la Comédie-Française, pourquoi donc l’avoir amenée là en holocauste . That is question.  »

Voir aussi la Lettre de Méry adressée à Marie Dorval expliquant l’insuccès de Cosima, citée dans Marie Dorval, 1798-1849 : documents inédits, biographie critique et bibliographie, d’Émile Coupy, 1868 sur Gallica 

Voir sur le site de la Comédie-Française, une maquette plane des costumes de Cosima

 

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Polyeucte de Pierre Corneille

4 juin 2017
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Polyeucte de Pierre Corneille

Tragédie en cinq actes et en vers représentée pour la première fois sur le Théâtre de l’Hôtel de Bourgogne, par la troupe royale, en 1640.
Distribution : 10 hommes, 2 femmes
Texte intégral à télécharger gratuitement sur Libre Théâtre
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L’argument

Polyeucte a épousé Pauline, fille du gouverneur d’Arménie, Félix. Pauline à Rome était éprise de Sévère, favori de l’empereur Décie, mais a obéi à son père, d’autant que Sévère a été, dit-on, tué sur le champ de bataille. Quinze jours après son mariage, Pauline fait un songe effrayant : elle voit Sévère triomphant et Polyeucte poignardé au milieu d’une assemblée de chrétiens. Félix a reçu l’ordre de faire exécuter en Arménie les décrets de persécution contre les chrétiens. Polyeucte est  converti au christianisme par son ami Néarque. Sévère, qui n’est pas mort, arrive dans la province, chargé d’une mission impériale : il revoit Pauline, dont il ignorait le mariage. Polyeucte, déterminé à confesser publiquement sa foi, déchire les édits de persécution  et brise les idoles. Ni les menaces de Félix, ni les pleurs et les prières de Pauline, ni l’intercession de Sévère, rien ne peut détourner Polyeucte de sa foi. Il est condamné à mort par le gouverneur. Double miracle de la grâce, Pauline d’abord, et ensuite Félix, embrassent le christianisme. Sévère décide de les épargner.

Polyeucte sur Gallica

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b55003776z/f1.item

Polyeucte : maquette de costume dessinée par Eugène Lacoste. 1879. Source : BnF/Gallica

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b55003776z/f3.item

Polyeucte : maquette de costume pour Pauline dessinée par Eugène Lacoste. 1879. Source : BnF/Gallica

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b53049908j

Mounet-Sully dans Polyeucte Dessin de Yves Marevéry. 1906/ Source : Bnf/Gallica

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8436364q/f384.item

Comédie-française, 1er octobre 1884. Mounet-Sully dans le rôle de Polyeucte. Source : Bnf/Gallica

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8405540v/f1.item

Mounet-Sully dans Polyeucte à la Comédie-Française (1884). Extrait de Comoedia illustré du 12 juillet 1912. Source : BnF/Gallica

 
 
 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Dossier pédagogique

  • Mise en scène de Brigitte Jaques-Wajeman (2017) 
    Dossier pédagogique sur le site du Théâtre de la ville : pourquoi monter polyeucte ? Polyeucte, saint ou Héros ? Polyeucte et Jésus, le résumé scène par scène, les personnages dans Polyeucte, mémento sur l’alexandrin, la destruction des statues (AFP), Dramaturgie, Corneille

 

Polyeucte (Bande-Annonce / Théâtre) from Les Fossés Rouges on Vimeo.

 

 


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François le Champi de George Sand

23 mai 2017
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François le Champi de George Sand

Comédie en trois actes représentée pour la première fois au Théâtre de l’Odéon le 25 novembre 1849.
Distribution : 2 hommes, 5 femmes
Texte intégral de la pièce à télécharger sur Libre Théâtre
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L’argument

François, l’enfant trouvé dans les champs, revient dans la maison de Madeleine, la meunière qui l’a élevé. Il a été chassé quelques années auparavant par le mari de Madeleine, qui a dilapidé ses biens au profit d’une paysanne sans scrupule, Sévère. Mariette, la belle-sœur de Madeleine est courtisée par le neveu de Sévère. Elle tombe amoureuse de François, qui se rend peu à peu compte qu’il est amoureux, lui, de Madeleine. 

Premières représentations en 1849

« L’apparition de François le Champi fit une grande sensation dans le monde dramatique. La presse fut unanime à louer les immenses qualités de l’ouvrage de G. Sand ; le public l’applaudit avec enthousiasme, et c’était justice. — Cette œuvre remarquable fut mise en scène avec beaucoup de soin et d’intelligence. L’honneur en revient à M. Bocage, qui en avait distribué les rôles et suivi les répétitions. Tous les acteurs firent leur devoir, excitèrent l’admiration des spectateurs, et surent mériter les sympathies des journalistes. M. Deshayes surtout, qui jouait un rôle tout à fait en dehors de son emploi, fut si étonnamment et si naïvement Berrichon, que chacun se disait : Il est là dans son pays ! — C’est que M. Bocage, qui a le jugement « plus droit qu’une faucille, » avait su découvrir un excellent comique dans la personne d’un de ses jeunes premiers. — Le Champi eut cent trente-deux représentations , cent trente-deux fois la salle fut comble. »

Le Daguerréotype théâtral : journal littéraire illustré, paraissant 2 fois par mois, reproduisant les principaux types, costumes et tableaux des pièces à succès. Source : Gallica

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10541401k

Deshayes, rôle de Jean Bonnin, dans François le Champi, Théâtre de l’Odéon en 1849, par A. Lacauchie. Source : BnF/Gallica

 

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8437675v

François le Champi Acte I Scène XI Jeannie, Mlle Célestine Marie, Mme Lefebvre Madeleine, Mme Ballauri Catherine, Mme Buycet François le champi, Mr Bondois : estampe de C. Augier, 1850. Source : BnF/Gallica

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84376768

Théâtre de l’Odéon. François-le-Champi, 1er acte. François, M. Clarence ; Madeline, madame Laurent ; Mariette, madame Deshayes ; Catherine, madame Birou : estampe par Janet Lange. 23-11-1849. Source : BnF/Gallica

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84055507

François le Champi, comédie de George Sand : illustration de presse du 22/09/1888 (Comédie-Française). source : BnF/Gallica

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84376731

Théâtre national de la Comédie Française. « François le Champi », comédie de George Sand : [estampe] / Dessin de M. Paul Destez ; gravure de Michelet. 1888. Source : BnF/Gallica

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Lucie de George Sand

22 mai 2017
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Lucie de George Sand

Comédie en un acte, représentée pour la première fois au Gymnase-Dramatique le 16 février 1856.
Distribution : 3 hommes, 1 femme
Texte intégral de la pièce à télécharger gratuitement sur Libre Théâtre
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L’argument

Adrien revient des Etats-Unis avec son ami Stephens, après une longue absence. Son père est décédé en laissant une fille Lucie, qu’il a eue avec une gouvernante. Daniel, l’intendant, fait tout ce qu’il peut pour protéger les intérêts de Lucie, que sa mère, une femme intéressée et déplaisante, ne veut plus voir. Stéphane et Adrien tombent tous deux sous le charme de Lucie. Par ailleurs, le portefeuille qui contenait toute la fortune du père a disparu…  

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b530143399

Estampe de George Sand (1843). Source : BnF/Gallica

 

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Maître Favilla de George Sand

22 mai 2017
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Maître Favilla de George Sand

Drame en trois actes et en prose, représenté pour la première fois le 15 septembre 1855 au Théâtre de l’Odéon.
Distribution : 5 hommes, 2 femmes
Texte intégral à télécharger gratuitement sur Libre Théâtre
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L’argument

Le bourgeois Keller hérite du chateau de Muhldorf, qui appartenait à son oncle, mort sans testament. Il s’y rend avec son fils et découvre Maître Favilla, un musicien rêveur et un peu fou, un ami du défunt qui s’est installé avec sa famille dans le chateau et qui est persuadé d’être l’héritier. La famille de Favilla demande à Keller de le ménager le temps qu’il recouvre ses esprits. Le fils de Keller tombe amoureux de la fille de Favilla…

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84383509

Maître Favilla ou le pique-assiette sans le savoir : estampe de Pochet, 1855. Source : BnF/Gallica

 

 

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Les Rostand par la Compagnie Intersignes

7 mai 2017
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Les Rostand par la Compagnie Intersignes

A la Folie Théâtre, 6, rue de la Folie Méricourt, 75011 Paris
Vendredi et samedi à 19h30
Jusqu’au 3 juin 2017

🙂 Libre Théâtre vous recommande

Ce spectacle nous invite à entrer dans l’intimité du couple Rostand en faisant revivre sur la scène la relation tumultueuse de l’immense auteur de Cyrano de Bergerac avec la poétesse Rosemonde Gérard, à travers quelques moments-clés de leur vie : l’acceptation de la pièce Les Romanesques à la Comédie-Française, la rencontre avec Sarah Bernhard pour qui Rostand écrit La Samaritaine, La Princesse lointaine et l’Aiglon, la dernière répétition de Cyrano et son succès vertigineux, la construction de l’extraordinaire Villa Arnaga au Pays Basque et l’échec cruel de Chantecler.

L’excellent texte de Philippe Bulinge, spécialiste de l’œuvre d’Edmond Rostand, évoque avec bonheur l’histoire de cette relation passionnée, tout en nous donnant à entendre quelques-uns des plus beaux  vers de Rostand. La pièce nous dévoile le rôle de Rosemonde qui a accompagné avec abnégation Edmond dans son douloureux processus de création, au point de ne plus écrire elle-même pour mettre son talent au service de son mari puis de son fils, Maurice. À travers cette succession de tableaux qui nous dépeignent quelques moments de la vie d’Edmond Rostand, c’est aussi une page brillante de l’histoire du théâtre en France qui est rappelée, grâce à une mise en scène sobre mais efficace.

Ce texte est en outre porté par de grands acteurs  : Vincent Arnaud est un Rostand qui passe de l’exaltation au désespoir. Charlotte Michelin incarne une Rosemonde touchante et parfois bouleversante, mais toujours déterminée.

Un spectacle, passionnant et surtout très émouvant, à ne pas manquer  !

Une pièce de Philippe Bulinge
Mise en scène : Maude et Philippe Bulinge
Scénographie : Camille Lamarque
Avec : Charlotte Michelin, Vincent Arnaud
Réservation : www.folietheatre.com
Téléphone : 01 43 55 14 80

Pour en savoir plus : 

lien vers le site de la compagnie Intersignes
lien vers le site consacré à Edmond Rostand par Philippe Bulinge http://www.edmond-rostand.com
lien vers le théâtre d’Edmond Rostand sur Libre Théâtre 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Biographie d’Edmond Rostand

6 mai 2017
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Biographie d’Edmond Rostand

Article paru dans le numéro spécial de la revue La Rampe du 15 décembre 1918 consacré à la mort d’Edmond Rostand (Source : Gallica)

« Edmond Rostand le plus populaire de nos auteurs dramatiques, le plus illustre de nos poètes n’est plus. La grippe stupide l’a enlevé brusquement à l’affection et à la tendresse de sa femme, de ses enfants, de sa famille et de ses amis et admirateurs si nombreux. (…)

Depuis Victor Hugo, nous n’eûmes jamais un poète aussi superbement national. La critique et le peuple l’avaient placé, dès sa prime jeunesse, au tout premier rang, et ce ne fut que justice.

Edmond Rostand naquit à Marseille le 1er avril 1868, dans une pittoresque maison de la rue Montaux. Son père, membre de l’Institut, lui fit commencer ses éludes au lycée de sa ville natale où il les poursuivit jusqu’à la seconde ; puis il vint les achever à Paris, au Collège Stanislas. Ce fut un élève fort brillant en composition française et en version latine, mais à l’exemple de maints écrivains, il ne montra nulle aptitude aux mathématiques. Seules, les études littéraires le passionnaient, et, élève de rhétorique, il commit un acte en vers Les Petits extras ; son professeur, René Doumic, qu’il devait  rencontrer plus tard à l’Académie Française, ayant par hasard découvert le manuscrit, le confisqua et infligea un sévère pensum au jeune auteur. C’était une petite comédie dans la note des vieilles pièces de Picard, il y étudiait certaines moeurs de province. Nullement découragé, le potache porta son manuscrit, – il en avait un double, – à Marx, directeur du Théâtre Cluny. Celui-ci le présenta à Gaston Marot, l’auteur Des Grandes Manœuvres, avec lequel Rostand remania son acte qui, quelque temps après, fut représenté sous le titre de Le Gant Rouge. La critique se montra fort sévère  ; seul, un  journaliste du nom de René Dorlac fit preuve d’indulgence et voulut bien reconnaître de l’avenir au débutant. René Dorlac était le pseudouyme de René Doumnic, lequel connaissait, – et pour cause – le premier péché littéraire de son élève.

En 1890, à l’âge de vingt-deux ans, il publiait Les Musardises. Le succès fut considérable  : tout le monde comprit que l’auteur était un Poète, au vrai sens du mot. Un poète qui chante avec un art exquis et délicieux et prenant ses souffrances, ses douleurs, ses joies et son amour. Cette même année il épousait Mlle Rosemonde Gérard qui fut, elle aussi, un grand et noble poète et qui resta, en dépit des années et des luttes de la vie, la fidèle et tendre compagne de Rostand, clic ne cessa d’être, – ainsi que se plaisait à le répéter un de leurs amis les plus chers, Lucien Mufheld, – « l’associée ».

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8405567h

Photo de presse de la création à la Comédie-Française, le 21-05-1894. Source : BnF/Gallica

À cette époque, Edmond Rostand voulut s’essayer au théâtre, il présenta donc à la Comédie-Française un petit acte en vers Les Deux Pierrots. Malheureusement, le jour de la lecture, le Comité apprit la mort de Théodore de Banville et se fit un scrupule de recevoir une oeuvre où chantaient et pleuraient tous ces pierrots, chers au poète des Odes funambulesques. La revanche ne tarda point à venir. Jules Claretie reçut quelques mois après Les Romanesques. Cette œuvre adorable fut créée à la Maison de Molière le 21 mai 1894, avec une distribution éclatante qui réunissait les noms de Reichemberg, Le Bargy, de Féraudy, Leloir et Laugier.
 


http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b90163348/f1.item

Affiche de Mucha pour le Théâtre de La Renaissance avec Sarah Bernhardt. Source : BnF/Gallica

Le théâtre avait définitivement conquis Edmond Rostand, il s’y consacra tout entier, et nous vîmes ainsi coup sur coup, l’apparition radieuse et triomphante de La Princesse lointaine, pièce en quatre actes que Mme Sarah Bernhardt créait au théâtre de la Renaissance, le 5 août 1895. Deux ans après, la grande tragédienne, muse sublime du Poète, représentait, le mercredi Saint, 14 avril 1897, La Samaritaine, trois tableaux où l’auteur sut ajouter de la poésie à l’Evangile lui-même.

Le 28 décembre de cette même année eut lieu la première représentation de Cyrano de Bergerac que créèrent Coquelin Aîné, Volny, Desjardins, Jean Coquelin et Marie Legault. Tout a été dit sur cette oeuvre qui enthousiasma Francisque Sarcey, Jules Lemaître et Catulle Mendès. Ce dernier compara Rostand « à un Regnard ivre de Victor Hugo, de Henri Heine, d’Alexandre Dumas et de Banville ». On peut aisément avancer que Cyrano marqua au Théâtre une date immortelle, comme autrefois les premières du Cid, d’Andromaque et de Hernani.

 

 


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M. Rostand et son Aiglon. Dessin de A. Rouveyre. Source : BnF/Gallica

À Cyrano de Bergerac succédait L’Aiglon, autre chef d’œuvre que Mme Sarah Bernhardt créa en son théâtre, le 10 mars 1900. Flambeau, c’était Lucien Guitry, bientôt remplacé par Coquelin Aîné qui revenait d’une tournée en Amérique où il avait fait triompher, en compagnie de l’illustre tragédienne, les œuvres de leur Poète.

Edmond Rostand avait été décoré de la Légion d’Honneur le soir même de la première de Cyrano de Bergerac. Le 14 juillet 1900, il recevait la rosette d’officier.

 

 

 


http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8596912z/f27.item

Edmond Rostand par Jean Reutlinger. Source : BnF/Gallica

L’année suivante, Rostand présenté par Jules Claretie et Paul Hervieu faisait son entrée à l’Académie où le recevait le marquis de Voguë. Son élection qui avait été sollicitée par toute l’Académie fut un moment compromise. Edmond Rostand, fidèle à ses opinions politiques, homme loyal et de grand coeur, avait clamé bien haut sa sympathie à Alfred Dreyfus, innocent, que l’opinion stupide condamnait. Incapable d’une lâcheté, le poète de la Samaritaine s’en fît un cas de conscience, et se refusa à la moindre trahison. On voulut lui opposer un inconnu quelconque, mais la majorité du Palais Mazarin, conduite par Jules Lemaître, qui, malgré certaines divergences de vue, comprit assez tôt la faute qu’allaient commettre ces éminents confrères, accueillait le 30 mai 1901, Edmond Rostand, qui prenait place au fauteuil d’Henri de Bornier, l’auteur de La Fille de Roland.

En 1910, il était nommé commandeur de la Légion d’Honneur.


http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97739489/f3.item

Edmond Rostand chez lui. Photographie parue dans L’Art du théâtre, septembre 1903. Source : Gallica/BnF

Mais la maladie frappa Rostand, et pendant plusieurs mois on craignit pour sa vie. Les docteurs l’obligèrent à quitter pour longtemps la capitale. Il se retira à Cambo, en son originale villa « Arnaga » où il se plut à recevoir, avec une amabilité exquise et toujours souriante, les fidèles intimes. Il revint à Paris pour diriger ses dernières dernières du Chantecler, éclatant de vie, de soleil et de joie, qui vit le jour à la Porte Saint-Martin le 7 février 1910. Ce fut sa dernière œuvre théâtrale représentée. Il continua cependant à travailler abondamment ; il laisse un nombre respectable de pièces qui, nous l’espérons, seront prochainement montées à la Comédie-Française, chez MM. Hertz et Jean Coquelin et au théâtre Sarah Bernhardt. Rostand écrivit également maints poèmes, entre autres Le Bois Sacré que joua Mme Sarah Bernhardt, et différentes œuvres poétiques inspirées par l’actualité  ; il se montra particulièrement lyrique en criant sa haine contre Guillaume II (L’Ile des Chiens) et les responsables de la guerre et en clamant son admiration enthousiaste pour les héros, sublimes martyrs de l’horrible épopée sanglante.

Edmond Rostand ne cessa durant sa carrière d’apporter une fidèle collaboration à la presse parisienne, il écrivit notamment à Gil Blas, au Figaro, à Paris Journal, à  l’ Illustration où nous eûmes entr’autres poèmes son Bulow, et à Excelsior qui publia dernièrement un fragment de sa superbe Marseillaise.

Le jour de l’armistice, malgré l’opposition des siens, il voulut sortir pour se mêler au peuple de Paris qu’il chérissait tout particulièrement, peut-être pour trouver, en poète, l’occasion nouvelle de créer un immortel et définitif chef-d’œuvre. Hélas  ! quelques jours plus tard il dut s’aliter et le 2 décembre 1918, à 1 h. 48, il rendit le dernier soupir.

La semaine suivante, le Théâtre Sarah Bernhardt affichait L’Aiglon, – Mme Simone prenait avec succès la lourde succession de l’inoubliable créatrice – et le soir de cette première, chacun portait une fidèle pensée à celui qui, quelques jours auparavant, était encore parmi nous… Rostand ! Rostand ! sublime et délicat artisan de la Muse poétique, nous tous, les spectateurs de ce soir, pleurions l’illustre Poète, l’ami exquis que vous étiez, et nous sentîmes tout à coup dans cette salle émue, passer un grand souffle où bruissait votre, nom avec un bruit de gloire.

Ch de la Grille

Pour en savoir plus 

Lien vers le Théâtre d’Edmond Rostand sur Libre Théâtre
Site dédié à Edmond Rostand, créé par Philippe Bulinge, spécialiste de l’œuvre de Rostand : http://www.edmond-rostand.com et notamment pour en savoir plus sur la vie d’Edmond Rostand

 

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La Dernière Nuit de Don Juan d’Edmond Rostand

1 mai 2017
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La Dernière Nuit de Don Juan d’Edmond Rostand

Poème dramatique en deux parties et un prologue, écrite en 1911. Publié de façon posthume en 1921 et créé en mars 1922 au Théâtre de la Porte Saint-Martin.
Distribution : 5 hommes, 5 femmes
Texte à télécharger gratuitement sur Libre Théâtre
Lien vers la notice sur data.libretheatre.fr

L’argument

Don Juan est emmené par la statue du Commandeur aux Enfers mais négocie avec le Diable. Celui-ci lui accorde un sursis de dix ans. Dix ans après, le Diable revient chercher Don Juan sous les traits d’un marionnettiste. Don Juan défend l’œuvre de sa vie, mais dans une cruelle joute oratoire, le Diable va montrer à Don Juan l’échec de son existence. Don Juan croit avoir «possédé» et «connu» 1003 femmes, les ombres des femmes viennent lui prouver le contraire. Toutes arrivent masquées et lui disent quelques mots : si le séducteur en peut appeler une seule par son prénom, il sera libre. Il échoue. Don Juan affirme ensuite qu’il les a fait pleurer : si une larme est sincère et que Don Juan s’en souvient, il sera sauvé. Il échoue une nouvelle fois. Don Juan affirme ensuite avoir « fait l’aumône » mais « le pauvre » vient lui jeter l’or de l’aumône à la figure, avec mépris. Don Juan à bout d’arguments est envoyé dans la boîte à marionnettes, car il n’est même pas digne des feux de l’Enfer.

La création

Cette pièce posthume a été éditée en 1921. L’éditeur Fasquelle  précise en avant-propos : « Les deux parties de cette pièce étaient entièrement écrites avant la guerre. Le prologue, reconstitué sur des brouillons fragmentaires très raturés, ne peut être considéré que comme une ébauche. On a dû pour l’intelligence du drame, compléter les indications de scène du texte original. Celles de ces indications qui ne sont pas de la main de l’auteur ont été mises entre deux crochets. »
La création de cette pièce a eu lieu en mars 1922 au Théâtre de la Porte Saint-Martin.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6538653x/f41.item

Extrait de Vogue du 01 avril 1922. Source : BnF/Gallica

 

 

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6538653x/f40.item

Extrait de Vogue du 01 avril 1922. Source : BnF/Gallica

 

 


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