Les Caprices de Marianne, mise en scène de Frédéric Bélier-Garcia

Les Caprices de Marianne, mise en scène de Frédéric Bélier-Garcia

16 novembre 2016
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Les Caprices de Marianne, mise en scène de Frédéric Bélier-Garcia

d’Alfred de Musset (version de 1833)
Théâtre de la Tempête, Cartoucherie, route du Champ-de-Manœuvre, 75012 Paris 
du 10 novembre au 11 décembre 2016
du mardi au samedi 20h, le dimanche 16h (durée 1h50)

caprices

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Le spectacle commence par une adresse au public : les quelques questions extraites du Journal de Max Frisch sont une excellente introduction aux interrogations de la jeunesse qui traversent Les Caprices de Marianne.

Arrachant le voile blanc cachant le plateau, le comédien, qui joue le mari jaloux Claudio, dévoile un décor de fin du monde : la pente irrégulière d’un volcan que montent et descendent en trébuchant les comédiens, figure l’instabilité existentielle des jeunes gens qu’ils incarnent. Au milieu, un trou rempli d’eau où les comédiens viendront laver leur visage pour tenter de trouver leur vérité. Côté cour, un grand lustre couvert de bougies, près duquel la pieuse Marianne tente de se réfugier, sera éteint avant la fin du spectacle. La lumière et la musique font écho aux sentiments des protagonistes.

À travers le romantique Coelio, le cynique Octave et l’insaisissable Marianne, Musset s’interroge : qu’est-ce l’amour, l’amitié, la fidélité dans un monde en ruine où la jeunesse cherche sa place. Dans la mise en scène de Frédéric Bélier-Garcia, cette thématique trouve une forte résonance auprès du public, souvent très jeune lui aussi, du Théâtre de la Tempête.


Coelio, amoureux mélancolique de Marianne, mais trop timide pour l’aborder, fait appel à son ami Octave, noceur voluptueux, pour plaider sa cause auprès d’elle. Marianne est une jeune Napolitaine, mariée à un juge d’une jalousie féroce. La jeune femme, qui n’a d’autre distraction que de se rendre à l’église, se refuse à aimer Coelio, vacille sous l’ardeur d’Octave, puis, par un revirement qui est un caprice, accepte d’ouvrir sa porte à un amant. Mais lequel ? La romance va tourner au drame. Alfred de Musset, alors âgé de 22 ans, nomme sa pièce « comédie » : il y est bien question d’adultère, d’intrigue, de sérénades et de jeunes gens cherchant à duper le barbon, mais la pièce dérange la critique par son immoralisme et son mépris des règles habituelles de composition. 

Écrits au lendemain d’une insurrection avortée, Les Caprices sont une grande oeuvre incandescente du romantisme français. Et les héros de cette fable, partis pour une comédie, ripent dans le drame. Cette pièce est aujourd’hui comme toujours, le cri, le baroud éclatant d’une jeunesse contre son mal de vivre, et la porter à la scène reste un défi car la vérité de ce théâtre est « à fleur de peau, à fleur de rêve, à fleur d’âme… »

 

Mise en scène Frédéric Bélier-Garcia

avec
Marie-Armelle Deguy
en alternance avec Laurence Roy
Sébastien Eveno
Denis Fouquereau
Jan Hammenecker
David Migeot
Yvette Poirier
Sarah-Jane Sauvegrain
avec la participation de Lucie Collardeau
en alternance avec Daphné Achermann
et de Jean-Christophe Bellier,
Olivier Blouineau, Jean-Pierre Prudhomme

 

décor Jacques Gabel
lumières Roberto Venturi
costumes Catherine Leterrier
musique Vincent Erdeven
collaboration artistique Caroline Gonce
son Jean-Christophe Bellier
coiffure Frédéric Souquet
maquillages Catherine Nicolas

production Le Quai – Centre dramatique national Angers Pays de la Loire
En coréalisation avec le Théâtre de la Tempête.

Lien vers la chronique des Caprices de Marianne sur Libre Théâtre, avec le texte intégral de la pièce.

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