Avant et après de Georges Courteline

Avant et après de Georges Courteline

3 mars 2016
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http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1158111d

Illustration de Barrère dans l’édition Coco, Coco et Toto de 1910. Source : BnF/ Gallica

Avant et après de Georges Courteline

Saynète extraite de Coco, Coco et Toto (le miroir concave), édition de 1919 (texte retraité à partir de Gallica).
Distribution : 1 homme et 1 femme
Texte à télécharger gratuitement sur Libre Théâtre
Lien vers la notice sur data.libretheatre.fr

Résumé

Un sous-bois à Villebon. Marthe et René sont couchés l’un près de l’autre, dans l’herbe. René voudrait aller plus loin et multiplie les mots d’amour et de tendresse. Marthe résiste un moment. Le comportement du jeune homme « après » n’est plus le même.

Un extrait

Renésolennel.
Marthe, je te le jure ! Certainement, j’ai eu des maîtresses, et la passion, comme à tous les hommes, m’a fait lâcher bien des bêtises à certaines heures de ma vie, mais quant à avoir dit : « Je t’aime » à une femme, jamais, tu entends bien, jamais !
Martheravie.
Sale bête ! Sale type !
Changement de ton.
René, je t’en prie, sois raisonnable. Dieu, que tu es enfant !… Quoi ? Tu veux m’embrasser ? Eh bien ! embrasse-moi. Là ! Assez !
Très câline.
Alors, dis donc, c’est bien vrai ? Tu n’en as jamais aimé d’autres ?
René.
Sur quoi veux-tu que je te le jure ?
Marthe.
Sur rien, mon chéri; je te crois.
Renérêveur.
Même, si tu savais les mauvais souvenirs que laissent les mauvaises jeunesses, et de quel prix on voudrait les racheter !… Tiens, quand je remonte mon passé, il me semble que je mords dans un artichaut cru.
Marthe.
Comme je te comprends !
René.
Non, tu ne comprends pas ; tu ne comprendras jamais ; tu ne peux pas comprendre ! Car celui-là seul qui a foulé du pied le sable aride du désert peut goûter la fraîcheur exquise de l’oasis.
Martheà part.
Oasis !
René.
Le proverbe a bien raison, va, qui dit : « Si Jeunesse savait ! » Mais voilà le malheur, jeunesse ne sait pas, et c’est comme cela, hélas, qu’on arrive à l’été de la vie, — de la Saint-Martin, quelquefois, — sans avoir connu cette chose ineffablement délicieuse qui s’appelle le printemps. — C’est bête, hein, ce que je te dis là ?

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