Les Amants d’Octave Mirbeau

Les Amants d’Octave Mirbeau

17 mars 2016
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Les Amants d’Octave Mirbeau

Farce en un acte, créée au Grand-Guignol le 25 mai 1901. Publiée en 1904 dans le recueil Farces et moralités.
Texte à télécharger gratuitement Libre Théâtre
Lien vers la notice sur data.libretheatre.fr

L’argument

Dialogue caricatural et stéréotypé entre deux amants qui, en démystifiant l’amour, préfigure l’incommunicabilité du théâtre de l’absurde. Les codes du langage amoureux sont détournés faisant apparaître les deux amants comme des personnes stupides et égoïstes.

Pour aller plus loin

Lire la préface de Pierre Michel sur Les Amants d’Octave Mirbeau sur le site mirbeau.asso.fr.

Le début de la pièce

http://art.rmngp.fr/fr/library/artworks/gustave-courbet_les-amants-dans-la-campagne_huile-sur-toile_1844?force-download=195874

Les Amants dans la campagne. Gustave Courbet 1844. Photo (C) RMN-Grand Palais / Droits réservés

Le Récitant, montrant le décor.
Mesdames, Messieurs… ceci représente un coin, dans un parc, le soir… Le soir est doux, silencieux, tout embaumé de parfums errants… Sur le ciel, moiré de lune, les feuillages se découpent comme de la dentelle noire, sur une soie mauve… Entre des masses d’ombre, entre de molles et étranges silhouettes, voilées de brumes argentées, au loin, dans le vague, brille une nappe de lumière… bassin, lac… on ne sait… ce qu’il vous plaira… Heure vaporeuse et divine !… L’amour est partout… son mystère circule au long des avenues invisibles, sous les fourrés, dans les clairières… et son souffle agite les branches… à peine… C’est délicieux !… (Montrant le banc — avec attendrissement.) Et voici un banc, un vieux banc, pas trop moussu, pas trop verdi… un très vieux banc de pierre, large et lisse comme une table d’autel… un autel où se célèbreraient les messes de l’amour…
(Il déclame.)
…J’aime les bancs de pierre, le soir, au fond des bois.
(Un temps.)
… Mesdames, Messieurs, quand le rideau se lève sur un décor de théâtre où se dresse un banc à droite près d’un arbre, d’une fontaine, ou de n’importe quoi, c’est qu’il doit se passer inévitablement une scène d’amour… Ai-je besoin de vous révéler que tout à l’heure, parmi cette nuit frissonnante, — ô mélancolie des cœurs amoureux ! — l’amant, selon l’usage, viendra s’asseoir, sur ce banc, près de l’amante, et que là, tous les deux, tour à tour, ils murmureront, gémiront, pleureront, sangloteront, chanteront, exalteront des choses éternelles… (Regardant à travers le parc.) Qu’est-ce que je disais ?… J’entends un bruit de feuilles frôlées, je vois deux ombres s’avancer lentement à travers les branches… Les voici… Comme ils sont tristes !…

(Entrent lentement l’amant et l’amante. Ils sont tristes tous les deux… L’amante est emmitouflée de dentelles, l’amant est en smoking… Dès qu’ils ont apparu, le Récitant salue le publie et sort, à reculons, discrètement.)

Les Amants sur le site de l’INA

Adaptation télévisée réalisée par Claude Dagues, diffusée le 23 août 1963.
extrait sur le site de l’INA (accès payant pour l’intégralité)


Pour aller plus loin :

Tout le théâtre d’Octave Mirbeau
Biographie d’Octave Mirbeau
Le site mirbeau.asso.fr consacré à Mirbeau

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