Penthésilée de Henrich von Kleist, mise en scène de Danuta Zarazik

Cour des Platanes 
15 rue Pasteur, Avignon
Du 17 juillet au 2 août à 20 heures
Relâche le lundi  20 juillet et le samedi 1er août.

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Ce n’est pas moins de quatre pièces que nous présentent jusqu’au 2 août, à La Cour des Platanes, les élèves de l’Académie Internationale des Arts du Spectacle, co-dirigée par Carlo Boso et Danuta Zarazik. On les connaissait déjà dans le registre de la commedia dell’arte (Goldoni) et de la comédie de travestissement (Shakespeare), ils nous proposent ici, dans une mise scène de Danuta Zarazik, une tragédie mythologique de Heinrich Von Kleist. Et c’est encore une merveilleuse expérience théâtrale.

Pour s’affranchir de l’oppression masculine, les Amazones ont créé un royaume uniquement peuplé de femmes. Ces guerrières n’ont recours aux hommes que ponctuellement, pour perpétuer leur espèce, et uniquement après avoir vaincu en combat singulier le géniteur choisi pour sa vaillance. Mais les flèches de l’amour ne sont pas seulement mortelles pour ceux qui osent s’opposer aux Amazones. Leur reine, Penthésilée, tombe follement amoureuse d’Achille. Et cette passion dévorante la conduira à mettre en pièces l’objet même de son amour, avant de choisir elle aussi la mort pour le rejoindre. On l’aura compris, ce sujet trouve aujourd’hui une immense résonance alors que dans nos sociétés, la domination masculine est justement remise en cause par les femmes, qui luttent courageusement pour s’en libérer. Il ne saurait bien sûr être question, au prétexte de sauvegarder la paix civile, de justifier la tradition mortifère de soumission des femmes par les hommes. Cette tragédie pose cependant une autre question. Lorsque le simple rétablissement de l’égalité des sexes semble impossible, la tentation du séparatisme sexuel ne risque-t-elle pas de conduire à une guerre civile néfaste pour les deux genres ? Plus généralement, considérer l’amour comme un combat dont l’un ou l’autre doit ressortir victorieux, après avoir usé de la force comme de la tromperie, ne peut-il pas mener qu’à la mort ?

Au-delà de ces questionnements ô combien d’actualité, c’est d’abord à un très beau spectacle que nous convient les talentueux et enthousiastes élèves de l’AIDAS, en plein air et sans autre artifice que ceux du théâtre de tréteaux. Le texte puissant et poétique de Kleist est magnifié par des chorégraphies issues de multiples traditions et par les chants polyphoniques de ces merveilleux interprètes. Plus important encore, peut-être, comme à la Cartoucherie de Vincennes, chez Ariane Mnouchkine ou chez Antonio Diaz-Florian, au cœur d’Avignon déserté par les festivaliers, bat le cœur d’une troupe. Ces comédiens à qui leurs maîtres ont su d’abord enseigner l’humilité, accueillent eux-mêmes les spectateurs à la billetterie, ils les servent à la buvette comme des invités de marque, et ils leur font une haie d’honneur au sortir du spectacle. Une leçon pour beaucoup de gens de théâtre et pour nous tous. Le théâtre est aussi une éthique.
À ne manquer sous aucun prétexte.
Critique de Jean-Pierre Martinez

Mise en scène de Danuta Zarazik
Avec les Élèves de la XIVe Promotion de l’AIDAS : 
Alesandre Abbas, Giuilia De Amicis, Jade Marino, Gaia Mauro, Valentin Pulicani, Elisa Ramillon, Cindy Sebastian
Les Élèves de la XVe Promotion de l’AIDAS : Athéna Hobeika
Les Élèves de la XIIe Promotion de l’AIDAS : Erwan Bleteau

Réservation au 06 50 12 43 38

TARIFS :
Plein tarif 15 €
Tarif réduit 10 € Chômeurs, Groupes, Étudiants, Carte AIDAS )
Tarif enfants ( – de 10 ans) 5 €

 

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