Les Trente-sept Sous de M. Montaudoin d’Eugène Labiche

Les Trente-sept Sous de M. Montaudoin d’Eugène Labiche

11 avril 2016
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Les Trente-sept Sous de M. Montaudoin d’Eugène Labiche

Comédie-vaudeville en un acte d’Eugène Labiche et Édouard Martin. Représentée pour la première fois, à Paris, sur le théâtre du Palais-Royal, le 30 décembre 1862.
Distribution : 4 hommes, 3 femmes et des figurants.
Texte intégral à télécharger gratuitement sur Libre Théâtre.
Lien vers la notice sur data.libretheatre.fr

L’argument

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6400704q

Portrait de Geoffroy dans le rôle de Champbourcy.  Geoffroy interprétait Montaudoin à la création.Source : BNF/Gallica

Monsieur Montaudoin marie sa fille Fernande à Isidore, mais il est anxieux. Depuis la naissance de sa fille, tous les jours quelqu’un lui dérobe la somme insignifiante de 37 sous, jamais ni plus ni moins. Avec l’aide de son ami Penuri, il veut résoudre cette énigme. Quant à la femme de Montaudoin, elle désire attribuer une dot supplémentaire de 13 505 francs, mais sans que son mari n’en connaisse la provenance. Aussi elle confie l’argent à Penuri afin qu’il offre lui-même cette somme. Alors que celui-ci s’exécute, Montaudoin pense alors que son ami a eu une aventure avec son épouse et qu’il est le père de Fernande…


Un extrait

Montaudoin.
Ah ! cré Pénuri, va ! Tiens ça me fait plaisir de te voir… ça me rafraîchit, ça me rappelle le temps où je riais !

Pénuri.
Tu ne ris donc plus ?

Montaudoin.
Non.

Pénuri.
Un homme ne doit cesser de rire que lorsqu’il a perdu ses dents… Voyons tes dents ?

Montaudoin.
Il ne s’agit pas de cela… Si tu savais !… Au fait, je puis me confier à toi, un vieil ami… Mon cher, il m’arrive une chose… agaçante et extraordinaire : on me vole !

Pénuri.
Ça peut être agaçant, mais ce n’est pas extraordinaire.

Montaudoin.
Oui, mais on ne me vole pas comme tout le monde. Un monsieur s’introduirait chez moi ; forcerait mon secrétaire, me prendrait dix mille francs, je dirais : « Très bien ! c’est son état ! il ne reviendra plus !  » Tandis que mon voleur, à moi, revient tous les jours.

Pénuri.
Comment, tous les jours ?

Montaudoin.
Avec l’exactitude d’un employé qui va à son bureau… Mon Dieu, il ne me prend pas une grosse somme, si tu veux… il me prend trente-sept sous par jour.

Pénuri.
Quelle idée ! Est-ce qu’un voleur prendrait trente-sept sous ?

Montaudoin.
Mon ami, les petits ruisseaux font les grandes rivières.

Pénuri.
Allons donc, c’est une erreur dans tes comptes.

Montaudoin.
Impossible !… j’écris tout… Quand je donne deux sous à un singe ou à un Savoyard… je les écris… Tous les soirs, je fais ma balance. Eh bien, il me manque un franc quatre-vingt-cinq. Il y a une fuite dans mon ménage.

Pénuri.
C’est bien drôle !

Montaudoin.
Et cela dure depuis un temps immémorial… Tiens… depuis la naissance de ma fille.

Pénuri.
Estce que tu soupçonnerais cette enfant ?

Montaudoin.
Qu’est-ce qui te parle de ça ? Comment supposer qu’en venant au monde, un enfant va prendre trente-sept sous à son père ?

Pénuri, avec importance.
C’est juste ! À cet âge, on ne sent pas encore l’aiguillon des intérêts matériels.

Montaudoin.
Comprends-tu ma position ? Etre volé depuis vingt ans ! tous les jours !… car le gueux ne se repose même pas le dimanche ! cela finit par porter sur les nerfs… Je deviens sombre, mon caractère s’aigrit, mes digestions se troublent… Je ne peux plus manger ni choux, ni crevettes, ni boudins… ça ne passe pas.

Adaptation pour la télévision par René Lucot

voir la fiche sur le film sur le site Base de Données de films français avec images

 

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