La Sensitive d’Eugène Labiche

La Sensitive d’Eugène Labiche

31 mai 2016
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La Sensitive d’Eugène Labiche et Alfred Delacour

Comédie-vaudeville en trois actes, représentée pour la première fois, à Paris, sur le théâtre du Palais-Royal, le 10 mars 1860.
Distribution : 6 hommes, 2 femmes
Texte intégral de la pièce à télécharger gratuitement sur Libre Théâtre.
Lien vers la notice sur data.libretheatre.fr

 L’argument

Onésime Bougnol et Laure Rothanger vont se marier. Gaudin, le domestique de Bougnol, voit avec inquiétude cette alliance, qui va sans doute perturber ses habitudes. Dans une atmosphère de fête, les invités arrivent, dont deux militaires, l’ancien précepteur de Laure et les parents de la mariée. Mais Onésime est un grand sensible et  ne peut accomplir ses devoirs conjugaux lors de la nuit de noces à la suite de différents incidents. Les deux militaires et l’ancien précepteur courtisent alors la jeune fille.

Un extrait et des illustrations…

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6400691j

Croquis de scène / de Lhéritier. Source : BnF/ Gallica

Gaudin.
Ainsi, Monsieur persiste toujours à se marier malgré les rhumatismes… qu’il aura ?

Bougnol.
Toujours !

Gaudin.
Je crois que Monsieur fera bien de réfléchir !… D’abord, êtes-vous bien sûr d’être né pour le mariage ?…

Bougnol.
Comment, imbécile ?

Gaudin.
Ah ! monsieur, c’est que j’ai eu des renseignements par mademoiselle Pausanias… cette petite marchande de tabac avec laquelle vous passiez de longues heures à choisir des cigares…

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b531179336

Luguet, Brasseur & Gil Perès, au 2e acte de La sensitive du Palais-Royal, scène de la courte paille par Hadol. Source : BnF/ Gallica

Bougnol.
Eh bien ?

Gaudin.
Elle prétend que vous êtes d’un caractère inégal… qu’un rien vous trouble, vous émeut… Enfin, que vous avez des vapeurs, des absences dans la conversation…

Bougnol.
Moi ?

Gaudin.
On a bien tort de se brouiller avec ces demoiselles-là… Ça les vexe… et alors, elles jasent… elles cancanent…

Bougnol.
Je ne comprends pas !… Qu’a-t-elle pu dire ?…

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b64006904

Portrait de René Luguet : dans le rôle de Chalandard par Lhéritier, 1860. Source :BnF /Gallica

Gaudin.
Il paraît qu’un jour… à sa fête… vous lui aviez composé un petit compliment ?

Bougnol.
Un quatrain… huit vers seulement…

Gaudin.
Vous vous apprêtiez à les lui débiter… lorsque tout à coup… drelin dindin !… un coup de sonnette !

Bougnol.
Très violent… je m’en souviens.

Gaudin.
Et cela a suffi pour vous faire perdre la mémoire ! Vous avez pâli, vous vous êtes troublé… et vous avez bégayé toute la soirée.

Bougnol.
C’est vrai : le moindre bruit, la moindre émotion me trouble ; ma langue s’embarrasse, et je bégaye…

Gaudin.
Ah ! vous avez là un défaut bien désagréable dans un ménage ! Voulez-vous que je vous dise, monsieur… vous êtes de la nature de la sensitive !

Bougnol.
La sensitive ?… qu’est-ce que c’est que cela ?

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6402061z

Portrait de Brasseur : dans le rôle de Clampinais par Draner. Source : BnF/Gallica

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b55003762r/f1

Gil-Peres (Edmond Balissan) : dessin de Draner. Source : BnF/ Gallica

 

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