L’Invité ou Huit jours à la campagne de Jules Renard

L’Invité ou Huit jours à la campagne de Jules Renard

27 février 2017
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L’Invité ou Huit jours à la campagne de Jules Renard

Comédie en un acte, représentée pour la première fois au Théâtre de la Renaissance, le 5 février 1906.
Distribution : 3 femmes, 1 homme
Texte intégral de la pièce à télécharger gratuitement sur Libre Théâtre
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L’argument

Un jeune Parisien, Georges Rigal, veut passer «huit jours à la campagne» chez son ami, Maurice Perrier. Il arrive dans la maison familiale, mais il n’est pas attendu et son ami est absent. Il reçoit un accueil glacial de la part de la grand-mère, Maman Perrier.

Extrait

Madame Perrier
Maurice est sorti ce matin, avant le passage du facteur. Il n’a donc point lu votre lettre, et je ne l’ai pas décachetée ; je l’avais mise dans ma poche. Tenez, monsieur.

Georges
Vous pouvez la lire, madame.

Madame Perrier
C’est inutile, monsieur, puisque vous voilà.

Georgesprenant la lettre.
Elle ne renferme aucun secret, madame ; j’écrivais à Maurice. Il pose sa valise sur le banc, ouvre la lettre et lit : « Cher ami, mon congé m’est accordé. Il y a si longtemps que tu me retiens et que je te promets ces huit jours… »

Maman Perrierinquiète.
Huit jours !

Madame Perrierd’un ton insignifiant, pour réparer.
Huit jours.

Georges
J’ai mis huit jours, pour mettre un chiffre, mais je resterai autant que je voudrai, autant que Maurice voudra, autant que vous voudrez, mesdames… (Il continue de lire la lettre.) « J’arriverai demain matin jeudi, (c’est aujourd’hui, vous voyez si je suis exact !) par le premier train ; je me fais une joie de bavarder avec toi et de connaître enfin madame ta mère et mademoiselle ta sœur…»

Maman Perrier
Et la grand-mère, on n’en parle pas ?

Georges
Oh ! Madame.

Maman Perrier
Elle ne compte plus !

Georges
Pouvez-vous dire, madame ?

Maman Perrier
Maurice, je parie, m’a déjà donnée à tuer.

Georges.
Non, madame.

Maman Perrier.
Ça ne m’étonnerait pas de lui. Vous ne saviez peut-être pas seulement que j’existe ?

Georges.
Oh ! madame, je sais… je sais de quelle affection Maurice vous aime. Je vous ai oubliée par étourderie. Excusez-moi.

Madame Perrierarrangeante.
D’ailleurs, à quoi ça sert d’écrire des longues lettres qui n’en finissent plus, quand on va se voir ?

Georges.
N’est-ce pas, madame ? Vous avez bien raison.
Silence.
Je reprends donc ma lettre.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k442299f/f1.item

Les Hommes du jour / dessins de A. Delannoy ; texte de Flax. 3 avril 1909. Source : BnF/Gallica

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