L’Impromptu de Versailles, mis en scène et adapté par Antonio Díaz-Florián

L’Impromptu de Versailles, mis en scène et adapté par Antonio Díaz-Florián

8 septembre 2017
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L’Impromptu de Versailles, mis en scène et adapté par Antonio Díaz-Florián

Du 10 septembre au 15 octobre 2017, le dimanche à 16 heures
Théâtre de l’Epée de Bois – Cartoucherie, Route du Champ de Manoeuvre. 75012 Paris

L’Impromptu de Versailles prend place dans une longue et pénible lutte qui commence en 1662 avec L’Ecole des Femmes et qui ne verra son aboutissement qu’en 1669, lorsque les représentations de Tartuffe seront enfin autorisées.
Le succès de L’Ecole des Femmes auprès du public fait passer Molière du statut de farceur à celui d’auteur dramatique et le désigne aux intrigues de ses rivaux jaloux, tandis que la nouveauté d’une pièce qui remet en question certaines valeurs morales et sociales traditionnellement admises l’expose très vite aux cabales des dévots, sous des accusations qui vont de l’obscénité au blasphème.
En réponse aux attaques et aux polémiques, Molière donne en juin 1663 La Critique de l’Ecole des Femmes, pièce de combat qui s’inscrit dans une querelle déjà bien alimentée de libelles, pamphlets et pièces contre Molière. Peu de temps après, le roi lui accorde une gratification de mille livres ; les attaques et les jalousies continuent de s’enflammer, et un jeune et obscur auteur, Edme Boursault, qui sert probablement de paravent à d’autres écrivains plus en vue, fait jouer Le Portrait du Peintre par les comédiens de l’Hôtel de Bourgogne.
En octobre 1663, une dizaine de jours, dit-on, après avoir vu Le Portrait du Peintre, et vraisemblablement encouragé par le roi, Molière donne avec sa troupe L’Impromptu de Versailles. Cette fois, il ne s’agit plus de personnages ressemblants ou caricaturaux, mais des comédiens eux-mêmes en plein travail.
Molière annonce dans cette pièce qu’après ce règlement de comptes, il en restera là, sans perdre davantage de temps ni galvauder son talent pour des choses qui n’en valent pas la peine. Ses adversaires cependant redoublent de rage, sur la scène de l’Hôtel de Bourgogne avec des pièces où ils s’efforcent de ridiculiser Molière, Molière comédien, mais aussi Molière homme privé. Hors scène, le comédien Montfleury ira jusqu’à adresser au roi une dénonciation calomnieuse, visant à accuser Molière d’inceste. Le roi y répondra en acceptant d’être le parrain du premier fils de Molière en février 1664.

L’adaptation

L’Impromptu de Versailles  est une comédie en un acte et en prose de Molière, créée d’abord à Versailles le 14 octobre 1663, puis au Théâtre du Palais-Royal le 4 novembre 1663. Molière, directeur de troupe et metteur en scène ainsi qu’acteur, dirige la répétition d’une de ses pièces qui doit être jouée dans quelques heures devant le roi. Les acteurs sont mécontents car ils n’ont pas eu le temps d’apprendre leurs rôles. Ils reprochent à Molière de n’avoir pas fait plutôt une parodie des acteurs de l’Hôtel de Bourgogne qui les avaient critiqués. Molière s’amuse à en caricaturer quelques-uns avant de vouloir reprendre la répétition et de guider ses acteurs, lorsqu’un fâcheux vient imposer sa présence. Celui-ci accepte enfin de s’en aller en disant qu’il va prévenir le roi que la troupe est prête à jouer… Un salon succinctement évoqué, avec un clavecin, au XIXe siècle…

Dans le salon où sommeille la vieille actrice, arrive sa nièce, qui vient la visiter et lui jouer au clavecin des airs de Lully, pour accompagner le texte de Molière que va lire et réciter la vieille dame. C’est une gageure un peu folle que celle d’adapter cette pièce pour évoquer une troupe de théâtre entière par la voix d’une seule comédienne. Il s’agissait de faire entendre la voix de Molière, dans cette pièce où il se montre en pleine action, au coeur de son travail. Le personnage de la vieille actrice qui se remémore la pièce se souvient par là même de l’épreuve qui attend quotidiennement le créateur, l’artiste. Dans le rapport de Molière avec ses comédiens, on reconnaît la vie de toutes les troupes théâtrales : mêmes angoisses, mêmes soucis. La particularité de cette troupe tient certes au génie de celui qu’on n’appelait pas encore metteur en scène, et donc au destin de ces comédiens qui participent à une aventure hors du commun par son succès, et par la violence des haines qu’il suscite.

Musique Jean-Baptiste Lully
Transcriptions Jean-Henry d’Anglebert
Adaptation et mise en scène Antonio Díaz-Florián
Comédienne Graziella Lacagnina
Musicienne – clavecin Armelle Roux
Conseiller scénographe Jean-Marie Eichert
Régisseur  Miguel Meireles
Production Théâtre de l’Épée de Bois

Lien vers le site du théâtre de l’Épée de Bois
Lien vers l’Entretien de Libre Théâtre avec Antonio Díaz-Florián, directeur du Théâtre de l’Épée de Bois
Lien vers la chronique de Libre Théâtre consacrée à L’Impromptu de Versailles.

 

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