L’Impromptu de Versailles, mis en scène et adapté par Antonio Díaz-Florián

L’Impromptu de Versailles, mis en scène et adapté par Antonio Díaz-Florián

8 septembre 2017
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L’Impromptu de Versailles, de Molière, mis en scène et adapté par Antonio Díaz-Florián

Du 12 novembre au 17 décembre 2017, le dimanche à 16 heures
Théâtre de l’Epée de Bois – Cartoucherie, Route du Champ de Manoeuvre. 75012 Paris

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La Troupe de l’Épée de Bois nous invite chez elle, dans le merveilleux théâtre en bois qu’elle a bâti de ses propres mains, pour entendre Molière défendre, un siècle avant Beaumarchais, la liberté de blâmer, sans laquelle il n’est point d’éloge flatteur. Dans ce Palais des Glaces qu’est la petite salle du Théâtre de l’Épée de Bois, Antonio Díaz-Florián (le metteur en scène), Graziella Lacagnina (la comédienne) et Armelle Roux (la claveciniste) nous transportent à Versailles où la troupe d’un dénommé Molière s’apprête à interpréter devant le Roi un spectacle qui n’est absolument pas prêt. Cette mise en abyme très moderne est l’occasion pour le vrai Molière de plaider sa cause devant son illustre protecteur, afin de pouvoir continuer à moquer impunément les travers de ses contemporains, en dépit de l’opposition farouche de ses détracteurs, tenants d’un théâtre consensuel et donc sans aucun intérêt pour le public.

Malgré des décennies de métier et de succès bien mérités, cinq minutes avant la représentation, comme dans la comédie de Molière, le metteur en scène arpente nerveusement les couloirs pour calmer son appréhension, tandis que la comédienne, sur les épaules de laquelle repose tout le spectacle (puisqu’elle interprète avec brio tous les rôles) vend encore les billets à la caisse. Comble de l’élégance et de l’humilité, après les nombreux rappels, la troupe convie le public à boire un verre dans la salle, comme à la maison. L’esprit de la Cartoucherie est toujours bien vivant. Et le public est au rendez-vous. Il y a des moments et des lieux comme ça où la vie a encore un sens. Merci à la Troupe de l’Épée de Bois pour cet engagement total au service du théâtre.

Le contexte de la pièce

L’Impromptu de Versailles prend place dans une longue et pénible lutte qui commence en 1662 avec L’Ecole des Femmes et qui ne verra son aboutissement qu’en 1669, lorsque les représentations de Tartuffe seront enfin autorisées.
Le succès de L’Ecole des Femmes auprès du public fait passer Molière du statut de farceur à celui d’auteur dramatique et le désigne aux intrigues de ses rivaux jaloux, tandis que la nouveauté d’une pièce qui remet en question certaines valeurs morales et sociales traditionnellement admises l’expose très vite aux cabales des dévots, sous des accusations qui vont de l’obscénité au blasphème.
En réponse aux attaques et aux polémiques, Molière donne en juin 1663 La Critique de l’Ecole des Femmes, pièce de combat qui s’inscrit dans une querelle déjà bien alimentée de libelles, pamphlets et pièces contre Molière. Peu de temps après, le roi lui accorde une gratification de mille livres ; les attaques et les jalousies continuent de s’enflammer, et un jeune et obscur auteur, Edme Boursault, qui sert probablement de paravent à d’autres écrivains plus en vue, fait jouer Le Portrait du Peintre par les comédiens de l’Hôtel de Bourgogne.
En octobre 1663, une dizaine de jours, dit-on, après avoir vu Le Portrait du Peintre, et vraisemblablement encouragé par le roi, Molière donne avec sa troupe L’Impromptu de Versailles. Cette fois, il ne s’agit plus de personnages ressemblants ou caricaturaux, mais des comédiens eux-mêmes en plein travail.
Molière annonce dans cette pièce qu’après ce règlement de comptes, il en restera là, sans perdre davantage de temps ni galvauder son talent pour des choses qui n’en valent pas la peine. Ses adversaires cependant redoublent de rage, sur la scène de l’Hôtel de Bourgogne avec des pièces où ils s’efforcent de ridiculiser Molière, Molière comédien, mais aussi Molière homme privé. Hors scène, le comédien Montfleury ira jusqu’à adresser au roi une dénonciation calomnieuse, visant à accuser Molière d’inceste. Le roi y répondra en acceptant d’être le parrain du premier fils de Molière en février 1664.

Musique Jean-Baptiste Lully
Transcriptions Jean-Henry d’Anglebert
Adaptation et mise en scène Antonio Díaz-Florián
Comédienne Graziella Lacagnina
Musicienne – clavecin Armelle Roux
Conseiller scénographe Jean-Marie Eichert
Régisseur  Miguel Meireles
Production Théâtre de l’Épée de Bois

Lien vers le site du théâtre de l’Épée de Bois
Lien vers l’Entretien de Libre Théâtre avec Antonio Díaz-Florián, directeur du Théâtre de l’Épée de Bois
Lien vers la chronique de Libre Théâtre consacrée à L’Impromptu de Versailles.

 

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