Le mauvais cocher de Georges Courteline

Le mauvais cocher de Georges Courteline

26 février 2016
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Le mauvais cocher de Georges Courteline

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b530974396/f90

Illustration de Steinlen, parue dans le Gil Blas illustré du 16 décembre 1894. Source : BnF/ Gallica

Saynète parue dans L’Ami des lois en 1904 et dans le Gil Blas illustré du 16 décembre 1894.
Distribution : 3 hommes et des figurants.
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L’Argument

La Brige monte dans un fiacre pour se rendre à la place de la Bastille prendre le train pour Vincennes. Le cocher met toute la mauvaise volonté possible et arrive largement après le départ du train. La Brige demande alors au cocher de le mener à la « barrière de Vincennes ». Le cocher refuse et La Brige demande qu’on appelle un agent…

 

 

Un extrait

La Brigela tête à la portière.
Je voudrais que quelqu’un eut la complaisance d’aller me chercher un agent.
(Silence et impassibilité de la foule.)
La Brigeharanguant.
Messieurs et chers concitoyens, vous voyez en moi un pauvre homme submergé de bon droit et de bonne foi et qui se bute au mauvais vouloir d’une brute entêtée et méchante. Lequel de vous, dix fois, vingt fois, cent fois, n’a pas été victime de l’infamie d’un cocher de fiacre ? C’est mon cas. Je vous jure, messieurs, que je suis un homme pacifique, ennemi des vaines discussions et des imbéciles chicaneries, et tout à fait digne, que les honnêtes gens lui prêtent aide et assistance. Un agent, messieurs, un agent !…
(Silence et impassibilité de la foule.)
La Brigeamer.
Il est inouï que dans une ville comme Paris on en trouve pas de solidarité.
Le Cocher.
A la fin, allez-vous descendre ?… Je vas vous apprendre comment je m’appelle ! moi !
La Brige,
Hélas ! Vous vous appelez Légion !
Le Cocher, indigné
Légion toi-même, eh salaud ! Et puis c’est pas tout ça ; tu vas foutre le camp ou je te fous mon poing sur la gueule !
La Brigeavec un sourire éloquent.
Je vous engage à n’en rien faire.
Le Cocher.
Paquet !… Outil !… Tête de veau !
La Brige.
J’ai la tête de veau, mais vous en avez l’âme. Et puis, vous perdez votre temps. Je ne descendrai de cette voiture que si les agents m’en donnent l’ordre.
(Ayant ainsi discouru et ne voulant plus rien savoir, La Brige se cale en l’enfoncement du fiacre, avec l’attitude d’un monsieur qui se dispose à hiverner.Il tire une cigarette, qu’il flambe ; il tire un journal qu’il déploie : ceci pour la plus grande exaspération du cocher, lequel emplit l’air de ses cris, bien que n’osant taper, cependant.)
Cinq minutes s’écoulent ; puis
Un agent, s’approchant.
Qu’est-ce qu’il y a ?

 

 

 

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