La peur des coups de Georges Courteline

La peur des coups de Georges Courteline

25 février 2016
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La peur des coups de Georges Courteline

Saynète représentée pour la première fois à Paris, au Théâtre d’Application, le 14 décembre 1894 avec Suzanne Berty et Henry Krauss. Publiée en 1895.
Distribution : un homme, une femme.
Texte à télécharger gratuitement sur Libre Théâtre
Lien vers la notice sur data.libretheatre.fr

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5544937p

Illustration de Adrien Barrère dans Les Marionnettes de la vie, Flammarion, 1900. Source : BnF/ Gallica

L’argument

De retour d’une soirée, scène de ménage. Lui est jaloux, mais aussi terriblement couard. Il ne supporte pas que des hommes fassent la cour à sa femme ni même lui parlent, mais il est incapable de leur demander des comptes. Elle le provoque.

 

Lien audio

Lien vers l’enregistrement audio réalisé par le site  courteline.org
L
ien vers l’enregistrement audio réalisé par le site romainelubrique.org.

Un extrait

Lui.
Pour la dernière fois, réfléchis bien à tes paroles.(Solennel, la main sur son coeur.) Devant Dieu qui me voit et m’entend, nous nagerons dans la tragédie si je passe le seuil de cette porte.
Elle, courant à la porte qu’elle ouvre.
Le seuil ? Le voilà, le seuil ! Et voici la porte grande ouverte.
Lui.
Aglaé…
Elle.
Passe-le donc, un peu! Passe-le donc, le seuil de la porte ! Non, mais passe-le donc, que je voie, et va donc lui donner de ton pied, à ce monsieur.
Lui.
Aglaé…
Elle.
Mais va donc, voyons ! Qu’est-ce qui te retient ? Qu’est-ce qui t’arrête ? Va donc ! Va donc ! Va donc ! Va donc !
Lui, jouant la stupéfaction.
Tu me donnes des ordres, Dieu me pardonne ! « Va donc ! » dit madame, « Va donc ! » (Retirant son paletot qu’il jette au dossier d’un siège.)  C’est étonnant comme j’obéis ! (Haussement apitoyé de l’épaule.)  En vérité, tu aurais seulement dix ans de moins, je t’administrerais une fessée pour te rappeler au sentiment des convenances. Qui est-ce qui m’a bâti une morveuse pareille !… une gamine, on lui presserait le nez il en sortirait du lait, qui se permet de donner des ordres et de dire « Va donc » à son mari !
Elle, installée près du lit et attaquant son pantalon.
Le fait est qu’en parlant ainsi j’ai perdu une belle occasion de garder pour moi des paroles inutiles.
Lui.
Et tu en perds une seconde en émettant cette vérité d’une ambiguïté si piquante. Car tu la juges telle, j’imagine.
Elle.
Trop polie pour te démentir.
Lui.
Oui ? Eh bien, j’ai le regret de t’apprendre que le jour où l’esprit et toi vous passerez par la même porte, nous n’attraperons pas d’engelures.

 

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