Le Dernier Jour d’un(e) Condamné(e), interprétation de Lucilla Sebastiani

Le Dernier Jour d’un(e) Condamné(e), interprétation de Lucilla Sebastiani

23 octobre 2016
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Le Dernier Jour d’un(e) Condamné(e), interprétation de Lucilla Sebastiani

d’après Victor Hugo
Tous les mardis à 19h30 jusqu’au mardi 1er novembre inclus
puis les jeudis 10, 17 et 24 novembre à 21h15
au Théâtre de l’Essaïon
4, rue Pierre au lard 75004 PARIS

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Le Dernier Jour d’un Condamné est un plaidoyer poignant de Victor Hugo contre la peine de mort. Avec ce texte de jeunesse, Hugo nous fait partager les derniers instants d’un prisonnier condamné par la justice des hommes au plus inhumain des châtiments.

Les pierres centenaires des sous-sols voûtés du théâtre de l’Essaïon offrent un cadre saisissant de vérité à cette tragédie : le cachot est là, sous nos yeux, et nous y sommes enfermés aux côtés de la condamnée.

Car c’est bien une femme, Lucilla Sebastiani, qui interprète avec force et subtilité ce terrible rôle : elle incarne toutes les émotions de la prisonnière, de l’espoir à la révolte, en passant par la résignation. Le jeu de la comédienne est tout en retenue, sans excès ni facilité. Aucune trahison de Victor Hugo dans le choix d’une femme pour interpréter cette victime expiatoire, bien au contraire… Nécessairement adapté pour la scène, le texte est cependant parfaitement respecté, dans l’esprit et la forme. Dans la préface de 1832, Victor Hugo évoque d’ailleurs à la fois les condamnations d’hommes et de femmes qui l’ont marqué, et l’ont poussé à rédiger dans la fièvre ce texte magistral. On ne connaît pas le crime de cette femme, ni son histoire. Toute la force du texte de Victor Hugo se cristallise dans l’universalité de cette voix, et son incarnation féminine amplifie encore la portée humaniste de ce réquisitoire contre la pire des barbaries : celle qui se cache derrière un simulacre de justice.

Comme toujours avec Hugo, même dans les drames les plus noirs, l’humour est présent et permet des respirations. La mise en scène de Pascal Faber et Christophe Borie est remarquable, s’appuyant sur la construction originale du récit, rythmé par une succession de séquences marquantes : des jeux de lumières permettent de sortir du cachot lors des séances de tribunal ou au moment de l’exécution ; la bande son fait entrer toute la violence du monde extérieur, celle du bon peuple de Paris qui vient comme au spectacle assister à la mise à mort, mais aussi la violence symbolique de la condamnation à mort à l’issue du jugement, prononcé au nom d’un pouvoir inique, à la fois tout puissant et démagogique.

Le public sort bouleversé de ce spectacle, mais heureux d’avoir partagé ce moment d’humanité. On saluera aussi la démarche de cette compagnie qui, en dehors des salles de spectacles, participe activement, aux côtés d’associations, à la sensibilisation autour de la question de la peine capitale. Car ce spectacle nous rappelle aussi que si la peine de mort a été abolie en France en 1981, elle reste encore en vigueur dans de nombreux pays du monde, y compris dans plusieurs pays dits démocratiques.

 


Adaptation : Florence Le Corre-Person
Mise en scène :  Pascal Faber et Christophe Borie
Avec : Lucilla Sebastiani
Lumières : Sébastien Lanoue
Univers sonore : Jeanne Signé
Musique originale : Patrick Pernet
Costumes : Madeleine Lhopitallier

Lien vers le site de la Compagnie L’Embellie Turquoise

Lien vers la Chronique consacrée au Dernier Jour d’un condamné sur Libre Théâtre 


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Teaser Le Dernier Jour d’un(e) condamné(e) from Lucilla Sebastiani on Vimeo.

 

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