Les chemins de fer d’Eugène Labiche

Les chemins de fer d’Eugène Labiche

31 mai 2016
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Les Chemins de fer d’Eugène Labiche, Alfred Delacour et Adolphe Choler

Comédie-vaudeville en cinq actes, représentée pour la première fois, à Paris, sur le Théâtre du Palais-Royal, le 25 novembre 1867.
Distribution : 11 hommes, 7 femmes
Texte à télécharger gratuitement sur Libre Théâtre.
Lien vers la notice sur data.libretheatre.fr

L’argument

Un vaudeville ferroviaire qui se déroule successivement dans un administration des chemins de fer où des actionnaires attendent de percevoir leurs dividendes, un quai d’embarquement, le buffet d’une gare, une chambre d’un hôtel garni et le bureau du chef de gare… Tapiou occupe successivement les fonctions de caissier, graisseur de wagons, employé des chemins de fer, cuisinier… Il accompagne les pérégrinations de Ginginet, sa femme Clémence, sa bonne Colombe et sa nièce anglaise Jenny qui vont en Alsace afin de célébrer le mariage de Jenny et du caissier Lucien Faillard.

Un extrait

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84058590

Affiche de 1867. Source : BnF/ Gallica

Tapiou.
Bonjour, Pauline… Qu’est-ce que tu m’apportes ce matin ?

Pauline.
Une saucisse aux haricots…

Tapiou.
Encore des z’haricots !… ça me fait gonfler. Je t’avais demandé des nantilles.

Pauline.
Il n’y en avait plus… Ne grogne pas, v’là ta bouteille et une pomme.
Elle pose le déjeuner de Tapiou sur la planche devant le guichet.

Tapiou.
Ça va refroidir… attends… la bouche de chaleur… elle servira à quelque chose. (Il place son assiette à terre sur la bouche de chaleur.) Maintenant pelure ma pomme… parce qu’avec une main…

Pauline, tout en pelurant la pomme.
Eh bien ? qu’est-ce que je vois ? t’es manchot du bras gauche aujourd’hui.

Tapiou.
Oui…

Pauline.
Hier c’était le droit…

Tapiou.
Je change… un jour l’un, un jour l’autre ; si tu crois que c’est caressant de se replier le bras toute la journée de neuf à quatre.

Pauline.
Si on allait s’apercevoir que tu as tes deux bras…

Tapiou.
Impossible ! Je n’en montre qu’un à la fois…

Pauline.
Tu n’avais aucun titre pour obtenir ta place… Simple gâte-sauce dans un restaurant à trente-deux sous…

Tapiou.
Trente-cinq… depuis l’Exposition… une bonne place…

Pauline.
Que tu as perdue, grâce à ta bêtise… C’est alors que je me suis adressée à M. Ernest… le sous-chef… un jeune homme très bien… qui a connu ma famille…

Tapiou.
J’ai idée qu’il te fait de l’œil…

Pauline.
À moi ! par exemple !

Tapiou.
Je n’insiste pas…

Pauline.
C’est lui qui a eu la bonne pensée de te faire passer pour manchot…

Tapiou.
Ancien militaire ! J’ai laissé pousser mes moustaches… et l’on m’a accepté d’emblée… Seulement je voudrais bien changer de guichet, celui-ci n’est bon qu’à faire éclore des petits poulets…

Pauline.
Tiens… v’là ta pomme… Je viendrai chercher les assiettes…

Pour aller plus loin

Théâtre de l’Atelier, 1967, Mise en scène de André Barsacq
Maquette du décor de Jacques Noël sur le site de l’Association de la Régie Théâtrale
Costumes de Jacques Noël sur le site de l’Association de la Régie Théâtrale

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