Les Autres de Jean-Claude Grumberg, mise en scène de Jean-Louis Benoit

Les Autres de Jean-Claude Grumberg, mise en scène de Jean-Louis Benoit

26 novembre 2017
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Les Autres de Jean-Claude Grumberg, mise en scène de Jean-Louis Benoit

Théâtre de l’Epée de Bois – Cartoucherie, Route du Champ de Manoeuvre. 75012 Paris
Du 23 novembre au 23 décembre 2017,  du jeudi au samedi à 20h30, Samedi et dimanche à 16h00

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Comme « Les Envahisseurs » de la célèbre série américaine, « les autres » sont déjà parmi nous. Chez nous. Dans notre famille. Voire aussi en nous-mêmes. Cette altérité si proche et si lointaine nous fascine autant qu’elle nous effraie, dans une étrange dialectique entre le désir mimétique et la peur de l’aliénation. L’autre, c’est bien sûr l’étranger. Mais c’est aussi le différent : l’homosexuel, le communiste, le juif… L’autre, c’est l’inconnu. Ce qu’on ne maîtrise pas, jusque dans son propre inconscient. L’autre, pour l’homme, c’est donc aussi la femme. Ou l’enfant. Tout ce qui n’est pas soi. L’autre est un paradoxe : on ne peut pas vivre sans lui, mais on craint de s’y perdre. Quant à tuer en nous la part de l’autre, c’est se tuer soi-même. Les quatre saynètes constituant la pièce de Jean-Claude Grumberg abordent avec un humour cruel un thème éternel, dont le racisme n’est qu’une des nombreuses facettes. Aujourd’hui comme hier, la haine de l’autre, c’est toujours la haine de soi. L’interprétation généreuse des cinq comédiens, sans nous rendre sympathiques ces personnages incarcérés dans une identité fantasmatique et mortifère, nous fait entrevoir leur souffrance et leur désespoir. On aurait aimé, cependant, que Grumberg ne nous dépeignent pas ces « ennemis de l’autre » comme des « autres » absolus, justement, des épouvantails qui finalement nous rassurent tant ils sont différents de nous. Son propos eût été sans doute encore plus fort si, en donnant un peu plus d’humanité à ces « salauds » (racistes, homophobes, antisémites…), il avait souligné davantage la part d’intolérance qui sommeille en chacun de nous. Le ventre est toujours fécond d’où a surgi la bête immonde. Et ce ventre est aussi le nôtre. Une pièce toujours d’actualité…
Critique de Jean-Pierre Martinez

 

Auteur : Jean-Claude Grumberg
Mise en scène : Jean-Louis Benoit
Avec Philippe Duquesne, Nicole Max, Pierre Cuq, Stéphane Robles, Antony Cochin
Collaboration artistique : Laurent Delvert
Scénographie : Jean Haas
Lumières : Jean-Pascal Pracht
Costumes : Marie Sartoux

 

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