Plus jamais Mozart
Fabrik Théâtre, 70 impasse Favot, route de Lyon – Avignon
du 4 au 25 juillet à 16h40. Relâche les 8, 15, 22 juillet
L’histoire commence par un rendez-vous en apparence banal : une journaliste se rend à Venise chez Paolo Levi, célèbre violoniste, pour l’interviewer. Mais sa rédactrice en chef l’a prévenue : il faut impérativement éviter « la question Mozart ». Fascinée par l’atmosphère si particulière de la ville, elle arrive en retard à son rendez-vous. Par sa candeur, elle réussit à apprivoiser le musicien à la réputation ombrageuse et parvient à susciter ses confidences, jusqu’à découvrir son terrible secret. À partir de ce dispositif très théâtral, le spectacle nous entraîne dans l’intimité de cet artiste d’exception et de sa famille.
En adaptant le roman du Britannique Michael Morpurgo, le metteur en scène Jean-Louis Kamoun réussit la prouesse d’en faire un spectacle total, sensible et profondément prenant, servi par des comédiens talentueux. Martin Kamoun, qui joue tour à tour Paolo Levi adulte, l’enfant qu’il fut et son père, est particulièrement touchant. , Flamboyante ou tendre, Christine Gaya incarne avec brio de multiples personnages, dont la mère de Paolo. La lumineuse Caroline Ruiz apporte à la pièce la touche d’humour nécessaire pour éviter d’en faire une tragédie trop noire. À leurs côtés, le musicien Christian Fromentin accompagne l’ensemble avec une virtuosité discrète, au violon bien sûr, mais aussi à la mandoline.
Les interventions musicales sont pleinement intégrées à la dramaturgie : elles ne se contentent pas d’illustrer le propos, mais en accompagnent la progression tout en faisant naître des émotions de plus en plus profondes. Les remarquables animations d’Olivier Durand, projetées en fond de scène, sont elles aussi au cœur de la réussite du spectacle : elles en renforcent le pouvoir d’évocation, qu’il s’agisse de suggérer le sublime ou l’innommable.
Un spectacle marquant, à voir absolument.
Un coup de cœur de Libre Théâtre.
Critique de Ruth Martinez
Spectacle vu le 6 juillet 2026
Mise en scène et adaptation : Jean-Louis KAMOUN
Interprètes : Christine GAYA, Martin KAMOUN, Caroline RUIZ
Interprète et musicien : Christian FROMENTIN (violon, mandoline)
Images, dessins, vidéo : Olivier DURAND (Studio Phosphore)
Création lumière : Eric VALENTIN
