Rêves échangés à l'ombre du vent

Isle 80, 18 place des trois Pilats – Avignon
du 4 au 25 juillet à 15h45. Relâche les 7, 14, 21 juillet.

Rêves échangés à l'ombre du vent

Avec Rêves échangés à l’ombre du vent, le Shang Orientheatre propose une expérience chorégraphique d’une grande délicatesse, à la frontière de la danse, du théâtre visuel et de la méditation. Fondée à Taipei en 1999 par Sun Li-Tsuei, qui signe ici la mise en scène et interprète la performance aux côtés de Chen Shu-Ching, la compagnie puise dans les arts traditionnels chinois pour composer une œuvre épurée, où chaque geste semble naître du silence.

Le plateau est presque nu. Un long rouleau de papier, semblable à ceux des grandes calligraphies, devient tour à tour surface de projection, écran d’ombres et matière vivante. Sun Li-Tsuei apparaît immobile, le visage dissimulé derrière un masque blanc aux traits à peine esquissés, et enveloppée dans un ample costume traditionnel blanc qui efface presque toute présence humaine. Peu à peu, Chen Shu-Ching, incarnation du vent, s’approche d’elle. Avec une infinie délicatesse, elle dénoue ses longs cheveux, retire le masque, puis la libère progressivement de cette enveloppe protectrice. Cette lente métamorphose, presque cérémonielle, constitue le fil conducteur du spectacle : une naissance au monde, un dévoilement de l’être.

Une balançoire introduit une autre dynamique, celle du mouvement suspendu et de l’oscillation. Hors de la vue du public, une musicienne accompagne la performance à l’aide d’un instrument métallique proche d’un gong, dont les sonorités profondes scandent les déplacements et installent une atmosphère presque rituelle.

La chorégraphie repose sur une lenteur parfaitement maîtrisée. Les gestes des mains et des poignets, d’une extrême précision, évoquent le tracé du calligraphe. Le souffle lui-même devient un élément de l’écriture scénique.

Rêves échangés à l’ombre du vent invite ainsi le spectateur à ralentir, à regarder autrement et à se laisser porter par une temporalité inhabituelle. Une parenthèse poétique et contemplative, où la respiration devient danse.

Critique de Ruth Martinez
Spectacle vu le 23 juillet 2026

Metteuse en scène : Sun Li-Tsuei

Interprètes: Sun Li-Tsuei et Chen Shu-Ching

Musique: Jean Ludovic Fenech, Hou Jia-Ci

Lumière: Olivier Aillaud

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