La Dame aux jambes d’azur d’Eugène Labiche

La Dame aux jambes d’azur d’Eugène Labiche

Pochade en un acte d’Eugène Labiche et Marc-Michel, représentée pour la première fois sur le Théâtre du Palais-Royal le 11 avril 1857.
Distribution : 6 hommes, 2 femmes
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L’argument

Ouverture musicale, lever de rideau sur la scène du Théâtre du Palais-Royal et… l’annonce que, faute de préparation, la première de La Dame aux jambes d’azur est remplacée par une répétition publique ! L’auteur, le comédien Arnal, est alors confronté à un invraisemblable enchaînement d’imprévus : le souffleur est remplacé au pied levé par un machiniste analphabète, l’interprète de la princesse mange une saucisse et achève son tricot, son confrère Ravel commente et critique sa pièce, le doge de Venise cherche un appartement dans tout Paris… Une critique du monde du théâtre

Un extrait

Arnal, au public.
Messieurs… au moment de lever le rideau… on vient de s’apercevoir que la pièce intitulée La Dame aux jambes d’azur n’était pas complètement mûre… il nous sera impossible de la présenter ce soir au public… nous allons passer une partie de la nuit à la répéter, afin de pouvoir vous l’offrir demain sans faute… (Il fait plusieurs saluts, puis revient vers le public.) Ah! j’oubliais de vous dire que l’auteur est extrêmement contrarié de cette… conjoncture !… c’est son premier pas sur la scène… comme poète… car vous avez déjà daigné l’encourager comme acteur… c’est un de nos camarades… un homme d’ordre !… beau cavalier… plein de zèle, de conscience, d’amour pour son art, enfin, c’est… c’est moi! (Minaudant.) Oui, messieurs… oui, messieurs… à force de jouer les œuvres de MM. tels et tels… œuvres qu’il ne m’appartient pas de qualifier, mais qui sont souvent d’une platitude !… je me suis dit : Pourquoi n’en ferais-je pas autant ?… Alors, je taillai ma plume, j’étudiai le cœur humain, et en moins de douze jours, j’écrivis mon œuvre… La Dame aux jambes d’azur… cent quarante-neuf pages… sans ratures… rien que ça !… Je m’empressai de présenter l’ouvrage au directeur… il mit cinq ans à le lire… et au bout de ce lustre, il me fit cette réponse évasive : « Mon ami, c’est une ordure !… » J’ose croire qu’il était dans l’erreur… et j’en appelle au public… qui viendra demain, car ce soir, nous allons faire ce qu’on appelle une bonne répétition… Nous n’osons pas vous prier d’y assister… cependant, nous serons très reconnaissants aux personnes qui voudront bien rester… Mais je dois vous prévenir que c’est une simple répétition, et que tout signe d’improbation est formellement interdit… mais on peut applaudir… L’auteur espère, messieurs, que vous en trouverez fréquemment l’occasion… On va commencer… (Saluant.) Mesdames… Messieurs… (Il se retire, le rideau tombe.)

Pour en savoir plus

Dossier de presse de la mise en scène de Jean-Pierre Vincent en 2015 à la Comédie-Française, sur le site de la Comédie-Française

Extrait de La Dame aux jambes d’azur et les comédiens à la Comédie-Française Par Agathe Sanjuan, conservatrice-archiviste de la Comédie-Française

La création
« La Dame aux jambes d’azur, créée le 11 avril 1857 au Théâtre du Palais-Royal, fut donnée au cours d’une représentation au bénéfice de Mademoiselle Lucile Durand, artiste de ce théâtre. Le programme était composé de Avez-vous besoin d’argent, parodie en un acte de Sibaudin et Bourdois, suivie de Monsieur et Madame Rigolo, pièce en un acte de Najac et S. Mangeant, puis de L’Affaire de la rue de Lourcine de Labiche, Monnier et Martin, créée le 26 mars précédent, et enfin de La Dame aux jambes d’azur, pochade en un acte de Labiche et Marc-Michel. Le public semble avoir goûté ce programme de circonstance visant à lever des fonds pour la comédienne en retraite, puisque au-delà de cette représentation exceptionnelle, il est interprété sans interruption jusqu’à la fin du mois.

La pochade brossant un portrait peu reluisant du milieu théâtral, de connivence avec le public, et sur fond de parodie du drame romantique, donne lieu à la publication de la brochure du texte assortie d’une illustration qui paraît chez Michel Lévy frères en 1857 (dans la collection du Théâtre contemporain illustré), mais elle ne fait pas partie des cinquante-sept pièces choisies par Labiche pour figurer dans son Théâtre complet publié de son vivant en 1878-1879. La pièce est écrite pour la troupe du Palais-Royal, que Labiche connaît très bien pour y avoir monté avec succès la majorité de ses pièces. Arnal, le lamentable auteur de La Dame, jouait le rentier Lenglumé dans L’Affaire de la rue de Lourcine. Ravel a pour sa part créé Fadinard du Chapeau de paille d’Italie et Grassot est un des acteurs historiques de Labiche : il a fait ses débuts en 1838 dans Monsieur de Coyllin, ou l’Homme infiniment poli et il est le protagoniste d’Une tragédie chez M. Grassot, jouée en 1848, autre illustration parodique d’un monde théâtral en prise avec le système des privilèges. Parmi les personnages, « l’un déclamait Iphigénie en Aulide, l’autre le Récit de Théramène, un troisième Oreste, etc. Après un assaut de calembours et de coq-à-l’âne, survenait de la part du Théâtre-Français, qui du genre ennuyeux a le monopole de la gloire, la défense d’empiéter sur son privilège ». Dans La Dame aux jambes d’azur, Labiche se moque ouvertement de la double fantaisie d’Arnal : se piquer d’écrire et vouloir se retirer en Suisse (dernière scène), facétie dont le public semble complice à en croire la chronique cocasse du Journal amusant (25 avril 1857) : « C’est le dernier rôle qu’Arnal créera de la saison ; il nous quitte à la fin du mois. Il retourne en Suisse, malgré le grand succès que lui doit l’Affaire de la rue de Lourcine. On a essayé de le retenir, on n’a pas réussi. Arnal ne peut pas rester, il a sa maison de campagne helvétique à faire agrandir, et à partir du mois de juin, on ne trouve plus un seul maçon en Suisse. À cette époque de l’année, tous les maçons, menuisiers, charpentiers, changent d’état : ils se mettent au service des touristes en qualité de guides. Arnal a donc mille raisons excellentes pour ne pas attendre que la saison soit trop avancée. » Mais la même chronique insiste surtout sur l’audace de la scène de Mme Chatchignard qui apparaît au balcon, ce qui vaut à Labiche quelques démêlés avec la censure, conservatrice, et qui n’admet pas que l’on veuille faire participer le public à la représentation théâtrale. »

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Un bal en robe de chambre d’Eugène Labiche
Extrait de la Revue illustrée de décembre 1890, article consacré à Céline Montaland. Source : BnF/Gallica

Un bal en robe de chambre d’Eugène Labiche

Un bal en robe de chambre d’Eugène Labiche et Marc-Michel

Épisode de la vie du grand monde, mêlé de couplets, représenté pour la première fois à Paris sur le Théâtre de la Montansier, le 12 octobre 1850. Edité en 1850.
Distribution : 5 hommes, 3 femmes
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L’argument

Le papa de la petite Cécile ne veut pas aider à payer le loyer de son vieux maître de danse. Qu’à cela ne tienne, Cécile va collecter l’argent nécessaire en organisant un grand bal, sans prévenir son cher père, qui voit arriver dans son salon orchestre et invités, alors qu’il est en robe de chambre et a ôté sa perruque…

Un extrait

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6282091b/f147
Extrait de la Revue illustrée de décembre 1890, article consacré à Céline Montaland. Source : BnF/Gallica

Cécile
Elle se met sur ses genoux.) Dis donc, mon petit papa, as-tu réfléchi à ce que je t’ai demandé ?…

Vertgazon.
Quoi ?

Cécile
Tu sais bien, M. Roquentin, mon pauvre vieux maître de danse… il a attrapé une entorse… il paraît que ça l’empêche de danser… de donner des leçons.

Vertgazon.
Oui… les entorses produisent cet effet, dit-on, sur les maîtres de danse.

Cécile.
Alors, il ne peut plus payer son loyer, et son propriétaire veut le mettre à la porte… dans la rue… c’est bien froid !

Vertgazon.
L’hiver, je n’en disconviens pas, mais en été…

Cécile, câlinant.
Mon petit papa, tu ne veux donc pas me donner ces huit cents francs… pour payer le loyer de M. Roquentin?

Vertgazon.
Non, ma fille, pour la vingtième fois non ! M. Roquentin est un vieux sauteur auquel je ne m’intéresse nullement… il t’a donné des leçons de danse, c’est vrai; mais je lui ai payé ses cachets… donc je ne lui dois rien, donc, laisse-moi  tranquille.

Cécile, le quittant en boudant.
C’est bien… je m’y attendais ; aussi j’ai trouvé un moyen.

Vertgazon.
Qu’est-ce que c’est ?

Cécile
C’est mon secret… mais, puisque tu ne veux pas payer… je paierai, moi.

Vertgazon.
Avec quoi ?

Cécile
Tiens, avec ma bourse… j’ai quinze francs… papa, combien me manque-t-il ?

Vertgazon.
Plus tard, ma fille, vous apprendrez les mathématiques. (À lui-même.) Il ne faut pas fatiguer les enfants.

Cécile
Une fois… deux fois… tu ne veux pas ?

Vertgazon
AIR : Du haut en bas.
Je suis de roc!

Cécile
Ce pauvre homme est dans la misère!

Vertgazon
Je suis de roc!
Je suis plus têtu qu’un vieux coq!

Cécile (câlinant et lui tapotant les joues.)
Allons! écoute ma prière…
Je t’aimerai bien, p’tit pépère!

Vertgazon. (Parlé.)
Je suis de roc !

Cécile, sérieuse.
Alors, c’est toi qui l’auras voulu… Je ne me repens pas de ce que j’ai fait.

Vertgazon.
Qu’as-tu fait ?

Cécile
Tu le verras.

Vertgazon.
Dis-le moi… je t’en prie.

Cécile (Chanté; même air.)
Je suis de roc !

Vertgazon
Cède à la voix de la nature !…

Cécile
Je suis de roc !

Vertgazon
Eh bien ! voyons!… faisons un troc :
Dis-moi ton secret, j’t’en conjure…
Et j’te donne… un pot de confiture!

Cécile, après un moment d’hésitation.(Parlé.)
Je suis de roc !

Vertgazon.
Ah ! elle me prend mes mots ! est-elle spirituelle  !

Cécile
Tout ce que je puis te dire… c’est que je paierai… avec mon travail… avec mes talents… et il ne t’en coûtera rien du tout.

Vertgazon, riant.
Avec ses talents… 800 francs!… Ah! je rirais… si je n’avais pas envie de dormir… Bonsoir, ma fille.

Cécile
Bonsoir, papa. J’ai idée que tu ne dormiras pas bien cette nuit !

Vertgazon.
Pourquoi ça ?

Cécile
Parce que tu as été méchant avec ta petite fille.

Vertgazon, à part.
C’est un prodige !… Madame de Staël!

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Les Vivacités du Capitaine Tic de Labiche
Labiche par Nadar (entre 1854-1870). Source : BnF/ Gallica

Les Vivacités du Capitaine Tic de Labiche

Les Vivacités du Capitaine Tic  d’Eugène Labiche et Édouard Martin

Comédie en trois actes, représentée pour la première fois, à Paris, sur le Théâtre du Vaudeville, le 16 mars 1861.
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L’argument

Après un long voyage autour du monde, le Capitaine Tic revient chez sa tante.  Il tombe amoureux de sa cousine Lucile, qui vient d’être promise par son tuteur Désambois à un triste pharmacien Magis. Le Capitaine Tic a le coup de botte facile et va devoir se contenir pour écarter ce rival.

Un extrait

Madame de Guy,  à Magis.
M. Désambois nous a fait le plus grand éloge de votre personne, et nous sommes charmés, monsieur…
Magis.
J’ose espérer, madame, mademoiselle et monsieur… que vous conserverez de moi cette bonne opinion quand vous me connaîtrez davantage. Je ne suis pas un de ces jeunes gens dont la vie se consume dans les futilités mondaines. J’ai toujours eu un goût prononcé pour l’étude, et les échos du collège Charlemagne retentissent encore du bruit de mes modestes succès.
Horace, à part.
Premier prix de thème !
Magis.
Plus tard, abandonné à moi-même, sans aide, au milieu de Paris, cette moderne Babylone…
Désambois.
Oh ! c’est bien vrai !
Horace, à part.
Prudhomme père et fils !
Magis.
J’ai su éviter les entraînements du plaisir, dont la pente, toujours facile, conduit tant de brillantes organisations à l’anéantissement de leurs facultés intellectuelles et morales…
Horace, à part.
Ce n’est pas un homme… c’est une tirade !
Il va au guéridon et se met à feuilleter l’Illustration.
Magis.
Ma vie est simple, normale, rationnelle…
Madame de Guy.
Certainement, monsieur…
Désambois, bas.
Laissez-le parler ! Il est étonnant !…
Magis.
Je me lève à sept heures… je déjeune avec une tasse de lait… sans sucre… c’est mon meilleur repas !
Horace, feuilletant l’Illustration, avec impatience.
Cristi !…
Magis.
Je sors… je marche une heure… puis je rentre, je me recueille… Après, je m’enfonce dans mes livres… des livres sérieux !…
Désambois.
Parbleu !
Magis.
Je dîne à six heures… légèrement ! Après mon dîner, je me joins à quelques amis, des esprits solides, avec lesquels je me trouve en communion d’idées ; nous échangeons, dans une conversation substantielle et robuste, les fruits de notre travail du jour. M. Désambois veut bien quelquefois nous honorer de sa visite.
Désambois.
Oh ! cher ami !
Magis.
Je rentre à neuf heures… je prends quelques notes et je me couche.
Désambois.
C’est admirable !
Lucile, à part.
Quelle différence avec mon cousin !…
Magis.
Me voilà tel que je suis, je ne vous ai rien caché…
Madame de Guy.
Certainement, monsieur…
Désambois, bas.
Laissez-le parler !
Magis.
Possesseur d’une fortune assez belle, j’aurais pu, comme tant d’autres, mener une vie de désordre et de dissipation… Mais j’ai préféré nourrir mon esprit de la moelle des fortes études.
Madame de Guy remonte.
Madame de Guy, bas à Horace.
Il s’exprime fort bien…
Horace, bas.
Je ne sais pas… je regarde les images…
Madame de Guy redescend près de Lucile.
Désambois.
Si j’avais un fils, je voudrais qu’il vous ressemblât… Monsieur Magis, il faudra envoyer à ces dames votre dernier ouvrage. (À Lucile.) Il a publié un ouvrage… imprimé…
Madame de Guy.
Comment ?
Magis.
Je n’aurais pas osé prendre cette liberté ; mais, puisque vous le permettez, je serai heureux de vous apporter moi-même mon opuscule sur la Monographie de la statistique comparée.
Désambois.
Avec un petit mot sur la première page…
Madame de Guy.
Ah ! monsieur, vous ne pouvez douter de l’intérêt…
Désambois, bas.
Laissez-le parler !
Magis.
La statistique, madame, est une science moderne et positive. Elle met en lumière les faits les plus obscurs. Ainsi, dernièrement, grâce à des recherches laborieuses, nous sommes arrivés à connaître le nombre exact des veuves qui ont passé sur le Pont-Neuf pendant le cours de l’année 1860.
Horace, se levant.
Ah bah !
Désambois.
C’est prodigieux ! Et combien ?…
Magis.
Treize mille quatre cent quatre-vingt-dix-huit… et une douteuse.
Désambois, tirant vivement son carnet.
Permettez… (Écrivant.) Treize mille quatre cent quatre-vingt-dix-huit… Il est étonnant !
Horace, à Désambois.
N’oubliez pas la douteuse !
Désambois.
Oh ! merci ! j’allais l’oublier.
Magis.
Plus fort que cela. Tout récemment, nos études se sont dirigées sur le charançon…
Madame de Guy.
Qu’est-ce que c’est que ça ?…
Magis.
Un petit insecte qui se loge dans les graines des céréales pour en dévorer le contenu… C’est la plaie de nos greniers…
Tous, avec compassion.
Ah !
Magis.
Eh bien, madame, nous avons été assez heureux pour constater que douze charançons, établis dans un hectolitre de blé, produisent en sept minutes soixante-quinze mille individus.
Horace.
Diavolo !
Magis.
Dont chacun peut dévorer trois grains de blé par an, c’est-à-dire deux cent vingt-cinq mille grains…
Désambois, transporté.
C’est étourdissant ! (Tirant son carnet.) Permettez… nous disons : deux cent vingt-cinq mille grains…
Horace, à Magis.
Et avez-vous trouvé le moyen de les détruire, vos charançons ?…
Magis.
Oh ! non… cela ne nous regarde pas…
Horace.
Eh bien, alors…
Désambois, à part.
Ces militaires, ça ne pense qu’à détruire !

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Le prix Martin d’Eugène Labiche
Lassouche (Pionceux) : dessin / de Draner, 1876. Source : BnF/Gallica

Le prix Martin d’Eugène Labiche

Le prix Martin d’Eugène Labiche et Émile Augier

Comédie en trois actes, représentée pour la première fois, à Paris, sur le théâtre du Palais-Royal, le 5 février 1876.
Distribution : 5 hommes, 3 femmes
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L’argument

Ferdinand Martin est trompé par son grand ami Agénor. Pour se venger, il décide d’emmener sa femme, son cousin espagnol et Agénor en Suisse avec le projet de jeter Agénor dans un gouffre. Mais l’amitié entre Ferdinand et Agénor est plus forte.

Un extrait

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6401966t/f1.item
Lassouche (Pionceux) : dessin de Draner, 1876. Source : BnF/Gallica

Martin.
Où as-tu dîné hier ? on ne t’a pas vu.
Hernandez.
Au cabaret… avec des jeunes gens… d’un certain âge… je me suis embêté, ils ont raconté des histoires stupides.
Martin.
Des histoires de femmes ?
Hernandez.
Non, de maris.
Martin.
Il y en a de drôles.
Hernandez.
Ils riaient tous à se fendre la narine en quatre… pas moi !… parce qu’à la dernière, j’ai cru qu’ils voulaient me faire poser.
Martin.
Toi ? pas possible !
Hernandez.
Je t’en fais juge… et après, nous verrons ! Il paraît qu’un de leurs amis, qui n’était pas là, a pour maîtresse une femme mariée… et, quand il veut donner un rendez-vous à sa belle, il fait à la craie une raie dans le dos du mari… en travers, ça veut dire : « J’y serai. »
Martin.
Oh ! que c’est bête !
Hernandez.
Et, au contraire, quand il ne peut pas aller au rendez-vous… il fait une raie en long… ça veut dire : « Je n’y serai pas. »
Martin.
Mais c’est impossible ! le mari s’en apercevrait. Essaye donc de me faire une raie dans le dos.
Il se tourne et montre une raie verticale dans le dos.
Hernandez.
Ah ! caraï !…
Martin.
Va, essaye…
Hernandez.
Mais tu l’as !
Martin.
Moi ?… (Allant à la cheminée et se regardant dans la glace.) C’est ma foi vrai…
Hernandez, à part.
Est-ce que par hasard… ?
Martin.
Où diable me suis-je fourré ? (Il sonne.) Je n’ai pourtant pas joué au billard.
Pionceux, entrant du fond.
Vous avez sonné ?
Martin, tendant son dos.
Oui… brosse-moi !…
Pionceux, le brossant.
Encore de la craie !… Ah ! c’est trop fort !… Depuis quelque temps, vous en avez tous les jours.
Martin, stupéfait.
Tous les jours !
Hernandez.
Caramba !
Pionceux,  faisant un geste horizontal.
Autrefois, c’était comme ça.
Hernandez,  à part.
« J’y serai !  »
Pionceux.
Et, maintenant, c’est comme ça.
Il fait un geste vertical.
Hernandez, à part.
« Je n’y serai pas ! « 

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La Sensitive d’Eugène Labiche
Croquis de scène / de Lhéritier. Source : BnF/ Gallica

La Sensitive d’Eugène Labiche

La Sensitive d’Eugène Labiche et Alfred Delacour

Comédie-vaudeville en trois actes, représentée pour la première fois, à Paris, sur le théâtre du Palais-Royal, le 10 mars 1860.
Distribution : 6 hommes, 2 femmes
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 L’argument

Onésime Bougnol et Laure Rothanger vont se marier. Gaudin, le domestique de Bougnol, voit avec inquiétude cette alliance, qui va sans doute perturber ses habitudes. Dans une atmosphère de fête, les invités arrivent, dont deux militaires, l’ancien précepteur de Laure et les parents de la mariée. Mais Onésime est un grand sensible et  ne peut accomplir ses devoirs conjugaux lors de la nuit de noces à la suite de différents incidents. Les deux militaires et l’ancien précepteur courtisent alors la jeune fille.

Un extrait et des illustrations…

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6400691j
Croquis de scène / de Lhéritier. Source : BnF/ Gallica

Gaudin.
Ainsi, Monsieur persiste toujours à se marier malgré les rhumatismes… qu’il aura ?

Bougnol.
Toujours !

Gaudin.
Je crois que Monsieur fera bien de réfléchir !… D’abord, êtes-vous bien sûr d’être né pour le mariage ?…

Bougnol.
Comment, imbécile ?

Gaudin.
Ah ! monsieur, c’est que j’ai eu des renseignements par mademoiselle Pausanias… cette petite marchande de tabac avec laquelle vous passiez de longues heures à choisir des cigares…

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b531179336
Luguet, Brasseur & Gil Perès, au 2e acte de La sensitive du Palais-Royal, scène de la courte paille par Hadol. Source : BnF/ Gallica

Bougnol.
Eh bien ?

Gaudin.
Elle prétend que vous êtes d’un caractère inégal… qu’un rien vous trouble, vous émeut… Enfin, que vous avez des vapeurs, des absences dans la conversation…

Bougnol.
Moi ?

Gaudin.
On a bien tort de se brouiller avec ces demoiselles-là… Ça les vexe… et alors, elles jasent… elles cancanent…

Bougnol.
Je ne comprends pas !… Qu’a-t-elle pu dire ?…

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b64006904
Portrait de René Luguet : dans le rôle de Chalandard par Lhéritier, 1860. Source :BnF /Gallica

Gaudin.
Il paraît qu’un jour… à sa fête… vous lui aviez composé un petit compliment ?

Bougnol.
Un quatrain… huit vers seulement…

Gaudin.
Vous vous apprêtiez à les lui débiter… lorsque tout à coup… drelin dindin !… un coup de sonnette !

Bougnol.
Très violent… je m’en souviens.

Gaudin.
Et cela a suffi pour vous faire perdre la mémoire ! Vous avez pâli, vous vous êtes troublé… et vous avez bégayé toute la soirée.

Bougnol.
C’est vrai : le moindre bruit, la moindre émotion me trouble ; ma langue s’embarrasse, et je bégaye…

Gaudin.
Ah ! vous avez là un défaut bien désagréable dans un ménage ! Voulez-vous que je vous dise, monsieur… vous êtes de la nature de la sensitive !

Bougnol.
La sensitive ?… qu’est-ce que c’est que cela ?

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6402061z
Portrait de Brasseur : dans le rôle de Clampinais par Draner. Source : BnF/Gallica
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b55003762r/f1
Gil-Peres (Edmond Balissan) : dessin de Draner. Source : BnF/ Gallica
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Il ne faut jurer de rien d’Alfred de Musset
Jean Weber dans le rôle de Valentin. Extrait du programme de la Comédie Française de 1937. Source : BnF/ Gallica

Il ne faut jurer de rien d’Alfred de Musset

Il ne faut jurer de rien d’Alfred de Musset

Comédie proverbe publiée en 1836 et représentée à la Comédie‐Française en juin 1848.
Distribution : 6 hommes et 2 femmes
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L’argument

Valentin, jeune libertin de 25 ans, désespère son oncle, Monsieur van Buck, qui menace de le déshériter s’il n’épouse pas la jeune Cécile de Mantes.  Mais pour Valentin, se marier c’est prendre le risque d’être trompé. Il propose un marché à son oncle : il ne se mariera pas si il parvient à séduire rapidement Cécile, parce qu’il n’est pas concevable qu’une jeune fille aussi facilement conquise puisse devenir une femme fidèle. L’oncle accepte. Valentin se rend au château de Mantes incognito.


Quelques extraits.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k411492d/f193
Théâtre de Alfred de Musset. Tome III, dessins de Charles Delort gravés par Boilvin, 1890. Source : Bnf/Gallica

Acte II, Scène 2
La Baronne
se levant aussi.
Ma fille, qu’est-ce que cela signifie ? Levez-vous droite, et regardez-moi. Qu’est-ce que vous avez dans vos poches ?
Cécilepleurant.
Mais, maman, ce n’est pas ma faute ; c’est ce monsieur qui m’a écrit.
La Baronne.
Voyons cela.
Cécile donne la lettre.
Je suis curieuse de lire de son style, à ce monsieur, comme vous l’appelez.
Elle lit.
« Mademoiselle, je meurs d’amour pour vous. Je vous ai vue l’hiver passé, et, vous sachant à la
campagne, j’ai résolu de vous revoir ou de mourir. J’ai donné un louis à mon postillon… »
Ne voudrait-il pas qu’on le lui rendît ? Nous avons bien affaire de le savoir ! »…


http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10501873n/f28
Jean Weber dans le rôle de Valentin. Extrait du programme de la Comédie Française de 1937. Source : BnF/ Gallica

Acte III, Scène 3

Valentin.
Je vous jure de n’entreprendre ni plus ni moins que ce dont nous sommes convenus. Voyez, mon oncle, comme je vous cède, et comme en tout je fais vos volontés. Au fait, dîner porte conseil, et je sens bien que la colère est quelquefois mauvaise amie. Capitulation de part et d’autre. Vous me permettez un quart d’heure d’amourette, et je renonce à toute espèce de vengeance. La petite retournera chez elle, nous à Paris, et tout sera dit. Quant à la détestée baronne, je lui pardonne en l’oubliant.

Van Buck.
C’est à merveille ! et n’aie pas de crainte que tu manques de femmes pour cela. Il n’est pas dit qu’une vieille folle fera tort à d’honnêtes gens qui ont amassé un bien considérable, et qui ne sont point mal tournés. Vrai Dieu ! il fait beau clair de lune ; cela me rappelle mon jeune temps.

Valentin.
Ce billet doux que je viens de recevoir n’est pas si niais, savez-vous ? Cette petite fille a de l’esprit, et même quelque chose de mieux ; oui, il y a du cœur dans ces trois lignes ; je ne sais quoi de tendre et de hardi, de virginal et de brave en même temps ; le rendez-vous qu’elle m’assigne est, du reste, comme son billet. Regardez ce bosquet, ce ciel, ce coin de verdure dans un lieu si sauvage. Ah ! que le cœur est un grand maître ! on n’invente rien de ce qu’il trouve, et c’est lui seul qui choisit tout.


Adaptations

A la télévision

Réalisation de Claude Dague le 23 février 1958, avec Henri Tisot, Jean Piat, Jacques Seyres.
Extrait gratuit sur le site de l’ INA (version intégrale payante).

Au cinéma

Affiche du film réalisé par Eric Civanyan en 2004
Affiche du film réalisé par Eric Civanyan en 2004

Réalisation Eric Civanyan en 2005 avec Jean Dujardin, Mélanie Doutey et Gérard Jugnot.


Dossiers pédagogiques

« Les jeux de l’humour et de l’amour dans Il ne faut jurer de rien », séquence sur l’autobiographie a été réalisée par M. Van Heer, professeur certifié de Lettres Modernes, pour ses élèves de 3ème du Collège Saint Charles à Arles (13). Lien vers le site de l’Académie d’Aix-Marseille.


Lien vers le théâtre de Musset sur Libre Théâtre 

Lien vers la Biographie d’Alfred de Musset sur Libre Théâtre

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George Dandin de Molière
Moreau le Jeune. Source : BnF/ Gallica

George Dandin de Molière

George Dandin ou le Mari confondu de Molière

Comédie-ballet en trois actes de Molière, avec musique de Jean-Baptiste Lully. Commande Louis XIV, elle fut créée à Versailles le 18 juillet 1668 lors du « Grand Divertissement royal » célébrant le Traité d’Aix-la-Chapelle, dans le théâtre de verdure du Petit parc. Elle fut ensuite représentée au Théâtre du Palais-Royal le 9 novembre de la même année.
Distribution : 5 hommes, 3 femmes
Texte intégral de George Dandin à télécharger gratuitement sur Libre Théâtre.
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L’argument

Riche paysan, George Dandin a épousé Angélique de Sotenville, fille d’un gentilhomme ruiné, et obtenu le titre de « Monsieur de la Dandinière ». Mais il ne tarde pas à s’apercevoir que son mariage est un véritable marché de dupe… Apprenant de Lubin, messager du jeune Clitandre, que sa femme se laisse volontiers courtiser par son maître, Dandin tente de faire éclater l’affaire aux yeux de ses beaux-parents qui le méprisent. Il se heurte alors à la fourberie de Claudine et de sa maîtresse Angélique, qui n’a pas choisi cette alliance et refuse de « s’enterrer toute vive dans un mari ». Par trois fois, tandis que Dandin est sur le point de prouver la légèreté de sa femme, la situation se retourne contre lui. Et c’est ridiculisé et humilié qu’il doit présenter lui-même des excuses à ceux qui l’ont trompé.


Quelques extraits

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8436359d/f308.item
Moreau le Jeune. Source : BnF/ Gallica

Acte I, Scène 7
George Dandin
Voulez-vous que je sois serviteur d’un homme qui me veut faire cocu ?
Monsieur de Sotenville
Il le menace encore. Ah !
Clitandre
Il suffit, Monsieur.
Monsieur de Sotenville
Non : je veux qu’il achève, et que tout aille dans les formes. « Que je suis votre serviteur. »
George Dandin
« Que, que, que je suis votre serviteur. »
Clitandre
Monsieur, je suis le vôtre de tout mon cœur, et je ne songe plus à ce qui s’est passé. Pour vous, Monsieur, je vous donne le bonjour, et suis fâché du petit chagrin que vous avez eu.


Estampe Acte II Scène 2. Source : BnF/Gallica
Estampe Acte II Scène 2. Source : BnF/Gallica

Acte II, Scène 2

George Dandin
Mon Dieu ! nous voyons clair. Je vous dis encore une fois que le mariage est une chaîne à laquelle on doit porter toute sorte de respect, et que c’est fort mal fait à vous d’en user comme vous faites. Oui, oui, mal fait à vous ; et vous n’avez que faire de hocher la tête, et de me faire la grimace.
Angélique 
Moi ! je ne sais ce que vous voulez dire.
George Dandin
Je le sais fort bien, moi ; et vos mépris me sont connus. Si je ne suis pas né noble, au moins suis-je d’une race où il n’y a point de reproche ; et la famille des Dandins.
Clitandre, derrière Angélique, sans être aperçu de Dandin.
Un moment d’entretien.

….

Acte II, Scène 2
Angélique 
Oh ! Les Dandins s’y accoutumeront s’ils veulent. Car pour moi, je vous déclare que mon dessein n’est pas de renoncer au monde, et de m’enterrer toute vive dans un mari. Comment ? Parce qu’un homme s’avise de nous épouser, il faut d’abord que toutes choses soient finies pour nous, et que nous rompions tout commerce avec les vivants ? C’est une chose merveilleuse que cette tyrannie de Messieurs les maris, et je les trouve bons de vouloir qu’on soit morte à tous les divertissements, et qu’on ne vive que pour eux. Je me moque de cela, et ne veux point mourir si jeune.
George Dandin
C’est ainsi que vous satisfaites aux engagements de la foi que vous m’avez donnée publiquement ?
Angélique
Moi ? Je ne vous l’ai point donnée de bon cœur, et vous me l’avez arrachée. M’avez-vous, avant le mariage, demandé mon consentement, et si je voulais bien de vous ? Vous n’avez consulté, pour cela, que mon père et ma mère ; ce sont eux proprement qui vous ont épousé, et c’est pourquoi vous ferez bien de vous plaindre toujours à eux des torts que l’on pourra vous faire. Pour moi, qui ne vous ai point dit de vous marier avec moi, et que vous avez prise sans consulter mes sentiments, je prétends n’être point obligée à me soumettre en esclave à vos volontés ; et je veux jouir, s’il vous plaît, de quelque nombre de beaux jours que m’offre la jeunesse, prendre les douces libertés que l’âge me permet, voir un peu le beau monde, et goûter le plaisir de ouïr dire des douceurs. Préparez-vous-y, pour votre punition, et rendez grâces au Ciel de ce que je ne suis pas capable de quelque chose de pis.


http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8436359d/f336
Estampe. Source : BnF/ Gallica

Acte III, Scène 6
George Dandin

La méchanceté d’une femme irait-elle bien jusque-là ? (Il sort avec un bout de chandelle, sans les apercevoir ; elles entrent ; aussitôt elles ferment la porte.) Il n’y a personne. Eh ! je m’en étais bien douté, et la pendarde s’est retirée, voyant qu’elle ne gagnait rien après moi, ni par prières ni par menaces. Tant mieux ! Cela rendra ses affaires encore plus mauvaises, et le père et la mère qui vont venir en verront mieux son crime. Ah ! ah ! la porte s’est fermée. Holà ! ho ! quelqu’un ! qu’on m’ouvre promptement !
Angélique, à la fenêtre avec Claudine.
Comment ? C’est toi ! D’où viens-tu, bon pendard ? Est-il l’heure de revenir chez soi quand le jour est près de paraître ? Et cette manière de vie est-elle celle que doit suivre un honnête mari ?
Claudine
Cela est-il beau d’aller ivrogner toute la nuit ? Et de laisser ainsi toute seule une pauvre jeune femme dans la maison ?
George Dandin
Comment ? vous avez…
Angélique
Va, va, traître, je suis lasse de tes déportements, et je m’en veux plaindre, sans plus tarder, à mon père et à ma mère.
George Dandin
Quoi ? c’est ainsi que vous osez.


Vidéos de George Dandin

http://www.ina.fr/video/I00018510
Mise en scène de Jean-Paul Roussillon. Source : INA

Mise en scène de Jean-Pierre Roussillon à la Comédie-Française en 1970
Quelques photos des interprètes de la pièce.Robert Hirsch parle du personnage de George Dandin, auquel tous sont hostiles. Il le définit comme un riche paysan naïf, un homme malheureux.
Lien vers la vidéo sur le site de l’INA

Mise en scène de Catherine Hiegel à la Comédie-Française en 1999
Interview de Catherine Hiegel et des acteurs Bruno Putzulu et Anne Kessler par José Arthur.
Lien vers la vidéo sur le site de l’INA
Reportage à l’occasion du Festival Molière
Extrait de la pièce sur le site de l’INA,
Interview de Bruno Putzulu sur le site de l’INA

https://www.tv5monde.com/TV5Site/publication/publi-192-George_Dandin_de_Moliere.htm
source : TV5 Monde

Mise en scène d’Anne-Marie Lazarini au Théâtre Artistic Athévains en 2004
Extraits et interviews des acteurs sur le site de TV5 et fiche d’activité


Les adaptations au cinéma

http://www.filmsdulosange.fr/fr/film/47/dandin
Dandin, Film de Roger Planchon. Source : Les Films du Losange

Dandin, film de Roger Planchon, 1988
Avec Claude Brasseur, Zabou Breitman, Daniel Gelin, Nelly Borgeaud, Jean-Claude Adelin, Evelyne Buyle

Georges Dandin, film de Jean-Claude Brialy, 1996
avec Jacques Villeret, Mathilde Seigner, Jean-Pierre Darras, Annick Blancheteau.

Dossiers pédagogiques

  • Mise en scène : François RODINSON au Centre Dramatique National Orléans-Centre
    Lien vers le dossier pédagogique
  • Séquence élaborée par Estelle GREBONVAL (Académie de Versailles) et Patrick TEXIER (Académie de Rouen). Lien vers la page
  • Dossier de presse  réalisé à l’occasion de la mise en scène d’Hervé Pierre à la Comédie-Française en 2014  à télécharger sur le site

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L’École des femmes de Molière
Gravure de l'édition de 1719. Source wikimedia.

L’École des femmes de Molière

L’École des femmes de Molière

Comédie en cinq actes et en vers, créée au théâtre du Palais-Royal le 26 décembre 1662. Publiée en 1663.
Distribution : 6 hommes, 2 femmes.
Texte intégral à télécharger gratuitement sur Libre Théâtre
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L’argument

https://commons.wikimedia.org/wiki/File:L%27EcoledesFemmes.jpg
Gravure de l’édition de 1719. Source wikimedia.

Arnolphe, voulant se marier mais redoutant d’être trompé, a fait élever sa pupille Agnès dans un couvent, dans la plus parfaite ignorance. Ainsi il est sûr qu’elle ne sera pas corrompue. Il la fait revenir pour l’épouser, mais à la faveur d’une de ses absences, Horace, fils de son ami Oronte, tombe amoureux de la jeune fille. Il prend pour confident Arnolphe dont il ignore qu’il est le geôlier d’Agnès. Arnolphe apprend à Agnès son projet de l’épouser. Agnès semble se résigner, mais tout en repoussant Horace, elle lui envoie une belle lettre d’amour. Horace enlève Agnès avant de la confier à Arnolphe, dont il ignore toujours l’identité.  Mais Oronte, le père d’Horace arrive et veut unir son fils à la fille de son ami Enrique, de retour des Amériques.


http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6374213d/f8.item
Les comédiens du Théâtre-Français. Le Monde Illustré du 17/12/1859. Source : Bnf/Gallica

La pièce de Molière rencontra un vif succès à sa création, tout en engendrant de multiples polémiques. Cette pièce marque une nouvelle forme de comédie, entre farce grivoiserie et fable morale, critique directe de l’obscurantisme religieux, en posant clairement la question de l’accès des femmes au savoir et de leur statut au sein de la famille et de la société. Dans les registres de la Comédie-Française, on constate que la pièce fut jouée de 1680 à 1793, 743 fois . Elle fut peu jouée au XVIIIème siècle et fut de nouveau à l’affiche au XIXème siècle, notamment au Théâtre-Français. L’interprétation tragique du rôle d’Arnolphe par Provost (troisième en haut en partant de la gauche) marqua la critique.


Quelques mises en scène

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10509129c
Mise en scène de Jouvet en 1936. Source : BnF/ Gallica

Louis Jouvet, 1936 au Théâtre de l’Athénée

En 1936 au théâtre de l’Athénée, Louis Jouvet renoue avec la veine comique initiale, tout en mettant en valeur la dimension tragique du personnage d’Arnolphe.

L’interprétation et la mise en scène de Jouvet ont marqué toute une génération de metteurs en scène dont Antoine Vitez ou Giorgio Strehler. « Jouvet y jouait encore sur la mécanique, sur le pantin. Ce vieillard emperruqué, à tête de clown, couvert de rubans et de fanfreluches, il nous le présentait, d’emblée, comme une marionnette. […] Puis, progressivement, la marionnette se défaisait, par sursauts, et les rires se figeaient en de longs, douloureux et burlesques hoquets » (Bernard Dort). Le décor mobile imaginé par Christian Bérard a également marqué l’histoire.

Entre la première en 1936 et la disparition de Jouvet en 1951, elle fut représentée 675 fois.  Nous disposons de plusieurs documents permettant de découvrir le travail de Jouvet sur cette pièce :

  • Coupures de presse entre 1940 et 1957 sur Gallica
  • Enregistrement de la pièce en 1956 à écouter sur Gallica
  • Extrait audio de la représentation du 16 mars 1951 au Colonial Theater de Boston sur le site de l’INA

Jean-Paul Roussillon, Comédie-Française, 1973

http://www.ina.fr/video/CAF90050388
Michel Aumont et Isabelle Adjani. Source : INA

La mise en scène est sombre, violente et insiste sur les aspects tragiques de la situation, en choisissant l’humour noir plutôt que sur le burlesque.  Agnès est jouée par Isabelle Adjani, âgée comme Agnès de seize ans. Le rôle d’Arnolphe était assumé en alternance par Pierre Dux et Michel Aumont, qui donnaient à voir deux facettes complémentaires du personnage : homme aveuglé par la passion, où subsistent encore quelques instants de ridicule tendresse ou un monstre froid, plus jeune et plus fanatique.
Extrait sur le site de l’INA

Antoine Vitez, Avignon, 1978

http://fresques.ina.fr/en-scenes/fiche-media/Scenes00288/l-ecole-des-femmes-de-moliere-mis-en-scene-par-antoine-vitez-au-cdn-du-nord.html
Dominique Valladié et Didier Sandre. Source : INA

Présentée au Festival d’Avignon en 1978, la mise en scène d’Antoine Vitez fut accueillie triomphalement par un public jeune et enthousiaste et avec consternation par la critique qui, presque unanimement, y vit une trahison de l’esprit de Molière. L’École des femmes était insérée dans une tétralogie comprenant également Tartuffe, Dom Juan et Le Misanthrope, jouées en alternance dans un même décor (une toile en trompe-l’œil figurant un palais de style pompéien) et avec la même troupe.

Une autre innovation apportée par Vitez consista dans le fait de donner le rôle d’Arnolphe à un jeune comédien (Didier Sandre), dont la violence dans la gestuelle et dans les intonations symbolisaient la violence des valeurs que véhicule le personnage d’Arnolphe. Agnès (Dominique Valadié) apparaissait quant à elle comme une jeune femme totalement aliénée par le projet de domination d’Arnolphe, et, à la cinquième scène du deuxième acte, son maquillage lunaire, ses yeux fixes levés vers le ciel, ses chaussures de plastique blanc et sa démarche rappelaient les pensionnaires des institutions psychiatriques
Reportage lors de la reprise au CDN sur le site de l’INA.

Marcel Maréchal, La Criée, 1988

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b9060387x
Mise en scène de Marcel Maréchal. Maison des arts de Créteil. 1989 : photographies / Daniel Cande. Source : BnF/ Gallica

La mise en scène de Marcel Maréchal en 1988 opte pour un rythme soutenu. Il interprète un Arnolphe presque sympathique et inoffensif face à la jeune comédienne Aurelle Doazan.

Jean-Pierre Vincent, Théâtre de l’Odéon, 2008

Affiche du spectacle au Théâtre de l'Odéon
Affiche du spectacle au Théâtre de l’Odéon

La mise en scène de Jean-Pierre Vincent choisit le ton de la farce et du rire. « On peut aisément tirer la pièce vers le noir, l’ambiance carcérale, la mélancolie du vieillissement, l’imbécillité générale… Nous voudrions respecter le geste originel de l’acteur Molière, celui de la farce la plus haute et la plus significative. C’est parfois en riant que l’intelligence se manifeste le mieux. »

Daniel Auteuil joue Arnolphe.

Dossier pédagogique  en ligne sur le site du Théâtre de l’Odéon

Philippe Adrien, La Tempête, 2013-2016

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(c) Chantal Depagne-Palazon

Philippe Adrien situe l’action au XIXème siècle. En soulignant la complexité des personnages de Molière, cette mise en scène révèle de façon très originale la dimension tragique de cette comédie.
La pièce s’ouvre sur un tableau muet : l’Angélus de Millet, qui fit tant fantasmer Dali. Pour ce peintre de génie, le couple de paysans n’était pas seulement en train de prier après l’Angélus : ils se recueillaient devant le cercueil d’un enfant mort. Philippe Adrien nous donne aussi à voir dès le début de la pièce l’enterrement du « petit chat », fournissant ainsi une grille de lecture forte et très cohérente de ce texte, qui nous raconte la fin de l’innocence avec la naissance de la sexualité.
Lien vers le spectacle sur Libre Théâtre
Dossier pédagogique en ligne sur le site du Théâtre de la Tempête

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Le plus heureux des trois, d’Eugène Labiche
Portrait des acteurs en costumes par Lhéritier. Source : Bnf/Gallica

Le plus heureux des trois, d’Eugène Labiche

Le plus heureux des trois, d’Eugène Labiche

Comédie en trois actes d’Eugène Labiche et Edmond Gondinet, représentée pour la première fois, à Paris, sur le théâtre du Palais-Royal, le 11 janvier 1870.
Distribution : 4 hommes, 4 femmes
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L’argument

Marjavel est marié en secondes noces à Hermance, qui a une liaison avec Ernest, un ami de son mari. L’oncle d’Ernest, Jobelin, était quant à lui l’amant de la première femme de Marjavel, Mélanie. Et enfin, Marjavel lui-même a une relation avec une autre femme, sans compter les deux maîtresses qu’il avait quand il était marié avec Mélanie. Un cocher maître chanteur  et un couple de valets alsaciens viennent mettre en danger ce fragile équilibre…

Illustrations sur Gallica

Cette pièce a fait le bonheur des caricaturistes et Gallica propose une série d’estampes ou aquarelles réalisées par Draner et Lhéritier.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b64007217
Portrait des acteurs en costumes par Lhéritier. Source : Bnf/Gallica
Extrait de la Vie Parisienne du 22 janvier 1870. Source : BNF/ Gallica
Extrait de la Vie Parisienne du 22 janvier 1870. Source : BNF/ Gallica
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b550035408
Portrait de Brasseur dans le rôle de Krampach par Draner. Source : BnF/ Gallica
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6400717b
Portrait de Brasseur dans le rôle de Krampach par Lhéritier. Source : Bnf/Gallica
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b550034778
Portrait de Mademoiselle Reynold, dans le rôle de Lisbeth / par Draner. 1970. Source BnF/Gallica
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b9008061g
Tournée artistique direction Soumis-Duchampt (des Bouffes-Parisiens)… affiche de 1888. Source : BnF/ Gallica

Un extrait

Jobelinseul ; il dépose le bouquet et la bouteille sur le divan.

Je viens souhaiter la fête à Marjavel ; c’est une habitude que j’ai contractée du temps de sa première femme… Je ne puis entrer dans ce salon sans être ému… Il m’est permis de jeter un regard mélancolique sur le portrait de cette pauvre Mélanie. (S’adressant au portrait d’Hermance.) On t’a remplacée, pauvre femme !… au bout d’un an et trois jours ! On oublie si vite… O époque voltairienne ! (Allant au portrait, le regardant.) Mais me voici, moi… (S’arrêtant.) Ah ! non, c’est la seconde… (Il retourne le portrait, côté Mélanie.) Me voici ! je viens accomplir mon pieux pèlerinage… chère Mélanie !… nous fûmes bien coupables. (S’adressant au portrait de Marjavel qui est de l’autre côté.) Nous t’avons trompé, Marjavel !… homme excellent !… homme parfait !… homme admirable !… Je n’ai pas de remords, parce que je me repens… (Il revient en scène.) Et, si je me repens, c’est qu’elle n’est plus là… Sans cela !… pauvre amie !… c’est moi qui ai suggéré à Marjavel l’idée de la faire peindre derrière l’autre… La dernière fois que nous nous vîmes, nous étions en fiacre… elle avait une peur d’être reconnue qui la rendait charmante… elle se cachait derrière un éventail qu’elle était censée avoir gagné à la loterie… La loterie, c’était moi !… Pauvre enfant ! tout me la rappelle ici… (Il soupire en regardant le divan ; puis va à la cheminée.) J’avais eu l’idée machiavélique d’offrir à Marjavel cette pendule à tête de cerf… pour sa fête. C’est là dedans que nous cachions notre correspondance… (Il ouvre.) Hein ?… un billet ! un ancien qui est resté… (Il ouvre le billet, et vient en scène.) Quelle imprudence !… écrit d’une main tremblante… c’est bien ça… elle tremblait toujours. (Lisant.) « grand malheur nous menace… le cocher du fiacre nous a reconnus, il nous épie, il porte le n° 2114. Tâchez de le voir… j’ai le pressentiment que ce fiacre nous portera malheur. » (Parlé.) Elle était bébête avec ses pressentiments !… Je me rappelle qu’un jour elle avait rêvé d’un chat noir… et elle prétendait que c’était le commissaire de police.

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Petin, Mouillarbourg et consorts de Georges Courteline
Illustration issue de l'édition Flammarion de 1899. Source : archives.org

Petin, Mouillarbourg et consorts de Georges Courteline

Petin, Mouillarbourg et consorts de Georges Courteline

Fantaisie judiciaire en un acte représentée pour la première fois au Carillon, le 5 mai 1896, publiée en 1899 chez Flammarion.
Distribution: 7 hommes, 1 femme
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https://archive.org/details/petinmouillarbou00cour
Couverture de l’édition Flammarion de 1899. Source : archives.org

L’argument

Le Président du tribunal est pressé de boucler les deux affaires qu’il doit juger : il doit souper avec les actrices de la pièce des Folies-Comiques. Dans la première affaire, l’avocat, ancien substitut, découvre le dossier en même temps qu’il le plaide et agit confusément : il commence à accuser au lieu de plaider puis se trompe de client ;  c’est finalement le plaignant qui écope de prison pour outrage à magistrat. Dans la seconde affaire, un divorce, le président écoute les plaintes du mari tout en dévorant des yeux la femme… Pour compléter son enquête, il la convoque le lendemain à l’hôtel Terminus pour qu’elle y soit entendue en audience particulière.

Un extrait

Le président, à Legaffeur.
Allons, maître Legaffeur, allons !
Legaffeur.
C’est à moi de jouer ?… euh ! de parler ?
Le président.
Sans doute ! Le tribunal vous attend.
Legaffeur.
Je suis prêt.

https://archive.org/details/petinmouillarbou00cour
Illustration issue de l’édition Flammarion de 1899. Source : archives.org

Le président.
Vous savez de quoi il s’agit ?
Legaffeurà qui le substitut vient de communiquer le dossier.
Petin contre Bougnasse… euh ! euh… Ne vous inquiétez pas, monsieur le président.
(Il vient se placer derrière la petite tribune réservée à la défense et il commence à plaider.)
Messieurs, si jamais prévention n’eut pas besoin d’être soutenue, c’est bien celle qui me vaut l’honneur de prendre aujourd’hui la parole devant vous. A peine au sortir de l’enfance, l’homme que vous avez à juger et que vous jugerez, j’en suis sûr, avec toute la sévérité que votre intégrité comporte, donna les signes les moins équivoques d’une nature réfractaire à tout bon sentiment. A cinq ans, il rouait de coups sa pauvre mère et lui dérobait ses économies qu’il gaspillait en acquisition de sucres d’orge et de cigares de cacao !… Vous dépeindrai-je, messieurs, la poignante douleur qui étreignait à ces cruels instants le coeur de cette excellente femme ? Hélas ! l’indignation m’étrangle, et…
Le président, l’interrompant.
Un mot, maître. Je ne me trompe pas ? Vous requérez bien l’application de la peine ?
Legaffeur.
Avec la dernière énergie !
Le président, stupéfait.
Mais vous êtes avocat ?
Legaffeur, plus stupéfait encore.
Moi ?
Le président.
Dam !
Legaffeur, se frappant le front.
Eh ! C’est pardieu vrai ! Ce que c’est que l’habitude !… Je me croyais encore substitut. (Souriant.) Simple distraction. (Avec volubilité.) Plaise au tribunal adopter mes conclusions, déclarer mon client recevable en sa plainte et condamner la partie adverse à cinquante mille francs de dommages et intérêts. (Il plaide.) Messieurs, si jamais le bon droit d’un homme odieusement dépouillé sauta aux yeux de magistrats intègres, c’est bien, j’ose le dire, en l’espèce ! Petit-fils d’un lieutenant-colonel de l’Empire qui laissa ses os à Iéna, fils d’un grenadier de la garde qui, sous les murs de Sébastopol, conquit l’étoile de l’honneur à la pointe de sa baïonnette, Petin, messieurs, est l’honnête homme dans l’acception la plus large du mot. Dès l’âge le plus tendre, il montra un penchant irrésistible pour la vertu, et par son application, par son amour du travail, il sut conquérir l’estime de ses professeurs et la tendresse de ses parents. L’heureuse famille, messieurs !… Qu’il me soit permis d’attarder un instant mes yeux sur le riant tableau que leur offrent monsieur et madame Petin père et mère, étreignant de leurs bras, les yeux baignés de douces larmes, le fils, espoir de leurs vieux ans…
Le président.
Un mot encore, maître Legaffeur. C’est bien pour Petin que vous plaidez ?
Legaffeur.
Certainement.
Le président.
Mais vous êtes l’avocat de Bougnasse.
Legaffeur.
Bah ? C’est bien possible, après tout. (Souriant.) Une simple erreur. Je m’étais trompé de client. Plaise au tribunal adopter mes conclusions, renvoyer mon client des fins de la poursuite et condamner la partie civile aux dépens. (Il plaide.) Messieurs, un lapsus linguae, dont votre clairvoyance a déjà fait justice, me faisait dire tout à l’heure de Petin ce que la plus stricte bonne foi me fait dire à présent de Bougnasse. Si jamais…
Le président.
Maître, l’heure s’avance, je dois me rendre chez Marguery où m’appellent d’impérieux devoirs. Si vous voulez, nous allons traiter à forfait ; pas de plaidoirie, pas de prison.

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