Pièce en cinq actes

Triplepatte de Tristan Bernard et André Godfernaux
Théâtre de l'Athénée - Immense succès - Triplepatte - comédie en 5 actes de MM. Bernard et Godfernaux. Source : Théâtre de l'Athénée

Triplepatte de Tristan Bernard et André Godfernaux

Triplepatte de Tristan Bernard et André Godfernaux

Représentée pour la première fois au Théâtre de l’Athénée, le 30 novembre 1905.
Retraitement par Libre Théâtre à partir de l’édition 
Distribution : 15 hommes, 16 femmes.
Télécharger le texte intégral gratuitement sur Libre Théâtre

 

L’argument

Le vicomte Robert de Houdan est surnommé par ses amis Triplepatte du nom d’un cheval de course qu’il possède et qui se dérobe toujours.  Il lui est impossible de prendre la moindre décision et quand Boucherot, à qui il doit beaucoup d’argent, et la baronne Pépin, marieuse infatigable, organisent son mariage avec la gentille Yvonne Herbelier, il obtempère jusqu’au jour de la cérémonie…

Leriche (Baronne de Pépin), Lévesque (Vicomte de Houdan), Caumont (Mme Herbelier) dans Triplepatte. Dessin de Lourdey . Le Journal amusant – 16 décembre 1905. Source : BNF
Diéterlé (Yvonne) et Bullier (M. Herbelier) dans Triplepatte. Dessin de Lourdey . Le Journal amusant – 16 décembre 1905. Source : BNF

 

https://www.athenee-theatre.com/
Théâtre de l'Athénée - Immense succès - Triplepatte - comédie en 5 actes de MM. Bernard et Godfernaux. Source : Théâtre de l'Athénée

Lien vers la Biographie de Tristan Bernard sur Libre Théâtre
Lien vers l’article de Libre Théâtre consacré au théâtre de Tristan Bernard

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L’Avare de Molière
Costume de Grand-Ménil (Harpagon). 1790. Source : Gallica

L’Avare de Molière

L’Avare de Molière

Comédie en cinq actes et en prose, représentée pour la première fois sur la scène du Palais-Royal le 9 septembre 1668. 
Distribution : 11 hommes et 4 femmes
Texte à télécharger gratuitement sur Libre Théâtre
Lien vers la notice sur data.libretheatre.fr

L’argument

Harpagon est noble, riche et avare. Il a deux enfants : Élise qui est amoureuse de Valère, un gentilhomme napolitain au service de son père en qualité d’intendant, et Cléante qui souhaite épouser Mariane, une jeune femme vivant chez sa mère sans fortune. Mais Harpagon a choisi pour ses enfants des partis plus avantageux et souhaite épouser lui-même Mariane. Cléante et Élise tentent de  déjouer les plans de leur père avec l’aide de Valère et de La Flèche, le valet de Cléante, qui vole la précieuse cassette d’Harpagon. Valère est accusé lorsqu’arrive Anselme qui doit épouser Élise et qui se révèle être le père de Mariane et de
Valère, rescapés d’un naufrage.

Illustrations sur Gallica

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b64006296
Costume de Grand-Ménil, qui a marqué la Comédie-Française par son interprétation d’Harpagon,  jouant de sa haute taille, sa maigreur et son sens des mimiques. (1790)Source : Gallica
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8528775g/f370.item
Constant Coquelin dit aîné dans le rôle d’Harpagnon. Source : Gallica
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84366907
Estampe de F. Pierdon. Source : Gallica
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b53049746
Louis Leloir dans « L’avare », de Molière / dessin de Marevéry. Source: Gallica

 


L’Avare sur le site de l’INA

Création de « L’Avare » avec Michel Aumont à la Comédie Française (magazine12 sept. 1969) 
Interview de Michel Aumon et du metteur en scène  Jean Paul Roussillon 

Pièce jouée par les Comédiens Français, enregistrée pour la télévision au théâtre de l’Odéon, dans une mise en scène de Jean Paul Roussillon et une réalisation de René Lucot avec Simon Eine, Françoise Seigner, Jean Paul Roussillon, Francis Huster, Isabelle Adjani, Ludmila Mikael, Jacques Eyser,  Michel Aumont… Diffusée le 1er janvier 1974

Extrait du film de Jean Girault avec Louis De Funès et Michel Galabru (TF1 Actualités 20H, 24 décembre 1979)

 

Interview Michel Bouquet, dans l’Avare dans une mise en scène de Pierre Franck au théâtre de l’Atelier,  avec des extraits de la pièce

Dossiers de presse, dossiers pédagogiques

Parcours Molière. Dossier pédagogique de la Comédie-Française
Mise en scène de Catherine Hiegel avec Denis Podalydès. Dossier de presse de la Comédie-Française, 2009-2010
Mise en scène d’Alexis Moati et Pierre Laneyrie – octobre 2011 – Dossier Pièce (dé)montée
La minute pédagogique du Phénix (Académie de Lille): L’Avare mis en scène par Ludovic Lagarde par Etienne. 2015
Dossier consacré aux Avares et avaricieux  sur le Réseau Canopé

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Pelléas et Mélisande de Maurice Maeterlinck
Gravure de Jean Donnay. Source : Gallica

Pelléas et Mélisande de Maurice Maeterlinck

Pelléas et Mélisande de Maurice Maeterlinck

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b53117195j
Gravure de Jean Donnay. Source Gallica

Pièce de théâtre symboliste en cinq actes publiée en 1892 et créée le 17 mai 1893 au Théâtre des Bouffes-Parisiens.
Distribution : 3 hommes, 3 femmes, 1 enfant (rôles principaux) – une dizaine de rôles secondaires (médecin, servantes…)
Texte intégral de la pièce à télécharger gratuitement sur Libre Théâtre

L’argument

Le prince Golaud se perd dans une forêt et rencontre Mélisande en pleurs au bord d’une fontaine. Sa couronne est tombée mais elle ne veut pas la reprendre. Golaud la console et la convainc de partir avec elle. Il l’épouse et revient six mois après dans le royaume d’Allemonde où règne Arkël, son grand-père et où vit Geneviève, sa mère. Mélisande rencontre Pelléas, le jeune demi-frère de Golaud. Ils tombent amoureux peu à peu l’un de l’autre, sans oser en parler. Amour pur, interdit et mortel face à la folle jalousie de Golaud.

L’intérêt de la pièce ne repose pas sur ce fragile argument, ni sur les motivations psychologiques des personnages. Maurice Maeterlinck bouleverse totalement les conventions théâtrales en mettant en scène de « pauvres marionnettes agitées par le destin » (expression d’Antonin Artaud). Pelléas, dans la scène 4 de l’acte IV,  résume ainsi l’impuissance de l’homme face à la destinée :

Voilà, voilà… Nous ne faisons pas ce que nous voulons… Je ne t’aimais pas la première fois que je t’ai vue…

Mélisande à l’agonie aura ces mots : 

Je ne comprends pas non plus tout ce que je dis, voyez-vous… Je ne sais pas ce que je dis… Je ne sais pas ce que je sais… Je ne dis plus ce que je veux…

Les décors sont autant de symboles : la forêt, la grotte souterraine, la fontaine ou la  mer. Quelques motifs reviennent régulièrement :  l’eau, la chevelure, l’anneau…. Les allégories  et les analogies se croisent et tissent de multiples correspondances.

 

La création de la pièce

Maurice Maeterlinck a publié en 1889 un recueil de poèmes intitulé les Serres Chaudes. En août 1890, Octave Mirbeau consacre un article à la une du Figaro  à l’occasion de la parution de la Princesse Maleine

Je ne sais rien de M. Maurice Maeterlinck. Je sais d’où il est et comment il est. S’il est vieux ou jeune, riche ou pauvre, je ne le sais. Je sais seulement qu’aucun homme n’est plus inconnu que lui et je sais aussi qu’il a fait un chef d’œuvre, non pas un chef-d’œuvre étiqueté chef-d’œuvre à l’avance, comme en publient tous les jours nos jeunes maîtres, chantés sur tous les tons de la glapissante lyre ou plutôt de la glapissante flûte contemporaine ; mais un admirable et pur et éternel chef-d’œuvre, un chef-d’œuvre qui suffit à immortaliser un nom et à faire bénir ce nom par tous les affamés du beau et du grand, un chef-d’œuvre comme les artistes honnêtes et tourmentés, parfois, aux heures d’enthousiasme, ont rêvé d’en écrire un, et comme ils n’en ont écrit aucun jusqu’ici. Enfin, M. Maurice Maeterlinck nous a donné l’œuvre la plus géniale de ce temps, et la plus extraordinaire et la plus naïve aussi, comparable et oserai-je le dire supérieure en beauté à ce qu’il y a de plus beau dans Shakespeare. Cette œuvre s’appelle la Princesse Maleine. Existe-t-il dans le monde vingt personnes qui la connaissent ? J’en doute.

En juin 1892, Maurice Maeterlinck, âgé de trente ans, publie Pelléas et
Mélisande  chez Paul Lacomblez à Bruxelles. Maeterlinck définit son projet dans ses Carnets intimes.

Exprimer surtout cette sensation d’emprisonnés, d’étouffés, de haletants en sueur qui veulent se séparer, s’en aller, s’écarter, fuir, ouvrir, et qui ne peuvent pas bouger. Et l’angoisse de cette destinée contre laquelle ils se heurtent la tête comme contre un mur et qui les serre de plus en plus étroitement l’un contre l’autre. 

La pièce est créée le 17 mai 1893 au Théâtre d’Art sur la scène des Bouffes-Parisiens par la compagnie du Théâtre de l’Œuvre dirigée par Aurélien Lugné-Poe. L’audience est prestigieuse: Tristan Bernard, Léon Blum, Paul Hervieu, Georges Clémenceau,Romain Coolus, le peintre américain Whistler, Claude Debussy… 
De nombreux articles témoignent des fortes émotions ressenties par le public face à cette pièce 

Octave Mirbeau décrit ainsi son émotion (publié dans Les Ecrivains)

J’ai pu assister à une répétition de Pelléas et Mélisande et, après trois jours, j’en garde une impression bouleversante… comme d’une hantise j’en garde aussi une lumière, très vive et très douce, et qui, loin de se dissiper, entre en moi, à chaque minute, davantage, me baigne, me pénètre… Maurice Maeterlinck permettra t-il à mon amitié, jalouse de son bonheur autant que de sa gloire, de le défendre contre lui-même, et contre ces lettres publiées récemment, et de lui dire, avec cette tranquillité facilement prophétique que donne la certitude éblouissante de la beauté réalisée… que Pelléas et Mélisande sera un grand et juste triomphe… Je ne me souviens pas d’avoir entendu quelque chose de plus absolument exquis, de plus absolument poignant aussi… N’était le scrupule où je suis de ne point déflorer une œuvre qui ne m’appartient pas encore, puisqu’elle n’a point été livrée au public, avec quelle joie je voudrais exprimer tout ce que j’ai ressenti de sensations neuves et profondes, et infiniment pures, et vraiment humaines, en écoutant chanter ces pauvres petites âmes, douloureuses et charmantes, et qui, dans leur balbutiement, contiennent tout le charme du rêve et toute la douleur de la vie !… Il y avait, ce soir-là, dans la salle, une trentaine de personnes, toutes différentes de sensibilité et d’idées… quelques-unes, même, facilement portées à l’ironie, et qui considèrent volontiers l’émotion comme une tare, ou comme une faiblesse… Eh bien ! toutes étaient sous le même charme angoissant ; toutes avaient au cœur la même émotion, et, durant les trois derniers tableaux, toutes pleuraient les mêmes larmes… Par conséquent, je ne me trompais pas d’être ému à ce point… Mon admiration et mon émotion n’étaient point les dupes de mon amitié… Cela était ainsi. Et votre héroïsme, mon cher Maeterlinck, qui va jusqu’à la haine de votre œuvre, qui souhaite si ardemment, avec une telle ferveur d’injustice, la chute de cette œuvre admirable, ne pourra pas tenir plus longtemps contre cette évidence, et contre ces larmes des plus chers de vos amis, qui n’ont point l’habitude, croyez-moi, de pleurer à de petites niaiseries et à des pauvretés sentimentales, comme on en entend sur tant de théâtres !… Et, rien ne pourra faire, non plus, que le nom de M. Debussy, en qui vous avez trouvé le seul interprète de votre génie, plus qu’un interprète, une âme créatrice fraternellement pareille à la vôtre, ne rayonne à côté de votre nom, comme le nom d’un maître glorieux !… En sortant de cette répétition, ébloui, si fier d’être votre ami, et que vous m’ayez fait l’honneur de me dédier cette œuvre, je me disais : « Comme c’est triste que Maurice Maeterlinck soit obligé de renier publiquement son génie si pacifiquement pur, si harmonieusement beau ! » Et j’étais tenté de m’écrier, comme un des personnages de votre poème, et en vous aimant davantage : « Si j’étais Dieu, j’aurais pitié du pauvre cœur des hommes ! »

Extrait de l’article de Robert Charvay, paru dans l’ Echo de Paris le 17 ami 1893

J’ai assisté hier à la première répétition générale de Pelléas et Mélisande et j’en sors ému, troublé, pris aux entrailles par une des plus intenses sensations d’art dramatique qu’il m’ait été donné d’éprouver. (…)

Les décors sont d’une simplicité grise et voulue; ils encadrent les acteurs d’une teinte neutre et vaporeuse. Ce sont de lourds feuillages, aux grandes lignes ornementales, des salles de palais sans architecture précise. On dirait que l’habile artiste Paul Vogler, en les peignant, s’est inspiré des admirables camaïeux indécis et symboliques de Puvis de Chavannes. Pas d’accessoires, pas de meubles, et surtout point de prétendue exactitude dans la reproduction scénique des choses inanimées. La rampe est supprimée; les hommes et les femmes en scène sont éclairés d’en haut comme par des rayons de lune; l’ensemble demeure dans l’ombre et le regard flotte, indistinct, sur des entités de rêve. Les costumes s’harmonisent avec le reste: des étoffes passées, comme lavées, sans effets criards, sans taches crues.

Voir aussi l’article du Figaro du 18 mai 1893 et l’article paru en une du Figaro du 31 août 1910.

Images de quelques mises en scène

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8438721z/f7.item
Sarah Bernhardt dans Pelléas et Mélisande, (rôle de Pelléas) Londres 1904. Source : Gallica

 

Compagnie La Mandarine Blanche
Compagnie la Mandarine Blanche Mise en scène Alain Batis (2015)

 

 

 

 

 

 

 

 


Podcast original de France Culture

Version radiophonique de la pièce de Maurice Maeterlinck, proposée par Denis Podalydès de la Comédie Française et Louis Langrée.  Musique de scène de Gabriel Fauré. Premier enregistrement mondial avec l’Orchestre national de France. Chef d’orchestre : Louis Langrée  Conseillère Littéraire : Pauline Thimonnier.  Réalisation : Laure Egoroff.
Lien vers le site de France Culture


Pour aller plus loin : 
Pour situer cette œuvre dans le théâtre du XIXème siècle, voir la notice sur Libre Théâtre 
Pelléas et Mélisande, Groupe de recherche interuniversitaire “Littérature et nation”, avec le concours du Conseil Scientifique de l’Université de Tours, Juin 1990.  Lien vers le document
Dossier pédagogique élaboré par Louise Flipo sur le site Espace Nord
Le Trésor des Humbles, essai de Maurice Maeterlinck (1896) où il développe sa pensée (voir et savoir, « avertis » et « divertis », lumière/jeunesse et obscurité/vieilles…) sur archive.org

De nombreux compositeurs furent inspirés par le texte de Maerterlinck dont Claude Debussy, qui créera une œuvre unique dans l’histoire de l’opéra. Pour en savoir plus sur l’opéra de Debussy sur opera-online , sur resmusica.com

 

Pelléas et Mélisande est à l’affiche du Festival d’Avignon 2019, dans une mise en scène de Julie Duclos.
Lien vers l’entretien de Julie Duclos sur le site du Festival qui souligne la force poétique du texte de Maeterlinck.

 

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Dom Juan ou le Festin de Pierre de Molière
Don Juan et la statue du Commandeur par Fragonard - Source : Wikipedia

Dom Juan ou le Festin de Pierre de Molière

Dom Juan ou le Festin de Pierre de Molière

Comédie en cinq actes et en prose, représentée pour la première fois le 15 février 1665. Non publiée du vivant de Molière, la pièce fut imprimée pour la première fois en France en 1682.
Distribution : 17 hommes et 3 femmes
Texte intégral à télécharger gratuitement sur Libre Théâtre
Lien vers la notice sur data.libretheatre.fr

L’argument

Présentée par Molière comme une comédie, Dom Juan est en réalité une tragi-comédie qui ne respecte pas les règles classiques.

Arrivé en ville après avoir abandonné Elvire, qu’il avait fait sortir d’un couvent pour l’épouser, Dom Juan aperçoit une jeune fille à la veille de se marier et projette de l’enlever. Le projet ayant échoué, il se retrouve dans un village, d’où, averti que ses beaux-frères Dom Carlos et Dom Alonse le poursuivent, il s’enfuit par la forêt avec son valet Sganarelle. Le hasard l’amène à sauver la vie de Dom Carlos, qui en retour accepte de différer sa vengeance, à condition que Dom Juan reprenne la vie commune avec Elvire. Sur le chemin qui les ramène à la maison, le maître et le valet passent devant le mausolée d’un commandeur que Dom Juan a tué l’année précédente et dont il invite la statue à dîner pour le soir même. De retour chez lui, il voit le moment de dîner repoussé trois fois de suite par les visites inopinées d’un créancier, de son père et de son épouse à présent retournée à la vie religieuse. La statue du Commandeur, arrivée en dernier, refuse de partager son repas, mais l’invite à son tour à dîner le lendemain. Le lendemain en fin d’après-midi, Dom Juan apprend à son père éperdu de joie qu’il a décidé de revenir à la religion, puis il confie à Sganarelle que ce revirement subit n’est qu’une ruse. La statue du Commandeur, apparaissant et prenant acte de son refus de se repentir, lui saisit la main et le précipite dans les entrailles de la terre.

 

Illustrations sur Gallica

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8436359d/f230.item.zoom
Le tombeau du commandeur. Source : BnF/ Gallica

Estampe. Source : BnF/Gallica

Source : BnF/Gallica

Quoi que puisse dire Aristote et toute la philosophie, il n’est rien d’égal au tabac. Source : BnF/Gallica

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Dom Juan sur le site de l’INA

Mise en scène en décors naturels par Marcel Bluwal de la pièce en cinq actes et en prose de Molière. Un des tours de force accomplis par Marcel Bluwal est sans aucun doute la transposition dans le temps de cette comédie. Il a situé l’action à une époque imprécise, tantôt au début du siècle dernier, tantôt semble-t-il à l’époque contemporaine, ce qui actualise l’action sans altérer l’oeuvre de Molière. Les paysages et les décors parfois insolites composent, pour Dom Juan, la scène même du monde. Ainsi se trouve matérialisé l’esprit « shakespearien » de la pièce : un homme s’interroge sur lui-même avec ses angoisses (source INA)

Extrait du « Dom Juan » de Molière, mis en scène par Antoine VITEZ au théâtre de la porte Saint-Martin, avec Jean-Claude DURAND dans le rôle de Dom Juan, Nada STRANCAR dans celui d’Elvire et Gilbert VILHON dans celui de Sganarelle : scène de la rupture avec Elvire (Acte I, scène 3). La pièce a été jouée dans le cadre du festival d’automne de Paris.

Dans le cadre de l’émission « Le théâtre et l’université », enregistrement en public de Dom Juan ou le Festin de pierre » au Théâtre du Palais de Chaillot, par la troupe du TNP, dans une mise en scène de Jean VILAR. Avec dans les rôles principaux Jean VILAR (Dom Juan), Daniel SORANO (Sganarelle) et Monique CHAUMETTE (Elvire). Ce découpage radiophonique (acte II supprimé) est suivi d’un débat animé par Paul Louis MIGNON, en présence de Jean VILAR et d’élèves et professeur du lycée Louis Le Grand à Paris.  Lien vers le site de l’INA 

Reportage au festival d’Avignon, composé des interviews de Jean VILAR et Georges WILSON dans la Cour du Palais des Papes. –  Interview de Jean VILAR dans la cour du Palais des Papes à Avignon (on entend les coups de marteau des monteurs du décor). Il évoque son choix de « Dom Juan » de Molière, les personnages de la pièce, la musique de scène composée par Maurice Jarre, les particularités de la pièce de Molière, le choix des costumes. Il évoque ensuite « Le Médecin malgré lui », mis en scène par Jean-Pierre Darras.  Lien vers le site de l’INA

Dossiers pédagogiques

Dom Juan, mise en scène de Jean-François Sivadier, pièce (dé)montée n° 238 – septembre 2016, dossier réalisé par Rafaëlle Jolivet Pignon et édité par Canopé Île-de-France. lien vers le site

Dom Juan, mise en scène Julie Brochen, Théâtre National de Strasbourg, 2011, lien vers le site de l’académie d’Aix-Marseille

Dom Juan, mise en scène Gilles Bouillon du CDRT, dossier réalisé par Adeline Stoffel, lien vers le site du CRDP de Reims.

Dom Juan de Molière, quelques mises en scène –  sur le site de Philippe Misandeau http://doc-plus.fr/DomJuan.htm

 

Lire aussi :

Whitton David. La mise en scène en France depuis 1960 : le cas Dom Juan. In: Cahiers de l’Association internationale des études francaises, 1994, n°46. pp. 243-257. sur le site  www.persee.fr/doc/caief_0571-5865_1994_num_46_1_1845

 

A écouter :

Louis Jouvet : « Conférences des Annales – Dom Juan » [1947]  partie 1 , partie 2

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Les Visionnaires de Jean Desmarets de Saint-Sorlin

Les Visionnaires de Jean Desmarets de Saint-Sorlin

Comédie en cinq actes et en vers représentée pour la première fois au public en 1637 au théâtre du Marais.
Distribution : 6 hommes, 3 femmes

Publication par Libre Théâtre

Retraité par Libre Théâtre à partir de la seconde édition, à Paris, chez Jean Camusat en 1639. Source : Gallica http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k55303536.
Nous avons modernisé la graphie, quand cela ne modifiait pas l’équilibre des vers. Nous avons également modifié la ponctuation pour la faire correspondre aux usages modernes et faciliter également la compréhension.
Les phrases entre parenthèses correspondent à des apartés.

L’argument

Cette comédie met en scène des « visionnaires », c’est-à-dire des personnages aveuglés par leurs folies respectives. Alcidon, le père de famille, cherche à marier ses trois filles, mais celles-ci poursuivent des chimères : l’une est amoureuse d’Alexandre le Grand, l’autre se pense aimée de tous les hommes et la troisième a pour seule passion le théâtre. Leurs prétendants, quant à eux, sont en proie à d’autres formes d’« extravagances ». Le père doit choisir entre un capitaine mythomane, un « poète bizarre », un homme qui s’imagine très riche et un amoureux des idées. Alcidon, lui-même, n’est pas exempt de folie puisqu’il ne cesse de changer d’avis et de se ranger du côté du dernier qui a parlé. Chaque personnage, confronté à la folie de l’un de ses semblables, se met à jouer avec le délire de l’autre, créant ainsi une mise en abyme autour de la question de l’identité (du je) et du théâtre (du jeu).

La confrontation de ces personnages extravagants permet de multiplier les effets comiques : les quiproquos et les jeux de mots s’enchaînent. Grâce à une écriture riche et fleurie, cette folie discursive semble prendre corps dans les personnages eux-mêmes.

Jean Desmarets de Saint-Sorlin fait représenter cette pièce en 1637, au moment de la Querelle du Cid. Dans l’argument, mais aussi dans le texte par la voix de plusieurs personnages, il expose sa conception élitiste du théâtre, sa définition de la comédie et des différents genres au théâtre ainsi que ses réflexions autour du respect de la règle des trois unités. Il s’oppose de la sorte frontalement aux partisans de Corneille.

 

Publication aux Editions La Comédiathèque

Argument et texte intégral de la pièce, suivis d’un glossaire des mots anciens et des noms propres rares.

ISBN 978-237705-106-9
Octobre 2017
105 pages ; 18 x 12 cm ; broché.
Prix TTC : 16,00 €

L’ouvrage peut être commandé dans toutes les librairies et est disponible en ligne sur les plateformes suivantes :

 


Spectacles

Mise en scène de Christian Schiaretti en octobre 2007 au TNP. Lien vers le dossier de presse.

 

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Molière de George Sand
Bocage jouait le rôle de Molière à la création. Lithographie de Benjamin de 1835. Source : BnF/Gallica

Molière de George Sand

Molière de George Sand

Drame en cinq actes et en prose, représenté pour la première fois au Théâtre de la Gaîté le 10 mai 1851
Distribution : 11 hommes, 8 femmes
Texte intégral de la pièce à télécharger gratuitement sur Libre Théâtre
Lien vers la notice sur data.libretheatre.fr

L’argument

La pièce propose cinq moments de la vie de Molière, en insistant sur ses relations avec Armande Béjart. Au premier acte, Molière est encore inconnu et parcourt la France à la tête d’une petite troupe de comédiens. Il rencontre le prince de Condé, le reconnaît mais ne le trahit pas. Nous nous retrouvons à Versailles dans le deuxième acte. Molière est devenu un auteur reconnu et soutenu par le Roi, mais il est maussade : il est amoureux d’Armande Béjart, la sœur de Madeleine. Quand Armande entend l’éloge du prince de Condé qui rend  hommage à Molière et témoigne de sa gloire,  elle décide de jouer la comédie de l’amour. Molière est fou de joie et  Louis XIV donne son consentement au mariage.

Le troisième acte nous transporte dans la maison de Molière à Auteuil, au moment où Tartuffe est interdit  : Molière est seul, triste et malade.  Il reçoit chaque matin des lettres d’injures qui accusent Armande d’être la maîtresse du prince de Condé. De retour chez elle, Armande fait face à l’hostilité des comédiens de la troupe, Brécourt, Duparc, le jeune Baron et Madeleine Béjart. L’acte IV se déroule pendant la première du Tartuffe, au théâtre du Palais-Royal.  Molière pardonne à sa femme, grâce à l’intervention du prince de Condé. Au Vème acte, nous sommes au Palais-Royal sur la scène où vient de se jouer le Malade imaginaire ; le rideau est tombé, la salle est vide. Molière est épuisé alors qu’Armande lui rapporte de nouvelles calomnies qui accusent Molière d’avoir épousé sa propre fille. Armande lui montre également une lettre de Baron où il lui déclarait son amour. C’est en réalité une ancienne missive. Molière est dévasté par ce qu’il pense être une nouvelle trahison.

 

Extrait de la dédicace de George Sand à Alexandre Dumas

« Je n’ai cherché à représenter que la vie intime, et où rien ne m’a intéressé que les combats intérieurs et les chagrins secrets. Existence romanesque et insouciante au début, laborieuse et tendre dans la seconde période, douloureuse et déchirée ensuite, calomniée et torturée à son déclin, et finissant par une mort profondément triste et solennelle. Un mot navrant, un mot historique résume cette vie près de s’éteindre : Mais, mon Dieu, qu’un homme souffre avant de pouvoir mourir ! »

Les réactions

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8415869n
Bocage jouait le rôle de Molière à la création. Lithographie de Benjamin de 1835. Source : BnF/Gallica

Extrait de l’article de Clément Caraguel paru dans l’Argus du 13 mai 1851, source : Gallica. 
Remarque : la version de la pièce présentée en 1851 a été resserrée et ne comportait que quatre actes (les 3ème et 4ème actes étaient réunis).

« Ces quatre actes, pour mieux dire ces quatre tableaux ne contiennent, à proprement parler, que la biographie de Molière. L’auteur a limité autant que possible la part de l’invention, il s’est attaché à reproduire avec une exactitude historique la physionomie du grand comique et il l’a fait avec la puissance d’exécution d’un artiste supérieur. C’est bien là le véritable Molière , tel qu’il apparaît dans l’histoire, aussi honnête que grand, aussi élevé par le cœur que par le génie. L’homme, l’auteur et le comédien, savamment étudiés, revivent dans cette rayonnante figure. Il faut remercier Georges Sand d’avoir consacré sa plume à ce beau travail sur une des gloires de la France.

Armande Béjart est peinte avec une vérité et une vigueur magistrales ; c’est un caractère dans toute l’acception du mot et qui tiendrait sa place dans la grande galerie des physionomies humaines laissées par Molière lui-même. Cependant le dernier trait nous semble de trop. Le public, comme nous, a trouvé outrée la scène du quatrième acte où Armande remet  à Molière mourant une lettre d’amour qui lui fut écrite par Baron avant son mariage. Ce n’est plus seulement la sécheresse de cœur d’une coquette, c’est de la cruauté à froid ; entre les deux il y a plus qu’une nuance. Le comédien Duparc est un type de bourru bonhomme des plus réjouissants et des plus vrais qu’on ait vus au théâtre ; il a été rendu avec beaucoup d’originalité et de verve par Paulin Ménier. Bocage jouait le rôle de Molière ; le succès a été très grand, tous les acteurs ont été rappelés à la chute du rideau. »

La pièce est à l’affiche 12 fois au  Théâtre de la Gaité mais ne rencontre pas le succès attendu.


Publication aux Editions La Comédiathèque

La pièce de George Sand propose cinq moments de la vie de Molière, en insistant sur ses relations difficiles avec Armande Béjart.
« Je n’ai cherché à représenter que la vie intime, et où rien ne m’a intéressé que les combats intérieurs et les chagrins secrets. Existence romanesque et insouciante au début, laborieuse et tendre dans la seconde période, douloureuse et déchirée ensuite, calomniée et torturée à son déclin, et finissant par une mort profondément triste et solennelle. Un mot navrant, un mot historique résume cette vie près de s’éteindre : Mais, mon Dieu, qu’un homme souffre avant de pouvoir mourir ! » Extrait de la dédicace de George Sand à Alexandre Dumas.

ISBN 978-2-3770-5100-7
Juillet 2017
100 pages ; 18 x 12 cm ; broché.
Prix TTC : 13,00 €

Disponible chez votre libraire et sur les sites :

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Cosima de George Sand
Marie Dorval dans le rôle de Clotilde à la Comédie-Française en 1840-1841, à la même époque que son rôle de Cosima. Source : BnF/Gallica

Cosima de George Sand

Cosima ou la haine dans l’amour de George Sand

Drame en cinq actes et un prologue, représenté pour la première fois à Paris, par les comédiens ordinaires du roi, sur le Théâtre-Français, le 29 avril 1840.
Distribution : 11 hommes, 2 femmes
Texte intégral de la pièce à télécharger sur Libre Théâtre
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L’argument

Cosima est l’épouse d’Alvire, un bourgeois et négociant de Florence. Elle passe ses journées à s’ennuyer terriblement lorsqu’un riche Vénitien, Ordonio Éliséi, se met à la courtiser. Elle résiste, mais peu à peu tombe sous le charme de cet habile séducteur. Lorsque l’on croit qu’Ordonio a été assassiné, Alvire est arrêté. Mais c’est en réalité le serviteur d’Ordonio, qui se déguisait à la demande de son maître, qui a été tué. Ordonio réapparaît : Alvire, qui échappe ainsi à la sentence de mort,  lui ouvre sa maison, pour lui marquer sa reconnaissance. Cosima est amoureuse mais fidèle à son époux. Ordonio utilise toutes les ruses pour la convaincre de partir avec lui. La pièce s’achève tragiquement avec le suicide de Cosima. 

La création au Théâtre-Français

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52502899t/f130.item.zoom
Marie Dorval dans le rôle de Clotilde à la Comédie-Française en 1840-1841, à la même époque que son rôle de Cosima. Source : BnF/Gallica

George Sand impose Marie Dorval au Théâtre-Français en 1840, en lui confiant le rôle-titre. 

La première de la pièce a lieu le 29 avril 1840 et est un échec.  Il n’y aura que 7 représentations. George Sand en témoigne dans la préface : « La première représentation du drame de Cosima a été fort mal accueillie au Théâtre-Français. L’auteur ne s’est fait illusion ni la veille ni le lendemain sur l’issue de cette soirée. Il attend fort paisiblement un auditoire plus calme et plus indulgent. Il a droit à cette indulgence, il y compte. » (suite sur Libre Théâtre)

Dans une lettre adressée à M. Calamatta le 01 mai 1840 à Paris (extraite de la Correspondance de George Sand, disponible sur Gallica , George Sand écrit également à propos de Cosima

« Cher Carabiacai,

J’ai été huée et sifflée comme je m’y attendais. Chaque mot approuvé et aimé de toi et de mes amis, a soulevé des éclats de rire et des tempêtes d’indignation. On criait sur tous les bancs que la pièce était immorale, et il n’est pas sûr que le gouvernement ne la défende pas. Les acteurs, déconcertés par ce mauvais accueil, avaient perdu la boule et jouaient tout de travers. Enfin la pièce a été jusqu’au bout, très attaquée et très défendue, très applaudie et très sifflée. Je suis contente du résultat et je ne changerai pas un mot aux représentations suivantes.

J’étais là, fort tranquille et même fort gaie ; car on a beau dire et beau croire que l’auteur doit être accablé, tremblant et agité : je n’ai rien éprouvé de tout cela, et l’incident me paraît burlesque. S’il y a un côté triste, c’est de voir la grossièreté et la profonde corruption du goût. Je n’ai jamais pensé que ma pièce fût belle ; mais je croirai toujours qu’elle est foncièrement honnête et que le sentiment en est pur et délicat. Je supporte philosophiquement la contradiction ; ce n’est pas d’aujourd’hui que je sais dans quel temps nous vivons et à quelles gens nous avons affaire. Laissons-les crier ! nous n’aurions plus rien à faire, s’ils n’étaient ce qu’ils sont.

Console-toi de mon accident. Je l’avais prévenu, tu le sais, et j’étais aussi calme et aussi résolue la veille que je le suis le lendemain.

Si la pièce n’est pas défendue, je crois qu’elle ira son train et qu’on finira par l’écouter. Sinon, j’aurai fait ce que je devais et je recommencerai à dire ce que je veux dire toute ma vie, n’importe sous quelle forme. Reviens-nous bientôt. Tu me manques comme une partie essentielle de ma vie.

À toi de cœur. George. »

Les réactions des critiques 

Sainte-Beuve dans Premiers lundis (Tome II, sur Gallica) : « La première représentation de Cosima a eu lieu devant le public le plus nombreux, le plus choisi et le plus divers, le plus littéraire et le plus mondain qui se puisse imaginer. Il y avait une attente immense ; il y avait autre chose que de l’attente encore, c’est-à-dire bien des petites passions en jeu. (…) En général, il faut le dire, si l’on excepte Mme Dorval, qui est toujours à excepter, et Geffroy, qui souvent a été bien, la pièce nous a paru jouée d’une manière insuffisante, sans ensemble, sans célérité, comme si les acteurs entraient peu dans leur rôle. C’est avec regret que nous avons vu Beauvallet refuser au rôle d’Ordonio la noblesse et la grâce qui en font une partie essentielle, et en charger sans nécessité l’odieux avec une brusquerie vulgaire, qui pouvait compromettre les mots les plus simples. C’est ainsi que je m’explique surtout comment bien des délicatesses ont été peu senties et bien des finesses ont paru échapper. (…) Quelques inexpériences de mise en œuvre, inévitables à un début, ne me paraissent pas expliquer suffisamment le peu de relief que la première représentation a donné à des détails tels que ceux-là. La faute en est en partie aux acteurs, je l’ai dit, et en partie au public, il faut oser le dire. Une certaine fraction du public paraissait s’attendre à un genre d’extraordinaire qui n’est pas venu ; cette sorte d’attention, nécessairement fort défavorable, lorsqu’elle a cherché à se porter et à se faire jour sur certains mots du dialogue, a été bientôt déjouée, car la suite ne répondait en rien à l’intention qu’on supposait voir percer et qu’on introduisait plus sottement encore que malignement. Deux ou trois fois notamment, quelques murmures soulevés ont fait peu d’honneur au goût littéraire de ceux qui se les permettaient. »

Critique du Figaro du 5 mai 1840 (sur Gallica)

« Si jamais notre critique fut difficile et délicate, c’est assurément aujourd’hui qu’elle doit s’attaquer à l’une des gloires qu’elle est le plus accoutumée à respecter, gloire incontestable fondée sur tant de chefs-d’œuvre et que de sages conseils auraient dû préserver d’une imprudence dangereuse. Il faut le dire pourtant il faut le dire avec regret mais avec courage, en mettant de côté pour un moment tout ce respect que l’on doit à l’illustre auteur :  le drame de Mme Sand est un ouvrage malheureux. Il est long, triste, ennuyeux ; il manque d’intérêt et le style même y fait défaut. (…) Cette pièce n’était ni assez intéressante pour être jouée au boulevart ni assez littéraire pour être offerte au public éclairé de la Comédie-Française, pourquoi donc l’avoir amenée là en holocauste . That is question.  »

Voir aussi la Lettre de Méry adressée à Marie Dorval expliquant l’insuccès de Cosima, citée dans Marie Dorval, 1798-1849 : documents inédits, biographie critique et bibliographie, d’Émile Coupy, 1868 sur Gallica 

Voir sur le site de la Comédie-Française, une maquette plane des costumes de Cosima

 

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Polyeucte de Pierre Corneille
Mounet-Sully dans "Polyeucte", de Pierre Corneille / dessin de Yves Marevéry. 1906/ Source : Bnf/Gallica

Polyeucte de Pierre Corneille

Polyeucte de Pierre Corneille

Tragédie en cinq actes et en vers représentée pour la première fois sur le Théâtre de l’Hôtel de Bourgogne, par la troupe royale, en 1640.
Distribution : 10 hommes, 2 femmes
Texte intégral à télécharger gratuitement sur Libre Théâtre
Lien vers la notice sur data.libretheatre.fr

L’argument

Polyeucte a épousé Pauline, fille du gouverneur d’Arménie, Félix. Pauline à Rome était éprise de Sévère, favori de l’empereur Décie, mais a obéi à son père, d’autant que Sévère a été, dit-on, tué sur le champ de bataille. Quinze jours après son mariage, Pauline fait un songe effrayant : elle voit Sévère triomphant et Polyeucte poignardé au milieu d’une assemblée de chrétiens. Félix a reçu l’ordre de faire exécuter en Arménie les décrets de persécution contre les chrétiens. Polyeucte est  converti au christianisme par son ami Néarque. Sévère, qui n’est pas mort, arrive dans la province, chargé d’une mission impériale : il revoit Pauline, dont il ignorait le mariage. Polyeucte, déterminé à confesser publiquement sa foi, déchire les édits de persécution  et brise les idoles. Ni les menaces de Félix, ni les pleurs et les prières de Pauline, ni l’intercession de Sévère, rien ne peut détourner Polyeucte de sa foi. Il est condamné à mort par le gouverneur. Double miracle de la grâce, Pauline d’abord, et ensuite Félix, embrassent le christianisme. Sévère décide de les épargner.

Polyeucte sur Gallica

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b55003776z/f1.item
Polyeucte : maquette de costume dessinée par Eugène Lacoste. 1879. Source : BnF/Gallica

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b55003776z/f3.item
Polyeucte : maquette de costume pour Pauline dessinée par Eugène Lacoste. 1879. Source : BnF/Gallica

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b53049908j
Mounet-Sully dans Polyeucte Dessin de Yves Marevéry. 1906/ Source : Bnf/Gallica

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8436364q/f384.item
Comédie-française, 1er octobre 1884. Mounet-Sully dans le rôle de Polyeucte. Source : Bnf/Gallica

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8405540v/f1.item
Mounet-Sully dans Polyeucte à la Comédie-Française (1884). Extrait de Comoedia illustré du 12 juillet 1912. Source : BnF/Gallica

 
 
 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Dossier pédagogique

  • Mise en scène de Brigitte Jaques-Wajeman (2017) 
    Dossier pédagogique sur le site du Théâtre de la ville : pourquoi monter polyeucte ? Polyeucte, saint ou Héros ? Polyeucte et Jésus, le résumé scène par scène, les personnages dans Polyeucte, mémento sur l’alexandrin, la destruction des statues (AFP), Dramaturgie, Corneille

 

Polyeucte (Bande-Annonce / Théâtre) from Les Fossés Rouges on Vimeo.

 

 


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L’Aiglon d’Edmond Rostand

L’Aiglon d’Edmond Rostand

Drame en six actes et en vers, représenté pour la première fois au Théâtre Sarah-Bernhardt, le 15 mars 1900.
Distribution : 35 hommes, 17 femmes
Texte intégral à télécharger gratuitement sur Libre Théâtre
Notice sur data.libretheatre.fr

L’argument

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b531420904/f115.item
M. Rostand et son Aiglon. Dessin de A. Rouveyre. Source : BnF/Gallica

L’action débute  en septembre 1830, au palais de Schoenbrünn en Autriche. L’Aiglon est le fils de Napoléon Ier et de Marie-Louise d’Autriche, appelé à sa naissance roi de Rome et maintenant duc de Reichstadt. Il a été élevé à la cour de son grand-père autrichien, l’Empereur Frantz, après l’abdication de Napoléon en 1815. L’Aiglon a 19 ans.  Autour de lui, et malgré la vigilance du Prince de Metternich, des alliances se nouent, des complots s’organisent pour le ramener en France afin qu’il succède à son père. Mais le spectre héroïque de Napoléon hante et écrase le jeune homme, idéaliste et rêveur. Il a une santé fragile et ne se sent pas prêt : il craint de ne pas être à la hauteur. Quand il est enfin convaincu par Flambeau, un ancien grognard de l’armée napoléonienne, de fuir l’Autriche pour rejoindre Paris, il est arrêté. Malade et affaibli par l’échec, il meurt à vingt-et-un ans, au Palais de Schönbrunn.

Les 6 actes ont des titres symboliques : Les ailes qui poussent – Les ailes qui battent –Les ailes qui s’ouvrent – Les ailes meurtries – Les ailes brisées – Les ailes fermées.

Rostand précise son projet dans le quatrain placé en épigraphe au drame : 

Grand Dieu ! ce n’est pas une cause
Que j’attaque ou que je défend,
Et ceci n’est pas autre chose
Que l’histoire d’un pauvre enfant.

 


La création

La pièce a originellement été créée le 15 mars 1900 au Théâtre Sarah-Bernhardt avec, dans le rôle de l’Aiglon, Sarah Bernhardt (costumée en homme),  Lucien Guitry puis Coquelin l’Ainé dans le rôle de Flambeau. La pièce fut jouée sans interruption du 15 mars au 30 octobre 1900 et partit en tournée en France et à l’étranger, notamment aux Etats-Unis.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8438752h/f74.item
Source : BnF/Gallica

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8438752h/f3.item
Source : BnF/Gallica

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8438752h/f93.item
Source : BnF/Gallica

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8438752h/f239.item
Dessin de Z. Bakbio. Source : Bnf/Gallica

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8528775g/f362.item
Constantin Coquelin dit aîné dans le rôle de Flambeau, carte postale de la tournée à New-York. Source : BnF/Gallica

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


L’Aiglon au Châtelet en 1945

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Article de la revue Opéra du 01/08/1945 annonçant les répétitions au Théâtre du Châtelet. Source : BnF/Gallica

L’Aiglon a été interdit pendant l’Occupation avant d’être repris et de triompher comme une œuvre patriotique pendant 2 ans au Théâtre du Châtelet, au moment de la Libération.

La première eût lieu le 3 août 1945 en présence de quatre ministres et au profit des orphelins de la Résistance, dans une mise en scène de Maurice Lehmann.  Deux « Aiglon » jouaient en alternance : Jeanne Boitel et Pierre Cresson.

Le journal Résistance du 6 juin 1945 titrait « Mozart sera l’Aiglon », Mozart étant le nom de la comédienne Jeanne Boitel lorsqu’elle était dans la clandestinité. Source Gallica.

A lire aussi l’article « le sillage des Conquérants » par Georges Duhamel, dans Témoignage chrétien du 3 août 1945 sur Gallica 

 


Jacques Sereys au Théâtre du Châtelet en 1969

Un reportage sur Jacques Seyres, metteur en scène et acteur principal de L’Aiglon d’Edmond Rostand, créé au théâtre du Châtelet en 1969. Extraits de la pièce et interview sur le site de l’INA

 

 

Pour en savoir plus

Le mythe de Napoléon dans l’Aiglon d’Edmond Rostand par Madeleine Roussel, Conférence du 15 juin 2009,  Académie des Sciences et Lettres de Montpellier

La légende picturale napoléonienne dans L’Aiglon d’Edmond Rostand par Philippe Bulinge, sur le site edmond-rostand.com


Tout le Théâtre d’Edmond Rostand sur Libre Théâtre
Biographie d’Edmond Rostand sur Libre Théâtre

 

 

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Renée de Emile Zola
Marthe Brandes qui jouait le rôle de Renée. Album Reutlinger de portraits divers, vol. 20. Source : BnF/Gallica

Renée de Emile Zola

Renée de Emile Zola

Drame en cinq acte représenté pour la première fois, le 16 avril 1887, sur le théâtre du Vaudeville.
Distribution : 6 hommes, 4 femmes
Texte intégral de la pièce à télécharger gratuitement sur Libre Théâtre
Lien vers la notice sur data.libretheatre.fr

L’argument

Renée, une jeune fille a été violée par un homme marié. Sa fidèle domestique, Mlle Chuin, fait croire à son père que Renée a fauté avec un homme  qu’elle se doit d’épouser.  Aristide Saccard, un homme ambitieux mais sans aucun bien,  qui a déjà un jeune fils, Maxime, conclut le marché avec le père, désespéré par cette situation, et avec Renée.  Nous les retrouvons dix ans après : Saccard a fait fructifier la dot de Renée et est maintenant un bourgeois prospère. Renée reçoit beaucoup et a de somptueuses robes. Elle souffre toutefois d’un mal qui la ronge : elle découvre qu’elle est passionnément amoureuse de Maxime, le fils de Saccard qui doit prochainement se fiancer. 

La polémique

Comme de nombreuses pièces de Zola, Renée a fait l’objet de polémiques. Zola explique la genèse de la création de ce drame dans la préface de l’édition de G. Charpentier de 1887 (disponible en ligne sur le site de la Bodléienne). C’est à la demande de Sarah Bernhardt qu’il a écrit l’adaptation théâtrale de son roman La Curée. « Elle voyait dans le personnage de Renée un rôle superbe et à sa taille. » Zola hésite car montrer un inceste sur la scène de la Comédie-Française lui semble impossible. Il adapte un peu le récit et termine la rédaction de ce drame, mais entre-temps, la grande comédienne a démissionné de la Comédie-Française et est partie en tournée en Amérique. Zola propose sa pièce à divers directeurs de théâtre qui la refusent, terrifiés… Sarah Bernhardt elle-même, de retour à Paris,  refuse :  « elle m’en parla avec un frisson, en comédienne qui entend déjà les sifflets dans la salle. » Ce sont finalement les directeurs du théâtre du Vaudeville qui ont le courage de proposer la pièce : « ils ne se dissimulaient pas les grands dangers, ils voulaient bien les courir avec moi, par amour des lettres »

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8596907n/f25.item
Marthe Brandes jouait le rôle de Renée à la création. Album Reutlinger de portraits divers, vol. 20. Source : BnF/Gallica

« Mademoiselle Brandes a été superbe de passion et d’énergie dans le rôle de Renée, et elle a rendu avec une largeur incomparable la terrible progression : l’attitude douloureuse et hautaine du premier acte ; le charme turbulent et détraqué du deuxième ; la lutte poignante du troisième ; le remords terrifié et l’éclat vengeur du quatrième ; la demi-folie, l’emportement frénétique du cinquième. C’est une très grande artiste, qui est née pour les chefs d’œuvre des auteurs de demain, si les auteurs savent en faire. »

 


http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b90187934/f1.item
Raphaël Duflos jouait le rôle de Saccard à la création. Agence Meurisse, 1910. Source : BnF/Gallica

« J’arrive à M. Raphaël Duflos dont la création restera. Il a été le Saccard du premier acte, enragé d’ambition, humble à son entrée devant le père, relevant la tête devant la fille, et grandissant de tout le cri de sa force, de tout le désir des grandes choses qu’il rêve ; et il a été le Saccard du quatrième acte, l’homme d’argent, l’homme triomphant, vaincu par la passion, sanglotant au milieu de son or, parce qu’une femme ne l’aime pas. C’est d’un art supérieur, puissant et jeune, qui le met au premier rang. »

 


Pour aller plus loin

Chronique de Francisque Sarcey à propos de la pièce Renée, dans Quarante ans de théâtre : feuilletons dramatiques, volume 7, 1900-1902 sur Gallica

Notes sur le théâtre, Stéphane Mallarmé, dans La Revue indépendante, Paris. mai 1884 sur Gallica

Pour en savoir plus : 

Lien vers le Théâtre de Zola sur Libre Théâtre
Lien vers la Biographie de Zola sur Libre Théâtre
Lien vers le théâtre de Zola et le naturalisme sur Libre Théâtre

 

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