Pièce en trois actes

L’Hôtel du Libre-Echange de Feydeau et Desvallières

L’Hôtel du Libre-Echange de Feydeau et Desvallières

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Programme du Théâtre de la Gaîté en 1906 (source Gallica)

Pièce en trois actes de Georges Feydeau, écrite en collaboration avec Maurice Desvallières, représentée pour la première fois à Paris le 5 décembre 1894, au théâtre des Nouveautés.  Très vif succès : 371 représentations. Première édition en 1928.
Distribution : 10 hommes – 8 femmes

Pièce à télécharger  gratuitement sur Libre Théâtre.
Lien vers la notice sur data.libretheatre.fr


L’argument

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Carte Postale – Théâtre de la Gaîté en 1906 (source Gallica)

Pinglet, entrepreneur en bâtiment marié à une femme acariâtre, est épris de l’épouse de son ami et associé, l’architecte Paillardin. Celui-ci devant s’absenter pour une expertise, madame Paillardin, lassée de la froideur de son mari, accepte le rendez-vous secret que lui fixe Pinglet. Les deux terminent leur soirée dans un « hôtel borgne », l’hôtel du Libre-Échange. Ce qu’ils ignorent, c’est que Paillardin s’y trouve également. L’hôtel est aussi le lieu de rendez-vous de la bonne de Pinglet et du neveu de Paillardin. Enfin, Mathieu, un ami de province descendu à Paris avec ses quatre filles, y loge lui aussi…

Sécurité et discrétion ! Hôtel du Libre Echange, 220, rue de Provence ! Recommandé aux gens mariés… ensemble ou séparément !…


Le succès d’un vaudeville particulièrement réussi

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Carte Postale – Théâtre de la Gaîté en 1906 (source Gallica)

Saluée par la critique, la pièce se joue 375 fois, jusqu’à la fin de 1895. Malgré ce triomphe, L’Hôtel du Libre-Échange ne sera publiée qu’en 1928, soit 7 ans après le décès de Georges Feydeau et 2 ans après celui de Maurice Desvallières.

Les décors et la mise en scène sont extrêmement complexes. Pour le deuxième acte, le décor est divisé en trois : à droite, une grande chambre à cinq lits, à gauche une petite chambre à un lit, au milieu, le palier du premier étage de l’hôtel avec son escalier. Les portes s’ouvrent, se referment. Neuf personnages se croisent, s’évitent et se rencontrent finalement. Les péripéties se succèdent. Il y a dans l’ensemble de la pièce 279 entrées et sorties !

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Carte Postale – Théâtre de la Gaîté en 1906 (source Gallica)

Chaque accessoire, décrit dans les didascalies et évoqué dans le texte, a son importance et sera utilisé dans le récit : le chapeau, le vilebrequin, la boule d’eau chaude, la robe puce, la clé… mais aussi la pluie et l’orage.

Tous les ingrédients du vaudeville sont réunis et habillement combinés, aussi bien les jeux de situation (péripétie, quiproquo, face-à-face impromptu, méprise) que les jeux au niveau de la langue : bégaiement de Mathieu ou répétition de l’expression « Quelle nuit, mon Dieu, quelle nuit ! », répétée par 5 personnages dans le troisième acte.


Mise en scène d’Alain Françon

A lire l’excellent dossier accompagnant la mise en scène d’Alain Françon, au Théâtre de la Colline avec Clovis Cornillac  sur le site du théâtre.

Voir aussi sur le site de l’INA, un extrait de cette mise en scène

Mise en scène d’Isabelle Nanty à la Comédie-Française (2017)

Dossier de presse à télécharger sur le site de la Comédie-Française


Vous pouvez explorer l’univers de Feydeau à travers les articles suivants :

– Le Théâtre de Georges Feydeau
– Biographie de Georges Feydeau
– Les ressorts comiques du langage chez Feydeau
– La politique dans les pièces de Feydeau
– Les progrès techniques dans les pièces de Feydeau
– Le vaudeville et Feydeau (à travers deux articles de Feydeau).

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Ondine de Jean Giraudoux

Ondine de Jean Giraudoux

Dessin de Pavel Tchelitchew
Dessin de Pavel Tchelitchew

Les œuvres théâtrales de Jean Giraudoux sont entrées dans le domaine public en 2015.  Ondine, onzième pièce de Giraudoux, a été créée le 4 mai 1939 au théâtre de l’Athénée, dirigé par Louis Jouvet. Adaptation de Undine, récit poétique de l’auteur allemand Friedrich de la Motte-Fouqué, cette pièce a été écrite à la demande de Louis Jouvet qui offre le rôle titre à la jeune comédienne Madeleine Ozeray dont il est tombé amoureux. C’est une féerie, avec de multiples êtres fantastiques, mais surtout une très belle parabole sur le couple et l’amour.

Téléchargement gratuit de la pièce sur Libre Théâtre
Notice dans data.libretheatre.fr

Toutes les illustrations sont extraites du Recueil « Ondine de Jean Giraudoux, 1939 » sur Gallica.(source  : Bibliothèque nationale de France).


L’argument (extrait du programme de la première)

Louis Jouvet (programme d'Ondine mai 1939)
Louis Jouvet (programme d’Ondine mai 1939)

Il était un chevalier appelé Hans qui, pour l’amour et la gloire de sa fiancée, la comtesse Bertha, fille adoptive de son Roi courait les aventures dans une sombre et redoutable forêt. En vain, depuis un mois, il s’efforçait de la traverser, espérant quelque rencontre singulière. Pas une âme. Une seule compagnie : son cheval auquel il se confie, les oiseaux et les bêtes sauvages.

Enfin, un soir d’orage, après une longue journée de pluie, il atteignit aux rives sauvages d’un lac. Au bord du lac, vivait une toute jeune fille d’une merveilleuse beauté ; on l’appelait Ondine. Tout en elle était surprenant : ses jeux et ses plaisirs n’étaient pas ceux des autres enfants ; sous ses doigts, les objets les plus vils devenaient précieux, tout semblait s’accomplir autour d’elle par miracle. Les éléments eux-mêmes lui obéissaient.

Madeleine Ozeray (programme d'Ondine mai 1939)Elle passait pour être la fille d’un vieux couple de pêcheurs mais il n’en était rien. Sous cette apparence humaine se cachait une véritable ondine, la nièce même du Roi des Ondins, tout puissant sur le monde des eaux. Par ce soir d’orage et de pluie, elle vit venir le Chevalier. A peine l’aperçoit-elle qu’elle se prend d’un grand amour pour lui. Et pas un instant elle ne doute que lui aussi l’aime et qu’il est venu là dans l’intention de l’épouser. Elle le lui dit. Le Chevalier écoute Ondine, étonné et ravi à la fois. Jamais fille au monde ne lui a paru plus belle, plus aimante, plus digne d’âtre aimée. Il est conquis âme et corps. Rien ne pourra désormais le détacher de la jeune fille. Il demande sa main à ceux qu’il croit être ses parents.

Mais le Roi des Ondins ne pardonne pas à Ondine  d’aimer un homme. Il veut la détourner de ce mariage. « Il te trompera ! » lui crie-t-il. Et tout le peule des eaux lui répète ces mots, se moque d’elle et de son amour. Ondine refuse de les croire. Elle les défie. Alors le Roi des Ondins lui propose de faire LE PACTE : si le Chevalier la trompe, il aura le droit de le tuer. Ondine accepte.

ondine4Le Chevalier épouse Ondine. Il ignore tout de la nature de sa femme et du pacte qui la lie. Mais Ondine sait que tout ce qui est l’eau surveille étroitement son mari.

Et maintenant, tous deux vont quitter le lac solitaire pour aller vers le monde, vers les hommes,   et vers les femmes. Ils partent pour la cour du Roi où Hans reverra Bertha, la fiancée qu’il abandonna. Le Roi des Ondins les suit, dissimulé sous un déguisement.

Comment et pourquoi le Chevalier quitta la Cour, comment et pourquoi il se retira dans son château, loin du monde, avec Ondine et Bertha et ce qu’il en advint, c’est ce qui va vous être conté.

La création

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La pièce est une féérie, avec de multiples êtres fantastiques. Pavel Tchelitchew décorateur des ballets russes a conçu les maquettes des trois actes et les costumes. 33 comédiens interprètent les 46 rôles. Le succès fut triomphal. Alors que Jean Giraudoux se trouvait au Consulat de France à New-York, Louis Jouvet lui envoya un télégramme ainsi conçu : « Ce soir record. Dépassons vingt-neuf mille francs (stop) moyenne journalière vingt-huit (stop) Ondine et Hans vous embrassent »

Les critiques furent excellentes comme en témoignent les articles de presse conservés dans le dossier consultable sur Gallica.

« La féérie s’est éteinte et nous sommes encore dans le royaume des fées », Paris Soir le 5 mai 1939

« Cet ouvrage poétique, philosophique et surtout féérique est présenté avec un art délicat et raffiné par Monsieur Louis Jouvet » Le petit bleu 5 mai 1939

ondine5« Cette œuvre ingénieuse, bizarre, présentée de la manière la plus originale plaira beaucoup aux esprits raffinés ». Le Petit Parisien, 5 Mai 1939.

« On peut conclure à coup sûr qu’un tel spectacle montre que Paris est toujours capable d’offrir aux monde la fleur de l’art dramatique, et que la saison qui a vu paraître une telle pièce n’est pas une saison perdue. » Candide, 10 mai 1939

« les fées des eaux peuvent descendre des génies germaniques, mais se sont toujours fait habiller à Paris », Le Masque de fer dans le Figaro du 5 mai 1939.

Ecoutez l’interview de Jean Giraudoux lors de la première sur le site de l’INA.

Ondine à la Comédie-Française en 1974

En 1974, Raymond Rouleau met en scène Ondine à la Comédie-Française. Autour d’Isabelle Adjani et Jean-Luc Boutté, une pléiade d’acteurs excellents, y compris dans de petits rôles  : François Chaumette,  Jacques Toja, Francis Huster, Jérôme Deschamps, Denise Gence, Claude Winter , Geneviève Casile, Catherine Hiegel, Catherine Ferran…


Extrait sur la chaîne Youtube des Editions Montparnasse
Un article très complet sur le  blog d’Isabelle Adjani

Un extrait

Le Roi des Ondins.
Vos secrets ? Ah ! Si quelqu’un s’en moquait des secrets humains, c’est bien elle. Evidemment, ils ont des trésors, les hommes : l’or, les bijoux, mais ce qu’Ondine préférait, c’était leurs objets les plus vils, son escabeau, sa cuiller… Ils ont le velours, la soie ; elle préférait le pilou. Elle, sœur des éléments, les trompait bassement : elle aimait le feu à cause des chenets et des soufflets, l’eau à cause des brocs et des éviers, l’air à cause des draps qu’on pend entre les saules. Si tu as à écrire, greffier, écris ceci : c’est la femme la plus humaine qu’il y ait eu, justement parce qu’elle l’était par goût.

Le premier juge.
Des témoins prétendent qu’elle s’enfermait des heures au verrou ?…

Le Roi des Ondins.
C’est exact, et qu’est-ce qu’elle faisait ta maîtresse, Grete, quand elle se verrouillait ainsi ?

Grete.
Des gâteaux, Monsieur le témoin.

Le second juge.
Des gâteaux ?

Grete.
Elle a travaillé deux mois pour réussir la pâte brisée.

Le second juge.
C’est un des secrets humains les plus agréables…

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Les Folies amoureuses de Jean-François Regnard
Comédie (Microc, Salam, hippocrata) Acte 3ème Scène dernière Théâtre Français : Scènes théâtrales 1825 : [estampe] / Félix [sig.]

Les Folies amoureuses de Jean-François Regnard

Les Folies amoureuses de Jean-François Regnard

Cette comédie joyeuse, qui commence comme un drame et se termine en farce, a été représentée pour la première fois à Paris le 15 janvier 1704. Très souvent mise à l’honneur au XVIIIème et au début du XIXème siècle, elle est aujourd’hui plus rarement jouée.
Comédie en trois actes et en vers de Jean-François Regnard, représentée pour la première fois en 1704.
Distribution: 3 hommes et 2 femmes

La pièce en téléchargement gratuit sur Libre Théâtre
La notice sur data.libretheatre.fr

Comédie (Microc, Salam, hippocrata) Acte 3ème Scène dernière Théâtre Français : Scènes théâtrales 1825 : [estampe] / Félix [sig.]
Microc, Salam, hippocrata. Acte 3ème Scène dernière Théâtre Français : Scènes théâtrales 1825 : [estampe] / Félix [sig.] Source : Gallica

L’argument

Une jeune fille, Agathe, est retenue prisonnière par son tuteur, Albert, qui veut l’épouser, alors qu’elle est amoureuse d’Eraste. Avec la complicité de Lisette, servante d’Albert, et Crispin, valet d’Eraste, les deux amants imaginent divers stratagèmes pour échapper à Albert.

La comédie

La situation initiale est plutôt dramatique : Agathe est prisonnière et Albert, son tuteur, est en train de faire installer des barreaux à sa chambre.

Depuis plus de six mois ma lâche complaisance
Met à chaque moment en défaut ma prudence ;
Et pour laisser Agathe à l’aise respirer,
Je n’ai, par bonté d’âme, encor rien fait murer.
Ce n’est point par douceur qu’on rend sage les filles ;
Je veux, du haut en bas, faire attacher des grilles,
Et que de bons barreaux, larges comme la main,
Puissent servir d’obstacle à tout effort humain.

Mais assez rapidement, la comédie prend le dessus.

Albert.
Vous ne m’aimez donc pas ?
Agathe.
Non : mais, en récompense,
Je vous hais à la mort.
Albert.
Et pourquoi ?
Agathe.
Qui le sait ?
On aime sans raison, et sans raison on hait.
Lisette, à Albert.
Si l’aveu n’est pas tendre, il est du moins sincère.
Albertà Agathe.
Après ce que j’ai fait, basilic, pour vous plaire !
Lisette.
Ne nous emportons point ; voyons tranquillement
Si l’amour vous a fait un objet bien charmant.
Vos traits sont effacés, elle est aimable et fraîche ;
Elle a l’esprit bien fait, et vous l’humeur revêche ;
Elle n’a pas seize ans, et vous êtes fort vieux ;
Elle se porte bien, vous êtes catarrheux ;
Elle a toutes ses dents, qui la rendent plus belle ;
Vous n’en avez plus qu’une, encore branle-t-elle,
Et doit être emportée à la première toux :
À quelle malheureuse ici-bas plairiez-vous ?

La pièce emprunte à la comédie italienne ( le personnage de Crispin en est directement issu) et s’achève en farce  : Agathe, simulant une crise de folie, se déguise successivement en musicien vêtu d’un habit de Scaramouche  :

L’air que vous entendez est fait en a mi la ;
C’est mon ton favori : la musique en est vive,
Bizarre, pétulante, et fort récréative ;
Les mouvements légers, nouveaux, vifs et pressés.
L’on m’envoya chercher, un de ces jours passés,
Pour détremper un peu l’humeur mélancolique
D’un homme dès longtemps au lit paralytique :
Dès que j’eus mis en chant un certain rigaudon,
Trois sages médecins venus dans la maison,
La garde, le malade, un vieil apothicaire
Qui venait d’exercer son grave ministère,
Sans respect du métier, se prenant par la main,
Se mirent à danser jusques au lendemain.

… puis en vieille femme,

Ho ! Vous me regardez ! Vous êtes ébaubis
De me trouver si fraîche avec des cheveux gris.
Je me porte encor mieux que tous tant que vous êtes.
Je fais quatre repas, et je lis sans lunettes.
Je sirote mon vin, quel qu’il soit, vieux, nouveau ;
Je fais rubis sur l’ongle, et n’y mets jamais d’eau.
Je vide gentiment mes deux bouteilles.
Lisette.
Peste !
Agathe.
Oui vraiment, du champagne encor, sans qu’il en reste.
On peut voir dans ma bouche encor toutes mes dents.
J’ai pourtant, voyez-vous, quatre-vingt-dix-huit ans,
Vienne la Saint-Martin.
Lisette.
La jeunesse est complète.

et enfin en soldat  :

Albert.
Ah ! Messieurs, sa folie à chaque instant augmente ;
Un transport martial à présent la tourmente.
De l’habit dont jadis elle courait le bal,
Elle s’est mise en homme, à cet excès fatal.
Elle a pris aussitôt un attirail de guerre,
Un bonnet de dragon, un large cimeterre.
Elle ne parle plus que de sang, de combats :
Mon argent doit servir à lever des soldats.

La postérité

Dans le répertoire du Théâtre Français (Picard et Peyrot, Edition Duprat, Paris 1826), la pièce est ainsi décrite  :

« La Comédie des Folies Amoureuses est peut-être celle qui a été le plus souvent représentée en France. Jamais elle n’a quitté le répertoire de Paris et des provinces  : et partout et toujours quoique sur par cœur d’une grande partie des spectateurs, elle produit le même effet  : on rit à gorge déployée  ; et les lazzis aussi nombreux que bouffons dont la tradition théâtrale a chargé, ou si l’on veut, orné la représentation, viennent encore ajouter à la gaieté qu’elle inspire. Cependant si l’on examine littérairement la pièce, quoi de plus commun, de plus usé et par conséquent de moins intéressant que l’intrigue des Folies amoureuses  ? Mais la versification est si brillance, si spirituelle  ; mais le comique des mots est si fort et si abondant  ; mais il y a tant de richesse dans les détails, une variété si amusante dans les déguisements, que la pièce, qui, par l’extravagance de l’action et des caractères mériterait à peine d’être comptée parmi les bonnes farces, s’élève au rang des comédies les plus agréables et offre un véritable modèle de style comique ».

A l’inauguration du monument élevé à la mémoire de Régnard à Dourdan en 1909, Jules Claretie déclare  :

« L’œuvre de Regnard respire la santé. C’est la joie de vivre, la joie de chanter, la joie d’aimer. Le vers du poète mousse et pétille comme du champagne….
Son théâtre a le diable au corps ; mais ce démon a des ailes et point de griffes. La Muse de Regnard ce n’est pas la Vérité, l’« âpre vérité », disait Stendhal, c’est la Fantaisie. Elle papillonne, elle guitarise, elle s’incarne dans cette Agathe des Folies Amoureuses qui chante, danse, jette au vent les fusées de son rire, les refrains de ses chansons, berne le jaloux et prend la clef des champs, les grelots de Momus au bonnet. »

Oeuvres de Regnard. Edition, revue, exactement corrigée et conforme à la Représentation. Paris, Maradan, 1790. 4 volumes in-8.
Oeuvres de Regnard. Paris, Maradan, 1790. 4 volumes in-8. Source : Librairie ancienne et autres trésors. Ouvrages toujours disponibles à la vente.

Les Folies amoureuses sont présentées à l’occasion du colloque, Remettre en jeu le passé. Métamorphoses du corpus des Registres de la Comédie-Française.
Libre Théâtre propose en téléchargement les pièces sélectionnées par la Comédie Française qui feront l’objet de lectures le 14 décembre (plus d’information sur le site de la Comédie Française).

Illustrations également disponibles sur la base La Grange de la Comédie Française :
– Coquelin Cadet dans Les Folies amoureuses ;
– 21 novembre 1776. Dazincourt débuta au Théâtre Français par le rôle de Crispin des Folies amoureuses et acquit une réputation célèbre dans l’emploi des valets
– Le Dragon des Folies amoureuses
Agathe dans les Folies amoureuses (époque Louis XIII).

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Le Faiseur (Mercadet) de Balzac
Le Faiseur (Mercadet) d'Honoré de Balzac

Le Faiseur (Mercadet) de Balzac

Le Faiseur (Mercadet) d’Honoré de Balzac

Mercadet

Comédie d’Honoré de Balzac en trois actes et en prose, écrite en 1840, créée en 1851.

La pièce Mercadet a été écrite en 1840 (sous le titre Le Faiseur), mais on ne manquera pas d’être frappé par l’étonnante résonance de ce texte illustrant les dérives de la bourgeoisie financière sous la Monarchie de Juillet : lancement de rumeurs, manipulation de l’information, spéculation, délit d’initié… Mercadet  utilise toutes ces ficelles pour duper ses créanciers et arrive à les convaincre de sa bonne fortune, même lorsqu’il se trouve au bord de la faillite. Les bons mots et les traits d’esprit rythment cette comédie économique où l’on perçoit aussi le talent de Balzac moraliste. 

Le lecteur ou le spectateur sera également surpris par le personnage de l’associé dont Mercadet ne cesse de parler et que l’on ne verra pas… Godeau ! (extrait de la scène 7 de l’acte I)


MME MERCADET
Je m’imagine toujours que Godeau peut revenir.
MERCADET
Après huit ans sans nouvelles, vous espérez encore Godeau !.. Vous me faites l’effet de ces vieux soldats qui attendent toujours Napoléon.

Godeau

Plus de cent ans avant Beckett, Balzac met en scène l’absence, qui n’est pas encore un vide existentiel, à travers le personnage de Godeau. Barthes y a consacré dans ses Essais critiques quelques pages éclairantes :

Le grand thème du Faiseur, c’est donc le vide. Ce vide est incarné : c’est Godeau, l’associé-fantôme qu’on attend toujours, qu’on ne voit jamais, et qui finit par créer la fortune à partir de son seul vide. Godeau est une invention hallucinante ; Godeau n’est pas une créature, c’est une absence, mais cette absence existe, parce que Godeau est une fonction : tout le nouveau monde est peut-être dans ce passage de l’être à l’acte, de l’objet à la fonction ; il n’est plus besoin que les choses existent, il suffit qu’elles fonctionnent ; ou plutôt, elles peuvent fonctionner sans exister. Balzac a vu la modernité qui s’annonçait, non plus comme le monde des biens et des personnes (catégories du Code napoléonien, mais comme celui des fonctions et des valeurs : ce qui existe, ce n’est plus ce qui est, c’est ce qui se tient. Dans Le Faiseur, tous les personnages sont vides (sauf les femmes), mais ils existent parce que, précisément, leur vide est contigu : ils se tiennent les uns par les autres. »

Une critique politique

Dans ce vaudeville, la critique politique n’est jamais très loin et Balzac dresse un portrait sans concession d’un arriviste :  le personnage De la Brive, une sorte de double de Mercadet, annonce ainsi son projet de devenir homme politique, après son mariage avec la fille de Mercadet. Nul doute que la lecture du passage de la scène 4 de l’acte II vous fera réagir…

Téléchargez le texte intégral sur Libre Théâtre, consultez la notice Libre Théâtre

Quelques représentations remarquables

La pièce a fait l’objet d’une lecture par la Comédie-Française en 1848, sous le titre Le Faiseur.

Elle sera créée trois ans plus tard, en 1851, au Théâtre du Gymnase, sous le titre de Mercadet. La pièce est jouée pour la première fois à la Comédie Française en 1868.

En 1934, sous le titre Mercadet ou Le Faiseur, adaptée par Simone Jollivet, la pièce est montée par Charles Dullin qui joue le rôle-titre. Darius Milhaud compose la musique de scène.

Faiseur_FilmEn 1936, André Hugon réalise un film à partir de la pièce (informations complètes sur le site d’Unifrance et sur le site de Jacqueline Waechter).

En 1957, pour le TNP, Jean Vilar l’adapte, la met en scène et joue le rôle-titre (notice sur data.bnf.fr).

La pièce fait l’objet d’une adaptation pour la célèbre émission télévisée d’Au Théâtre ce soir, lors des fêtes de fin d’année en 1977
Lien vers l’adaptation sur le site de l’INA

En 2014, Emmanuel Demarcy-Mota met en scène la pièce au Théâtre de la Ville à Paris. Il en transpose l’action dans les années 1970 (Lien vers différentes émissions de France Inter où Emmanuel Demarcy-Mota évoque le texte et sa mise en scène).

"Le faiseur" de Balzac par la troupe des TrŽéteaux de France  Crédit photo : Eric Facon
« Le faiseur » de Balzac par la troupe des TrŽéteaux de France. Crédit photo : Eric Facon

La pièce est actuellement à l’affiche au Théâtre de l’Épée de Bois, produite par les Tréteaux de France,  mise en scène de Robin Renucci. Lien vers la pièce à l’affiche

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