Pièce en deux actes

La Paix du ménage ou Duel au canif de Guy de Maupassant
Julia Bartel à la Comédie-Française dans le Bourgeois gentilhomme [photographie de l'Atelier Nadar]. Source : BnF/Gallica

La Paix du ménage ou Duel au canif de Guy de Maupassant

La Paix du ménage ou Duel au canif de Guy de Maupassant

Comédie en deux actes, écrite en 1880, représenté pour la première fois à Paris à la Comédie-Française, le 6 mars 1893.
Distribution : 2 hommes, 1 femmes
Texte intégral de la pièce à télécharger gratuitement sur Libre Théâtre.
Lien vers la notice sur data.libretheatre.fr

L’argument

Le comte Jean de Sallus est un homme infidèle, qui délaisse son épouse et multiplie les aventures avec de jeunes comédiennes. Sa femme, Madeleine, après s’être révoltée, a fini par prendre un amant, Jacques de Randol, qui est follement amoureux d’elle. Mais Sallus modifie brusquement son comportement et décide de reconquérir Madeleine. Celle-ci ne se laisse pas avoir…
Une courte pièce qui offre un beau rôle de femme déterminée.

Autour de la pièce

Le titre

Dans une lettre adressée à sa mère en 1880, Guy de Maupassant écrivait : « Je viens de retoucher, même de refaire toute ma petite pièce en un acte, autrefois en deux actes, sous le titre : La Paix du Foyer. Je la crois maintenant parfaite et je ne doute pas du succès quand je trouverai une occasion très favorable de la faire jouer. J’ai pris comme titre une réplique de la femme, le voici : Un duel au canif. C’est en effet un duel au canif entre elle et son mari. C’est en parlant de lui seul qu’elle emploie ce mot, bien entendu ; mais le public l’applique aux deux… » (note : la référence du duel au canif a disparu dans le texte final.

La nouvelle Au bord du lit

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k7519808r

Le 23 octobre 1883, la revue Gil Blas publie en première page une nouvelle intitulée « Au bord du lit » , signée « Maufrigneuse » (pseudonyme de Maupassant). Elle reprend la situation et met en scène uniquement le Comte de Sallure et sa femme. On y retrouve l’argument de la pièce et quelques expressions « vous êtes à jeun ». La nouvelle se conclut quand le comte jette à sa femme son portefeuille contenant 6000 francs et que sa femme les accepte. (lien vers la revue sur Gallica)

La création à la Comédie-Française

Source : Le Temps 6 mars 1893. Sur Gallica

La « Paix du ménage »
Demain, le Théâtre-Français donnera la première représentation d’une comédie en deux actes de M. Guy de Maupassant. L’éminent écrivain, toujours en proie à la terrible maladie qui l’a frappé, n’aura point la douce consolation d’entendre les applaudissements qui seront prodigués à son oeuvre; même, s’il les entendait, il ne les comprendrait point. Il était assez difficile, en une- aussi pénible circonstance, de savoir exactement comment le fécond romancier avait été amené à écrire la pièce de théâtre dont il s’agit. D’après les renseignements, puisés à bonne, source, que nous avons recueillis, il nous semble que les détails qu’on a fournis jusqu’ici à ce sujet sont un peu incomplets : qui n’entend qu’une cloche n’entend qu’un son. La vérité serait plutôt ce qui suit: M. Guy de Maupassant, lorsqu’il écrivit la Paix du foyer (c’était alors le titre de la comédie), songea tout d’abord, pour le rôle de la femme,  à Mlle Réjane. L’excellente comédienne était alors au théâtre du Vaudeville, où elle se morfondait un peu. L’écrivain donna sa pièce au directeur, Raymond Deslandes. Celui-ci l’accepta avec plaisir. Mais d’autres comédies plus importantes étaient en répétition. La Paix du foyer attendit, et, sur ces entrefaites,  Mlle Réjane quitta le Vaudeville
La pièce partit aussi, l’auteur tenant essentiellement à son interprète, et attendit de nouveau l’occasion nécessaire. Pourquoi ne la jouerait-on pas dans un cercle, dans un salon ? dit M. de Maupassant.
Entendu, répondit Mlle Réjane. Mais mon directeur, M. Porel, ne veut me donner l’autorisation de jouer votre comédie que si, ensuite, on la représente sur son théâtre, à l’Odéon.
M. de Maupassant fit la moue L’Odéon, répliqua-t-il, c’est bien loin. Et on ne reparla plus de la Paix du foyer.
Les années se passèrent, Des amis de l’écrivain causèrent de la pièce, au Théâtre-Français. Mais M. de Maupassant, qui est – nous allions dire qui était très entier, très autoritaire, posa en quelque sorte ses conditions : « Aux Français, je veux, je veux Mlle Bartet. Et puis j’entends ne point passer devant la commission d’examen. Si je lis ma pièce au comité, c’est qu’elle sera reçue d’avance. » On négocia longtemps sur toutes ces questions sans arriver à s’entendre.
Survint la maladie de l’écrivain et la catastrophe finale. Les amis de M. de Maupassant songèrent de nouveau à la Paix du foyer. (Le titre, depuis, a été changé : on sait que M. Auguste Germain a fait représenter aux matinées du Vaudeville une jolie pièce du même nom.) Et ils portèrent le manuscrit à M. Alexandre Dumas, en lui demandant, s’il le jugeait convenable, d’intercéder en sa faveur auprès de M. Jules Claretie.
M. Alexandre Dumas lut la pièce, et il écrivit à l’ami fidèle de l’écrivain qui la lui avait apportée le billet suivant : 

« Cher monsieur,
Je viens de lire la Paix du foyer. C’est excellent. Le succès est sûr et sera productif. J’écris dans ce sens à Claretie. Je lirai au comité et je ferai toutes les répétitions nécessaires, très heureux de prouver à Maupassant, bien qu’il ne doive jamais le savoir, la grande estime et la grande affection que j’avais pour lui. » ALEXANDRE DUMAS

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b53144749f
Julia Bartel à la Comédie-Française dans le Bourgeois gentilhomme [photographie de l’Atelier Nadar]. Source : BnF/Gallica

Le Théâtre-Français se décida. Et la pièce entra bientôt en répétition. Demain, tous les admirateurs et amis de l’auteur tiendront à venir l’applaudir. (…) Mme de Maupassant mère a eu une bien touchante pensée. Il est de mise que l’auteur d’une œuvre nouvelle envoie aux artistes femmes qui y interprètent des rôles des corbeilles de fleurs. Voici comment Mme de Maupassant enverra les fleurs que doit recevoir Mlle Bartet. Elle a écrit à M. Paul Ollendorff: « Je voudrais que vous me fassiez connaître immédiatement, c’est-à-dire aussitôt que la chose paraîtra irrévocable, la date de la première représentation, afin que les fleurs que je destine à Mlle Bartet puissent arriver pour ce jour-là. Je veux que ces fleurs soient coupées tout exprès au dernier moment, afin d’arriver dans toute leur fraîcheur. »
Cette dernière phrase, sûrement, fera autant de joie à Mlle Bartet que tous les applaudissements qu’elle recueillera demain. AD. ADERER.

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Le Démon du Foyer de George Sand
Source : archive.org

Le Démon du Foyer de George Sand

Le Démon du Foyer de George Sand

Comédie en deux actes représentée pour la première fois au Gymnase-Dramatique le 1er septembre 1852.
Distribution : 5 hommes, 3 femmes
Texte intégral à télécharger gratuitement sur Libre Théâtre

L’argument

https://archive.org/details/bub_gb_E8Mg4MocbkYC
Source : archive.org

Le maestro Santorelli a adopté trois jeunes filles après la mort de leur mère : Nina, l’aînée, est une parfaite maîtresse de maison, douce et sensible ; Camille, modeste et très attentive aux autres, se révèle une cantatrice de premier ordre ; enfin Flora possède une beauté ravageuse mais a un caractère difficile et est jalouse du succès de Camille.

Un Marquis, ami du maestro, leur rend visite. Il a entendu chanter Camille et est tombé sous le charme. Troublé par la beauté de Flora, il est d’abord persuadé que c’est elle, la merveilleuse cantatrice, et lui fait part de son admiration. Mais il rend vite compte de son erreur. Flora, terriblement dépitée se laisse enlever par un prince qui se dit l’ami des artistes, et qui lui fait obtenir un engagement pour Naples. Toute la famille, accompagnée du marquis, part à la poursuite de Flora pour lui faire entendre raison.

 

La presse lors des premières représentations

Echo des coulisses, 8 septembre 1854. Source : Bnf/Gallica
« Il fait si bon d’avoir à louer en toute franchise, et sans arrière pensée, d’avoir à rendre compte d’une de ces comédies écrites avec le cœur et qui sont tout simplement de petits chefs-d’œuvre! Le Démon du Foyer n’est rien moins que cela. Idée simple, intrigue nulle si l’on veut, ce n’en est pas moins un tableau de mœurs, plein de grâce et de fraîcheur et qui repose des déclamations du gros mélodrame et des lazzis, un peu trop crûs quelquefois, des vaudevilles à la mode.
Ainsi que nons l’avons dit, le sujet est des moins compliqués. — Un Maestro a élevé trois jeunes filles, Nina, l’aînée, a pris soin du ménage, c’est un cœur excellent, une nature exceptionnelle. – La cadette, Camille, est devenue une cantatrice distinguée, une des gloires du théâtre de Milan, — et la plus jeune, Flora, le démon du foyer — est un peu coquette — un peu jalouse, — très envieuse, aussi fait-elle le tourment de l’excellente famille. C’est pour ne plus assister aux triomphes de sa sœur Camille , qu’elle se laisse enlever par un prince soi-disant ami des artistes, et qui lui fait obtenir un engagement pour Naples. — La famille désolée poursuit la fugitive qui reconnaît ses fautes et promet de se corriger.
On le voit, le sujet est des plus simples et cependant il y a là-dedans des scènes très touchantes, des caractères largement tracés qui ont toujours rendu l’auditoire attentif. Le succès a été complet. » Henri Lacroix

Voir aussi Le Nouvelliste, article de A. Roche du 3 septembre 1852. Source : BnF/Gallica : « un chef d’œuvre de l’esprit et de délicatesse »

 

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Monsieur Vernet de Jules Renard
Illustrations de Maillaud extraites de l’édition Fayard de 1911. Source : BnF/Gallica

Monsieur Vernet de Jules Renard

Monsieur Vernet de Jules Renard

Comédie en deux actes représentée pour la première fois sur la scène du Théâtre Antoine le 6 mai 1903. Entrée dans le répertoire de la Comédie-Française en le 30 mai 1933.
Distribution : 3 hommes, 5 femmes
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L’argument

M. Vernet est un brave homme qui aime l’escrime et les artistes. Il invite un soir Henri Gérard, un jeune homme avec lequel il s’entraîne à l’épée et découvre qu’il est poète. La famille Vernet doit partir pour deux mois à la mer et M. Vernet propose au jeune homme de partir avec eux, pour donner des leçons à leur jeune nièce, Marguerite, qui les accompagne. L’entourage est conquis par ce beau jeune homme, qui s’éprend de Mme Vernet et lui déclare sa flamme, alors même que M. Vernet lui propose d’épouser Marguerite…

Illustrations

Illustrations de Maillaud extraites de l’édition Fayard de 1911. Source : BnF/Gallica


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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Publication aux Editions La Comédiathèque

Monsieur et Madame Vernet se prennent d’amitié pour un jeune artiste, Henri Gérard. La famille Vernet doit partir pour deux mois au bord de la mer et M. Vernet propose à Henri de les accompagner. L’entourage est conquis par ce beau jeune homme, qui s’éprend de Mme Vernet et lui déclare sa flamme.

En adaptant pour le théâtre son célèbre roman L’Écornifleur, Jules Renard met en scène dans cette comédie en deux actes des personnages ordinaires, mais sensibles. Entre humour et mélancolie, l’écriture, ramassée et précise, évoque avec subtilité les relations d’un couple.

Distribution : 3 hommes, 5 femmes

ISBN 978-237705-084-0
Mars 2017
74 pages ; 18 x 12 cm ; broché. Prix TTC : 9,90 €

 

 

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La Bigote de Jules Renard
Léon Bernard dans "La bigote" de Jules Renard / dessin de Yves Marevéry. 1909. Source : BnF/Gallica

La Bigote de Jules Renard

La Bigote de Jules Renard

Comédie en deux actes, représentée pour la première fois le 21 octobre 1909 sur la scène du Théâtre de l’Odéon.
Distribution : 5 hommes et 6 femmes
Texte à intégral de la pièce à télécharger gratuitement sur Libre Théâtre
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L’argument

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b531299620/f1.item
Léon Bernard dans « La bigote » de Jules Renard / dessin de Yves Marevéry. 1909. Source : BnF/Gallica

M. Lepic, maire d’une petite commune du Nivernais est un libre-penseur alors que sa femme est bigote. Lorsque Paul Roland vient demander la main de leur fille, M. Lepic le met en garde contre l’influence nocive des curés dans la vie des couples.

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Extrait de l’article de G de Pawlowski,  journal Comœdia illustré. 11 novembre 1909.   Source: BnF/Gallica

« Ce sont deux actes qui mettent en scène quelques épisodes de la vie de cette famille Lepic, que les chefs d’œuvre de M. Jules Renard ont rendue populaire dans le monde des lettres.

Il s’agit de nous montrer comment l’intervention du curé dans une famille provinciale honnête, peut aboutir à un véritable ménage à trois.
Le premier acte expose quels sont, dans la vie courante de la famille, les résultats d’une pareille intervention.
Le second acte est consacré à une exposition de principes plus directe, et se termine d’une façon décourageante par la mainmise d’un curé sur les générations nouvelles que l’on espérait voir échapper à son action.
Au premier acte, la famille Lepic, dans un intérieur bourgeois que vous devinez, est à table. M. Lepic, déjà vieux, a renoncé à la lutte ; définitivement, il s’est renfermé dans sa coquille, passe ses journées à la chasse, fume sa pipe et ne répond plus rien lorsqu’on lui adresse la parole. Ce silence obstiné d’un brave homme épouvante tout le monde ; on craint M. Lepic car on ne discerne même plus quelles peuvent être les causes véritables de l’éternelle bouderie de ce bourru bienfaisant.
Mme Lepic est une bigote, c’est-à-dire que le côté extérieur seul de la religion l’intéresse. Ce n’est point une mystique, car elle garde le paradis pour elle toute seule et ne cherche point à convertir son entourage. Elle trouve toute sa force dans l’appui moral que lui prête le curé ; elle garde égoïstement cet appui pour elle toute seule : le curé n’est pour elle qu’une belle relation céleste.
Le respect de Mme Lepic pour le curé n’est en somme que la manifestation la plus vive du respect qu’elle a pour toutes les traditions sociales. Cela, est si vrai que Mme Lepic, en toute circonstance, tient à sauvegarder la dignité extérieure de son ménage et ne tarit point en éloges sur son mari. Elle dissimule ses gronderies, transforme ses violences continuelles en attentions charmantes ; Mme Lepic est une provinciale dans toute la force du terme.
M. Lepic a un allié : c’est son fils, qui vient de passer son baccalauréat. Son intelligence ne nous apparaît pas clairement, mais surtout son désir d’être avec son papa, d’aller à la chasse plutôt qu’à l’église, et de fumer la pipe parce que l’on aime bien prendre des allures d’homme alors qu’on n’est encore qu’un enfant. Son indépendance n’est qu’une dépendance déguisée.
Mme Lepic a pour alliée passive sa fille Henriette, qui souffre en silence de la mésintelligence familiale, redoute son père, le plaint parfois sans oser le lui dire, et qui, en qualité de fille bien élevée, ne peut faire cependant que ce que sa mère lui dit de faire. C’est un caractère faible que l’éducation traditionnelle n’a fait qu’assouplir encore et qu’aucune initiative ne saurait libérer.
Cette fille Henriette, il s’agit de la marier à tout prix, et c’est aujourd’hui que doit venir un nouveau prétendant, le jeune Paul Roland. L’anxiété est grande. Déjà, M. Lepic, à la suite d’un entretien mystérieux, a mis en fuite un premier candidat. Que se passera-t-il aujourd’hui !
Une amie d’Henriette, plus confiante et aussi plus émancipée, interrogera hardiment M. Lepic qui, contrairement à la crainte générale, ne paraîtra point s’opposer au mariage.
Mme Bache, la mère du fiancé, qu’épouvante aussi M. Lepic, n’osera point lui faire sa demande, et c’est M. Paul Roland lui-même qui, au second acte, devra aborder le terrible maire anticlérical pour lui demander la main de sa fille. C’est une occasion pour M. Lepic d’exposer quel fut le désastre de sa vie et de mettre le jeune homme en garde contre les manœuvres du curé.
M. Lepic, lorsqu’il s’est marié, aimait sa femme. Il a tout fait pour la conserver ; le curé la lui a prise. Que Paul Roland fasse bien attention : la fille de Mme Lepic a été élevée par sa mère, elle lui ressemble. Que Paul Roland ne recommence point la triste aventure de M. Lepic !
M. Paul Roland est un brave jeune homme : il ne craint rien ; Henriette l’aime, et puis c’est un esprit libre, il est au-dessus de tous les vieux préjugés. M. Lepic lui accorde la main de sa fille et part pour la chasse. Et, dès qu’il est sorti, le curé s’assied dans son fauteuil. Entouré par toute la famille triomphante, il bénit les nouveaux fiancés.
Paul Roland a l’esprit trop libre pour ne point lui faire bon accueil dès le premier jour. Nous sentons que le curé prendra dans le nouveau ménage la même place qu’il occupe dans l’ancien. L’Eglise est patiente parce qu’elle est éternelle, et son histoire est un perpétuel recommencement. »





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La Coupe et les lèvres d’Alfred de Musset
Illustrations pour les oeuvres d'Alfred de Musset par Eugène Lami, peintre et Adolphe Lalauze, graveur. 1883. Source : BnF/Gallica

La Coupe et les lèvres d’Alfred de Musset

La Coupe et les lèvres d’Alfred de Musset

Poème dramatique en deux actes et en vers, publié une première fois dans la Revue des deux mondes en 1831 puis  dans le recueil Un Spectacle dans un fauteuil en 1833 .
Le recueil est précédé d’une dédicace célèbre dans laquelle Musset explique son projet.
Distribution : 4 hommes, 3 femmes
Texte à télécharger gratuitement sur Libre Théâtre
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L’argument

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b22002305
Illustrations pour les oeuvres d’Alfred de Musset par Eugène Lami, peintre et Adolphe Lalauze, graveur. 1883. Source : BnF/Gallica

Franck est un jeune homme révolté qui n’accepte pas le monde dans lequel il vit. Il brûle la maison de son père et part. Il rencontre sur la route un couple à cheval et refuse de le laisser passer. Il se bat avec le jeune homme qu’il tue et part avec la jeune femme Monna Belcolore qui lui donne amour et richesse. Mais il dépérit peu à peu…

 

 

 

Un extrait 

Votre communauté me soulève la bile.
Je n’en suis pas encore à mendier mon pain.
Mordieu, voilà de l’or, messieurs, j’ai de quoi vivre.
S’il plaît à l’ennemi des hommes de me suivre,
Il peut s’attendre encore à faire du chemin.
Il faut être bâtard pour coudre sa misère
Aux misères d’autrui. — Suis-je un esclave ou non ?
Le pacte social n’est pas de ma façon :
Je ne l’ai pas signé dans le sein de ma mère.
Si les autres ont peu, pourquoi n’aurais-je rien ?
Vous qui parlez de Dieu, vous blasphémez le mien.
Tout nous vient de l’orgueil, même la patience.
L’orgueil, c’est la pudeur des femmes, la constance
Du soldat dans le rang, du martyr sur la croix.
L’orgueil, c’est la vertu, l’honneur et le génie,
C’est ce qui reste encor d’un peu beau dans la vie,
La probité du pauvre et la grandeur des rois.
Je voudrais bien savoir, nous tous tant que nous sommes,
Et moi tout le premier, à quoi nous sommes bons ?
Voyez-vous ce ciel pâle, au delà de ces monts ?
Là, du soir au matin, fument autour des hommes
Ces vastes alambics qu’on nomme les cités.
Intrigues, passions, périls et voluptés,
Toute la vie est là, — tout en sort, tout y rentre.
Tout se disperse ailleurs, et là tout se concentre.
L’homme y presse ses jours pour en boire le vin,
Comme le vigneron presse et tord son raisin.

 


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Louison d’Alfred de Musset

Louison d’Alfred de Musset

Comédie en deux actes et en vers représentée pour la première fois au Théâtre-Français le 22 février 1849, publiée en 1850.
Distribution : 2 hommes, 3 femmes.
Texte intégral de la pièce à télécharger gratuitement sur Libre Théâtre.
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L’argument

Louison, la fille d’un fermier, a été envoyée à Paris pour y être gouvernante chez sa marraine La Maréchale, son fils (Le Duc) et sa belle fille (La Duchesse). Elle s’appelle maintenant Lisette. Elle se trouve désemparée lorsque le Duc la courtise, lassé de sa jeune épouse qui fuit le monde de la Cour. Arrive alors Berthaud, un camarade d’enfance de Louison, qui vient la demander en mariage.
Une comédie charmante avec quelques monologues de femmes, drôles ou émouvants.

 

Quelques illustrations

Extraites des Oeuvres complètes illustrées d’Alfred de Musset. Tome 5.  Illustrations de Charles Martin. 1927-1929. Source : BnF/Gallica 

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6434893n http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6434893n

 


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Barberine d’Alfred de Musset
Barberine (Acte III). Source : BnF/Gallica

Barberine d’Alfred de Musset

 

Barberine d’Alfred de Musset

Éditée en 1835 pour la première fois en deux actes, sous le titre La Quenouille de Barberine, puis rééditée en 1853 en trois actes, avec son titre définitif. Représentée pour la première fois le 27 février 1882, à la Comédie-Française.
Distribution : 4 hommes, 3 femmes
Texte intégral à télécharger gratuitement sur Libre Théâtre
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L’argument

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k411492d/f5.item
Dessin de Charles Delort gravés par Boilvin dans l’édition Librairie des bibliophiles, 1890. Source : BnF/Gallica

Ulric, un comte désargenté, décide de rejoindre la Cour de Hongrie, en laissant dans son château sa très belle femme Barberine qu’il aime tendrement. Ils se promettent fidélité. À  la Cour, il rencontre un jeune  baron, Rosemberg. Celui-ci expérimente les conseils sur la vie et l’amour que lui a prodigués le chevalier Uladislas, rencontré dans une hôtellerie. Rosemberg met en doute la fidélité de Barberine et parie qu’il arrivera à la séduire. La reine est témoin de ce pari. Rosemberg part pour le château d’Ulric et courtise en vain Barberine. Pour lui donner une leçon, elle l’emprisonne et le force à filer la laine à l’aide d’une  quenouille pour gagner son pain. C’est alors que l’on annonce l’arrivée de la reine…

 

 

 


Barberine : deux maquettes de costumes par Marcel Multzer

Nous n’avons pas réussi à déterminer le spectacle concerné. Il s’agit peut-être d’une des mises en scène de Barberine au Théâtre du Vieux Comlombier en 1913 ou 1917 (représentations mentionnées sur le site Les Archives du Spectacle)

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10520366z/f1.item
Barberine (Acte III). Source : BnF/Gallica

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10520366z/f2.item
Un courtisan. Acte I et II. Source : BnF/Gallica

 

 

 

 

 

 

 

 

 


La Chanson de Barberine

L’intégralité de la Chanson figure dans La Quenouille de Barberine. Les deux premiers couplets sont repris dans la version finale de Barberine. La chanson figure également dans le recueil Poésies nouvelles  d’Alfred de Musset 1836-1854, Edition Charpentier, 1852. (Source : Gallica

Beau chevalier qui partez pour la guerre,
Qu’allez-vous faire
Si loin d’ici ?
Voyez-vous pas que la nuit est profonde,
Et que le monde
N’est que souci ?

Vous qui croyez qu’une amour délaissée
De la pensée
S’enfuit ainsi ;
Hélas ! hélas ! chercheur de renommée,
Votre fumée
S’envole aussi.

Beau chevalier qui partez pour la guerre,
Qu’allez-vous faire
Si loin de nous ?
J’en vais pleurer, moi qui me laissais dire
Que mon sourire
Etait si doux.

Mise en musique par Murray Davey, 1912. Partition disponible sur Gallica 

 


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André del Sarto d’Alfred de Musset
Autoportrait d'André del Sarto. Source Wikipedia

André del Sarto d’Alfred de Musset

André del Sarto d’Alfred de Musset

Drame en deux actes et en prose. Une première version a été publiée en 1833  qui comportait trois actes. Alfred de Musset a repris le texte de la pièce afin qu’elle puisse être représentée. Cette seconde version comportant deux actes a été jouée pour la première fois au théâtre de l’Odéon le mardi 21 octobre 1850.
Retraitement de Libre Théâtre à partir de l’édition de Charpentier de 1851 (texte en deux actes destiné à la représentation) . Source : Gallica 
Distribution : 7 hommes, 2 femmes
Texte à télécharger gratuitement sur Libre Théâtre
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L’argument

https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=39013
Autoportrait d’André del Sarto. Source Wikipedia

La scène se déroule à Florence, durant la Renaissance, dans l’école du célèbre peintre André del Sarto.  Son ami et élève Cordiani, est éperdument amoureux de Lucrèce, la femme d’André del Sarto. Alors que Cordiani sort de la chambre de Lucrèce par le balcon, il se fait surprendre par le vieux concierge Gremio, qui ne le reconnait pas mais prévient André del Sarto de cette visite nocturne. André organise un piège mais Grémio est tué par Cordiani. André découvre avec douleur l’identité du meurtrier, l’amant de sa femme. Il lui ordonne de quitter l’Italie, mais Cordiani veut revoir une dernière fois Lucrèce. Le déshonneur d’André est désormais public et André est obligé de provoquer Cordiani en duel. Celui-ci ne se défend pas et est grièvement blessé. 
André se retrouve seul et désespéré. Apprenant que Cordiani se remet et quitte Florence avec Lucrèce, il envoie son plus jeune élève à leur poursuite avec le message suivant: « Pourquoi fuyez vous si vite ? La veuve d’André del Sarto peut épouser Cordiani. » Puis il boit le contenu d’un flacon et meurt.

 

Pour en savoir plus : 

Les deux « André del Sarto » d’Alfred de Musset : édition critique.  Thèse complémentaire pour le doctorat ès lettres présentée à la Faculté des lettres de l’Université de Paris, par Pierre Gastinel. Edition Journal de Rouen, 1933. A consulter sur Gallica

 


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Fantasio d’Alfred de Musset

Fantasio d’Alfred de Musset

Comédie en deux actes et en prose, écrite en 1833, publiée en 1834 dans le recueil Un spectacle dans un fauteuil, et représentée pour la première fois remaniée, le 18 août 1866 à la Comédie-Française. Le frère d’Alfred de Musset, Paul, a  écrit le livret de l’opéra-comique en 3 actes et 4 tableaux de Jacques Offenbach, à partir de la pièce. L’opéra a été créé le 18 janvier 1872 à l’Opéra-Comique. 
Distribution : 8 hommes, 2 femmes
Texte intégral de la pièce à télécharger sur Libre Théâtre
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L’argument

À Munich, Fantasio, jeune bourgeois criblé de dettes est las de son existence. Pour échapper à ses créanciers et à l’ennui, il prend la place du bouffon du roi qui vient de mourir, au moment où la ville se prépare à fêter le mariage de la princesse Elsbeth avec le prince de Mantoue. Pour mieux étudier Elsbeth, le prince, un homme ridicule et prétentieux, a décidé d’échanger sa place avec son fidèle aide de camp.
Découvrant la tristesse de la jeune Elsbeth à la veille de ce mariage arrangé, Fantasio tente de convaincre l’héritière du trône d’obéir à son cœur plutôt qu’à la raison d’État.

La première représentation

Paul Foucher se remémorant la première représentation qui eût lieu en 1866 après la mort de Musset écrit :

J’ai ressenti une des plus poignantes émotions de ma vie. Il m’a semblé voir revivre l’auteur lui-même – Alfred, comme je l’appelais – et les souvenirs de notre jeunesse à tous deux. Les papillons de la nuit du temps sont venus à l’instant en foule tourbillonner autour des lanternes colorées de ce Munich fantastique. Delaunay, c’était la tournure élégante de l’adolescent. Ses boucles dorées sur son front, de même que les paroles qu’il nous faisait écouter étaient l’âme du poète. Je m’attendais presque à le voir s’adresser à moi, au balcon, à l’entendre me dire cette phrase que je retrouve, tracée par une main de quinze ans, sur une vieille feuille aujourd’hui jaunie :  « je t’écris pour te faire part de mes dégoûts et de mes ennuis ; tu es le seul lien qui me rattache à quelque chose de remuant et de pensant ; tu es la seule chose qui me réveille de mon néant et qui me reporte vers un idéal que j’ai oublié par impuissance. Je n’ai plus le courage de penser. »

Source : Les « premières » de Alfred de Musset  par Henry Lyonnet, 1927. Source : BnF/Gallica 

 

Quelques mises en scène

Comédie-Française, 1941, mise en scène Jean-Louis Vaudoyer

Décor de Fantasio à la Comédie Française en 1941. Source : BnF/Gallica

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Comédie-Française, Mise en scène Denis Podalydès en 2010. Lien vers le dossier de presse 

Sur le site de l’INA dans la collection Mémoire du théâtre Jean-Pierre Vincent évoque quatre pièces de Musset. Lien vers l’entretien 

Etudes

Ledda Sylvain, « Musset et Fantasio, ou  » La Comédie de la mort  » », Revue d’histoire littéraire de la France, 1/2008 (Vol. 108), p. 87-99. Source : Cairn
URL : http://www.cairn.info/revue-d-histoire-litteraire-de-la-france-2008-1-page-87.htm

EL Maarouf Samir Patrice, « D’Octave à Fantasio : le(s) romantisme(s) d’Alfred de Musset », 2014. Lien vers l’article  sur le site du CÉRÉdI 

 

A l’affiche

L’opéra-comique d’Offenbach tiré de la pièce sera représenté sur la scène du Théâtre du Châtelet à partir du 12 février 2017 .

Lien vers le site du Châtelet 

 

 


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À quoi rêvent les jeunes filles d’Alfred de Musset
Coupure de presse. Source : BnF/Gallica

À quoi rêvent les jeunes filles d’Alfred de Musset

À quoi rêvent les jeunes filles d’Alfred de Musset

Comédie en deux actes et en vers. Publication dans la Revue des deux Mondes en 1832, puis publiée sous le titre Un Spectacle dans un fauteuil avec trois poèmes, un drame (La Coupe et les Lèvres) et un conte oriental (Namouna), publiée également dans le recueil de Poésies. Première représentation identifiée le 29 novembre 1880 à la Comédie-Française.
Distribution : 5 hommes, 3 femmes
Texte intégral de la pièce à télécharger gratuitement sur Libre Théâtre
Lien vers la notice sur data.libretheatre.fr

L’argument

« La scène est où l’on voudra. » Ninon et Ninette sont deux jumelles que leur père, le duc Laerte a décidé de marier. Par différents stratagèmes, il fait naître le sentiment amoureux chez les jeunes filles, en utilisant le jeune ingénu Silvio et en évinçant son neveu Irus.

Mise en scène à la Comédie-Française

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10501965h/f47.item
Avril 1937. Coupure de presse. Source : BnF/Gallica

Entre 1880 et 1959, la pièce a été jouée  201 fois à la Comédie-Française (lien vers la notice.)
Charles Granval l’a mise en scène entre 1926 et 1937  avec  M. Denis d’Inès (le Duc Laerte) ; Pierre Bertin (le Comte Irus) ; Jean Yonnel (Silvio) ; Madeleine Samary (Flora) ; Madeleine Renaud (Ninon) ; Marie Bell (Ninette) ; Emile Drain (Spadille) ; Raymond Rognoni (Quinola). Décor de Marie Laurencin et musique de Claude Debussy. Puis en 1937 dans une distribution un peu différente avec Madeleine Renaud, Jeanne Sully, Denise Clair, Denis d’Ines, Pierre Bertin, Echourin, Robert Manuel, Julien Bertheau.

 

Sur le site de l’INA

Réalisation en 1957 pour la télévision par Françoise Gir. Extrait gratuit sur le site de l’INA
Réalisation Maurice Cazeneuve en 1964 pour la télévision. Extrait gratuit sur le site de l’INA.

 


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