Recommandation Paris

Dans la peau de Don Quichotte, par la Cordonnerie, au Nouveau Théâtre de Montreuil

26 janvier 2018
/ / /
Comments Closed

Dans la peau de Don Quichotte, par la Cordonnerie, au Nouveau Théâtre de Montreuil

du 25 janvier au 10 février 2018
salle Jean-Pierre Vernant, 10 place Jean-Jaurès, Montreuil-sous-bois

🙂 Libre Théâtre vous recommande ce spectacle

Nos rêves sont plus beaux que la réalité. Mais prendre ses rêves pour des réalités peut conduire à la folie. Il y pourtant une certaine grandeur à ne pas accepter les choses telles qu’elles sont, et à défaut de pouvoir changer le monde, de changer de point de vue sur le monde. C’est le propos du roman de Cervantès, et c’est aussi celui de ce drôle de spectacle, mêlant théâtre, musique et cinéma, comme une autre façon d’interroger la notion de réel. Par cette malicieuse interaction entre différents médias, c’est en effet la convention même du théâtre qui est remise en cause, de façon très ludique. Comme aux premiers temps du cinéma muet, des musiciens accompagnent en « live » l’action qui se déroule sur l’écran, et des comédiens doublent en direct les voix des acteurs du film. Avec ce spectacle burlesque, on n’est pas loin d’un univers à la Tati. Jusqu’au moment où les personnages du film sortent de l’écran, prenant ainsi une autre réalité, pour finalement y retourner afin de vivre leurs impossibles rêves, pour reprendre le titre de la chanson de Brel, qui lui-même incarna Don Quichotte. Faire de ses rêves des réalités, n’est-ce pas aussi le projet de toute forme artistique, et donc celui du spectacle vivant ? Un spectacle, en tout cas, qui nous fait rêver. Et qui vous fera mourir de rire. Quand on est amoureux d’une psychiatre, le meilleur moyen de la revoir n’est-il pas de devenir fou ? À ne manquer sous aucun prétexte.

Critique de Jean-Pierre Martinez

 

Un ciné-spectacle de Métilde Weyergans et Samuel Hercule (texte, réalisation, mise en scène) d‘après l’oeuvre de Cervantès
Musique originale Timothée Jolly et Mathieu Ogier

Avec : Philippe Vincenot, Samuel Hercule, Métilde Weyergans, Timothée Jolly, Mathieu Ogier
Et, à l’écran : Ava Baya, Jean-Luc Porraz, Anne Ferret, Michel Le Gouis, Nicolas Avinée, Xavier Guelfi, Pierre Germain, Constance Chaperon, Alexis Corso, Grégoire Jeudy…
Assistants réalisation : Grégoire Jeudy, Damien Noguer
Chef opérateur : Lucie Baudinaud
Chef décorateur : Dethvixay Banthrongsakd
Chef costumier : Rémy Le Dudal
Montage : Gwenaël Giard Barberin
Direction de production tournage : Lucas Tothe
Création sonore : Adrian’ Bourget
Création lumière : Soline Marchand
Construction machinerie : les Artistes Bricoleurs Associés
Assistante à la mise en scène : Pauline Hercule
Régie son : Adrian’ Bourget / Eric Rousson
Régie générale : Sébastien Dumas
Régie plateau : Frédéric Soria / Pierrick Corbaz
Production, Administration : Anaïs Germain et Caroline Chavrier

Production : La Cordonnerie

 

Read More

Trahisons, une pièce très cinématographique : rencontre avec le metteur en scène Christophe Gand

22 janvier 2018
/ / /
Comments Closed

Trahisons, une pièce très cinématographique : rencontre avec le metteur en scène Christophe Gand

Rencontre de Libre Théâtre avec Christophe Gand, metteur en scène de la pièce Trahisons d’Harold Pinter, de nouveau à l’affiche au Lucernaire à partir du 24 janvier 2018.

Vous venez du monde du cinéma, comment êtes-vous arrivé à la mise en scène de théâtre  ?

Je suis arrivé par hasard au théâtre. J’ai des envies de cinéma depuis que je suis très jeune. À  20 ans, j’ai proposé un scénario à François Perrot qui a accepté de jouer dans mon court-métrage et, en échange, m’a proposé de mettre en scène la pièce dans laquelle il voulait jouer. C’était La Dernière Bande de Beckett, mais il a dû malheureusement abandonner ces deux projets. J’ai continué avec deux autres comédiens : avec Gilles Segal, mon court-métrage sur la dépendance en maison de retraite (Peintre en résidence) et avec Jacques Boudet, la pièce de Beckett que nous avons jouée à Avignon pendant deux ans. Ce qui m’intéresse au théâtre, c’est le travail avec les comédiens : on peut prendre plus de temps et approfondir les personnages. Au cinéma, je pars de mes propres histoires, alors qu’au théâtre, le texte pré-existe. Je me focalise donc davantage sur la mise en scène, la mise en espace et la mise en lumière. Ma deuxième mise en scène a été Le Monte-Plat de Pinter avec Jacques Boudet et Maxime Lombard. La pièce s’est jouée il y a deux ans à Avignon et au Poche-Montparnasse. Trahisons est ma troisième mise en scène au théâtre. Je continue aussi le cinéma : je viens de terminer un court-métrage et j’écris un premier long-métrage.

Beaucoup de metteurs en scène sont aussi comédiens. Ce n’est pas votre cas. Pourriez-vous nous dire en quoi cela modifie le travail avec les comédiens  ?

Au cinéma, la plupart des réalisateurs s’attachent peu au travail avec les comédiens. J’ai pour ma part eu la chance de travailler avec des comédiens plus âgés et plus expérimentés que moi, mais très à l’écoute : ils m’ont fait confiance dès le début. Par rapport à des metteurs en scène ou des réalisateurs qui sont aussi comédiens, j’ai donc tendance à me focaliser sur la narration et la mise en scène pure afin d’offrir aux comédiens un autre regard, plus extérieur, avec plus de recul, sans me projeter à leur place.

 

Le caractère cinématographique de cette pièce a-t-il contribué au choix de ce texte  ?

La construction très cinématographique de cette pièce m’a attiré, sans que forcément j’en sois conscient au départ. Quand Pinter écrit Trahisons, il est déjà un auteur et scénariste confirmé (il a écrit pour Losey). Il choisit dans Trahisons une écriture à rebours. La pièce commence à la fin des années 70 et remonte neuf ans en arrière, par le biais de 9 scènes qui proposent autant d’instantanés. Pinter évoque les relations d’un trio amoureux, mais il brise les codes du vaudeville classique. Certes il y a bien le mari, la femme et l’amant, mais Pinter nous plonge dans des moments d’intimité. L’écriture est aussi très cinématographique. Il est difficile de gérer cette apparence de banalité dans les dialogues. Certaines mises en scène gomment cet aspect et choisissent un parti pris très appuyé, très pesant. Au contraire, nous avons voulu faire vivre ce quotidien comme au cinéma. C’est en faisant vivre cette banalité que ressortent les enjeux pour les personnages.  Je souhaitais aller au plus près de la justesse des sentiments des personnages, montrer les situations avec réalisme. Nous avons beaucoup travaillé sur les temps et les silences : l’écriture de Pinter est comme une partition de musique. Nous ne sommes pas loin de la poésie. Ces temps et ces silences racontent autant que le texte, mais il faut qu’ils soient habités par les comédiens.

Vous avez adopté un parti-pris intéressant pour la gestion des transitions entre les 9 tableaux.

La gestion de ces transitions est l’un des principaux défis de la mise en scène de cette pièce. Nous voulions un vrai décor et de vrais costumes. Nous voulions créer une couleur par scène tout en gardant une certaine unité entre les tableaux. Il a donc fallu travailler sur ces transitions. Nous avons inséré un personnage que l’on retrouve au restaurant. Chacun met ce qu’il veut dans ce personnage : il peut symboliser l’auteur, le metteur en scène… L’idée que les personnages sont utilisés comme des pions par une force supérieure, invisible, est très présente dans les pièces de Pinter, comme dans le Monte-Plat par exemple. Trahisons n’est pas une pièce politique, mais il y a tout de même l’idée que ces personnages ne sont pas totalement libres. Ils sont en quête de reconnaissance sociale et sont animés par leurs propres ambitions. Le personnage qui change le décor participe de cette idée.  La traduction française du titre original Betrayal est Trahisons, au pluriel. Il y a en effet de multiples trahisons.  Au centre, il y a bien sûr l’adultère mais j’ai aussi voulu insister sur l’amour qui existe entre ces trois personnages, et notamment entre les deux personnages masculins. Il y a aussi les différentes trahisons de chacun des personnages par rapport à leurs idéaux de jeunesse et leurs fantasmes de réussite. Ces personnages évoluent dans un univers très codifié. La langue de Pinter est très tenue ; les personnages sont emplis de pudeur. Il y a aussi énormément d’humour dans les situations et les dialogues. Nous avons souhaité garder le fait de situer la pièce dans les années 70. Si la pièce a du sens politiquement, c’est notamment par rapport au personnage féminin qui s’émancipe, travaille et assume ses choix.

L’atmosphère particulière de ces 9 tableaux est particulièrement bien rendue par les décors, les costumes, les lumières, mais également la bande son.

J’ai travaillé dès le début avec Goury la scénographe. L’idée était de créer un espace en mémoire avec un bric à brac et des éléments de mobilier qui se transforment.

Concernant la musique, je voulais réussir à créer deux ambiances différentes. Pour accompagner les scènes de Robert et Emma, j’ai choisi des musiques de Vivaldi et Corelli. Ces variations permettent de partir de quelque chose de très intime pour aller ensuite vers quelque chose de flamboyant. Pour les scènes entre Jerry et Emma, j’ai choisi du jazz, en pensant au tout premier film de Clint Eastwood, Play Misty for me avec la musique de Errol Garner.

Du 24 Janvier au 18 Mars 2018, du mardi au samedi à 19 heures et  le dimanche à 16h
au Lucernaire, 53 rue Notre-Dame-des-Champs, Paris 6ème.

Lien vers la recommandation de la pièce Trahisons par Libre Théâtre

 

Read More

Buzz – Ramdam au Nouveau Théâtre de Montreuil

16 janvier 2018
/ / /
Comments Closed

Buzz – Ramdam au Nouveau Théâtre de Montreuil

du 16 au 24 janvier 2018 (à 20h ou 20h30)
salle Maria Casarès, 63 rue Victor Hugo, Montreuil-sous-Bois

🙂 Libre Théâtre vous recommande

Plus que tout autre art peut-être, le théâtre a ses codes. Et le « théâtre contemporain », en prétendant libérer le spectacle de ces codes, ne fait qu’en générer d’autres, qui constituent bien vite un nouveau carcan, provoquant un effet de répétition. À peine inventées, les « nouvelles dramaturgies », déjà obsolètes, imposent un nouvel académisme. Le destin du théâtre, comme celui de tous les autres arts, est de se caricaturer lui-même. En permanence, le spectacle vivant est ainsi menacé de mort. C’est pourquoi, afin de continuer à exister, il doit se réinventer encore et toujours, sans perdre pour autant ce qui fait l’essence même du théâtre : une relation immédiate avec le spectateur. C’est tout le propos de cette « conférence » loufoque qui a pour but, au prétexte de réanimer le théâtre par un électrochoc, de le dynamiter. Attention, donc, aux éclats de rire. Car ces trois Belges ne respectent vraiment rien. Avec l’avènement d’internet et de la connexion universelle, le spectacle vivant a-t-il encore un sens et le théâtre un avenir ? Avec ces garnements, on a envie de répondre oui. Ils réussissent au moins l’exploit de faire vibrer à l’unisson un public très divers. Le théâtre est une communion. Mais il ne doit jamais devenir une messe. Un spectacle réjouissant, à ne pas manquer.

Critique de Jean-Pierre Martinez

Avec Cédric Coomans, Jérôme Degée, Jean-Baptiste Szezot
Spectacle de Cédric Coomans, Jérôme Degée, Julie Remacle, Jean-Baptiste Szezot
Production et assistanat général Julie Remacle
Régie générale Isabelle Deer, Nicolas Marty

Dans le cadre de l’Âge des possibles, temps fort autour de la nouvelle génération au Nouveau Théâtre de Montreuil du 16 janvier au 16 février 2018.

Read More

Cabaret dans le ghetto d’après Wladyslaw Szlengel

13 janvier 2018
/ / /
Comments Closed

Cabaret dans le ghetto d’après Wladyslaw Szlengel

d’après Ce que je lisais aux morts de Wladyslaw Szlengel
Adaptation et mise en scène de Justine Wojtyniak
Du 8 au 27 janvier 2018, de lundi à samedi à 20h30 et samedi à 16h
Théâtre de l’Épée de bois, Cartoucherie, Paris 12ème

 

🙂 Libre Théâtre vous recommande

Il y a mille et une raisons d’aller découvrir Cabaret dans le ghetto au Théâtre de l’Epée de bois.
Ce spectacle est tout d’abord une extraordinaire leçon d’histoire sur la vie dans le ghetto de Varsovie, à travers le regard d’un poète et chroniqueur caustique, Wladyslaw Szlengel. Justine Wojtyniak, la narratrice qui met également en scène le spectacle, nous raconte l’histoire du recueil de poèmes, intitulé Ce que je lisais aux morts, enterré avec d’autres écrits et souvenirs d’habitants du ghetto, pour constituer des archives. Ces textes poétiques, émouvants, terriblement lucides mais également provocateurs, constituent un témoignage extraordinaire, plein d’humanité et de vie. Ces écrits sont comme des bouteilles lancées à la mer par un naufragé qui croit encore à sa survie, mais surtout au pouvoir de la transmission et du souvenir.

Cabaret dans le ghetto constitue également un superbe objet théâtral, mêlant à ces textes étonnants des musiques et chorégraphies originales pour donner à entendre la voix libre de Wladyslaw Szlengel. Stephano Fogher, comédien musicien, et Gerry Quévreux, comédien danseur, incarnent les diverses facettes de Wladyslaw Szlengel et transmettent avec talent le message du poète  : l’élégance, la poésie et l’intelligence sont des actes de résistance et triompheront de la barbarie.

Un superbe spectacle, nécessaire, pour ne jamais oublier.

Auteur : Władysław Szlengel (Ce que je lisais aux morts )
Traduction du polonais : Jean-Yves Potel et Monika Prochniewicz, édition Circé, 2017
Adaptation et mise en scène : Justine Wojtyniak
Avec:  Gerry Quévreux (le poète), Stefano Fogher (le musicien), Justine Wojtyniak (la femme polonaise) et les voix d’Halina Birenbaum et d’Armel Veilhan
Dramaturgie : Armel Veilhan
Musique, composition et interprétation : Stefano Fogher
Chorégraphie:  Gerry Quévreux
Scénographie/Lumières : Sébastien Lemarchand (JTN)
Production :  Compagnie Retour d’Ulysse (site web)

 

Pour réserver : site du Théâtre de l’Épée de Bois 

A écouter également La marche de l’histoire consacrée à Emanuel Ringelblum et aux archives du ghetto de Varsovie sur le site de France inter

Read More

Feydeau(x), mise en scène de Thierry Harcourt

27 novembre 2017
/ / /
Comments Closed

Feydeau(x), mise en scène de Thierry Harcourt

Trois pièces en un acte de Georges Feydeau  : Amour et Piano, Par la fenêtre, Fiancés en herbe.
Au Lucernaire jusqu’au 21 janvier 2018, du mardi au samedi à 20 heures, le dimanche à 17 heures
53, rue Notre-Dame-des-Champs 75006 Paris

🙂 Libre Théâtre vous recommande

Au Lucernaire, six jeunes comédiens talentueux donnent vie à trois courtes pièces assez peu jouées de Feydeau, écrites alors qu’il n’avait qu’une vingtaine d’années : Amour et Piano, Par la fenêtre et les Fiancés en herbe. Pièces de jeunesse, donc, mais aussi pièces sur la jeunesse. Comme la pianiste débutante de la première saynète, Feydeau fait ses gammes. Mais il est déjà au sommet de son art, qu’il développera aussi dans des comédies plus longues. Des passions enfantines jusqu’aux scènes de ménage, en passant par les premiers badinages, Feydeau esquisse un tableau de l’amour qui, au-delà de son apparente légèreté, est empreint d’une cruelle ironie, quand une jeune fille à marier, par exemple, reçoit chez elle un homme qu’elle prend pour un professeur et qui la prend pour une demi-mondaine. Quiproquo, adultère, jalousie, naïveté… Tous les ressorts du vaudeville sont mis à contribution pour un divertissement complet, prenant parfois des allures de comédie musicale, puisque la musique et la danse sont aussi convoqués pour notre plus grand plaisir. Sous la direction de Thierry Harcourt, les six comédiens nous donnent à entendre avec grâce les dialogues brillants et hilarants d’un auteur en herbe appelé à devenir le maître absolu du théâtre de boulevard.

Un spectacle réjouissant et rafraichissant à ne pas manquer.

Amour et piano avec
Laurence  Facelina (Lucile)
Louis-Victor Turpin (Édouard)
Sébastien Baulain ou Marc Maurille (Baptiste)

Par la fenêtre avec
Mathilde Hancisse (Emma)
Sébastien Baulain OU Marc Maurille (Hector)

Fiancés en herbe avec
Nina Poulsen (Henriette)
Basile Aaïmalaïs ou Antoine Paulin (René)

Tout le théâtre de Georges Feydeau est sur Libre Théâtre.
Lien vers Amour et pianoPar la fenêtreFiancés en herbe

Vous pouvez également explorer l’univers de Feydeau à travers les articles suivants :

Biographie de Georges Feydeau
Les ressorts comiques du langage chez Feydeau
La politique dans les pièces de Feydeau
Les progrès techniques dans les pièces de Feydeau
Le vaudeville et Feydeau (à travers deux articles de Feydeau).

Read More

Les Autres de Jean-Claude Grumberg, mise en scène de Jean-Louis Benoit

26 novembre 2017
/ / /
Comments Closed

Les Autres de Jean-Claude Grumberg, mise en scène de Jean-Louis Benoit

Théâtre de l’Epée de Bois – Cartoucherie, Route du Champ de Manoeuvre. 75012 Paris
Du 23 novembre au 23 décembre 2017,  du jeudi au samedi à 20h30, Samedi et dimanche à 16h00

🙂 Libre Théâtre vous recommande

Comme « Les Envahisseurs » de la célèbre série américaine, « les autres » sont déjà parmi nous. Chez nous. Dans notre famille. Voire aussi en nous-mêmes. Cette altérité si proche et si lointaine nous fascine autant qu’elle nous effraie, dans une étrange dialectique entre le désir mimétique et la peur de l’aliénation. L’autre, c’est bien sûr l’étranger. Mais c’est aussi le différent : l’homosexuel, le communiste, le juif… L’autre, c’est l’inconnu. Ce qu’on ne maîtrise pas, jusque dans son propre inconscient. L’autre, pour l’homme, c’est donc aussi la femme. Ou l’enfant. Tout ce qui n’est pas soi. L’autre est un paradoxe : on ne peut pas vivre sans lui, mais on craint de s’y perdre. Quant à tuer en nous la part de l’autre, c’est se tuer soi-même. Les quatre saynètes constituant la pièce de Jean-Claude Grumberg abordent avec un humour cruel un thème éternel, dont le racisme n’est qu’une des nombreuses facettes. Aujourd’hui comme hier, la haine de l’autre, c’est toujours la haine de soi. L’interprétation généreuse des cinq comédiens, sans nous rendre sympathiques ces personnages incarcérés dans une identité fantasmatique et mortifère, nous fait entrevoir leur souffrance et leur désespoir. On aurait aimé, cependant, que Grumberg ne nous dépeignent pas ces « ennemis de l’autre » comme des « autres » absolus, justement, des épouvantails qui finalement nous rassurent tant ils sont différents de nous. Son propos eût été sans doute encore plus fort si, en donnant un peu plus d’humanité à ces « salauds » (racistes, homophobes, antisémites…), il avait souligné davantage la part d’intolérance qui sommeille en chacun de nous. Le ventre est toujours fécond d’où a surgi la bête immonde. Et ce ventre est aussi le nôtre. Une pièce toujours d’actualité…
Critique de Jean-Pierre Martinez

 

Auteur : Jean-Claude Grumberg
Mise en scène : Jean-Louis Benoit
Avec Philippe Duquesne, Nicole Max, Pierre Cuq, Stéphane Robles, Antony Cochin
Collaboration artistique : Laurent Delvert
Scénographie : Jean Haas
Lumières : Jean-Pascal Pracht
Costumes : Marie Sartoux

 

Read More

Les Monstrueuses de Leïla Anis à la Maison des Métallos

25 novembre 2017
/ / /
Comments Closed

Les Monstrueuses de Leïla Anis

Maison des Métallos, 94 rue Jean-Pierre Timbaud, Paris 11e
Jusqu’au 2 décembre 2017

 

🙂 Libre Théâtre vous recommande Les Monstrueuses dans le cadre du Focus Femmes ! à la Maison des Métallos

Ella perd connaissance peu après l’annonce de sa grossesse. Elle se réveille à l’hôpital et peine à savoir qui elle est. Son identité se dilue. Elle est successivement sa mère, sa grand-mère, son arrière-grand-mère… Retissant les liens et dévoilant les secrets familiaux, elle se reconstruit peu à peu. Entre conte africain et psychanalyse, le texte poétique de Leïla Anis nous entraîne dans la douloureuse histoire des femmes du XXème siècle, entre Yemen et Aveyron : histoire de la moitié de l’humanité, de mères et de filles qui luttent ou subissent. Avec délicatesse, le spectacle évoque la domination masculine, les mariages arrangés, les douleurs de l’accouchement, les avortements clandestins, les questionnements autour de la maternité et de l’amour maternel… Karim Hammiche signe une très belle mise en scène ; il interprète le médecin qui, par ses questionnements et son écoute, fait enfin surgir ces voix trop longtemps étouffées. Leïla Anis, tour à tour inquiétante et lumineuse, incarne sous nos yeux ces destins à la fois singuliers et universels.
Ella est notre sœur et porte notre espoir de lendemains meilleurs. Un spectacle bouleversant.

auteure et comédienne Leïla Anis
metteur en scène et comédien Karim Hammiche
création musicale Clément Bernardeau
créatrice lumière Véronique Guidevaux
régie son Pierre-Emmanuel Jommard
production Compagnie de l’Oeil Brun

Lien vers le site de la Maison des Métallos
Lien vers le site de la Compagnie de l’Oeil Brun

Read More

Une longue peine par la Compagnie des Hommes

18 novembre 2017
/ / /
Comments Closed

Une longue peine par la Compagnie des Hommes

Spectacle actuellement en tournée
Dates sur le site de la Compagnie des Hommes

Crédit : Emilia Stéfani-Law

🙂 Libre Théâtre vous recommande

« Une longue peine » est une proposition théâtrale de La Compagnie des Hommes, distillée comme un alcool sous la prohibition à partir des témoignages bouleversants de quatre anciens détenus ayant purgé de longues peines de prison, et de la femme de l’un d’entre eux, qui l’a accompagné au parloir pendant toute la durée de sa détention. Il est difficile de parler de ce spectacle, mettant en scène de vrais ex-détenus rejouant sur la scène le drame de l’incarcération qu’ils ont vécu dans leur chair. Les comédiens, habituellement, n’interprètent pas leur propre rôle. Une vie en prison. Pourquoi ? Comment ? Par la voix des détenus, le spectacle parle plutôt, et de façon poignante, du comment. La brutalité de la police. L’absurdité de la justice. La cruauté de l’administration pénitentiaire. Comment on arrive en prison. Comment on tente d’y survivre. Comment on en sort. Comment on y retourne. Comment on peut enfin s’en sortir. Par la parole, justement. Ou par l’écriture. Le spectacle est suivi d’un échange avec le public. Et c’est lors de ce véritable deuxième acte qu’on entrevoit le pourquoi. La prison tend à la société le miroir terrifiant de sa propre injustice. De sa propre inhumanité. Certains de ces détenus ont vécu enfermés dès leur naissance. La centrale n’est qu’une prolongation naturelle d’un huis clos familial misérable, inévitablement suivi de séjours en maisons de correction. D’autres finissent en prison pour n’avoir pas voulu vivre dehors en esclaves, comme leurs parents. Ils écopent d’une longue peine pour avoir refusé d’aller au chagrin. Ils finissent à la case prison pour avoir préféré braquer la banque, plutôt que de tirer une carte chance au tabac du coin. On découvre alors que ces anciens détenus, sur la scène, malgré les horreurs qu’ils ont traversées, sont des hommes libres. Qu’ils l’ont toujours été. Plus que beaucoup de ceux qui dans la salle les regardent et les interrogent, enfermés eux-mêmes dans leur prêt à penser, dans leurs préjugés, et dans leurs prétendus bons sentiments. Il faut parfois beaucoup de souffrance pour faire surgir en l’homme ce qu’il a de meilleur. Loin de se présenter seulement comme les victimes d’un système inique, ces anciens détenus assument leurs parcours, leurs erreurs et leurs errances. Ils ne regrettent rien. Ni le bien, ni le mal. Ils demandent seulement un peu d’humanité à leurs juges et à leurs gardiens. Une expérience théâtrale et humaine dont vous ne sortirez pas indemne. À ne manquer sous aucun prétexte.
Critique de Jean-Pierre Martinez

Avec  : André Boiron, Annette Foëx, Eric Jayat, Alain Pera, Louis Perego

Mise en scène : Didier Ruiz
Assistante : Mina de Suremain
Lumière : Maurice Fouilhé
Son : Adrien Cordier
Images :  Adrien Cordier et Alain Pera

Lien vers le site de la Compagnie des Hommes

Read More

Projection privée de Rémi De Vos, mise en scène de Michel Burstin

8 novembre 2017
/ / /
Comments Closed

Projection privée de Rémi De Vos, mise en scène de Michel Burstin

Du mardi au samedi à 21 heures au Lucernaire
53, rue Notre-Dame-des-Champs, Paris 6ème
Jusqu’au 9 décembre

🙂 Libre Théâtre vous recommande

La vie de couple est souvent un ménage à trois : le mari, la femme et la télé. Dans cette comédie de Rémi de Vos, la femme trompe son mari avec la télévision, tandis que le mari trompe sa femme avec une autre femme. Le temps d’un épisode de série, tous tentent de cohabiter. Avant que ce trio peu inspiré ne soit aspiré à l’intérieur du poste par son implosion. Quand la vie de couple a encore moins de sens qu’un soap, tout cela ne peut que finir très mal. La mise en scène inventive de Michel Burstin donne à la pièce un rythme endiablé. Et la performance des trois comédiens (Bruno Rochette, Sylvie Rolland et Elsa Tauveron) fait le reste. On ne s’ennuie pas une seconde. Oubliez pour un soir la télé, et courez voir cette tragi-comédie télévisuelle au « Paradis » du Lucernaire, la plus petite salle des trois, la plus intime et la plus chaleureuse, qui offre une incroyable proximité avec les acteurs. Vous aurez presque l’impression d’être avec eux dans leur salon…
Critique de Jean-Pierre Martinez

Mise en scène : Michel Burstin
Avec : Bruno Rochette, Sylvie Rolland, Elsa Tauveron
Décor : Philippe Calmon
Costumes : Élise Guillou
Lumière et son : Olivier Mandrin

Read More

Intramuros d’Alexis Michalik

2 novembre 2017
/ / /
Comments Closed

Intramuros d’Alexis Michalik

Théâtre La Pépinière, 7 rue Louis Le Grand
du mardi au samedi à 21h, matinée les samedis à 16h

🙂 Libre Théâtre vous recommande

À l’initiative d’une jeune assistante sociale, un metteur en scène, aidé d’une comédienne, vient dispenser des cours de théâtre en prison. Mais seuls deux prisonniers répondent à l’appel. Tel est le point de départ d’Intramuros, écrit et mis en scène par Alexis Michalik. On s’attend à un huis clos carcéral, mais la pièce se transforme rapidement en un thriller mélodramatique, prenant et émouvant. Par une habile mise en abyme, les protagonistes revivent grâce au jeu théâtral les moments clés de leur vie. Jusqu’au final inattendu que nous nous garderons bien de vous révéler.

Les cinq comédiens (Jeanne Arènes, Bernard Blancan, Alice de Lencquesaing, Paul Jeanson et Fayçal Safi) interprètent magistralement ces personnages qui nous accompagnent bien après la représentation. La magie du théâtre opère : avec quelques éléments de décor, des jeux de lumière et un univers musical original interprété en direct par Raphäel Charpentier, nous sommes transportés en imagination d’un lieu à l’autre de l’action jusqu’au moment où le rêve rejoint la réalité.
Un spectacle à ne pas manquer.

 

Texte et mise en scène Alexis Michalik
Avec Jeanne Arènes, Bernard Blancan, Alice de Lencquesaing, Paul Jeanson, Fayçal Safi et le musicien Raphäel Charpentier

Crédit photo : Alejandro Guerrero

Crédit photo : Alejandro Guerrero

Read More
Libre Théâtre 2015 - Designed by Klasik Themes.