Recommandation Paris

La Femme de ma vie d’Andrew Payne

20 mai 2018
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La Femme de ma vie d’Andrew Payne

du 6 au 29 juillet à l’Hôtel d’Europe, à 18h45
12 place Crillon, Avignon (relâches : 10, 17, 24 juillet)

🙂 Libre Théâtre vous recommande ce spectacle

Derrière la fenêtre de l’appartement obscur où il se cache, Franck attend la femme de sa vie. Celle qui le sauvera des conséquences fâcheuses de la dernière embrouille dans laquelle il s’est fourré, dans l’espoir de sortir de sa condition de chauffeur de maître pour se faire une place au soleil parmi les nantis peu scrupuleux qui l’emploient. En attendant l’arrivée providentielle de son ange gardien, qui tarde à venir, Franck nous raconte les circonstances qui l’ont conduit dans cette situation délicate. Il faut dire que sa vie entière n’est qu’une suite sans fin de situations délicates. Car Franck est un drôle de type. Il lit des livres, mais c’est  un impulsif. Il sait se servir de sa tête mais en dernier recours, la solution à tous ses problèmes reste toujours un bon coup de boule.

Andrew Payne, l’auteur anglais de ce monologue, est aussi scénariste. Avec ce texte, il nous plonge dans l’ambiance d’un film noir américain. L’intrigue importe moins que le destin du narrateur, qui est aussi le protagoniste des innombrables mésaventures dans lesquelles il se trouve involontairement plongé. Si la tonalité est plutôt sombre, donc, le ton est aussi très humoristique. Un humour noir bien sûr qui, mêlé à cet univers de polar, rappelle parfois Frédéric Dard et son célèbre commissaire.

Au-delà  de cet aspect cinématographique assumé, la mise en scène de Gilles Bannier nous ramène cependant bien dans l’univers du spectacle vivant, en jouant de façon magistrale avec les codes du théâtre. Tantôt absent car plongé dans les abîmes de sa propre pensée, tantôt en communication directe avec le public en risquant même l’improvisation, le personnage joue à merveille des ruptures et des silences, dans un rythme syncopé qui rappelle le théâtre de Harold Pinter.

Ce texte est magnifiquement interprété par Robert Plagnol, qui a aussi assuré la traduction et l’adaptation du monologue d’Andrew Payne. Un comédien d’une extrême élégance, et pas seulement parce qu’il est habillé par le couturier Paul Smith. Robert Plagnol donne corps à ce personnage très « écrit » de macho passablement border line, et parvient à susciter l’empathie en révélant la fragilité d’un « gorille » au destin tragique, qui ne craint qu’une personne sur Terre, son père, et qui n’a pour seul espoir de s’en sortir que la femme de sa vie.

Au final, malgré l’économie de moyens techniques mis en œuvre dans l’ancienne salle de bals de l’Hôtel d’Europe, nous avons assisté avec cette avant-première à un extraordinaire moment de théâtre. Le bal est ouvert, et le spectacle sera à l’affiche dans ce magnifique écrin pendant toute la durée du OFF. À ne manquer sous aucun prétexte.

Critique de Jean-Pierre Martinez

 

Mise en scène : Gilles Bannier
Avec Robert Plagnol
Scénographie : Broo
Création sonore : Michel Winogradoff
Musique : Amélie Nilles
Costumes : Paul Smith

Plus d’informations sur le site  http://www.lafemmedemavie.fr

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Fortunino ou les démons de Verdi

10 avril 2018
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Fortunino ou les démons de Verdi

Le lundi à 19h30 et le mardi à 21h
au Funambule Montmartre, 53 rue des saules, Paris 18ème
Jusqu’au 1er mai

🙂 Libre Théâtre vous recommande ce spectacle

Encore à l’aube de sa brillante carrière, très affecté par la perte de ses deux enfants et de son épouse, le jeune Verdi, rongé par un sentiment de culpabilité, est en proie au doute. Plutôt que de s’abandonner à ses démons, qui l’entraînent à son tour vers l’abîme, Verdi se résout à pactiser avec eux, pour devenir le génie que l’on connaît, en bousculant les canons de l’opéra de l’époque par une vision plus noire et plus tragique. Ce canevas du pacte avec le diable est bien connu : un artiste accepte de payer de sa vie et de son âme la réussite et la gloire à laquelle il aspire. L’originalité de la pièce est de faire incarner les mauvais génies de ce géant de l’opéra par deux oiseaux maléfiques : deux « corneilles » aussi sataniques que ravissantes. Finalement dépassé par les conséquences désastreuses de son pacte avec ces créatures de Satan, Verdi parviendra à conjurer leur pouvoir diabolique pour redonner à son art plus de légèreté.

Cette pièce, excellente introduction à la vie et à l’œuvre de Verdi, est illustrée musicalement par quelques extraits d’opéras célèbres et par de belles interprétations a capella par les comédiens chanteurs.

Critique de Jean-Pierre Martinez

De : Sabine Roy
Mise en scène : Sophie Chevalier
Avec :  Mathilde Bernard, Damien Boisseau, Sébastien Fouillade, Anne Levallois, Alain Peron

Lien vers le site du théâtre

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Corneille/Molière, l’arrangement

6 avril 2018
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Corneille/Molière, l’arrangement

Du 02 au 07 avril 2018, du lundi au samedi à 20h30, samedi à 16h00
au Théâtre de l’Épée de Bois
Cartoucherie – Route du Champ de Manœuvre 75012 Paris

🙂 Libre Théâtre vous recommande ce spectacle

Molière est non seulement l’un des dramaturges les plus joués dans le monde, mais aussi une figure romanesque, dont la vie mouvementée, parfois scandaleuse et souvent mystérieuse, a inspiré nombre d’auteurs, de George Sand à Mikhaïl Boulgakov, en passant par Anouilh et Cocteau. Sans oublier Ariane Mnouchkine, l’un des génies tutélaires de la Cartoucherie de Vincennes, qui en a fait un film devenu un classique. La vie réelle ou fantasmée de Molière est en elle-même une tragicomédie.

Et si Molière n’avait pas écrit toutes ses pièces, mais s’était « arrangé » avec d’autres auteurs, au premier rang desquels Corneille, pour fournir à sa troupe les nombreux textes dont elle avait besoin pour ses spectacles, se succédant à un rythme effréné ? C’est à partir de cette hypothèse, soutenue par quelques universitaires et pourfendue par d’autres, que Valérie Durin imagine la confrontation de Corneille et Molière pendant plus de quinze ans : la relation tumultueuse entre ces deux géants de la tragédie et de la comédie, faite d’admiration réciproque et de jalousie, de rivalité et d’amitié, de fidélité et de trahisons. Le texte est à la fois émouvant et drôle. L’intrigue intègre avec finesse de nombreuses tirades célèbres de ces deux génies du théâtre. Quant aux brillants dialogues de Valérie Durin, ils nous offrent une réflexion sur le processus de création et l’écriture pour le théâtre, et nous interrogent sur la notion même d’auteur : un concept finalement très moderne, qui ne prendra vraiment tout son sens au théâtre qu’à la fin du XVIIIIème siècle, avec la création par Beaumarchais de la première société d’auteurs dramatiques. Cette comédie historique est servie par deux comédiens de talent, qui réussissent à nous rendre très proches ces deux figures mythiques du théâtre français.

Texte et mise en scène : Valérie Durin
Avec Etienne Brac et Jean-Benoît Terral
Lumières : Pablo Roy
Production Arrangement Théâtre
Avec le soutien du Conseil Départemental de l’Yonne

Lien vers le site du Théâtre de l’Épée de Bois

 

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Mille francs de récompense de Victor Hugo, mise en scène de Kheireddine Lardjam

1 avril 2018
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Mille francs de récompense de Victor Hugo, mise en scène de Kheireddine Lardjam

du 22 mars au 8 avril 2018
Au Théâtre de l’Aquarium, à 20 heures (relâches les 1,2,3 avril)
La Cartoucherie – route du champ de manoeuvre – 75012 Paris

🙂 Libre Théâtre vous recommande

Un hiver glacial à Paris. Pourchassé par la police, Glapieu se réfugie dans un appartement sinistre où vivent un vieil homme ruiné et malade, sa fille et sa petite-fille. Arrive Rousseline, agent d’affaires d’un riche banquier. Au nom de son patron, Rousseline, accompagné d’huissiers, va faire procéder à la saisie des meubles. Mais il propose un marché aux deux femmes : il renoncera à la saisie en échange de la main de la jeune fille…
Quelques années après Les Misérables, Victor Hugo dénonce à nouveau l’injustice et la misère par la voix et le commentaire ironique de Glapieu, voleur, poète et humaniste qui incarne paradoxalement la probité, mélange de Gavroche et de Jean Valjean.

Kheireddine Lardjam propose au Théâtre de l’Aquarium une lecture modernisée de cette pièce rarement jouée, tout en respectant la langue hugolienne. Sa mise en scène souligne l’étonnante actualité du propos de Victor Hugo qui dénonçait dès 1866 le cynisme et la cruauté du capitalisme financier, les collusions entre pouvoir et finance mais aussi les insupportables inégalités sociales. Kheireddine Lardjam choisit délibérément de s’éloigner du mélodrame et refuse notamment de faire des deux femmes des victimes passives. Dans un décor futuriste, la scénographie d’Estelle Gautier et les dessins de Jean-François Rossi jouent avec les symboles sur le thème de la transparence, des liens et de la liberté. On soulignera enfin la superbe interprétation de Maxime Atmani, qui réussit à nous rendre si proche le personnage de Glapieu. La pièce résonne comme une ode à la liberté. Victor Hugo est plus que jamais d’actualité.


texte de Victor Hugo
mise en scène Kheireddine Lardjam
collaboration artistique Cédric Veschambre
scénographie et collaboration artistique Estelle Gautier
lumière Victor Arancio
son Pascal Brenot
composition musicale Romaric Bourgeois
vidéo Thibaut Champagne
costumes Florence Jeunet
dessinateur Jean-François Rossi
chorégraphe Bouziane Bouteldja

avec
Maxime Atmami > Glapieu
Azeddine Benamara > Rousseline
Romaric Bourgeois > Scabeau, huissier de saisies / Un huissier de tribunal /un huissier d’appartement / masque
Linda Chaïb > Étiennette
Samuel Churin > Le Major Gedouard & Le Baron De Puencarral
Étienne Durot > Edgar Marc
Aïda Hamri > Cyprienne
Cédric Veschambre > M. De Pontresme

Lien vers le texte intégral de la pièce et la chronique sur Libre Théâtre

Lien vers le site de la compagnie 

Lien sur le site de l’Aquarium

 

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L’Affaire Courteline, mise en scène de Bertrand Mounier

23 mars 2018
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L’Affaire Courteline, mise en scène de Bertrand Mounier

Sept pièces courtes de Georges Courteline
du 21 mars au 29 avril 2018 à 19h et le dimanche à 15h
au Lucernaire, 53 rue Notre-Dame-des-Champs, Paris 6e

🙂 Libre Théâtre vous recommande ce spectacle

Après le pétillant Jeu de l’Amour et du hasard, la compagnie La Boîte aux lettres revient au Lucernaire pour nous inviter à partager une nouvelle création tout aussi jubilatoire : L’Affaire Courteline. À partir d’une sélection astucieuse de sept savoureuses saynètes, ce spectacle nous plonge dans l’univers de la Belle Époque, dépeint avec une cruelle ironie par Georges Courteline : des tranches de vie banales (au domicile conjugal, dans les transports, au bureau, au tribunal…) qui, sous la plume acérée de l’auteur, se convertissent en autant de situations comiques agrémentées par des dialogues hilarants. Par sa modernité, la Belle Époque est avant tout le début de la nôtre, et la critique mordante de Courteline reste toujours d’actualité.

Bertrand Mounier offre un écrin lumineux, élégant et coloré à ces saynètes grâce à une mise en scène esthétique et inventive, qui confère à l’ensemble cohérence et fluidité. Les changements de décors et de costumes se font à vue, ces transitions étant agrémentées de chansons du début du siècle ou d’aphorismes courtelinesques. Le public est immédiatement complice de cette joyeuse satire dans une atmosphère de cabaret. Les six comédiens incarnent avec talent une galerie de personnages hauts en couleur, tour à tour prétentieux, malveillants ou naïfs mais toujours ridicules. Autant de portraits d’époque qui nous renvoient à nos propres travers d’aujourd’hui.
Courez voir ce spectacle pour faire une provision de bonne humeur. Vous garderez longtemps le sourire en fredonnant ce refrain :
Amusez-vous, foutez-vous d’tout
La vie entre nous est si brève
Amusez-vous, comme des fous
La vie est si courte, après tout.

Mise en scène : Bertrand Mounier
Collaboration artistique : François Nambot
Avec : Isabelle de Botton, Salomé Villiers ou Raphaëlle Lemann, Étienne Launay, Pierre Hélie, Philippe Perrussel, Bertrand Mounier ou François Nambot

Vous pouvez explorer l’univers de Courteline sur Libre Théâtre à travers des notices thématiques et le texte intégral du théâtre de Courteline.
Lien vers les saynètes du spectacle :
Sigismond
La peur des coups
Monsieur Badin
Gros Chagrins
L’Affaire Champignon
Vieux ménage
Le Madère

 

 

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Un mari idéal d’Oscar Wilde

24 février 2018
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Un mari idéal d’Oscar Wilde

Tous les vendredis à 19h45 à la Comédie Saint Michel
95, Boulevard Saint-Michel, 75005 Paris

🙂 Libre Théâtre vous recommande

Homme politique respecté à l’avenir prometteur, Sir Robert Chiltern est aux yeux de tous un homme exemplaire, et aux yeux de sa femme un mari idéal. Mais sa brillante carrière et son beau mariage reposent sur un péché originel resté secret jusque là. Une femme machiavélique découvre qu’il a bâti sa fortune grâce à une malversation financière, et entend bien le faire chanter, en le menaçant de ruiner sa réputation.

À partir de cette intrigue qui pourrait être celle d’une tragédie, Oscar Wilde nous livre une comédie aux accents étrangement modernes, qui font écho à l’actualité d’aujourd’hui. Il fait craquer le vernis de la bonne société anglaise, en dénonçant l’hypocrisie et l’affairisme de l’ère victorienne. Lord Arthur Goring, le dandy qui tire les ficelles de cette comédie humaine, est à l’évidence le double d’Oscar Wilde lui-même. Pour la plus grande joie du public, portant un regard ironique mais bienveillant sur les marionnettes qui l’entourent, il distille mots d’esprits et aphorismes, dont beaucoup sont déjà devenus des classiques. Un peu à la manière de Zorro, puisque son action de justicier restera inconnue de son père et de ses pairs, qui le tiennent pour un oisif et un doux rêveur, c’est le véritable héros de cette histoire dont la morale finalement très sage est qu’il faut pardonner les péchés lorsqu’ils sont avoués, et que la tolérance à l’égard des faiblesses de chacun vaut mieux que la dictature des fausses vertus. Un thème qui rappelle le débat actuel sur les limites de la quête de transparence lorsqu’elle se transforme en chasse aux sorcières conduite par des Tartuffes. Une jolie comédie à la fois politique et romantique, servie par une jeune troupe pleine de talent et d’enthousiasme.
Critique de Jean-Pierre Martinez

Mise en scène : Cathy Guillemin

Avec en alternance : Edouard Licoys, Audrey Morin, Maxime Seynave, Laure Loaëc, Cédric Obstoy, Laurent Dubesset, Victoria Blanc, Isabelle Duvernois, Pavlina Novotny, Oscar Voisin, Aila Navidi, Laetitia Franchitti, Samuel Carpentier, Colombe Leroy

 

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Dans la peau de Don Quichotte, par la Cordonnerie, au Nouveau Théâtre de Montreuil

26 janvier 2018
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Dans la peau de Don Quichotte, par la Cordonnerie

du Vendredi 1 juin 2018 au Samedi 9 juin 2018
Théâtre des Abbesses
31 rue des Abbesses, 75018 Paris
à 15h ou 19h30. Tél : 01 42 74 22 77.

🙂 Libre Théâtre vous recommande ce spectacle

Nos rêves sont plus beaux que la réalité. Mais prendre ses rêves pour des réalités peut conduire à la folie. Il y pourtant une certaine grandeur à ne pas accepter les choses telles qu’elles sont, et à défaut de pouvoir changer le monde, de changer de point de vue sur le monde. C’est le propos du roman de Cervantès, et c’est aussi celui de ce drôle de spectacle, mêlant théâtre, musique et cinéma, comme une autre façon d’interroger la notion de réel. Par cette malicieuse interaction entre différents médias, c’est en effet la convention même du théâtre qui est remise en cause, de façon très ludique. Comme aux premiers temps du cinéma muet, des musiciens accompagnent en « live » l’action qui se déroule sur l’écran, et des comédiens doublent en direct les voix des acteurs du film. Avec ce spectacle burlesque, on n’est pas loin d’un univers à la Tati. Jusqu’au moment où les personnages du film sortent de l’écran, prenant ainsi une autre réalité, pour finalement y retourner afin de vivre leurs impossibles rêves, pour reprendre le titre de la chanson de Brel, qui lui-même incarna Don Quichotte. Faire de ses rêves des réalités, n’est-ce pas aussi le projet de toute forme artistique, et donc celui du spectacle vivant ? Un spectacle, en tout cas, qui nous fait rêver. Et qui vous fera mourir de rire. Quand on est amoureux d’une psychiatre, le meilleur moyen de la revoir n’est-il pas de devenir fou ? À ne manquer sous aucun prétexte.

Critique de Jean-Pierre Martinez

 

Un ciné-spectacle de Métilde Weyergans et Samuel Hercule (texte, réalisation, mise en scène) d‘après l’oeuvre de Cervantès
Musique originale Timothée Jolly et Mathieu Ogier

Avec : Philippe Vincenot, Samuel Hercule, Métilde Weyergans, Timothée Jolly, Mathieu Ogier
Et, à l’écran : Ava Baya, Jean-Luc Porraz, Anne Ferret, Michel Le Gouis, Nicolas Avinée, Xavier Guelfi, Pierre Germain, Constance Chaperon, Alexis Corso, Grégoire Jeudy…
Assistants réalisation : Grégoire Jeudy, Damien Noguer
Chef opérateur : Lucie Baudinaud
Chef décorateur : Dethvixay Banthrongsakd
Chef costumier : Rémy Le Dudal
Montage : Gwenaël Giard Barberin
Direction de production tournage : Lucas Tothe
Création sonore : Adrian’ Bourget
Création lumière : Soline Marchand
Construction machinerie : les Artistes Bricoleurs Associés
Assistante à la mise en scène : Pauline Hercule
Régie son : Adrian’ Bourget / Eric Rousson
Régie générale : Sébastien Dumas
Régie plateau : Frédéric Soria / Pierrick Corbaz
Production, Administration : Anaïs Germain et Caroline Chavrier

Production : La Cordonnerie

 

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Trahisons, une pièce très cinématographique : rencontre avec le metteur en scène Christophe Gand

22 janvier 2018
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Trahisons, une pièce très cinématographique : rencontre avec le metteur en scène Christophe Gand

Rencontre de Libre Théâtre avec Christophe Gand, metteur en scène de la pièce Trahisons d’Harold Pinter, de nouveau à l’affiche au Lucernaire à partir du 24 janvier 2018.

Vous venez du monde du cinéma, comment êtes-vous arrivé à la mise en scène de théâtre  ?

Je suis arrivé par hasard au théâtre. J’ai des envies de cinéma depuis que je suis très jeune. À  20 ans, j’ai proposé un scénario à François Perrot qui a accepté de jouer dans mon court-métrage et, en échange, m’a proposé de mettre en scène la pièce dans laquelle il voulait jouer. C’était La Dernière Bande de Beckett, mais il a dû malheureusement abandonner ces deux projets. J’ai continué avec deux autres comédiens : avec Gilles Segal, mon court-métrage sur la dépendance en maison de retraite (Peintre en résidence) et avec Jacques Boudet, la pièce de Beckett que nous avons jouée à Avignon pendant deux ans. Ce qui m’intéresse au théâtre, c’est le travail avec les comédiens : on peut prendre plus de temps et approfondir les personnages. Au cinéma, je pars de mes propres histoires, alors qu’au théâtre, le texte pré-existe. Je me focalise donc davantage sur la mise en scène, la mise en espace et la mise en lumière. Ma deuxième mise en scène a été Le Monte-Plat de Pinter avec Jacques Boudet et Maxime Lombard. La pièce s’est jouée il y a deux ans à Avignon et au Poche-Montparnasse. Trahisons est ma troisième mise en scène au théâtre. Je continue aussi le cinéma : je viens de terminer un court-métrage et j’écris un premier long-métrage.

Beaucoup de metteurs en scène sont aussi comédiens. Ce n’est pas votre cas. Pourriez-vous nous dire en quoi cela modifie le travail avec les comédiens  ?

Au cinéma, la plupart des réalisateurs s’attachent peu au travail avec les comédiens. J’ai pour ma part eu la chance de travailler avec des comédiens plus âgés et plus expérimentés que moi, mais très à l’écoute : ils m’ont fait confiance dès le début. Par rapport à des metteurs en scène ou des réalisateurs qui sont aussi comédiens, j’ai donc tendance à me focaliser sur la narration et la mise en scène pure afin d’offrir aux comédiens un autre regard, plus extérieur, avec plus de recul, sans me projeter à leur place.

 

Le caractère cinématographique de cette pièce a-t-il contribué au choix de ce texte  ?

La construction très cinématographique de cette pièce m’a attiré, sans que forcément j’en sois conscient au départ. Quand Pinter écrit Trahisons, il est déjà un auteur et scénariste confirmé (il a écrit pour Losey). Il choisit dans Trahisons une écriture à rebours. La pièce commence à la fin des années 70 et remonte neuf ans en arrière, par le biais de 9 scènes qui proposent autant d’instantanés. Pinter évoque les relations d’un trio amoureux, mais il brise les codes du vaudeville classique. Certes il y a bien le mari, la femme et l’amant, mais Pinter nous plonge dans des moments d’intimité. L’écriture est aussi très cinématographique. Il est difficile de gérer cette apparence de banalité dans les dialogues. Certaines mises en scène gomment cet aspect et choisissent un parti pris très appuyé, très pesant. Au contraire, nous avons voulu faire vivre ce quotidien comme au cinéma. C’est en faisant vivre cette banalité que ressortent les enjeux pour les personnages.  Je souhaitais aller au plus près de la justesse des sentiments des personnages, montrer les situations avec réalisme. Nous avons beaucoup travaillé sur les temps et les silences : l’écriture de Pinter est comme une partition de musique. Nous ne sommes pas loin de la poésie. Ces temps et ces silences racontent autant que le texte, mais il faut qu’ils soient habités par les comédiens.

Vous avez adopté un parti-pris intéressant pour la gestion des transitions entre les 9 tableaux.

La gestion de ces transitions est l’un des principaux défis de la mise en scène de cette pièce. Nous voulions un vrai décor et de vrais costumes. Nous voulions créer une couleur par scène tout en gardant une certaine unité entre les tableaux. Il a donc fallu travailler sur ces transitions. Nous avons inséré un personnage que l’on retrouve au restaurant. Chacun met ce qu’il veut dans ce personnage : il peut symboliser l’auteur, le metteur en scène… L’idée que les personnages sont utilisés comme des pions par une force supérieure, invisible, est très présente dans les pièces de Pinter, comme dans le Monte-Plat par exemple. Trahisons n’est pas une pièce politique, mais il y a tout de même l’idée que ces personnages ne sont pas totalement libres. Ils sont en quête de reconnaissance sociale et sont animés par leurs propres ambitions. Le personnage qui change le décor participe de cette idée.  La traduction française du titre original Betrayal est Trahisons, au pluriel. Il y a en effet de multiples trahisons.  Au centre, il y a bien sûr l’adultère mais j’ai aussi voulu insister sur l’amour qui existe entre ces trois personnages, et notamment entre les deux personnages masculins. Il y a aussi les différentes trahisons de chacun des personnages par rapport à leurs idéaux de jeunesse et leurs fantasmes de réussite. Ces personnages évoluent dans un univers très codifié. La langue de Pinter est très tenue ; les personnages sont emplis de pudeur. Il y a aussi énormément d’humour dans les situations et les dialogues. Nous avons souhaité garder le fait de situer la pièce dans les années 70. Si la pièce a du sens politiquement, c’est notamment par rapport au personnage féminin qui s’émancipe, travaille et assume ses choix.

L’atmosphère particulière de ces 9 tableaux est particulièrement bien rendue par les décors, les costumes, les lumières, mais également la bande son.

J’ai travaillé dès le début avec Goury la scénographe. L’idée était de créer un espace en mémoire avec un bric à brac et des éléments de mobilier qui se transforment.

Concernant la musique, je voulais réussir à créer deux ambiances différentes. Pour accompagner les scènes de Robert et Emma, j’ai choisi des musiques de Vivaldi et Corelli. Ces variations permettent de partir de quelque chose de très intime pour aller ensuite vers quelque chose de flamboyant. Pour les scènes entre Jerry et Emma, j’ai choisi du jazz, en pensant au tout premier film de Clint Eastwood, Play Misty for me avec la musique de Errol Garner.

Du 24 Janvier au 18 Mars 2018, du mardi au samedi à 19 heures et  le dimanche à 16h
au Lucernaire, 53 rue Notre-Dame-des-Champs, Paris 6ème.

Lien vers la recommandation de la pièce Trahisons par Libre Théâtre

 

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Buzz – Ramdam au Nouveau Théâtre de Montreuil

16 janvier 2018
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Buzz – Ramdam au Nouveau Théâtre de Montreuil

du 16 au 24 janvier 2018 (à 20h ou 20h30)
salle Maria Casarès, 63 rue Victor Hugo, Montreuil-sous-Bois

🙂 Libre Théâtre vous recommande

Plus que tout autre art peut-être, le théâtre a ses codes. Et le « théâtre contemporain », en prétendant libérer le spectacle de ces codes, ne fait qu’en générer d’autres, qui constituent bien vite un nouveau carcan, provoquant un effet de répétition. À peine inventées, les « nouvelles dramaturgies », déjà obsolètes, imposent un nouvel académisme. Le destin du théâtre, comme celui de tous les autres arts, est de se caricaturer lui-même. En permanence, le spectacle vivant est ainsi menacé de mort. C’est pourquoi, afin de continuer à exister, il doit se réinventer encore et toujours, sans perdre pour autant ce qui fait l’essence même du théâtre : une relation immédiate avec le spectateur. C’est tout le propos de cette « conférence » loufoque qui a pour but, au prétexte de réanimer le théâtre par un électrochoc, de le dynamiter. Attention, donc, aux éclats de rire. Car ces trois Belges ne respectent vraiment rien. Avec l’avènement d’internet et de la connexion universelle, le spectacle vivant a-t-il encore un sens et le théâtre un avenir ? Avec ces garnements, on a envie de répondre oui. Ils réussissent au moins l’exploit de faire vibrer à l’unisson un public très divers. Le théâtre est une communion. Mais il ne doit jamais devenir une messe. Un spectacle réjouissant, à ne pas manquer.

Critique de Jean-Pierre Martinez

Avec Cédric Coomans, Jérôme Degée, Jean-Baptiste Szezot
Spectacle de Cédric Coomans, Jérôme Degée, Julie Remacle, Jean-Baptiste Szezot
Production et assistanat général Julie Remacle
Régie générale Isabelle Deer, Nicolas Marty

Dans le cadre de l’Âge des possibles, temps fort autour de la nouvelle génération au Nouveau Théâtre de Montreuil du 16 janvier au 16 février 2018.

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Cabaret dans le ghetto d’après Wladyslaw Szlengel

13 janvier 2018
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Cabaret dans le ghetto d’après Wladyslaw Szlengel

d’après Ce que je lisais aux morts de Wladyslaw Szlengel
Adaptation et mise en scène de Justine Wojtyniak
Du 8 au 27 janvier 2018, de lundi à samedi à 20h30 et samedi à 16h
Théâtre de l’Épée de bois, Cartoucherie, Paris 12ème

 

🙂 Libre Théâtre vous recommande

Il y a mille et une raisons d’aller découvrir Cabaret dans le ghetto au Théâtre de l’Epée de bois.
Ce spectacle est tout d’abord une extraordinaire leçon d’histoire sur la vie dans le ghetto de Varsovie, à travers le regard d’un poète et chroniqueur caustique, Wladyslaw Szlengel. Justine Wojtyniak, la narratrice qui met également en scène le spectacle, nous raconte l’histoire du recueil de poèmes, intitulé Ce que je lisais aux morts, enterré avec d’autres écrits et souvenirs d’habitants du ghetto, pour constituer des archives. Ces textes poétiques, émouvants, terriblement lucides mais également provocateurs, constituent un témoignage extraordinaire, plein d’humanité et de vie. Ces écrits sont comme des bouteilles lancées à la mer par un naufragé qui croit encore à sa survie, mais surtout au pouvoir de la transmission et du souvenir.

Cabaret dans le ghetto constitue également un superbe objet théâtral, mêlant à ces textes étonnants des musiques et chorégraphies originales pour donner à entendre la voix libre de Wladyslaw Szlengel. Stephano Fogher, comédien musicien, et Gerry Quévreux, comédien danseur, incarnent les diverses facettes de Wladyslaw Szlengel et transmettent avec talent le message du poète  : l’élégance, la poésie et l’intelligence sont des actes de résistance et triompheront de la barbarie.

Un superbe spectacle, nécessaire, pour ne jamais oublier.

Auteur : Władysław Szlengel (Ce que je lisais aux morts )
Traduction du polonais : Jean-Yves Potel et Monika Prochniewicz, édition Circé, 2017
Adaptation et mise en scène : Justine Wojtyniak
Avec:  Gerry Quévreux (le poète), Stefano Fogher (le musicien), Justine Wojtyniak (la femme polonaise) et les voix d’Halina Birenbaum et d’Armel Veilhan
Dramaturgie : Armel Veilhan
Musique, composition et interprétation : Stefano Fogher
Chorégraphie:  Gerry Quévreux
Scénographie/Lumières : Sébastien Lemarchand (JTN)
Production :  Compagnie Retour d’Ulysse (site web)

 

Pour réserver : site du Théâtre de l’Épée de Bois 

A écouter également La marche de l’histoire consacrée à Emanuel Ringelblum et aux archives du ghetto de Varsovie sur le site de France inter

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