Oeuvre

Pierrot posthume de Théophile Gautier

22 mars 2018
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Pierrot posthume de Théophile Gautier en collaboration avec Paul Siraudin

Arlequinade en un acte et en vers, représentée pour la première fois le 4 octobre 1847 au théâtre du Vaudeville.
Distribution : 3 hommes et 1 femme
Texte intégral à télécharger gratuitement sur Libre Théâtre
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L’argument

Arlequin est amoureux de Colombine, la femme de Pierrot. Il profite de la disparition de Pierrot pour la séduire, quand Pierrot réapparaît. Mais Pierrot ne sait plus s’il est vivant ou non et ce ne sont pas les remèdes du Docteur, un épouvantable charlatan, qui vont l’aider.

Caricature de Nadar

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b105385620/f1.item

Arlequinades . Extrait de l’œuvre graphique de Nadar. Source : BnF/Gallica

Nadar a produit de très nombreuses caricatures de grands hommes de son époque. C’est pour ce projet qu’il commence à utiliser la photographie.  (Le Panthéon Nadar réunit 300 grands hommes de l’époque sur les 1 000 prévus.)

 

Pièce à l’affiche à Paris par la Compagnie JCL

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Le seul bandit du village de Tristan Bernard

4 mars 2018
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Le seul bandit du village de Tristan Bernard

Vaudeville en un acte, représenté pour la première fois sur la scène du Théâtre des Capucines, le 10 novembre 1898, édité chez Flammarion en 1899.
Distribution : 4 hommes, 2 femmes
Texte intégral à télécharger gratuitement sur Libre Théâtre
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Argument

Un voleur introduit par une domestique doit dérober des documents dans le coffre-fort du Baron, candidat, à la députation parti à Paris. Mais la Baronne attend une visite.

Citation

« Y a rien d’aussi ennuyant que de s’introduire pour voler chez des gens qu’on ne connaît pas… On ne devrait jamais voler que chez des gens qu’on connaît… Il faut voler là où qu’on a coutume de fréquenter, et là où votre présence n’a rien d’extraordinaire. »

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b53155761b

Guyon fils. Folies-Dramatiques. Coquin de printemps : [photographie, tirage de démonstration] / [Atelier Nadar]. Guyon fils joue Arsène à la création de la pièce. Source : BnF/Gallica

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Monsieur Codomat de Tristan Bernard

25 janvier 2018
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Monsieur Codomat de Tristan Bernard

Monsieur Codomat de Tristan Bernard, comédie en trois actes, représentée pour la première fois le 17 octobre 1917 au Théâtre Antoine.
Distribution: 5 hommes, 6 femmes
Lien vers le texte intégral à télécharger gratuitement sur Libre Théâtre

La critique de Jules Renard

Parue dans Messidor, le 19/10/1907. Source : BnF/Gallica

La nouvelle comédie de M. Tristan Bernard me paraît son plus joli tour d’adresse. Certains sujets portent l’auteur. Voici une pièce où l’auteur a d’abord, et jusqu’à la fin, le sujet contre lui. Il ne suffit pas de le traiter, il faut le vaincre. À le juger par le récit de ce qu’il fait, ce Monsieur Codomat ne serait qu’un vilain mufle. Sur la scène, ce qu’il dit le transforme, sa manière l’excuse toujours. Il finirait par avoir le rôle sympathique : c’est un mufle charmant.

Monsieur Codomat, naturel et sincère, fait ça comme ça lui vient. Aucun cynisme. Il ne s’analyse point par pose, mais pour expliquer ses scrupules, dès qu’il croit les apparences contre lui. On riait avec une légère résistance d’honnêtes bourgeois chatouilleux et la petite peur que donne l’équilibriste. Une réplique forte et ingénue de Monsieur Codomat rassurait, et le rire gêné devenait éclat de rire. Que d’écueils frôlés, caressés, nonchalamment tournés ! C’était un fin succès, de qualité extrêmement rare.

La construction de ces trois actes est simple et irréprochable. Monsieur Codomat, architecte, aurait approuvé et signé le plan qu’il garderait d’ailleurs pour lui. Monsieur Codomat, gérant d’immeubles, fait, à propos d’une fuite d’eau, une visite à sa jolie cliente Clotilde. Cette jeune femme naïve le trouve distingué, beau et bon. Il se laisse admirer, puis aimer ; il la conseille et excuse, parce qu’elle a de l’argent, sa situation irrégulière. Il reste paternel, très noble, et quand il sort du cabinet de toilette, il sait dire : «Je suis heureux de vous connaître », comme si rien ne, s’était passé.

Clotilde lui confie son argent qu’il mêle avec le sien dans un tiroir, avant de le bien placer. Mais l’amant qui paie, le jeune et riche Lafauvette, respecte aussi Monsieur Codomat. Cet énorme bourgeois les séduit tous et les écrase. Lafauvette, naïf entreteneur, guidé par ce sage, verse ponctuellement les sommes que Clotilde dépose à la caisse commune. Soudain il veut se marier. — « Vous êtes fou » dit Monsieur Codomat ; et Clotilde ? — J’aime votre fille, dit Lafauvette — C’est différent je cède, par faiblesse — Comment rompre avec Clotilde ? — Ne suis-je pas là ? – Monsieur Codomat, toujours bon, toujours beau, toujours souriant, persuade Clotilde. Elle ira se régénérer en province — « J’apportais, dit-elle, ces derniers trois mille francs de Lafauvette. — Je ne peux plus les recevoir, dit Monsieur Codomat, il faut les lui rendre. » — Lafauvette, pour se montrer digne de Monsieur Codomat, assure à Clotilde, par acte notarié, une rente de dix mille francs par an. – « Dix-mille ! c’est gentil ! agréable .surprise ! murmure Monsieur Codomat furieux et correct. » Il aura l’œil sur ce petit gendre stupide.

M. Gémier a joué ce rôle redoutable avec une intelligence, une mesure, une pudeur, une perfection qui me mettent à l’aise pour lui dire que je ne l’aimais pas beaucoup dans Terre d’Epouvante. Oui, c’est un autre genre, et il porte. Mais un acteur comme Gémier me semble aussi nécessaire à Monsieur Codomat qu’inutile à M. Roussel, vague gouverneur.

Je suis sûr que la pièce de Tristan Bernard est également jouée comme il le désire, par tous les autres interprètes, depuis. M. Gerber (Lafauvette) jusqu’à M. Baur (plombier), depuis Mlle Jameson (Clotilde, blanche et tendre comme la neige, et si crédule, si prompte à s’offrir), jusqu’à Mlle Lavigne, petite bonne qui s’occupe sérieusement de son affaire. Oui, tous ces artistes ont été dressés, spécialement pour cette comédie, par un auteur ami qui s’intéresse au sort de ses moindres personnages. Pensez-vous que le plombier, par exemple, puisse entrer, réparer un tuyau et sortir sans un mot ? M. Tristan Bernard l’arrête au passage, cause avec lui, le confesse et les deux ne se quittent qu’avec peine. Pourquoi M. Baur s’en va-t-il déjà, avec sa boîte ? Il était bien là, de la maison. Il devait avoir encore à nous dire des choses.

Jules RENARD

 

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b53049915m

Portrait de Firmin Gémier dans « Terre d’épouvante » d’André de Lorde et Eugène Morel et « Monsieur Codomat » de Tristan Bernard / dessin de Yves Marevéry. 1907; Source : BnF/Gallica

Lien vers le théâtre de Tristan Bernard sur Libre Théâtre
Lien vers la biographie de Tristan Bernard sur Libre Théâtre

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Les deux canards de Tristan Bernard et Alfred Athis

7 janvier 2018
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Les deux canards de Tristan Bernard et Alfred Athis

Comédie en trois actes, représentée pour la première fois le 3 décembre 1913, au Palais-Royal.
Distribution : 13 hommes, 5 femmes
Texte à télécharger gratuitement sur Libre Théâtre
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http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5472473s

Croquis d’Alfred Athis et Tristan Bernard, réalisé par Renefer, paru dans Le Monde artiste du 20 décembre 1913. Source : BnF/Gallica

 

L’argument

Les « Deux Canards », ce sont deux petits journaux ennemis, créés en vue d’une campagne électorale. Venu dans la petite ville de Valmoutiers pour y retrouver Madeleine, la jolie fille du baron de Saint-Amour, avec laquelle il a dansé le tango, Montillac s’est laissé détourner de ce flirt par Léontine, l’exubérante épouse de l’imprimeur Béjun. Il devient sous le nom de Gélidon, le rédacteur en chef du « canard » radical, la Torche, qu’édite Béjun. La Torche doit servir les ambitions de la femme de Béjun qui veut faire de son mari le prochain maire de Valmoutiers. Il doit affronter le baron de Saint-Amour, chef du parti réactionnaire.

Le baron de Saint-Amour achète le journal ennemi. Toute la rédaction suit le nouveau patron et se conforme à sa nouvelle politique, même Gélidon qui a retrouvé Madeleine et a senti se réveiller son amour pour elle. Mais Mme Béjun contre-attaque en fondant un autre organe, le Phare qui, lui, paraîtra le soir et auquel contribue également Gélidon. Montillac passe ses journées auprès de Madeleine, et écrit les articles de la Torche. Gélidon consacre ses nuits à Léontine et rédige les articles du Phare. La situation se tend entre les deux organes de presse et aboutit à un duel : Montillac et Gélidon doivent se rencontrer sur le terrain. Les témoins les prennent tour à tour l’un pour l’autre, et des amis se substituent à eux, à l’aide de lunettes d’automobile qui cachent leur visage. Au lieu de deux combattants, il y a bientôt trois adversaires en présence…

Illustrations de Marevéry

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b53129913c

[« Les deux canards » de Tristan Bernard et Alfred Athis / dessin de Yves Marevéry]. 1913. Source : BnF/gallica

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b53129939w

[Armande Cassive, Le Gallo et Marthe Debienne dans « Les deux canards » de Tristan Bernard et Alfred Athis / dessin de Yves Marevéry]. 1913. Source : BnF/Gallica

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quelques critiques à la création de la pièce

Comoedia, du 3 décembre 1913 sur Gallica
Les Hommes du jour, du 13 décembre 1913 sur Gallica

 

Le Théâtre de Tristan Bernard sur Libre Théâtre
Biographie de Tristan Bernard sur Libre Théâtre

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Farces et Moralités d’Octave Mirbeau

11 novembre 2017
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Farces et Moralités d’Octave Mirbeau

Mirbeau fait jouer entre 1894 et 1904  six petites pièces en un acte, recueillies  ensuite dans un recueil intitulé Farces et moralités (1904). Une chronique de Libre Théâtre est consacrée à chaque pièce (cliquer sur le titre de la pièce).

Vieux Ménage : comédie en un acte, créée au Théâtre d’Application le 20 décembre 1894. Un vieux couple se déchire dans un face à face haineux.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Farces_et_Moralités#/media/File:L%27Epidémie,_par_J.-P._Carré.jpg

L’Épidémie, par J.-P. Carré, 1913. Source wikipedia

L’Epidémie : farce en un acte, créée au Théâtre Antoine le 14 mai 1898. L’argument : le conseil municipal est réuni car une épidémie de typhoïde commence à frapper les casernes et les quartiers pauvres de la ville. Totalement insensibles au sort des militaires et des pauvres, les conseillers refusent tous les crédits destinés à l’assainissement de la ville, jusqu’à ce qu’ils apprennent qu’un bourgeois vient de décéder de la fièvre. Les éloges grotesques à ce bourgeois anonyme se succèdent  et les crédits sont débloqués…

Les Amants : pièce créée au Théâtre du Grand-Guignol le 25 mai 1901. C’est un dialogue caricatural et stéréotypé entre deux amants qui, en démystifiant l’amour, préfigure l’incommunicabilité du théâtre de l’absurde. Les codes du langage amoureux sont détournés faisant apparaître les deux amants comme des personnes stupides et égoïstes.

Le Portefeuille : farce en un acte, créée le 19 février 1902 au Théâtre de la Renaissance-Gémier, avec Gémier dans le rôle de Jean Guenille. L’argument :  de retour du théâtre, un Commissaire de police auditionne Flora Tambour amenée avec brutalité par deux agents alors qu’elle faisait le trottoir devant le commissariat. Il s’agit en réalité de la maîtresse du commissaire. Les deux agents introduisent ensuite un mendiant, Jean Guenille, qui vient de trouver un portefeuille bourré de gros billets. Il est d’abord salué comme un héros, puis le Commissaire, comprenant qu’il a affaire à un sans-domicile le traite comme un voleur et l’envoie au dépôt. Flora Tambour, choquée de cette attitude, proteste en vain et se fait aussi embarquer.

Scrupules : pièce créée le 2 juin 1902 au Théâtre du Grand Guignol.  L’argument : un Voleur, un homme du monde accompagné de son valet de chambre, est surpris en plein travail par le Volé, réveillé par la chute d’un vase.  En attendant l’arrivée du commissaire de police, le Volé entame une conversation de salon, demandant les raisons du choix de cette profession. Le Voleur répond que c’est par excès de scrupules :  après avoir essayé plusieurs professions ( le commerce, la finance, le journalisme, la politique…) et s’être aperçu que le vol règne partout, il a choisi de voler loyalement et honnêtement. Convaincu, le Volé éconduit le commissaire et raccompagne le Voleur par la grande porte.

Interview : farce en un acte, créée le 1er février 1904 sur la scène du Grand-Guignol. L’argument : un journaliste vient interviewer un marchand de vin : une charge contre l’alcoolisme, avec un premier dialogue mettant en scène le marchand de vin et une mère de famille pauvre et alcoolique, contre la presse à scandale et contre les théories absurdes de Cesare Lombroso sur le « criminel né ».


Pour aller plus loin :

Tout le théâtre d’Octave Mirbeau
Biographie d’Octave Mirbeau
Le site mirbeau.asso.fr consacré à Mirbeau


Publication aux Editions La Comédiathèque

Recueil de six pièces en un acte jouées pour la première fois entre 1898 et 1904 : L’Épidémie, Vieux Ménage, Le Portefeuille, Les Amants, Scrupules, Interview.

Utilisant la parodie, la satire ou la farce, Octave Mirbeau propose une critique féroce de la société bourgeoise de son époque, qui trouve d’étranges résonances avec le monde d’aujourd’hui. La modernité de l’écriture et des thèmes abordés préfigure à la fois le théâtre de Brecht et celui de Ionesco, tout en développant un humour très corrosif.

Pour 2 à 10 comédiens ou comédiennes.

ISBN 978-237705-103-8
Août 2017 – 122 pages ; 18 x 12 cm ; broché.
Prix TTC : 14,00€

Disponible chez votre libraire et sur les sites :

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Les Visionnaires de Jean Desmarets de Saint-Sorlin

8 novembre 2017
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Les Visionnaires de Jean Desmarets de Saint-Sorlin

Comédie en cinq actes et en vers représentée pour la première fois au public en 1637 au théâtre du Marais.
Distribution : 6 hommes, 3 femmes

Publication par Libre Théâtre

Retraité par Libre Théâtre à partir de la seconde édition, à Paris, chez Jean Camusat en 1639. Source : Gallica http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k55303536.
Nous avons modernisé la graphie, quand cela ne modifiait pas l’équilibre des vers. Nous avons également modifié la ponctuation pour la faire correspondre aux usages modernes et faciliter également la compréhension.
Les phrases entre parenthèses correspondent à des apartés.

L’argument

Cette comédie met en scène des « visionnaires », c’est-à-dire des personnages aveuglés par leurs folies respectives. Alcidon, le père de famille, cherche à marier ses trois filles, mais celles-ci poursuivent des chimères : l’une est amoureuse d’Alexandre le Grand, l’autre se pense aimée de tous les hommes et la troisième a pour seule passion le théâtre. Leurs prétendants, quant à eux, sont en proie à d’autres formes d’« extravagances ». Le père doit choisir entre un capitaine mythomane, un « poète bizarre », un homme qui s’imagine très riche et un amoureux des idées. Alcidon, lui-même, n’est pas exempt de folie puisqu’il ne cesse de changer d’avis et de se ranger du côté du dernier qui a parlé. Chaque personnage, confronté à la folie de l’un de ses semblables, se met à jouer avec le délire de l’autre, créant ainsi une mise en abyme autour de la question de l’identité (du je) et du théâtre (du jeu).

La confrontation de ces personnages extravagants permet de multiplier les effets comiques : les quiproquos et les jeux de mots s’enchaînent. Grâce à une écriture riche et fleurie, cette folie discursive semble prendre corps dans les personnages eux-mêmes.

Jean Desmarets de Saint-Sorlin fait représenter cette pièce en 1637, au moment de la Querelle du Cid. Dans l’argument, mais aussi dans le texte par la voix de plusieurs personnages, il expose sa conception élitiste du théâtre, sa définition de la comédie et des différents genres au théâtre ainsi que ses réflexions autour du respect de la règle des trois unités. Il s’oppose de la sorte frontalement aux partisans de Corneille.

 

Publication aux Editions La Comédiathèque

Argument et texte intégral de la pièce, suivis d’un glossaire des mots anciens et des noms propres rares.

ISBN 978-237705-106-9
Octobre 2017
105 pages ; 18 x 12 cm ; broché.
Prix TTC : 16,00 €

L’ouvrage peut être commandé dans toutes les librairies et est disponible en ligne sur les plateformes suivantes :

 


Spectacles

Mise en scène de Christian Schiaretti en octobre 2007 au TNP. Lien vers le dossier de presse.

 

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Le Démon du Foyer de George Sand

14 septembre 2017
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Le Démon du Foyer de George Sand

Comédie en deux actes représentée pour la première fois au Gymnase-Dramatique le 1er septembre 1852.
Distribution : 5 hommes, 3 femmes
Texte intégral à télécharger gratuitement sur Libre Théâtre

L’argument

https://archive.org/details/bub_gb_E8Mg4MocbkYC

Source : archive.org

Le maestro Santorelli a adopté trois jeunes filles après la mort de leur mère : Nina, l’aînée, est une parfaite maîtresse de maison, douce et sensible ; Camille, modeste et très attentive aux autres, se révèle une cantatrice de premier ordre ; enfin Flora possède une beauté ravageuse mais a un caractère difficile et est jalouse du succès de Camille.

Un Marquis, ami du maestro, leur rend visite. Il a entendu chanter Camille et est tombé sous le charme. Troublé par la beauté de Flora, il est d’abord persuadé que c’est elle, la merveilleuse cantatrice, et lui fait part de son admiration. Mais il rend vite compte de son erreur. Flora, terriblement dépitée se laisse enlever par un prince qui se dit l’ami des artistes, et qui lui fait obtenir un engagement pour Naples. Toute la famille, accompagnée du marquis, part à la poursuite de Flora pour lui faire entendre raison.

 

La presse lors des premières représentations

Echo des coulisses, 8 septembre 1854. Source : Bnf/Gallica
« Il fait si bon d’avoir à louer en toute franchise, et sans arrière pensée, d’avoir à rendre compte d’une de ces comédies écrites avec le cœur et qui sont tout simplement de petits chefs-d’œuvre! Le Démon du Foyer n’est rien moins que cela. Idée simple, intrigue nulle si l’on veut, ce n’en est pas moins un tableau de mœurs, plein de grâce et de fraîcheur et qui repose des déclamations du gros mélodrame et des lazzis, un peu trop crûs quelquefois, des vaudevilles à la mode.
Ainsi que nons l’avons dit, le sujet est des moins compliqués. — Un Maestro a élevé trois jeunes filles, Nina, l’aînée, a pris soin du ménage, c’est un cœur excellent, une nature exceptionnelle. – La cadette, Camille, est devenue une cantatrice distinguée, une des gloires du théâtre de Milan, — et la plus jeune, Flora, le démon du foyer — est un peu coquette — un peu jalouse, — très envieuse, aussi fait-elle le tourment de l’excellente famille. C’est pour ne plus assister aux triomphes de sa sœur Camille , qu’elle se laisse enlever par un prince soi-disant ami des artistes, et qui lui fait obtenir un engagement pour Naples. — La famille désolée poursuit la fugitive qui reconnaît ses fautes et promet de se corriger.
On le voit, le sujet est des plus simples et cependant il y a là-dedans des scènes très touchantes, des caractères largement tracés qui ont toujours rendu l’auditoire attentif. Le succès a été complet. » Henri Lacroix

Voir aussi Le Nouvelliste, article de A. Roche du 3 septembre 1852. Source : BnF/Gallica : « un chef d’œuvre de l’esprit et de délicatesse »

 

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Amphitryon de Molière

11 septembre 2017
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Amphitryon de Molière

Comédie en trois actes représentée pour la première fois à Paris sur le Théâtre du Palais-Royal,le 13 janvier 1668, par la Troupe du Roi.
Distribution : 9 hommes, 2 femmes
Texte intégral à télécharger gratuitement sur Libre Théâtre
Lien vers la notice sur data.libretheatre.fr

L’argument

Pour séduire Alcmène, l’épouse du général thébain Amphitryon, Jupiter prend les traits de ce dernier. Mercure se transforme également en Sosie, le valet d’Amphitryon, alors que celui-ci s’apprête à informer Alcmène de l’arrivée prochaine de son mari, de retour de guerre. Sosie se trouve face à Mercure, un autre lui-même, qui le chasse et le roue de coups. À l’intérieur, Jupiter fait ses adieux à Alcmène, en lui demandant d’être aimé comme un amant et pas seulement comme un époux.

Amphitryon rentre chez lui mais se querelle avec Alcmène, étonnée de le voir « si tôt de retour ».  De son côté, Cléanthis, la femme de Sosie le rabroue, en raison de la grossièreté  dont il a fait preuve à son égard. Jupiter reparaît sous les traits d’Amphitryon et parvient à se réconcilier avec Alcmène. Amphitryon ne comprend pas la situation alors que Mercure-Sosie lui interdit l’entrée de sa propre demeure, car Jupiter se trouve avec Alcmène. Sosie, de retour, réussit à prouver à son maître qu’il est innocent. Jupiter paraît et convainc l’assistance qu’il est le véritable Amphitryon. Enfin, après quelques péripéties, Mercure se présente sous ses propres traits et explique le mystère ; Jupiter, à son tour, annonce à Amphitryon que sa femme donnera naissance à un enfant, Hercule.

La pièce repose toute entière sur le motif du double et du miroir.

Actuellement à l’affiche au Théâtre Poche-Montparnasse

Amphitryon sur Gallica

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8436359d/f204.item

Rôle de Sosie. Source : BnF/Gallica

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8436359d/f203.item

Illustration du Prologue. Source : BnF/Gallica

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b531376829/f1.item

Mounet-Sully. Amphitryon. Photographie, tirage de démonstration – Atelier Nadar. 1875-1895. Source : BnF/Gallica


Pour en savoir plus sur la pièce

Il existe à ce jour plus de 80 réécritures du mythe d’Amphitryon.
La première version d’Amphitryon est attribuée à Plaute en 187 av. J-C qui centre l’intrigue sur la mariage d’Alcmène et Amphitryon. Molière emprunte le sujet à Plaute mais le thème est développé à l’époque par plusieurs dramaturges dont Rotrou qui publie Les Sosies en 1636. En 1690 en Angleterre, John Dryden  écrit Amphitryon ou les deux sosies. Kleist, en 1807, adaptera Amphitryon en s’intéressant particulièrement à la figure du double. Au XXème siècle, Jean Giraudoux proposera une nouvelle version du mythe,  Amphitryon 38, mise en scène par Louis Jouvet.

Au moment de l’écriture d’Amphitryon, à la fin de l’année 1667, Molière traverse une période difficile. Il n’a écrit qu’une comédie en un acte depuis un an, Le Sicilien. Il est malade. Les relations avec sa femme, Armande Béjart, commencent à se dégrader. Mademoiselle Duparc est partie pour la troupe concurrente de l’Hôtel de Bourgogne. L’interdiction de sa nouvelle version du Tartuffe en août 1667 contraint Molière à fermer son théâtre pendant sept semaines, temps qu’il met à profit pour écrire Amphitryon. Le 13 janvier 1668, Molière interprète Sosie devant le Roi. Charles Robinet, dans la Lettre en vers à Madame du 21 janvier 1668, ne tarit pas d’éloges (source : site Molière 21 )

« […] L’aimable enjouement du comique,
Et les beautés de l’héroïque,
Les intrigues des passions,
Et bref, les décorations
Avec des machines volantes,
Plus que des astres éclatantes
Font un spectacle si charmant,
Que je ne doute nullement
Que l’on y coure en foule extrême,
Bien par-delà la mi-carême. »

Les recettes passèrent du jour au lendemain de 228 livres à 1 565 livres le soir de la première. Amphitryon fut joué trente-cinq fois dans l’année. (Source : Comédie-Française)

Voir aussi la notice sur le site Tout Molière

Dossiers pédagogiques

Amphitryon à la Comédie-Française, site de la Comédie-Française
Mise en scène de Christophe Rauck – Dossier sur le site de l’académie de Lille
Mise en scène de GuyPierre Couleau – Dossier sur le site de l’académie de Besançon

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L’Impromptu de Versailles de Molière

8 septembre 2017
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L’Impromptu de Versailles de Molière

Comédie en un acte, représentée la première fois à Versailles pour le Roi, le 14e octobre 1663 et donnée depuis au public dans la salle du Palais-Royal le 4e novembre de la même année 1663 par la Troupe de Monsieur, Frère Unique du Roi.
Distribution : 6 hommes, 6 femmes
Texte intégral à télécharger gratuitement sur Libre Théâtre
Lien vers la notice sur data.libretheatre.fr

Mise en scène et adaptation par Antonio Diaz-Florian à découvrir à partir du 10 septembre au Théâtre de l’Epée de Bois. Lien vers le spectacle

L’argument

Molière met en scène dans cette comédie les comédiens de la troupe du Palais-Royal qui répètent sa dernière création quelques heures avant de la représenter devant le roi. C’est l’occasion pour lui de montrer ses talents d’imitateur en parodiant les comédiens de l’Hôtel de Bourgogne, de rendre hommage aux comédiens de sa troupe (ou de s’en moquer gentiment), de fustiger les auteurs qui préparent des pièces contre lui mais aussi d’expliquer l’essence de la comédie.

Extraits

« et voilà de quoi j’ouïs l’autre jour se plaindre Molière, parlant à des personnes qui le chargeaient de même chose que vous. Il disait que rien ne lui donnait du déplaisir comme d’être accusé de regarder quelqu’un dans les portraits qu’il fait ; que son dessein est de peindre les mœurs sans vouloir toucher aux personnes, et que tous les personnages qu’il représente sont des personnages en l’air, et des fantômes proprement, qu’il habille à sa fantaisie, pour réjouir les spectateurs ; qu’il serait bien fâché d’y avoir jamais marqué qui que ce soit ; et que si quelque chose était capable de le dégoûter de faire des comédies, c’était les ressemblances qu’on y voulait toujours trouver, et dont ses ennemis tâchaient malicieusement d’appuyer la pensée, pour lui rendre de mauvais offices auprès de certaines personnes à qui il n’a jamais pensé. Et en effet je trouve qu’il a raison, car pourquoi vouloir, je vous prie, appliquer tous ses gestes et toutes ses paroles, et chercher à lui faire des affaires en disant hautement : « Il joue un tel », lorsque ce sont des choses qui peuvent convenir à cent personnes ? Comme l’affaire de la comédie est de représenter en général tous les défauts des hommes, et principalement des hommes de notre siècle, il est impossible à Molière de faire aucun caractère qui ne rencontre quelqu’un dans le monde. Et s’il faut qu’on l’accuse d’avoir songé toutes les personnes ou l’on peut trouver les défauts qu’il peint, il faut sans doute qu’il ne fasse plus de comédies. »

« Le plus grand mal que je leur aie fait, c’est que j’ai eu le bonheur de plaire un peu plus qu’ils n’auraient voulu ; et tout leur procédé, depuis que nous sommes venus à Paris, a trop marqué ce qui les touche. Mais laissons-les faire tant qu’ils voudront ; toutes leurs entreprises ne doivent point m’inquiéter. Ils critiquent mes pièces : tant mieux ; et Dieu me garde d’en faire jamais qui leur plaise ! Ce serait une mauvaise affaire pour moi. »

« Et lorsqu’on attaque une pièce qui a eu du succès, n’est-ce pas attaquer plutôt le jugement de ceux qui l’ont approuvée, que l’art de celui qui l’a faite ? »

Quelques illustrations issues de Gallica

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84380204/f1.item

L’Impromptu de Versailles : estampe de 1684. Source : BnF/gallica

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8438022z/f1.item

Le Théâtre illustré. Deuxième centenaire de la fondation de la Comédie-Française. Représentation de l’Impromptu de Versailles : [estampe] / Adrien Marie [sig.] 1880. Source : BnF/Gallica

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8438021j/f1.item

L’impromptu de Versailles. Scène I : Hé bien ! nous voilà : [estampe] / Cél. Nanteuil [sig.]. 186. Source : BnF/Gallica

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Le Mariage de Victorine de George Sand

4 septembre 2017
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Le Mariage de Victorine de George Sand

Comédie en trois actes représentée pour la première fois au Gymnase-Dramatique le 26 novembre 1831.
Distribution : 5 hommes, 3 femmes
Texte intégral de la pièce à télécharger sur Libre Théâtre
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L’argument

George Sand imagine une suite à la pièce de Sedaine, Le Philosophe dans le savoir, représentée en 1765. Dans la pièce de Sedaine, le riche négociant Vanderk marie sa fille. Le même jour, son fils Alexis doit se battre en duel contre un officier qui a traité tous les commerçants de fripons. Alexis considère que son père a été insulté. L’atmosphère de fête liée au mariage est donc assombri par la perspective de ce duel.
George Sand choisit Victorine, la fille d’Antoine, l’homme de confiance de M. Vanderke, comme personnage central de sa comédie. On comprenait dans la pièce de Sedaine que Victorine était éprise d’Alexis, en dépit de sa condition sociale. La pièce de George Sand s’ouvre avec l’annonce du mariage de Victorine avec Fulgence, le jeune commis fier et ambitieux de M. Vanderke. Victorine est soucieuse d’obéir à son père,  mais elle sent confusément que ce mariage ne la rendra pas heureuse. Elle a du mal à avouer son amour pour Alexis, qui l’aime aussi, mais dissimule également ses sentiments. Fulgence se rend compte de l’indifférence de Victorine à son égard et des sentiments qu’elle éprouve pour Alexis. Il lui indique qu’une fois mariés, ils quitteront la maison de M. Vanderke. Victorine tente de lutter contre Fulgence et contre son père. Son salut viendra de la perspicacité de M. Vanderke et de sa générosité.

George Sand précise dans sa préface :  « Ce sont des hommes bien trempés, qui luttent contre les fausses idées de leur siècle, tout en conservant avec la même fermeté les idées éternellement bonnes et vraies. On respire l’honneur, le courage et la générosité dans l’atmosphère de M. Vanderke. On sent que rien de grand et de fort ne sera impossible dans cette famille ; et, en présence de ce chaste amour de la petite Victorine pour l’héritier d’un nom et d’une fortune, en présence de cette fierté puritaine du vieux Antoine, qui s’efforce d’étouffer l’amour de sa fille, on ne peut pas douter un instant du résultat que Sedaine a laissé prévoir et que j’ai osé montrer. »

 

Pour en savoir plus

Olivier Bara. « Du théâtre de Nohant aux scènes parisiennes: répétitions, adaptations,réécritures. » Tréteaux et paravents. Le théâtre de société au XIXe siècle, Créaphis, pp.167-181, 2012.<hal-00910241>

Critique enthousiaste de Louis Huart dans L’Argus : revue théâtrale et journal des comédiens du 29/11/1851. Source : BnF/Gallica

Critique acerbe de Francisque Sarcey dans Quarante ans de théâtre : feuilletons dramatiques. [Volume 4] 1900, disponible sur Gallica

 

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8402646r/f1.item

Le mariage de Victorine, comédie de George Sand : estampe de 1851. Source : BnF/Gallica

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