A l’affiche

La Femme de ma vie d’Andrew Payne

20 mai 2018
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La Femme de ma vie d’Andrew Payne

du 6 au 29 juillet à l’Hôtel d’Europe, à 18h45
12 place Crillon, Avignon (relâches : 10, 17, 24 juillet)

🙂 Libre Théâtre vous recommande ce spectacle

Derrière la fenêtre de l’appartement obscur où il se cache, Franck attend la femme de sa vie. Celle qui le sauvera des conséquences fâcheuses de la dernière embrouille dans laquelle il s’est fourré, dans l’espoir de sortir de sa condition de chauffeur de maître pour se faire une place au soleil parmi les nantis peu scrupuleux qui l’emploient. En attendant l’arrivée providentielle de son ange gardien, qui tarde à venir, Franck nous raconte les circonstances qui l’ont conduit dans cette situation délicate. Il faut dire que sa vie entière n’est qu’une suite sans fin de situations délicates. Car Franck est un drôle de type. Il lit des livres, mais c’est  un impulsif. Il sait se servir de sa tête mais en dernier recours, la solution à tous ses problèmes reste toujours un bon coup de boule.

Andrew Payne, l’auteur anglais de ce monologue, est aussi scénariste. Avec ce texte, il nous plonge dans l’ambiance d’un film noir américain. L’intrigue importe moins que le destin du narrateur, qui est aussi le protagoniste des innombrables mésaventures dans lesquelles il se trouve involontairement plongé. Si la tonalité est plutôt sombre, donc, le ton est aussi très humoristique. Un humour noir bien sûr qui, mêlé à cet univers de polar, rappelle parfois Frédéric Dard et son célèbre commissaire.

Au-delà  de cet aspect cinématographique assumé, la mise en scène de Gilles Bannier nous ramène cependant bien dans l’univers du spectacle vivant, en jouant de façon magistrale avec les codes du théâtre. Tantôt absent car plongé dans les abîmes de sa propre pensée, tantôt en communication directe avec le public en risquant même l’improvisation, le personnage joue à merveille des ruptures et des silences, dans un rythme syncopé qui rappelle le théâtre de Harold Pinter.

Ce texte est magnifiquement interprété par Robert Plagnol, qui a aussi assuré la traduction et l’adaptation du monologue d’Andrew Payne. Un comédien d’une extrême élégance, et pas seulement parce qu’il est habillé par le couturier Paul Smith. Robert Plagnol donne corps à ce personnage très « écrit » de macho passablement border line, et parvient à susciter l’empathie en révélant la fragilité d’un « gorille » au destin tragique, qui ne craint qu’une personne sur Terre, son père, et qui n’a pour seul espoir de s’en sortir que la femme de sa vie.

Au final, malgré l’économie de moyens techniques mis en œuvre dans l’ancienne salle de bals de l’Hôtel d’Europe, nous avons assisté avec cette avant-première à un extraordinaire moment de théâtre. Le bal est ouvert, et le spectacle sera à l’affiche dans ce magnifique écrin pendant toute la durée du OFF. À ne manquer sous aucun prétexte.

Critique de Jean-Pierre Martinez

 

Mise en scène : Gilles Bannier
Avec Robert Plagnol
Scénographie : Broo
Création sonore : Michel Winogradoff
Musique : Amélie Nilles
Costumes : Paul Smith

Plus d’informations sur le site  http://www.lafemmedemavie.fr

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Fortunino ou les démons de Verdi

10 avril 2018
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Fortunino ou les démons de Verdi

Le lundi à 19h30 et le mardi à 21h
au Funambule Montmartre, 53 rue des saules, Paris 18ème
Jusqu’au 1er mai

🙂 Libre Théâtre vous recommande ce spectacle

Encore à l’aube de sa brillante carrière, très affecté par la perte de ses deux enfants et de son épouse, le jeune Verdi, rongé par un sentiment de culpabilité, est en proie au doute. Plutôt que de s’abandonner à ses démons, qui l’entraînent à son tour vers l’abîme, Verdi se résout à pactiser avec eux, pour devenir le génie que l’on connaît, en bousculant les canons de l’opéra de l’époque par une vision plus noire et plus tragique. Ce canevas du pacte avec le diable est bien connu : un artiste accepte de payer de sa vie et de son âme la réussite et la gloire à laquelle il aspire. L’originalité de la pièce est de faire incarner les mauvais génies de ce géant de l’opéra par deux oiseaux maléfiques : deux « corneilles » aussi sataniques que ravissantes. Finalement dépassé par les conséquences désastreuses de son pacte avec ces créatures de Satan, Verdi parviendra à conjurer leur pouvoir diabolique pour redonner à son art plus de légèreté.

Cette pièce, excellente introduction à la vie et à l’œuvre de Verdi, est illustrée musicalement par quelques extraits d’opéras célèbres et par de belles interprétations a capella par les comédiens chanteurs.

Critique de Jean-Pierre Martinez

De : Sabine Roy
Mise en scène : Sophie Chevalier
Avec :  Mathilde Bernard, Damien Boisseau, Sébastien Fouillade, Anne Levallois, Alain Peron

Lien vers le site du théâtre

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Corneille/Molière, l’arrangement

6 avril 2018
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Corneille/Molière, l’arrangement

Du 02 au 07 avril 2018, du lundi au samedi à 20h30, samedi à 16h00
au Théâtre de l’Épée de Bois
Cartoucherie – Route du Champ de Manœuvre 75012 Paris

🙂 Libre Théâtre vous recommande ce spectacle

Molière est non seulement l’un des dramaturges les plus joués dans le monde, mais aussi une figure romanesque, dont la vie mouvementée, parfois scandaleuse et souvent mystérieuse, a inspiré nombre d’auteurs, de George Sand à Mikhaïl Boulgakov, en passant par Anouilh et Cocteau. Sans oublier Ariane Mnouchkine, l’un des génies tutélaires de la Cartoucherie de Vincennes, qui en a fait un film devenu un classique. La vie réelle ou fantasmée de Molière est en elle-même une tragicomédie.

Et si Molière n’avait pas écrit toutes ses pièces, mais s’était « arrangé » avec d’autres auteurs, au premier rang desquels Corneille, pour fournir à sa troupe les nombreux textes dont elle avait besoin pour ses spectacles, se succédant à un rythme effréné ? C’est à partir de cette hypothèse, soutenue par quelques universitaires et pourfendue par d’autres, que Valérie Durin imagine la confrontation de Corneille et Molière pendant plus de quinze ans : la relation tumultueuse entre ces deux géants de la tragédie et de la comédie, faite d’admiration réciproque et de jalousie, de rivalité et d’amitié, de fidélité et de trahisons. Le texte est à la fois émouvant et drôle. L’intrigue intègre avec finesse de nombreuses tirades célèbres de ces deux génies du théâtre. Quant aux brillants dialogues de Valérie Durin, ils nous offrent une réflexion sur le processus de création et l’écriture pour le théâtre, et nous interrogent sur la notion même d’auteur : un concept finalement très moderne, qui ne prendra vraiment tout son sens au théâtre qu’à la fin du XVIIIIème siècle, avec la création par Beaumarchais de la première société d’auteurs dramatiques. Cette comédie historique est servie par deux comédiens de talent, qui réussissent à nous rendre très proches ces deux figures mythiques du théâtre français.

Texte et mise en scène : Valérie Durin
Avec Etienne Brac et Jean-Benoît Terral
Lumières : Pablo Roy
Production Arrangement Théâtre
Avec le soutien du Conseil Départemental de l’Yonne

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Mille francs de récompense de Victor Hugo, mise en scène de Kheireddine Lardjam

1 avril 2018
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Mille francs de récompense de Victor Hugo, mise en scène de Kheireddine Lardjam

du 22 mars au 8 avril 2018
Au Théâtre de l’Aquarium, à 20 heures (relâches les 1,2,3 avril)
La Cartoucherie – route du champ de manoeuvre – 75012 Paris

🙂 Libre Théâtre vous recommande

Un hiver glacial à Paris. Pourchassé par la police, Glapieu se réfugie dans un appartement sinistre où vivent un vieil homme ruiné et malade, sa fille et sa petite-fille. Arrive Rousseline, agent d’affaires d’un riche banquier. Au nom de son patron, Rousseline, accompagné d’huissiers, va faire procéder à la saisie des meubles. Mais il propose un marché aux deux femmes : il renoncera à la saisie en échange de la main de la jeune fille…
Quelques années après Les Misérables, Victor Hugo dénonce à nouveau l’injustice et la misère par la voix et le commentaire ironique de Glapieu, voleur, poète et humaniste qui incarne paradoxalement la probité, mélange de Gavroche et de Jean Valjean.

Kheireddine Lardjam propose au Théâtre de l’Aquarium une lecture modernisée de cette pièce rarement jouée, tout en respectant la langue hugolienne. Sa mise en scène souligne l’étonnante actualité du propos de Victor Hugo qui dénonçait dès 1866 le cynisme et la cruauté du capitalisme financier, les collusions entre pouvoir et finance mais aussi les insupportables inégalités sociales. Kheireddine Lardjam choisit délibérément de s’éloigner du mélodrame et refuse notamment de faire des deux femmes des victimes passives. Dans un décor futuriste, la scénographie d’Estelle Gautier et les dessins de Jean-François Rossi jouent avec les symboles sur le thème de la transparence, des liens et de la liberté. On soulignera enfin la superbe interprétation de Maxime Atmani, qui réussit à nous rendre si proche le personnage de Glapieu. La pièce résonne comme une ode à la liberté. Victor Hugo est plus que jamais d’actualité.


texte de Victor Hugo
mise en scène Kheireddine Lardjam
collaboration artistique Cédric Veschambre
scénographie et collaboration artistique Estelle Gautier
lumière Victor Arancio
son Pascal Brenot
composition musicale Romaric Bourgeois
vidéo Thibaut Champagne
costumes Florence Jeunet
dessinateur Jean-François Rossi
chorégraphe Bouziane Bouteldja

avec
Maxime Atmami > Glapieu
Azeddine Benamara > Rousseline
Romaric Bourgeois > Scabeau, huissier de saisies / Un huissier de tribunal /un huissier d’appartement / masque
Linda Chaïb > Étiennette
Samuel Churin > Le Major Gedouard & Le Baron De Puencarral
Étienne Durot > Edgar Marc
Aïda Hamri > Cyprienne
Cédric Veschambre > M. De Pontresme

Lien vers le texte intégral de la pièce et la chronique sur Libre Théâtre

Lien vers le site de la compagnie 

Lien sur le site de l’Aquarium

 

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Racine2

23 mars 2018
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Racine2

Du 09 au 13 avril 2018, du lundi au vendredi à 20h30
au Théâtre de l’Épée de Bois
Cartoucherie – Route du Champ de Manœuvre 75012 Paris

Nous sommes en 1687, à Paris chez Jean Racine. Il ne produit officiellement plus rien pour le théâtre depuis Phèdre, il y a dix ans et galope tous les soirs jusqu’à Versailles. Phraate, tragédie de Jean-Galbert Campistron vient brutalement d’être retirée de l’affiche ; quelques mois plus tard, la troupe de la Comédie Française sera chassée de l’Hôtel Guénégaud.

Une visite de Jeanne Beauval de la Comédie Française, détentrice du rôle principal, comédienne exubérante désespérée par l’annulation des représentations, vient interrompre le cours tranquille des jours de l’écrivain de la Cour. Visite incongrue pour Racine mais non dénuée de charme et de tentations… il accepte de la revoir. Il la connaît bien. C’est elle qui a créé le rôle d’Oenone dans Phèdre, un grand souvenir du temps de ses succès et de ses passions.

Que sait-elle ? Les intérêts de l’auteur, les tensions politiques et privées ne se conjuguent pas avec l’émotion que lui provoque cette visite. L’homme est marié, rangé, placé au plus haut mais pas encore vieillard, n’ayant rien abandonné de ses anciennes séductions. En lui demandant d’intercéder auprès du Roi pour le maintien de la troupe, la comédienne va piéger le manipulateur… Obtiendra-t-elle des aveux ? Des serments ? Les cherche-t-elle ? Dans le flot de son exaltation, oublie-t-elle que chez Racine la passion n’est pas l’amour ? Ce Racine-là, elle ne le connaît pas, c’est un inconnu, un auteur nouveau, double, drôle, surprenant. Un mystère.

Ce spectacle est une enquête référencée et ludique à la découverte des tragédies inédites d’un homme double.

Grâce aux récentes recherches des spécialistes, aux performances informatiques, les algorithmes d’attribution des textes révèlent quatorze nouvelles tragédies à ajouter au corpus racinien. La science au service du théâtre. Ce théâtre qui retrouve le chemin du théâtre. Support ludique, il devient outil de connaissance et d’interrogations.

Texte et mise en scène : Valérie Durin
Avec Lionel Muzin et Valérie Durin
Lumières : Pablo Roy
Production : Arrangement Théâtre

Lien vers le site du Théâtre de l’Épée de Bois

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L’Affaire Courteline, mise en scène de Bertrand Mounier

23 mars 2018
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L’Affaire Courteline, mise en scène de Bertrand Mounier

Sept pièces courtes de Georges Courteline
du 21 mars au 29 avril 2018 à 19h et le dimanche à 15h
au Lucernaire, 53 rue Notre-Dame-des-Champs, Paris 6e

🙂 Libre Théâtre vous recommande ce spectacle

Après le pétillant Jeu de l’Amour et du hasard, la compagnie La Boîte aux lettres revient au Lucernaire pour nous inviter à partager une nouvelle création tout aussi jubilatoire : L’Affaire Courteline. À partir d’une sélection astucieuse de sept savoureuses saynètes, ce spectacle nous plonge dans l’univers de la Belle Époque, dépeint avec une cruelle ironie par Georges Courteline : des tranches de vie banales (au domicile conjugal, dans les transports, au bureau, au tribunal…) qui, sous la plume acérée de l’auteur, se convertissent en autant de situations comiques agrémentées par des dialogues hilarants. Par sa modernité, la Belle Époque est avant tout le début de la nôtre, et la critique mordante de Courteline reste toujours d’actualité.

Bertrand Mounier offre un écrin lumineux, élégant et coloré à ces saynètes grâce à une mise en scène esthétique et inventive, qui confère à l’ensemble cohérence et fluidité. Les changements de décors et de costumes se font à vue, ces transitions étant agrémentées de chansons du début du siècle ou d’aphorismes courtelinesques. Le public est immédiatement complice de cette joyeuse satire dans une atmosphère de cabaret. Les six comédiens incarnent avec talent une galerie de personnages hauts en couleur, tour à tour prétentieux, malveillants ou naïfs mais toujours ridicules. Autant de portraits d’époque qui nous renvoient à nos propres travers d’aujourd’hui.
Courez voir ce spectacle pour faire une provision de bonne humeur. Vous garderez longtemps le sourire en fredonnant ce refrain :
Amusez-vous, foutez-vous d’tout
La vie entre nous est si brève
Amusez-vous, comme des fous
La vie est si courte, après tout.

Mise en scène : Bertrand Mounier
Collaboration artistique : François Nambot
Avec : Isabelle de Botton, Salomé Villiers ou Raphaëlle Lemann, Étienne Launay, Pierre Hélie, Philippe Perrussel, Bertrand Mounier ou François Nambot

Vous pouvez explorer l’univers de Courteline sur Libre Théâtre à travers des notices thématiques et le texte intégral du théâtre de Courteline.
Lien vers les saynètes du spectacle :
Sigismond
La peur des coups
Monsieur Badin
Gros Chagrins
L’Affaire Champignon
Vieux ménage
Le Madère

 

 

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Pierrot posthume par la Compagnie JCL

22 mars 2018
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Pierrot posthume par la Compagnie JCL

19, 20 et 21 avril à 20h30
au Théâtre de Ménilmontant, 15 rue du Retrait, Paris 20ème.

 Pierrot Posthume est une arlequinade qui met en scène les personnages de la Commedia dell’arte. Le malicieux Arlequin, amoureux de Colombine, profite de l’absence du lunaire Pierrot pour la séduire et la détourner de son mariage. Mais le retour de Pierrot d’un voyage lointain vient perturber les plans d’Arlequin. Au milieu de ce trio, un Docteur farfelu cherche à vendre ses services aux deux personnages masculins prêts à tout pour avoir la main de la jolie Colombine. Une comédie en vers, dans un monde chaotique et fantastique, comme un conte moderne.

Mise en scène : Alexis Sequera
Avec :
Clara Artur-Vaude
Elie Boissière
Ben Popincourt
Theo Tordjman

Pour réserver : https://www.menilmontant.info/ 

Lien vers le texte intégral sur Libre Théâtre

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Un mari idéal d’Oscar Wilde

24 février 2018
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Un mari idéal d’Oscar Wilde

Tous les vendredis à 19h45 à la Comédie Saint Michel
95, Boulevard Saint-Michel, 75005 Paris

🙂 Libre Théâtre vous recommande

Homme politique respecté à l’avenir prometteur, Sir Robert Chiltern est aux yeux de tous un homme exemplaire, et aux yeux de sa femme un mari idéal. Mais sa brillante carrière et son beau mariage reposent sur un péché originel resté secret jusque là. Une femme machiavélique découvre qu’il a bâti sa fortune grâce à une malversation financière, et entend bien le faire chanter, en le menaçant de ruiner sa réputation.

À partir de cette intrigue qui pourrait être celle d’une tragédie, Oscar Wilde nous livre une comédie aux accents étrangement modernes, qui font écho à l’actualité d’aujourd’hui. Il fait craquer le vernis de la bonne société anglaise, en dénonçant l’hypocrisie et l’affairisme de l’ère victorienne. Lord Arthur Goring, le dandy qui tire les ficelles de cette comédie humaine, est à l’évidence le double d’Oscar Wilde lui-même. Pour la plus grande joie du public, portant un regard ironique mais bienveillant sur les marionnettes qui l’entourent, il distille mots d’esprits et aphorismes, dont beaucoup sont déjà devenus des classiques. Un peu à la manière de Zorro, puisque son action de justicier restera inconnue de son père et de ses pairs, qui le tiennent pour un oisif et un doux rêveur, c’est le véritable héros de cette histoire dont la morale finalement très sage est qu’il faut pardonner les péchés lorsqu’ils sont avoués, et que la tolérance à l’égard des faiblesses de chacun vaut mieux que la dictature des fausses vertus. Un thème qui rappelle le débat actuel sur les limites de la quête de transparence lorsqu’elle se transforme en chasse aux sorcières conduite par des Tartuffes. Une jolie comédie à la fois politique et romantique, servie par une jeune troupe pleine de talent et d’enthousiasme.
Critique de Jean-Pierre Martinez

Mise en scène : Cathy Guillemin

Avec en alternance : Edouard Licoys, Audrey Morin, Maxime Seynave, Laure Loaëc, Cédric Obstoy, Laurent Dubesset, Victoria Blanc, Isabelle Duvernois, Pavlina Novotny, Oscar Voisin, Aila Navidi, Laetitia Franchitti, Samuel Carpentier, Colombe Leroy

 

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Dans la peau de Don Quichotte, par la Cordonnerie, au Nouveau Théâtre de Montreuil

26 janvier 2018
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Dans la peau de Don Quichotte, par la Cordonnerie

du Vendredi 1 juin 2018 au Samedi 9 juin 2018
Théâtre des Abbesses
31 rue des Abbesses, 75018 Paris
à 15h ou 19h30. Tél : 01 42 74 22 77.

🙂 Libre Théâtre vous recommande ce spectacle

Nos rêves sont plus beaux que la réalité. Mais prendre ses rêves pour des réalités peut conduire à la folie. Il y pourtant une certaine grandeur à ne pas accepter les choses telles qu’elles sont, et à défaut de pouvoir changer le monde, de changer de point de vue sur le monde. C’est le propos du roman de Cervantès, et c’est aussi celui de ce drôle de spectacle, mêlant théâtre, musique et cinéma, comme une autre façon d’interroger la notion de réel. Par cette malicieuse interaction entre différents médias, c’est en effet la convention même du théâtre qui est remise en cause, de façon très ludique. Comme aux premiers temps du cinéma muet, des musiciens accompagnent en « live » l’action qui se déroule sur l’écran, et des comédiens doublent en direct les voix des acteurs du film. Avec ce spectacle burlesque, on n’est pas loin d’un univers à la Tati. Jusqu’au moment où les personnages du film sortent de l’écran, prenant ainsi une autre réalité, pour finalement y retourner afin de vivre leurs impossibles rêves, pour reprendre le titre de la chanson de Brel, qui lui-même incarna Don Quichotte. Faire de ses rêves des réalités, n’est-ce pas aussi le projet de toute forme artistique, et donc celui du spectacle vivant ? Un spectacle, en tout cas, qui nous fait rêver. Et qui vous fera mourir de rire. Quand on est amoureux d’une psychiatre, le meilleur moyen de la revoir n’est-il pas de devenir fou ? À ne manquer sous aucun prétexte.

Critique de Jean-Pierre Martinez

 

Un ciné-spectacle de Métilde Weyergans et Samuel Hercule (texte, réalisation, mise en scène) d‘après l’oeuvre de Cervantès
Musique originale Timothée Jolly et Mathieu Ogier

Avec : Philippe Vincenot, Samuel Hercule, Métilde Weyergans, Timothée Jolly, Mathieu Ogier
Et, à l’écran : Ava Baya, Jean-Luc Porraz, Anne Ferret, Michel Le Gouis, Nicolas Avinée, Xavier Guelfi, Pierre Germain, Constance Chaperon, Alexis Corso, Grégoire Jeudy…
Assistants réalisation : Grégoire Jeudy, Damien Noguer
Chef opérateur : Lucie Baudinaud
Chef décorateur : Dethvixay Banthrongsakd
Chef costumier : Rémy Le Dudal
Montage : Gwenaël Giard Barberin
Direction de production tournage : Lucas Tothe
Création sonore : Adrian’ Bourget
Création lumière : Soline Marchand
Construction machinerie : les Artistes Bricoleurs Associés
Assistante à la mise en scène : Pauline Hercule
Régie son : Adrian’ Bourget / Eric Rousson
Régie générale : Sébastien Dumas
Régie plateau : Frédéric Soria / Pierrick Corbaz
Production, Administration : Anaïs Germain et Caroline Chavrier

Production : La Cordonnerie

 

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Buzz – Ramdam au Nouveau Théâtre de Montreuil

16 janvier 2018
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Buzz – Ramdam au Nouveau Théâtre de Montreuil

du 16 au 24 janvier 2018 (à 20h ou 20h30)
salle Maria Casarès, 63 rue Victor Hugo, Montreuil-sous-Bois

🙂 Libre Théâtre vous recommande

Plus que tout autre art peut-être, le théâtre a ses codes. Et le « théâtre contemporain », en prétendant libérer le spectacle de ces codes, ne fait qu’en générer d’autres, qui constituent bien vite un nouveau carcan, provoquant un effet de répétition. À peine inventées, les « nouvelles dramaturgies », déjà obsolètes, imposent un nouvel académisme. Le destin du théâtre, comme celui de tous les autres arts, est de se caricaturer lui-même. En permanence, le spectacle vivant est ainsi menacé de mort. C’est pourquoi, afin de continuer à exister, il doit se réinventer encore et toujours, sans perdre pour autant ce qui fait l’essence même du théâtre : une relation immédiate avec le spectateur. C’est tout le propos de cette « conférence » loufoque qui a pour but, au prétexte de réanimer le théâtre par un électrochoc, de le dynamiter. Attention, donc, aux éclats de rire. Car ces trois Belges ne respectent vraiment rien. Avec l’avènement d’internet et de la connexion universelle, le spectacle vivant a-t-il encore un sens et le théâtre un avenir ? Avec ces garnements, on a envie de répondre oui. Ils réussissent au moins l’exploit de faire vibrer à l’unisson un public très divers. Le théâtre est une communion. Mais il ne doit jamais devenir une messe. Un spectacle réjouissant, à ne pas manquer.

Critique de Jean-Pierre Martinez

Avec Cédric Coomans, Jérôme Degée, Jean-Baptiste Szezot
Spectacle de Cédric Coomans, Jérôme Degée, Julie Remacle, Jean-Baptiste Szezot
Production et assistanat général Julie Remacle
Régie générale Isabelle Deer, Nicolas Marty

Dans le cadre de l’Âge des possibles, temps fort autour de la nouvelle génération au Nouveau Théâtre de Montreuil du 16 janvier au 16 février 2018.

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